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L1 maths · Chapitre 06
34 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
34 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Vocabulaire : domaine, parité, périodicité, monotonie, fonctions bornées, sup et inf d'une fonctionFonctions usuelles : puissances, exponentielle, logarithme, trigonométriques, valeur absolue, partie entière
Pour chacune des cinq fonctions ci-dessous, on demande :
a.
b.
c.
d.
e.
Pour c, on établira en outre l'égalité et on en tirera parti. Pour d, on commencera par écrire à l'aide de . Pour e, on démontrera qu'aucun réel n'est période de .
Terminer par l'énoncé, en toutes lettres, du principe de réduction utilisé.
Fonctions usuelles : puissances, exponentielle, logarithme, trigonométriques, valeur absolue, partie entièreLimites à gauche et à droite, voisinage épointé, asymptotes
On note la partie entière du réel et l'on pose
Le réel s'appelle la partie fractionnaire de . Dans tout l'exercice, on emploie librement l'encadrement fondamental
démontré dans le chapitre « Suites réelles » : il n'est pas demandé de le redémontrer.
1. Donner l'ensemble de définition de chacune des deux fonctions et , ainsi que l'ensemble de leurs valeurs. Calculer :
a. et
b. et
c. et
2. Démontrer que pour tout réel . En déduire que est périodique, puis déterminer sa plus petite période strictement positive.
3. Soit . Déterminer les quatre limites latérales
et les comparer aux valeurs et . Que se passe-t-il en un point qui n'est pas un entier ?
4. Étudier la monotonie de chacune des deux fonctions sur , puis sur un intervalle avec .
5. Décrire, en français, l'allure des deux courbes.
6. Calculer puis , en distinguant selon que est entier ou non.
Vocabulaire : domaine, parité, périodicité, monotonie, fonctions bornées, sup et inf d'une fonction
Soit une fonction définie sur une partie non vide de . On pose, lorsque ces bornes existent,
Autrement dit, la borne supérieure d'une fonction sur est la borne supérieure de la partie de . Tout ce qui a été démontré dans le chapitre « Suites réelles » sur et s'applique donc ici sans un mot de plus, en particulier la caractérisation par les , que l'on citera sans la réénoncer.
1. Soit . Déterminer et , et dire s'ils sont atteints, pour
Que conclure sur la dépendance de vis-à-vis de ?
2. Soit et . Déterminer et , et tous les points où ils sont atteints.
3. Soit sur . Démontrer que est atteint et que ne l'est pas.
4. Soient et deux fonctions majorées sur . Démontrer que , puis donner un couple pour lequel l'inégalité est stricte, et un couple pour lequel c'est une égalité.
5. On lit souvent que « la borne supérieure d'une fonction est sa limite ». Discuter, en s'appuyant sur les fonctions de la question 3 et de la question 1, toutes deux vues sur .
Vocabulaire : domaine, parité, périodicité, monotonie, fonctions bornées, sup et inf d'une fonctionCaractérisation séquentielle des limites et de la continuité
Soit une partie non vide de et .
1. On suppose majorée sur et l'on pose .
Démontrer qu'il existe une suite d'éléments de telle que
puis en déduire que . On citera la caractérisation de la borne supérieure par les et la propriété d'Archimède, toutes deux acquises dans le chapitre « Suites réelles » ; on ne les redémontrera pas.
2. On suppose maintenant non majorée sur , ce que l'on note . Construire une suite d'éléments de telle que .
3. Appliquer la question 1 à et : déterminer , puis donner une formule explicite pour un convenable.
4. Appliquer la question 2 à et , avec une formule explicite également.
5. La suite de la question 1 est-elle nécessairement convergente ? On étudiera le cas de et .
6. Que devient l'énoncé de la question 1 lorsque est atteint ?
Limites à gauche et à droite, voisinage épointé, asymptotesClassification des discontinuités : saut, première espèce, seconde espèce
La figure ci-dessous représente la courbe d'une fonction définie sur . Seule la fenêtre est tracée. Les deux droites en pointillés sont des asymptotes. Un cercle vide signale un point qui n'appartient pas à la courbe, un point plein un point qui lui appartient.
On rappelle les notations et .
1. Lire , et .
2. Lire les huit limites suivantes :
a. et
b. et
c. et
d. et
3. En quels points de l'intervalle la fonction est-elle continue ? En quels points ne l'est-elle pas, et pourquoi ?
4. En quels points est-elle continue à gauche sans être continue à droite ? Continue à droite sans être continue à gauche ? Ni l'un ni l'autre ?
5. Donner les équations des deux asymptotes, en précisant pour chacune en quel point ou en quel infini elle est asymptote, et de quel côté.
6. Peut-on modifier la valeur de en un seul point de sorte que la fonction obtenue soit continue en ? Même question en . Justifier les deux réponses.
Limites à gauche et à droite, voisinage épointé, asymptotesOpérations sur les limites, composition et formes indéterminées
Pour chacune des huit fonctions ci-dessous :
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
Remarque
Rappel de vocabulaire. La droite d'équation est asymptote verticale à la courbe lorsque l'une au moins des deux limites , est infinie. La droite d'équation est asymptote horizontale en lorsque quand . La droite d'équation , avec , est asymptote oblique en lorsque
Les mêmes définitions valent en .
Théorèmes de comparaison, théorème d'encadrement et croissances comparées
Le théorème d'encadrement et le théorème de comparaison sont ceux du cours : on les cite, on ne les redémontre pas. On vérifiera en revanche par écrit leurs hypothèses avant chaque emploi.
1. Soit une fonction définie sur vérifiant
Vérifier d'abord que cet encadrement n'est pas contradictoire, c'est-à-dire que pour tout . En déduire .
2. Soit une fonction définie sur vérifiant
Déterminer .
3. Soit , définie sur . Démontrer que pour tout , et en déduire .
Soient , et trois réels quelconques. On rappelle les deux limites de référence du cours :
4. Déterminer .
5. Déterminer .
6. Déterminer .
7. Classer, par ordre de vitesse de croissance en , les trois fonctions
puis comparer leurs valeurs en . Commenter.
Définition quantifiée de la limite en un point et à l'infini, unicitéRédaction : ordre des quantificateurs, preuve en epsilon-delta, négation, contre-exemple
Dans tout l'exercice, est une fonction définie sur une partie de , et et sont des réels.
