3ᵉ · Chapitre 03 · Nombres et calculs
Calcul littéral : double distributivité
Développement (double distributivité), factorisation dont a² − b², réduction.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Développement (double distributivité)
- Factorisation dont a² − b²
- Réduction
En quatrième, tu as appris à réduire une expression et à développer un produit comme grâce à la distributivité. Cette année, on franchit un cap : multiplier deux parenthèses entre elles, comme , grâce à la double distributivité. Tu apprendras aussi à faire le chemin inverse, factoriser, avec une nouvelle égalité très efficace : . Et surtout, tu découvriras à quoi tout cela sert vraiment : démontrer qu'un résultat est vrai pour tous les nombres à la fois. Développer, factoriser, démontrer : ce trio est un grand classique du brevet, et il te suivra jusqu'au lycée.
Réduire une expression : les réflexes de 4e
Avant de manipuler des expressions plus longues, on remet en place les réflexes de quatrième. Premier réflexe : lire la structure de l'expression. Quelle serait la dernière opération si on remplaçait la lettre par un nombre ? Si c'est une addition ou une soustraction, l'expression est une somme et ses morceaux sont des termes ; si c'est une multiplication, c'est un produit et ses morceaux sont des facteurs. Ainsi est une somme, mais est un produit.
Propriété
Réduire une expression, c'est l'écrire avec le moins de termes possible. On ne peut regrouper que des termes de même nature : les termes en entre eux, les termes en entre eux, les constantes entre elles. Pour regrouper, on additionne les coefficients :
Exemple
Réduire . On regroupe par nature : , puis , enfin . Donc .
Attention aux faux amis. ne se réduit pas : un terme en et un terme en ne sont pas de même nature. De même, : teste avec , l'un vaut et l'autre . Quand deux termes ne sont pas de même nature, on les laisse tranquilles.
Développer : la distributivité simple
Développer, c'est transformer un produit en somme. L'outil de quatrième, c'est la distributivité : le facteur devant la parenthèse est distribué à chacun des termes de la parenthèse.
Propriété
Distributivité simple. Pour tous nombres , et :
Méthode
Développer puis réduire avec la distributivité simple.
- Distribuer le facteur à chaque terme de la parenthèse, en appliquant la règle des signes.
- Surveiller particulièrement un facteur négatif : il change le signe de chaque terme de la parenthèse.
- Réduire l'expression obtenue en regroupant les termes de même nature.
Exemple
Développer . Le facteur est : chaque terme change de signe. .
Développer et réduire . Le piège classique : le signe fait partie du facteur, on distribue et non . Donc . Écrire est l'erreur la plus fréquente du chapitre : .
La double distributivité
Voici la nouveauté de troisième. Comment développer , un produit de deux sommes ? L'astuce : considérer comme un seul nombre, et le distribuer sur puis sur . On obtient , et on distribue une seconde fois : . Deux distributions successives, d'où le nom de double distributivité. Tu peux aussi le voir géométriquement : un rectangle de côtés et se découpe en quatre petits rectangles d'aires , , et .
Propriété
Double distributivité. Pour tous nombres , , et :
Chaque terme de la première parenthèse est multiplié par chaque terme de la seconde : cela fait quatre produits.
Méthode
Développer avec la double distributivité.
- Repérer les deux termes de chaque parenthèse, avec leur signe : dans , les termes sont et .
- Effectuer les quatre produits, dans l'ordre : premier premier, premier second, second premier, second second. Imagine des flèches qui relient chaque terme de gauche à chaque terme de droite.
- Réduire : les deux termes du milieu sont souvent de même nature et se regroupent.
Exemple
Développer . Les quatre produits : , puis , puis , enfin . Donc .
Développer . Les termes sont et d'un côté, et de l'autre : , puis , puis , enfin . Donc .
