Tale spé · Chapitre 11 · Analyse
Primitives et équations différentielles
Primitives de référence, équations y' = ay et y' = ay + b.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Primitives de référence
- Équations y' = ay et y' = ay + b
Posez une tasse de café brûlant dans une pièce à °C et observez-la refroidir. La physique ne nous dit pas directement quelle est la température à l'instant : elle nous dit comment cette température varie. La loi de Newton affirme que la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart avec la température ambiante — plus le café est chaud, plus il refroidit vite. Le même phénomène se retrouve partout : la tension aux bornes d'un condensateur qui se décharge diminue proportionnellement à sa valeur, la vitesse d'un parachutiste évolue selon les frottements qu'il subit, une population de bactéries croît proportionnellement à son effectif. Dans chaque cas, nous connaissons la vitesse de variation d'une grandeur, et nous cherchons la grandeur elle-même.
Traduites en langage mathématique, ces lois deviennent des équations d'un type nouveau : l'inconnue n'y est plus un nombre, mais une fonction, et l'équation relie cette fonction à sa dérivée. On les appelle équations différentielles. La loi de refroidissement s'écrit par exemple , où l'inconnue est la fonction tout entière. Ces équations sont le langage naturel des sciences : la mécanique, l'électricité, la chimie, la biologie ou l'économie formulent leurs modèles ainsi. Certaines font même intervenir la dérivée seconde, comme l'équation qui régit les oscillations d'un pendule — nous nous limiterons cette année aux équations du premier ordre, où seule la dérivée première apparaît.
Ce chapitre s'organise autour de deux problèmes jumeaux. Le premier est l'équation : retrouver une fonction dont on connaît la dérivée. C'est l'opération inverse de la dérivation, et la fonction cherchée s'appelle une primitive de — nous en dresserons les tableaux, miroirs de ceux des dérivées. Le second est l'équation , où la dérivée dépend de la fonction elle-même : nous démontrerons que ses solutions s'expriment toutes à l'aide de l'exponentielle, ce qui explique l'omniprésence de cette fonction dans les modèles d'évolution. En fin de chapitre, la méthode d'Euler montrera comment approcher numériquement une solution lorsque le calcul exact est hors de portée.
L'équation : la notion de primitive
Commençons par le premier problème : étant donnée une fonction , trouver les fonctions dont la dérivée est . Résoudre l'équation différentielle , c'est exactement cela — et la solution porte un nom.
Définition
Primitive. Soit une fonction définie sur un intervalle . On appelle primitive de sur toute fonction dérivable sur telle que , c'est-à-dire telle que pour tout :
Chercher une primitive, c'est donc lire le tableau des dérivées à l'envers : au lieu de partir de pour calculer , on part de et l'on remonte vers . Pour vérifier qu'une fonction proposée est bien une primitive, un seul geste suffit : la dériver.
Exemple
Une première primitive. Soit définie sur par . La fonction est dérivable sur et pour tout réel : ainsi est une primitive de sur .
Mais ce n'est pas la seule ! La fonction vérifie elle aussi , puisque la constante disparaît à la dérivation. Plus généralement, toutes les fonctions , où est un réel quelconque, sont des primitives de sur . C'est pourquoi l'on dit toujours « une primitive » et jamais « la primitive ».
Deux questions se posent alors naturellement. Toute fonction admet-elle des primitives ? Et les avons-nous toutes trouvées en ajoutant des constantes ? La première question reçoit une réponse positive dès que la fonction est continue — c'est un théorème profond, que nous admettons pour l'instant.
Propriété
Existence de primitives (admise). Toute fonction continue sur un intervalle admet des primitives sur cet intervalle.
Ce théorème sera démontré au chapitre suivant, consacré au calcul intégral, qui fournira une construction explicite d'une primitive. Retenons dès maintenant sa portée : toutes les fonctions usuelles de terminale étant continues sur leurs intervalles de définition, elles admettent toutes des primitives — même lorsque celles-ci ne s'expriment pas à l'aide des fonctions connues, comme pour . La seconde question, elle, est à notre portée : c'est l'une des démonstrations exigibles du programme.
Propriété
Deux primitives diffèrent d'une constante. Soit une fonction continue sur un intervalle et une primitive de sur . Alors les primitives de sur sont exactement les fonctions
Autrement dit, deux primitives d'une même fonction sur un intervalle diffèrent d'une constante.