1. Traduire chacune des quatre phrases suivantes par un énoncé entièrement quantifié, en respectant la convention du cours : inégalités larges dans la conclusion, et voisinage épointé en un point fini.
a. « dépasse toute valeur fixée à l'avance, pourvu que soit assez proche de sans lui être égal. »
b. « est aussi proche que l'on veut de , pourvu que soit assez grand. »
c. « dépasse toute valeur fixée à l'avance, pourvu que soit assez grand. »
d. « descend au-dessous de toute valeur fixée à l'avance, pourvu que soit assez petit. »
Ces quatre énoncés se notent respectivement , , et .
2. Démontrer, en exhibant explicitement le seuil, que
3. Démontrer, en exhibant explicitement le seuil, que
4. Les trois fonctions suivantes sont étudiées en . Pour chacune, dire si elle admet une limite finie, une limite infinie, ou aucune limite, et le justifier.
a.
b.
c.
Expliquer enfin, à l'aide de ces exemples, pourquoi les deux phrases « n'a pas de limite finie en » et « n'a aucune limite en » ne disent pas la même chose.
Définition quantifiée de la limite en un point et à l'infini, unicitéRédaction : ordre des quantificateurs, preuve en epsilon-delta, négation, contre-exemple
1. Question préliminaire. On admet l'inégalité , valable pour tout réel . Démontrer que
2. Démontrer, en revenant à la définition en -, chacune des trois limites suivantes :
a.
b.
c.
Pour chacune, on présentera séparément la recherche du , qui est un brouillon, puis la rédaction destinée à la copie. On indiquera à chaque fois pourquoi le obtenu est un minimum de deux quantités, et ce que contrôle chacune des deux.
Définition quantifiée de la limite en un point et à l'infini, unicitéRédaction : ordre des quantificateurs, preuve en epsilon-delta, négation, contre-exemple
On rappelle la définition : tend vers en lorsque
1. Soit définie par
Démontrer, en revenant à la définition, que . Comparer avec et expliquer pourquoi les deux affirmations ne se contredisent pas.
2. Soient et deux fonctions définies sur , coïncidant en tout point de sauf peut-être en . Démontrer que si tend vers en , alors aussi. Quelle propriété de , en revanche, la modification en peut-elle détruire ?
3. Écrire la négation quantifiée de « tend vers en ».
4. Écrire la négation quantifiée de « admet une limite finie en ». Préciser de quoi le obtenu a le droit de dépendre.
5. Démontrer, en utilisant la négation de la question 4 et elle seule, que n'admet aucune limite finie en . En admet-elle une infinie ?
6. Soit définie sur par , où désigne la partie fractionnaire de étudiée à l'exercice 02. Démontrer que n'admet aucune limite en .
Continuité en un point et sur un intervalle, opérations sur les fonctions continuesFonctions usuelles : puissances, exponentielle, logarithme, trigonométriques, valeur absolue, partie entière
Pour chacune des six fonctions ci-dessous :
a.
b.
c.
d.
e.
f.
Question finale. Soit . Déterminer , puis justifier la continuité de sur en écrivant explicitement l'inclusion des images que la composition exige.
Opérations sur les limites, composition et formes indéterminées
Dans tout l'exercice, et sont deux fonctions réelles, définies respectivement sur et sur , avec : la composée est donc définie sur . Les réels et sont tels que les limites écrites ci-dessous aient un sens, c'est-à-dire qu'il existe et vérifiant
On rappelle la convention du chapitre, thématisée à l'exercice 10 : la limite en un point se lit sur un voisinage épointé, donc ne regarde jamais la valeur , que celle-ci existe ou non.
1. Écrire avec les quantificateurs les deux hypothèses et .
2. On suppose de plus qu'il existe tel que pour tout vérifiant . Démontrer que .
3. On suppose maintenant, à la place de l'hypothèse de la question 2, que et que est continue en (donc ). Démontrer que la conclusion subsiste. Dire, en une phrase, pourquoi cette démonstration est plus courte que la précédente.
4. Le piège. On pose, pour tout ,
a. Déterminer et dire si est continue en .
b. Soit la fonction nulle sur . Déterminer , puis . Que vaudrait la conclusion du théorème ?
c. Soit . Montrer que n'admet aucune limite en .
d. Dans chacun des deux cas, dire laquelle des hypothèses de la question 2 est en défaut. Rédiger ensuite, en deux lignes, la mise en garde qui doit accompagner tout changement de variable.
5. Applications. Déterminer les limites suivantes en précisant à chaque fois la version du théorème utilisée et en vérifiant ses hypothèses par écrit. On admettra que le théorème et sa démonstration s'adaptent mot pour mot aux limites latérales et aux limites infinies, en remplaçant la condition « » par celle qui définit le voisinage concerné.
a.
b.
c.
Théorèmes de comparaison, théorème d'encadrement et croissances comparéesContinuité en un point et sur un intervalle, opérations sur les fonctions continues
Les deux résultats de cet exercice sont des outils : ils servent dans la moitié des démonstrations du chapitre, et notamment aux exercices 20 et 23. Leurs analogues pour les suites sont démontrés dans le chapitre « Suites réelles », dont on pourra reprendre l'idée, mais pas la rédaction : le passage de l'entier au réel change ce qu'il faut écrire.
1. Soit une fonction définie sur un intervalle , continue en un point , telle que . Démontrer qu'il existe tel que
On précisera quelle valeur de on choisit dans la définition de la continuité, et pourquoi ce choix-là.
2. Énoncer et démontrer la variante avec une limite : si avec , que peut-on dire du signe de au voisinage de ? Que peut-on dire de ?
3. Soit continue en avec . Montrer qu'il existe tel que
En déduire que est définie et bornée sur .
4. Soient et deux fonctions telles que pour tout d'un voisinage épointé de , et telles que et existent et soient finies. Démontrer que . On raisonnera par l'absurde.
5. L'inégalité stricte, elle, ne passe pas à la limite. Donner deux couples de fonctions vérifiant sur un voisinage épointé de et pourtant , l'un avec fini, l'autre avec .
6. Soit une fonction telle que pour tout d'un voisinage de , et admettant une limite en . Que peut-on affirmer sur , et que ne peut-on pas affirmer ?
7. Comparer avec le chapitre « Suites réelles » : quel est l'énoncé analogue pour les suites, et qu'est-ce que le passage aux fonctions change dans les hypothèses comme dans la rédaction ? On citera au moins deux différences.
Théorème de la limite monotone pour les fonctions
Le théorème de la limite monotone pour les suites est démontré dans le chapitre « Suites réelles » : une suite croissante et majorée converge vers la borne supérieure de l'ensemble de ses termes. On démontre ici son analogue pour les fonctions, énoncé que les cours de classe préparatoire admettent. Le corollaire de la question 5 est l'outil central des exercices 18, 19 et 26.