Développer . Un carré, c'est un nombre multiplié par lui-même : . On applique la double distributivité : . Retiens bien : le carré d'une somme se développe ainsi, en écrivant le produit des deux parenthèses. Surtout, : pour , le premier vaut et le second . Le terme du milieu, , ne doit jamais disparaître.
Factoriser avec un facteur commun
Factoriser, c'est le chemin inverse du développement.
Définition
Factoriser une expression, c'est la transformer en un produit : l'écriture finale doit être une multiplication de facteurs, et non plus une somme de termes.
Méthode
Factoriser avec un facteur commun.
- Repérer le facteur présent dans tous les termes : un nombre, une lettre, ou les deux à la fois.
- Écrire chaque terme sous la forme facteur commun reste.
- Mettre en facteur : le facteur commun devant, et entre parenthèses ce qui reste de chaque terme.
- Vérifier en redéveloppant : on doit retomber sur l'expression de départ.
Exemple
Facteur commun numérique : factoriser . On a et , donc .
Facteur commun littéral : factoriser . On a et , donc .
Les deux à la fois : factoriser . Le facteur commun est , car et . Donc . Vérification : , c'est bon.
La différence de deux carrés
Que faire quand aucun facteur commun ne saute aux yeux, comme dans ? La double distributivité nous offre une nouvelle égalité. Développons :
Les deux termes du milieu, et , s'annulent : il ne reste que la différence des deux carrés.
Propriété
Différence de deux carrés. Pour tous nombres et :
Cette égalité s'utilise dans les deux sens : de droite à gauche pour développer très vite, de gauche à droite pour factoriser une différence de deux carrés.
Exemple
Sens « développer » : . Pas besoin des quatre produits : c'est , directement.
Sens « factoriser » : . On reconnaît une différence de deux carrés, car . Donc .
Un cas plus musclé : . Ici et , donc .
Calcul mental astucieux. Pour calculer sans poser l'opération : .
Démontrer avec le calcul littéral
Voici la vraie puissance du chapitre. Un exemple, ou même mille, ne prouvent jamais qu'un résultat est vrai pour tous les nombres : il en reste toujours une infinité à tester. Avec une lettre, un seul calcul remplace l'infinité de vérifications.
Définition
Pour désigner un nombre entier quelconque, on utilise une lettre, souvent ou . Trois écritures reviennent sans cesse dans les démonstrations : un nombre pair s'écrit (le double d'un entier), un nombre impair s'écrit , et deux entiers consécutifs s'écrivent et .
Méthode
Démontrer un résultat général avec le calcul littéral.
- Choisir une lettre pour désigner le nombre quelconque (et préciser ce qu'elle représente).
- Traduire l'énoncé en une expression littérale.
- Transformer l'expression avec les outils du chapitre : développer, réduire, factoriser.
- Conclure en une phrase : le résultat vaut pour toutes les valeurs possibles de la lettre.
Exemple
Démontrer que la somme de trois entiers consécutifs est toujours un multiple de . Appelons le premier entier : les trois entiers consécutifs sont , et . Leur somme vaut
Cette somme s'écrit un entier : c'est donc un multiple de , quel que soit l'entier de départ. Démontré, pour l'infinité des cas possibles, en une ligne.
Deuxième situation classique du brevet : montrer que deux programmes de calcul donnent toujours le même résultat. Compare le programme A « choisis un nombre, ajoute , multiplie le résultat par lui-même, soustrais » et le programme B « choisis un nombre, ajoute , multiplie le résultat par le nombre de départ ». Teste avec : le programme A donne , le programme B donne . Coïncidence ? Appelons le nombre de départ. Le programme A calcule , que l'on développe avec la double distributivité :
Le programme B calcule par distributivité simple. Les deux expressions sont égales : les deux programmes donnent le même résultat pour tout nombre de départ. Retiens la morale du chapitre : les exemples font naître une conjecture, mais seul le calcul littéral la transforme en certitude.
Bloqué sur « Calcul littéral : double distributivité » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.