Dans tout l'exercice, est une fonction croissante sur un intervalle ouvert non vide, avec . On note
l'ensemble de ses valeurs. On rappelle que la caractérisation de la borne supérieure par les est acquise (chapitre « Suites réelles ») : il n'est pas question de la redémontrer, mais de l'appliquer.
1. On suppose majorée sur . Justifier que existe, puis traduire avec des quantificateurs, en distinguant les cas fini et , l'énoncé « tend vers en ».
2. Démontrer que . On soignera l'articulation : à partir de , produire d'abord un point , puis en déduire le seuil.
3. On suppose maintenant non majorée sur . Démontrer que .
4. Énoncer et démontrer le résultat symétrique en , pour croissante minorée puis non minorée.
5. Corollaire. Soit une fonction monotone sur un intervalle et un point intérieur à . Démontrer que admet en une limite à gauche et une limite à droite, toutes deux finies, et que dans le cas croissant
6. Dire précisément en quoi la démonstration de la question 2 diffère de celle du théorème analogue pour les suites, faite dans « Suites réelles ». On donnera au moins trois différences, dont une qui concerne l'énoncé lui-même et non sa démonstration.
Caractérisation séquentielle des limites et de la continuitéRédaction : ordre des quantificateurs, preuve en epsilon-delta, négation, contre-exemple
On rappelle l'énoncé de la caractérisation séquentielle. Soient une fonction définie sur , et un réel tel que tout voisinage épointé de rencontre . Alors si et seulement si, pour toute suite d'éléments de vérifiant , on a .
Le sens direct est établi dans le cours : c'est la composition d'une limite de fonction et d'une limite de suite, et il tient en cinq lignes. Le sens réciproque est celui que l'on admet presque partout ; c'est lui qu'on démontre ici, et il est plus subtil, car son hypothèse porte sur une infinité non dénombrable de suites alors que sa conclusion porte sur un seul .
1. Écrire avec les quantificateurs la proposition « tend vers en », puis sa négation.
2. Démontrer le sens réciproque par contraposée : on suppose que ne tend pas vers en , et l'on construit une suite d'éléments de telle que et . On appliquera la négation avec , en citant la propriété d'Archimède, acquise dans « Suites réelles ».
3. Pourquoi ce sens se démontre-t-il par contraposée, alors que le sens direct se démontre directement ? Répondre en une ou deux phrases, en regardant où se trouve le quantificateur « pour toute suite ».
4. Énoncer la variante pour la continuité : quelle est la seule modification à apporter à l'énoncé, et pourquoi ?
5. Application 1 : réfuter une limite. Soit la partie fractionnaire, étudiée à l'exercice 02. Démontrer que n'admet aucune limite en , finie ou infinie.
Puis répondre à ces deux questions de méthode : que démontre-t-on exactement avec une seule suite ? Pourquoi en faut-il deux pour réfuter l'existence d'une limite ?
6. Application 2 : ce qui se passe sur décide de tout. Soient et deux fonctions continues sur telles que pour tout . Démontrer que . On utilisera la densité de dans , acquise dans « Suites réelles ».
En déduire la seule fonction continue sur vérifiant pour tout rationnel .
Enfin, préciser où exactement la continuité de a servi, et si l'hypothèse « continue sur » peut être affaiblie.
Continuité en un point et sur un intervalle, opérations sur les fonctions continuesLimites à gauche et à droite, voisinage épointé, asymptotesProlongement par continuité et raccord de fonctions définies par morceaux
On rappelle le critère qui structure tout l'exercice : pour un point intérieur au domaine,
c'est-à-dire : est continue en si et seulement si elle est continue à gauche et continue à droite en . Chaque question se traite donc en trois temps : la limite à gauche, la limite à droite, la valeur. Ces trois quantités sont indépendantes, et c'est exactement ce que les cinq fonctions ci-dessous illustrent.
1. Soit
Étudier la continuité de en tout point de . En quel point est-elle continue à gauche sans être continue ?
2. Soit un réel et
Déterminer les valeurs de pour lesquelles est continue en . On commencera par une condition nécessaire sur le numérateur, en expliquant pourquoi.
3. Soit un réel et
Montrer qu'aucune valeur de ne rend continue en . On discutera selon le signe de , sans oublier le cas .
4. Soit définie sur par . Montrer que se prolonge par continuité en et donner la valeur du prolongement. On pourra utiliser l'identité , la limite usuelle , et le théorème de composition de l'exercice 12, dont on vérifiera l'hypothèse.
5. Soit définie sur par
a. Montrer que est continue en .
b. Montrer que n'est continue en aucun autre point. On utilisera la caractérisation séquentielle de l'exercice 15 et la densité de comme celle de , toutes deux acquises dans « Suites réelles ».
6. Parmi les discontinuités rencontrées, lesquelles pourraient être supprimées en modifiant la valeur de la fonction en un seul point ? Lesquelles ne le pourraient pas, et pourquoi ?
Classification des discontinuités : saut, première espèce, seconde espèce
Une fonction n'est pas discontinue « d'une seule façon ». Le vocabulaire ci-dessous, à connaître, sert à dire de quelle manière la continuité échoue en un point. Soit définie au moins sur un voisinage épointé d'un point , et discontinue en .
1. Pour chacune des six fonctions ci-dessous, déterminer les points de discontinuité indiqués, calculer , et , puis classer la discontinuité selon le vocabulaire ci-dessus. Lorsqu'il s'agit d'un saut, on en donnera l'amplitude et l'on dira si la fonction est continue à gauche ou à droite.
a. si , et . Étudier .
b. si , et . Étudier .
c. si , et si . Étudier .
d. si , et . Étudier .
e. si est pair, s'il est impair (pour ), et . Étudier .
f. sur . Étudier , puis .
2. Parmi ces six fonctions, lesquelles peut-on rendre continues au point étudié en modifiant leur valeur en ce seul point ? Quel type de discontinuité est concerné, et pourquoi les autres types résistent-ils ?
3. L'une de ces fonctions est croissante sur un intervalle contenant le point étudié. Laquelle, et quel type de discontinuité y observe-t-on ? Cette coïncidence sera expliquée à l'exercice 18.
Classification des discontinuités : saut, première espèce, seconde espèceThéorème de la limite monotone pour les fonctions
Cet exercice est court : l'essentiel du travail a été fait à l'exercice 14, dont on utilise ici le corollaire — une fonction monotone sur un intervalle admet, en tout point intérieur à , une limite à gauche et une limite à droite, toutes deux finies, avec dans le cas croissant. Le vocabulaire des discontinuités est celui de l'exercice 17.
1. Soit croissante sur un intervalle et un point intérieur à . Démontrer que si est discontinue en , alors cette discontinuité est un saut, d'amplitude
En particulier, une fonction monotone n'a jamais de discontinuité effaçable, ni de discontinuité de seconde espèce.
2. Construire une fonction croissante sur , discontinue exactement aux points , et , dont les sauts en ces points valent respectivement , et . On justifiera la croissance, les trois amplitudes, et la continuité partout ailleurs.
3. Construire une fonction croissante sur discontinue en tout point de l'ensemble
et continue partout ailleurs sur . On donnera l'amplitude du saut en .
4. Pour la fonction de la question 3, calculer la somme de toutes les amplitudes des sauts et la comparer à . Que peut-on en conjecturer ?
Classification des discontinuités : saut, première espèce, seconde espèce
Une fonction croissante peut être discontinue en une infinité de points : l'exercice 18 en a construit une, discontinue en tout point de . La question est donc : jusqu'où cette infinité peut-elle aller ? La réponse est le plus beau résultat du chapitre : elle est toujours au plus dénombrable, donc jamais aussi grosse que , ni même qu'un intervalle.
Attention au geste attendu. Le chapitre L1 « Logique, raisonnement, ensembles et applications » démontre par l'argument diagonal que l'ensemble des suites à valeurs dans , et donc , n'est pas dénombrable. Ce n'est pas l'outil d'ici, et il ne pourrait pas l'être : l'argument diagonal sert à montrer qu'un ensemble est trop gros, alors qu'on veut ici montrer qu'un ensemble est assez petit. Le geste est tout autre : on injecte l'ensemble des discontinuités dans , et l'on conclut par la dénombrabilité de , acquise dans ce même chapitre. Il n'y a donc aucune diagonale à écrire, et aucun résultat de « Logique » à redémontrer : on les cite.
Dans les questions 1 à 4, est croissante sur un segment , et l'on note l'ensemble de ses points de discontinuité situés dans . On rappelle qu'en tout , les limites et existent et sont finies (exercice 14), et que si et seulement si est discontinue en (exercice 18).
1. Soit . Justifier que l'intervalle est un intervalle ouvert non vide, puis qu'il contient un rationnel. On note un tel rationnel, choisi une fois pour toutes pour chaque .
2. Soient et deux éléments de avec . Démontrer que
puis en déduire que l'application est strictement croissante, donc injective, de dans .
3. Conclure que est au plus dénombrable. Étendre ensuite le résultat : d'abord à l'ensemble de toutes les discontinuités de sur , puis à une fonction monotone sur tout entier, puis à une fonction décroissante.
4. Deuxième chemin, quantitatif. Pour , notons l'amplitude du saut en .
a. Soient des éléments de , en nombre fini. Démontrer que
On intercalera des points entre les et l'on majorera chaque saut par un accroissement de .
b. En déduire que, pour tout , l'ensemble est fini, et majorer son cardinal.
c. En déduire une seconde démonstration du résultat de la question 3.
5. Deux questions de recul. La majoration « au plus dénombrable » peut-elle être remplacée par « fini » ? Et quel énoncé aurait-on démontré si l'on avait réussi à écrire un argument diagonal dans cet exercice ?
Théorème des valeurs intermédiaires, dichotomie et points fixes
Le théorème des valeurs intermédiaires est admis dans les quatre chapitres de classe préparatoire du site : on y lit, noir sur blanc, « admis dans le cours ». Le démontrer est l'un des gestes qui distinguent un premier semestre de licence. On en donne ici deux démonstrations, appuyées l'une et l'autre sur des résultats déjà acquis, qu'il n'est pas question de refaire : le théorème des segments emboîtés (chapitre « Suites réelles »), la caractérisation séquentielle (exercice 15), le passage à la limite dans une inégalité et la conservation locale du signe (exercice 13).
Théorème des valeurs intermédiaires. Soit une fonction continue sur un segment , avec , et soit un réel compris entre et . Alors il existe tel que .
1. Réduction. Montrer qu'il suffit de démontrer le théorème dans le cas particulier où et . Dans toute la suite, on se place dans ce cas.
2. La dichotomie. Construire par récurrence deux suites et telles que, pour tout :
On énoncera clairement la règle qui décide de la moitié conservée.
3. Justifier l'existence d'un réel tel que et , et vérifier que .
4. Conclure que . On dira à quel endroit exact sert la continuité de .
5. Seconde démonstration. On pose maintenant
a. Justifier que existe et que .
b. Démontrer que , puis que , en raisonnant par l'absurde et en utilisant la conservation locale du signe.
6. Comparer les deux démonstrations : que produit chacune, et laquelle permettrait d'écrire un algorithme ? Trouvent-elles nécessairement la même solution ?
7. Donner une fonction non continue sur pour laquelle la conclusion du théorème est fausse, et dire quelle étape des démonstrations précédentes s'effondre.
Théorème des valeurs intermédiaires, dichotomie et points fixesImage d'un segment et théorème des bornes atteintes
Le théorème des valeurs intermédiaires, démontré à l'exercice 20, admet une formulation qui ne parle plus de valeur intermédiaire du tout, et qui est celle qu'on utilise réellement : l'image d'un intervalle par une fonction continue est un intervalle. Cet exercice l'établit, puis met en garde contre la fausse méthode qu'elle inspire.
On appelle partie convexe de toute partie telle que
Autrement dit : dès que contient deux nombres, il contient tous ceux qui sont entre eux.
1. Caractérisation des intervalles. Soit une partie convexe et non vide de . On note sa borne inférieure et sa borne supérieure lorsqu'elles existent, en convenant que si n'est pas minorée et si n'est pas majorée. Démontrer que
et en déduire que est un intervalle d'extrémités et . Vérifier que la réciproque est immédiate : tout intervalle est convexe.
2. Le théorème. Soit une fonction continue sur un intervalle . Démontrer que est un intervalle. On utilisera la question 1 et le théorème des valeurs intermédiaires.
3. Déterminer et justifier les images suivantes. Aucune ne s'obtient en substituant les bornes.
| Fonction | Intervalle | Image |
|---|---|---|
| a. | ? | |
| b. | ? | |
| c. | ? | |
| d. | ? | |
| e. | ? |
4. À la lecture de ce tableau, répondre : l'image d'un intervalle ouvert est-elle ouverte ? celle d'un intervalle borné est-elle bornée ? celle d'un intervalle non borné peut-elle être bornée ? celle d'un intervalle qui n'est pas un segment peut-elle être un segment ?
5. Énoncer la règle correcte : sous quelle hypothèse a-t-on le droit de lire l'image d'un intervalle « sur les bornes » sans étude supplémentaire ? Dire ensuite si cette hypothèse est nécessaire, c'est-à-dire si l'égalité peut se produire sans elle.
6. La réciproque du théorème est fausse. Donner une fonction définie sur , non continue, telle que soit pourtant un intervalle.
Théorème des valeurs intermédiaires, dichotomie et points fixesFonctions usuelles : puissances, exponentielle, logarithme, trigonométriques, valeur absolue, partie entière
Le théorème des valeurs intermédiaires, démontré à l'exercice 20, donne l'existence d'une solution ; il ne dit rien de leur nombre. Pour compter exactement, il faut lui adjoindre la stricte monotonie, qui donne l'unicité sur chaque morceau : une fonction strictement monotone est injective, donc elle ne prend jamais deux fois la même valeur. On utilisera aussi, pour lire les images des morceaux, le fait que l'image d'un intervalle par une fonction continue est un intervalle (exercice 21).
Deux consignes valent pour tout l'exercice.
1. Combien l'équation
admet-elle de solutions réelles ? Les localiser entre deux entiers consécutifs.
2. On pose .
a. Démontrer que pour tous réels et ,
b. En déduire, sans aucun calcul de dérivée, que est strictement croissante sur , strictement décroissante sur , et strictement croissante sur . Dresser le tableau de variations en y faisant figurer et .
c. Déterminer le nombre exact de solutions de l'équation et localiser chacune d'elles entre deux entiers consécutifs.
3. Soit un réel. Discuter, selon , le nombre de solutions de l'équation
On pourra remarquer que est impaire, ce qui divise la discussion par deux.
Image d'un segment et théorème des bornes atteintesCaractérisation séquentielle des limites et de la continuité
Théorème des bornes atteintes. Toute fonction continue sur un segment y est bornée et y atteint ses bornes : il existe et dans tels que, pour tout ,
Ce théorème est admis dans les quatre chapitres de classe préparatoire du site. On le démontre ici en deux temps, avec des outils tous acquis : le théorème de Bolzano-Weierstrass, démontré dans « Suites réelles » et qu'il n'est pas question de refaire, la caractérisation séquentielle de l'exercice 15, et la suite construite à l'exercice 04.
Dans tout l'exercice, est continue sur avec .
1. Écrire la négation de « est bornée sur », puis construire, en supposant cette négation vraie, une suite d'éléments de telle que pour tout .
2. Appliquer Bolzano-Weierstrass à cette suite. Justifier que la limite de la suite extraite appartient à , puis aboutir à une contradiction. Conclure.
3. Justifier l'existence de . Rappeler la construction de l'exercice 04, qui fournit une suite d'éléments de telle que .
4. Démontrer que est atteint : il existe tel que . On extraira de une suite convergente et l'on utilisera l'unicité de la limite.
5. En déduire le résultat correspondant pour , sans refaire la démonstration.
6. Démontrer que : l'image d'un segment par une fonction continue est un segment. On utilisera l'exercice 21.
7. Dire, en une phrase pour chacune, où servent exactement les trois hypothèses : la continuité, le fait que soit borné, le fait qu'il soit fermé. Donner enfin une fonction continue et bornée sur dont l'une des deux bornes n'est pas atteinte.
Image d'un segment et théorème des bornes atteintesContinuité en un point et sur un intervalle, opérations sur les fonctions continues
Le théorème des bornes atteintes, démontré à l'exercice 23, se lit sur un segment. On ne fait pas varier ici la fonction, comme on en a l'habitude, mais l'ensemble de départ : on en propose six, et l'on demande à chaque fois si le théorème y survit.
Une convention est nécessaire, car certains de ces ensembles ne contiennent pas de voisinage de leurs points. On emploie la continuité relative à : la fonction est continue en lorsque
Cette définition coïncide avec celle du cours dès que contient un voisinage de , et elle garde un sens en une extrémité ou en un point isolé.
Pour une partie non vide de , on considère la propriété suivante.
Propriété
: pour toute fonction continue sur , il existe et dans tels que
Elle contient les deux conclusions du théorème à la fois : est bornée, et ses deux bornes sont des valeurs de .
1. Pour chacun des six ensembles ci-dessous, dire si est vraie. Une réponse positive se démontre ; une réponse négative s'appuie sur un contre-exemple explicite, dont on justifiera la continuité.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
2. L'un de ces six ensembles n'est pas un intervalle et vérifie pourtant . Lequel ? Le théorème des valeurs intermédiaires y tient-il aussi ?
3. Démontrer que entraîne que est bornée. On regardera une fonction très simple. En déduire une réponse à la question 1.c obtenue sans le moindre calcul.
4. Relire la démonstration de l'exercice 23 et dire quelles propriétés de y ont réellement servi. En déduire un énoncé qui couvre d'un coup a, d et e.
5. Une hypothèse qui remplace le segment. Soit continue sur et périodique, de période . Démontrer que est bornée sur et qu'elle y atteint ses bornes. On remarquera que n'est ni borné ni un segment : c'est donc la périodicité qui fait tout le travail.
6. Application : justifier, sans calculer quoi que ce soit, que la fonction
admet un maximum et un minimum sur .
Théorème de la bijection, fonction réciproque et sa courbe
Le chapitre L1 « Logique, raisonnement, ensembles et applications » construit des bijections entre intervalles à la main, en résolvant des équations. Il y rencontre la fonction
et admet qu'elle est surjective de sur , en annonçant que ce point serait démontré une fois les fonctions continues étudiées. Cet exercice solde cette dette, puis met en place l'outil qui remplace ces calculs.
On rappelle l'énoncé qu'il s'agit d'employer.
Théorème
Théorème de la bijection. Soit continue et strictement monotone sur un intervalle . Alors est un intervalle, réalise une bijection de sur , et la réciproque est continue et strictement monotone de même sens que .
Les trois hypothèses se vérifient et s'écrivent séparément, dans cet ordre : intervalle, continuité, stricte monotonie. Toutes les monotonies demandées ci-dessous se démontrent à la main, en comparant et pour .
1. La dette. Démontrer que est surjective de sur , en trois lignes et sans résoudre aucune équation. On utilisera la forme globale du théorème des valeurs intermédiaires (exercice 21) et les limites de en .
2. Le théorème de la bijection s'applique-t-il à sur ? On calculera , et avant de répondre. Que reste-t-il alors de la conclusion, et qu'est-ce qui tombe ?
3. Une bijection à réciproque explicite. Soit définie sur par .
a. Justifier que est continue sur , puis démontrer qu'elle est strictement croissante. On traitera séparément les couples de même signe et les couples de signes contraires.
b. Déterminer , appliquer le théorème, et donner une expression explicite de .
4. Une bijection dont la réciproque ne s'écrit pas. Soit définie sur par .
a. Démontrer que est strictement croissante sur . On utilisera l'inégalité du cours, et l'on dira pourquoi le coefficient doit être strictement supérieur à .
b. Déterminer et conclure. En déduire que l'équation admet une solution et une seule, puis la localiser entre deux multiples de .
5. Ce que la stricte monotonie empêche. Soit définie sur par
Montrer que est continue et croissante sur , que , et qu'elle n'est pourtant pas bijective. Quelle hypothèse du théorème est en défaut, et sous quelle forme se voit-elle sur le graphe ?
6. Et si l'on retire « intervalle » ? L'exercice 24 a montré que n'est pas un intervalle, tout en vérifiant le théorème des bornes atteintes. Donner une fonction continue et strictement croissante sur cet ensemble dont l'image n'est pas un intervalle, et dire quelle conclusion du théorème s'effondre.
Théorème de la bijection, fonction réciproque et sa courbeContinuité en un point et sur un intervalle, opérations sur les fonctions continues
Le troisième point du théorème de la bijection affirme que la réciproque est continue. Ce point est admis dans les deux chapitres ECG du site, et il n'y est démontré nulle part. On le démontre ici, et la démonstration ne coûte presque rien : tout le travail a été fait à l'exercice 14, dont on utilise le corollaire, et à l'exercice 18.
Le chemin passe par un énoncé qui vaut d'être retenu pour lui-même : une fonction monotone dont l'image est un intervalle est continue. C'est l'objet des trois premières questions.
Dans toute la suite, est continue et strictement croissante sur un intervalle non réduit à un point, et .
Soit une fonction croissante sur un intervalle .
1. Soit un point intérieur à . Justifier que et existent, sont finies, et que
Démontrer ensuite les deux majorations
2. On suppose discontinue en . Démontrer que n'est pas un intervalle. On exhibera deux éléments de et un réel compris entre eux qui n'appartient pas à .
3. En déduire l'énoncé annoncé : si est monotone sur l'intervalle et si est un intervalle, alors est continue sur . On traitera à part le cas d'une extrémité de appartenant à .
4. Démontrer que est continue sur . On rappellera d'abord, sans le redémontrer, ce que le cours a établi sur la monotonie de , et l'on dira quelle est l'image de .
5. L'hypothèse « est un intervalle » est-elle superflue ? On considérera
et l'on étudiera la continuité de .
6. Énoncer et démontrer, dans un repère orthonormé, la symétrie de la courbe de par rapport à la droite d'équation . La démonstration tient en une ligne.
7. On prend sur .
a. Vérifier les trois hypothèses du théorème de la bijection, déterminer , puis .
b. Déterminer les points communs aux deux courbes.
c. La figure ci-dessus représente les deux courbes. Lire dessus, et justifier par le calcul, ce que devient l'asymptote horizontale de pour la courbe de .
d. Sans calculer ailleurs qu'en un point, donner l'image du segment par .
Fonctions réciproques usuelles : Arcsin, Arccos, Arctan et fonctions hyperboliquesThéorème de la bijection, fonction réciproque et sa courbe
Aucune des trois fonctions , , n'est injective sur son domaine : elles sont périodiques, donc chaque valeur y est prise une infinité de fois. Le théorème de la bijection ne leur est donc pas applicable. Il l'est en revanche à une restriction bien choisie, et c'est cette construction que l'on mène ici, de bout en bout.
Deux consignes tiennent tout l'exercice.
1. Démontrer que est strictement croissante sur , que est strictement décroissante sur , et que est strictement croissante sur . Pour la tangente, on établira d'abord l'identité
2. Pour chacune des trois restrictions, écrire les trois hypothèses du théorème de la bijection, puis déterminer l'intervalle image. Pour la tangente, on commencera par calculer et , et l'on dira quel théorème donne alors l'image.
3. En déduire la définition des trois fonctions , et , avec pour chacune son ensemble de départ, son ensemble d'arrivée, sa continuité et son sens de variation.
4. Expliquer pourquoi n'a aucun sens, alors que en a un.
5. Dresser les tableaux de variations de et de , et donner les deux limites de en .
6. Démontrer que et sont impaires. Démontrer que n'est ni paire ni impaire, mais qu'elle vérifie
7. Calculer, en justifiant chaque fois par l'appartenance à l'intervalle d'arrivée :
8. Démontrer que
On posera et l'on vérifiera par écrit que appartient à .
9. La figure ci-dessus montre la restriction de la tangente et la courbe de l'arctangente. Dire ce que deviennent, pour la seconde, les deux asymptotes verticales de la première, et le justifier par un calcul de limite.
10. Le choix des restrictions est-il le seul possible ? On examinera la restriction de à et l'on dira ce qu'elle produirait.
Fonctions réciproques usuelles : Arcsin, Arccos, Arctan et fonctions hyperboliques
Les trois fonctions construites à l'exercice 27 ne se manipulent qu'avec deux outils : la bijectivité de la restriction, qui permet d'identifier deux angles dès qu'ils ont même image et vivent dans le même intervalle, et l'encadrement de l'argument, qui décide dans quel intervalle on se trouve. Tout ce qui suit s'obtient ainsi, sans aucun autre calcul.
On rappelle les trois faits qui servent de socle :
1. Soit un réel non nul. Calculer
en distinguant le cas et le cas . On commencera par le cas positif, puis on traitera le cas négatif par imparité. Pourquoi la réponse « pour tout » est-elle fausse, et comment s'en apercevoir en une ligne ?
2. La formule d'addition et sa condition. Soient et deux réels, et .
a. Justifier que , puis que équivaut à .
b. On suppose . Démontrer que , puis que
On traitera d'abord le cas et , puis le cas où et sont de signes contraires, puis le cas et .
c. On suppose . Démontrer que la formule devient
d. Calculer , puis . Commenter.
3. Soit un réel.
a. Démontrer que pour tout .
b. En déduire une méthode générale, valable pour tout réel , et l'appliquer à
c. Quelles sont la période et la parité de la fonction ? Décrire l'allure de sa courbe sur , sans la tracer.
4. Résoudre dans l'équation
On dégagera d'abord une condition nécessaire, puis on examinera séparément chacune des solutions candidates. L'une des deux est à rejeter, et la raison de ce rejet est exactement le contenu de la question 2.
5. Résoudre dans l'équation
Fonctions réciproques usuelles : Arcsin, Arccos, Arctan et fonctions hyperboliquesThéorème de la bijection, fonction réciproque et sa courbe
Remarque
Selon les facs. Le cosinus et le sinus hyperboliques figurent au premier semestre dans certaines maquettes et n'apparaissent qu'en deuxième année dans d'autres. Ils sont traités ici parce qu'ils fournissent le meilleur terrain d'application du théorème de la bijection : ce sont les seules fonctions du chapitre dont la réciproque s'écrit explicitement, à l'aide d'un logarithme. Cet exercice fait ce calcul en entier.
On rappelle les définitions, valables pour tout réel :
Comme partout dans ce chapitre, les monotonies se démontrent à la main.
1. Démontrer les deux identités
et en déduire en une ligne la relation fondamentale . Donner ensuite la parité de chacune des trois fonctions, et démontrer que pour tout réel , avec égalité au seul point .
2. Une factorisation, deux monotonies. Démontrer que, pour tous réels et ,
En déduire que est strictement croissante sur , et que est strictement croissante sur . On aura auparavant établi le signe de selon celui de .
3. Établir l'identité , puis l'écriture
et en déduire, sans nouvelle factorisation, la stricte croissance de sur et ses limites en .
4. Déterminer en minorant par une expression simple, puis toutes les limites utiles. Dresser les tableaux de variations de et de .
5. Vérifier les trois hypothèses du théorème de la bijection pour sur , et en déduire l'existence de , avec son ensemble de départ, son ensemble d'arrivée, sa continuité et son sens de variation.
6. Démontrer que
On résoudra l'équation d'inconnue en posant , ce qui donne une équation du second degré en ; on justifiera qu'une seule de ses racines convient.
7. Faire de même pour : énoncer le résultat du théorème de la bijection, puis démontrer que
On précisera pour quelles valeurs de la quantité sous le logarithme est strictement positive, et l'on dira ce que ce calcul redonne au passage.
8. Pourquoi le théorème de la bijection ne s'applique-t-il pas à sur ? Choisir une restriction, la justifier, et donner l'expression logarithmique de par la même méthode.
9. Démontrer, à partir de la formule de la question 6, que est impaire. Le résultat était-il prévisible sans calcul ?
Continuité uniforme, fonctions lipschitziennes et théorème de HeineRédaction : ordre des quantificateurs, preuve en epsilon-delta, négation, contre-exemple
Cet exercice est d'abord un exercice de rédaction. Tout ce qui suit se joue dans la place d'un quantificateur, et l'on ne comprend rien à la continuité uniforme tant qu'on n'a pas écrit les deux énoncés l'un sous l'autre.
Dans tout l'exercice, est une partie non vide de et .
1. Écrire, l'un sous l'autre et avec tous leurs quantificateurs, les deux énoncés suivants :
a. « est continue sur », en déroulant la définition point par point ;
b. « est uniformément continue sur ».
Entourer par la pensée le seul symbole qui change de place, et dire en une phrase ce que ce déplacement interdit.
2. Démontrer que si est uniformément continue sur , alors est continue sur . La démonstration tient en deux lignes.
3. Le qui dépend du point, vu sur un exemple. Soit sur et .
a. Démontrer que, pour ,
b. En déduire un convenable pour la continuité de en , et observer son comportement quand devient grand.
c. Ce calcul démontre-t-il que n'est pas uniformément continue sur ? Répondre avec soin : c'est le point où l'on se trompe.
4. Écrire la négation de « est uniformément continue sur ». Écrire à côté la négation de « est continue au point ». Combien de points chaque négation fait-elle apparaître ? C'est la signature de la notion.
5. Le critère séquentiel. Démontrer la proposition suivante.
Propriété
Si est uniformément continue sur , alors, pour toutes suites et d'éléments de telles que , on a .
En déduire un critère de réfutation, et l'énoncer proprement.
6. Démontrer la réciproque : si n'est pas uniformément continue sur , alors il existe deux suites et d'éléments de telles que et pour un certain et pour tout . On citera la propriété d'Archimède, acquise dans « Suites réelles ».
7. Démontrer que est uniformément continue sur . On produira un explicite en fonction de , et l'on remarquera qu'il n'est pas de la forme .
8. Démontrer que n'est pas uniformément continue sur , en utilisant le critère de la question 5.
9. Démontrer que n'est pas uniformément continue sur . Que conclure sur la nature de la propriété étudiée ?
Continuité uniforme, fonctions lipschitziennes et théorème de Heine
Sur une même partie de , trois propriétés s'emboîtent :
Les deux implications sont déjà démontrées et ne sont pas à refaire. La première l'est dans le cours, en une ligne : si est -lipschitzienne avec , le choix convient, et ce ne dépend d'aucun point. La seconde l'est à l'exercice 30, question 2. On les cite.
Tout le travail est ailleurs, et il porte sur deux questions que ces implications laissent ouvertes : les inclusions sont-elles strictes, et que deviennent ces propriétés quand on combine deux fonctions ?
On rappelle la définition. La fonction est -lipschitzienne sur , où , lorsque
et lipschitzienne lorsqu'il existe un tel . Toutes les démonstrations ci-dessous se font à partir des définitions.
1. Soit la réciproque de la bijection de sur , c'est-à-dire pour .
a. Justifier que réalise bien une bijection de sur et que est continue.
b. Démontrer que est uniformément continue sur . On citera le théorème de Heine, énoncé dans le cours et démontré à l'exercice 32.
c. Démontrer que n'est lipschitzienne sur pour aucun rapport . On raisonnera par l'absurde en évaluant l'inégalité aux points et .
2. Soit , définie sur (exercice 29).
a. Justifier que est continue sur .
b. Démontrer que n'est pas uniformément continue sur . On posera et , et l'on remarquera que les images de ces deux suites se calculent sans effort.
3. Conclure : énoncer la hiérarchie et dire ce que les questions 1 et 2 viennent d'établir à son sujet.
Dans cette partie, est une partie non vide de .
4. Soient et uniformément continues sur . Démontrer que l'est aussi.
5. Soient et deux parties non vides de , uniformément continue sur avec , et uniformément continue sur . Démontrer que est uniformément continue sur . On indiquera dans quel ordre les deux hypothèses sont utilisées, et pourquoi cet ordre est imposé.
6. Le produit ne se conserve pas. Soient et sur .
a. Démontrer que et sont uniformément continues sur .
b. Démontrer que ne l'est pas. On reconnaîtra la fonction de l'exercice 25 et l'on utilisera le critère séquentiel de l'exercice 30.
7. Ce qui sauve le produit. Démontrer que si et sont uniformément continues et bornées sur , alors est uniformément continue sur . Expliquer pourquoi le contre-exemple de la question 6 devait vivre sur un ensemble non borné.
Continuité uniforme, fonctions lipschitziennes et théorème de HeineImage d'un segment et théorème des bornes atteintes
Théorème
Théorème de Heine. Toute fonction continue sur un segment y est uniformément continue.
C'est le dernier grand théorème du chapitre, et le plus surprenant : une propriété locale, la continuité en chaque point, devient globale dès que l'ensemble de départ est fermé et borné. Il est employé un peu partout en analyse, souvent sans être nommé, et presque jamais démontré. On le démontre ici.
Les outils sont tous acquis, et aucun n'est à refaire : la négation séquentielle de l'uniforme continuité (exercice 30), le théorème de Bolzano-Weierstrass (chapitre « Suites réelles »), et la caractérisation séquentielle de la continuité (exercice 15).
Dans toute la partie A, est continue sur avec , et l'on raisonne par l'absurde en supposant que n'y est pas uniformément continue.
1. Écrire la négation de « est uniformément continue sur », puis construire deux suites et d'éléments de et un réel tels que
2. Appliquer le théorème de Bolzano-Weierstrass à : on obtient une extractrice et un réel . Justifier que .
3. Le point délicat. Démontrer que la suite extraite converge, elle aussi, vers le même réel . On utilisera .
4. Conclure la démonstration du théorème.
5. Dire, en une phrase pour chacune, où servent exactement les trois hypothèses : la continuité, le caractère borné de , son caractère fermé. Comparer avec la démonstration du théorème des bornes atteintes (exercice 23).
6. Soit , construite à l'exercice 27.
a. Justifier que est uniformément continue sur .
b. Démontrer qu'elle n'est lipschitzienne sur pour aucun rapport . On posera, pour ,
on établira que , puis on minorera à l'aide de l'inégalité .
c. Que vient-on d'obtenir vis-à-vis de la hiérarchie de l'exercice 31 ?
7. La réciproque du théorème de Heine est fausse : donner une fonction uniformément continue sur un ensemble qui n'est pas un segment.
8. Une fonction continue sur un intervalle ouvert borné y est-elle uniformément continue ? Répondre par un contre-exemple, et dire quel énoncé, plus fin que Heine, réglera complètement la question.
Continuité uniforme, fonctions lipschitziennes et théorème de HeineProlongement par continuité et raccord de fonctions définies par morceaux
Le théorème de Heine (exercice 32) traite le cas d'un segment. Que se passe-t-il sur un intervalle ouvert borné , où il ne s'applique pas ? La réponse est complète, et elle relie les deux dernières notions du chapitre.
Théorème
Soit deux réels et uniformément continue sur . Alors se prolonge par continuité en et en , c'est-à-dire qu'elle admet en et en des limites finies.
On utilisera les suites de Cauchy et le critère de Cauchy dans , acquis dans le chapitre « Suites réelles » : une suite réelle converge si et seulement si elle est de Cauchy. Ils ne sont pas à redémontrer.
Dans toute cette partie, est une partie non vide de et est uniformément continue sur .
1. Démontrer que l'image par d'une suite de Cauchy d'éléments de est encore une suite de Cauchy.
2. Ce résultat subsiste-t-il si l'on suppose seulement continue sur ? On examinera sur et la suite .
3. On prend maintenant avec réels.
a. Soit une suite d'éléments de convergeant vers . Démontrer que converge.
b. Démontrer que sa limite ne dépend pas de la suite choisie. On construira une suite « mélangée » à partir de deux suites données.
c. En déduire que admet une limite finie en , puis conclure la démonstration du théorème.
4. Démontrer la réciproque : si , définie sur , se prolonge en une fonction continue sur , alors est uniformément continue sur . Énoncer alors la caractérisation obtenue.
5. Un corollaire. Démontrer que toute fonction uniformément continue sur un intervalle borné est bornée. Ce résultat était utilisé par anticipation à l'exercice 31.
6. L'hypothèse « borné » ne peut pas sauter. Donner une fonction uniformément continue sur un intervalle ouvert non borné qui n'admet pas de limite finie à l'une de ses bornes.
7. Utiliser la caractérisation de la question 4 pour répondre, en une ligne chacune, aux deux questions suivantes.
a. La fonction est-elle uniformément continue sur ?
b. La fonction est-elle uniformément continue sur ?
Continuité en un point et sur un intervalle, opérations sur les fonctions continuesThéorème des valeurs intermédiaires, dichotomie et points fixesImage d'un segment et théorème des bornes atteintesThéorème de la limite monotone pour les fonctionsContinuité uniforme, fonctions lipschitziennes et théorème de HeineClassification des discontinuités : saut, première espèce, seconde espèce
On ne demande pas ici d'étudier une fonction. On demande l'inverse : la fonction est donnée, et ce sont les théorèmes du chapitre qu'on passe en revue, un par un, en se posant chaque fois les trois mêmes questions.
Méthode
Soit et définie par
On admet, ces vérifications étant immédiates et n'étant pas l'objet de l'exercice : est strictement croissante sur et strictement décroissante sur ; elle est continue en tout point de différent de , chacun de ses deux morceaux étant une fonction affine ; et
Autrement dit, la fonction monte le long du premier morceau, saute vers le haut en , puis redescend le long du second, et son ensemble de départ lui manque en . Trois défauts sont donc visibles d'emblée : une discontinuité, un changement de sens, et un intervalle qui n'est pas fermé. Ils ne bloquent pas les mêmes théorèmes, et c'est tout l'objet de ce qui suit.
1. Préliminaire. Calculer , et , et classer la discontinuité de en avec le vocabulaire de l'exercice 17. Déterminer ensuite , puis et , en disant lesquels sont atteints.
Les six questions suivantes portent chacune sur un théorème, et se traitent selon le protocole ci-dessus.
2. Le théorème de la limite monotone et son corollaire sur les limites latérales (exercice 14).
3. Le théorème des valeurs intermédiaires sous sa forme globale, « l'image d'un intervalle est un intervalle » (exercices 20 et 21).
4. Le théorème des bornes atteintes, et sa conséquence « l'image d'un segment est un segment » (exercice 23).
5. Le théorème de la bijection (exercice 25).
6. Le théorème de Heine (exercice 32).
7. La caractérisation séquentielle de la continuité (exercice 15).
8. Combien de ces six énoncés s'appliquent réellement ? Dire lequel, et pourquoi lui.
9. Question finale. Quelle modification minimale de et de ferait tenir les six énoncés à la fois ? On dira, pour chaque défaut réparé, quel énoncé il débloque, et l'on donnera la fonction obtenue.
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.