Démonstration (exigible). Vérifions d'abord que toutes ces fonctions conviennent : pour tout réel , la fonction est dérivable sur et , donc est bien une primitive de sur .
Réciproquement, soit une primitive quelconque de sur . Posons . La fonction est dérivable sur et, pour tout :
Or une fonction dont la dérivée est nulle sur un intervalle y est constante — c'est une conséquence du lien entre signe de la dérivée et variations. Il existe donc un réel tel que pour tout , c'est-à-dire .
L'hypothèse « intervalle » n'est pas décorative : sur une réunion de deux intervalles disjoints, une fonction de dérivée nulle peut très bien prendre une valeur constante différente sur chaque morceau. C'est pour cette raison que la notion de primitive est toujours définie sur un intervalle. Une conséquence précieuse de cette propriété : parmi l'infinité de primitives, une seule passe par un point imposé.
Propriété
Primitive vérifiant une condition. Soit une fonction continue sur un intervalle , et . Il existe une unique primitive de sur telle que .
En effet, si désigne une primitive de sur , les primitives sont les ; la condition détermine une valeur de et une seule, à savoir .
Exemple
Déterminer la primitive passant par un point. Soit définie sur par . Déterminons la primitive de sur telle que .
Les primitives de sur sont les fonctions , où . La condition s'écrit , d'où . La primitive cherchée est donc
Primitives des fonctions de référence
Puisque chercher une primitive revient à lire les formules de dérivation à l'envers, chaque ligne du tableau des dérivées fournit, retournée, une ligne du tableau des primitives. Par exemple, la dérivée de est : donc une primitive de est . Le tableau suivant est à connaître aussi parfaitement que celui des dérivées — dans chaque cas, on obtient toutes les primitives en ajoutant une constante.
| Fonction | Une primitive | Sur l'intervalle |
|---|---|---|
| () | ||
| (, ) | ou | |
Trois commentaires. La formule des puissances vaut pour tout entier relatif … sauf , où elle demanderait de diviser par zéro. Ce trou est comblé par la troisième ligne : sur , c'est le logarithme népérien qui est une primitive de — nous savons en effet depuis le chapitre sur le logarithme que . Ensuite, attention au signe dans les lignes trigonométriques : une primitive de est (et non ), car c'est qui est correcte. Enfin, chaque formule se vérifie instantanément en dérivant la colonne du milieu : prendre ce réflexe, c'est ne plus jamais se tromper.
Comme la dérivation, la recherche de primitives se comporte bien vis-à-vis des sommes et des multiples : c'est la linéarité, qui découle directement des règles de dérivation correspondantes.
Propriété
Linéarité. Soient et deux fonctions continues sur un intervalle , et des primitives respectives de et sur , et un réel.
- est une primitive de sur ;
- est une primitive de sur .
Grâce à la linéarité et au tableau, nous savons déjà trouver une primitive de n'importe quelle fonction polynôme : on traite chaque monôme séparément, en « augmentant l'exposant de et en divisant par le nouvel exposant ».
Exemple
Deux recherches de primitives.
a. Soit définie sur par . En primitivant chaque terme grâce au tableau (, , ) et en appliquant la linéarité :
On vérifie : . Les primitives de sur sont les fonctions , .
b. Soit définie sur par . Le tableau donne terme à terme les primitives , et , d'où par linéarité :
La vérification par dérivation redonne bien , en n'oubliant pas que .
Primitives et fonctions composées
Le tableau des fonctions de référence ne suffit pas pour des fonctions comme ou . Pour aller plus loin, relisons à l'envers la formule de dérivation des fonctions composées : si se dérive en , alors, dans l'autre sens, toute fonction de la forme admet pour primitive. Appliquée aux fonctions extérieures de référence, cette lecture inverse fournit les formes usuelles suivantes.
Propriété
Primitives des formes composées. Soit une fonction dérivable sur un intervalle .
| Forme de | Une primitive | Condition sur |
|---|---|---|
| aucune | ||
| (, ) | si : ne s'annule pas sur | |
| sur | ||
| sur | ||
| ne s'annule pas sur |
Chaque ligne se vérifie en dérivant la colonne du milieu à l'aide des formules du chapitre sur la dérivation : , , , et — cette dernière, vue au chapitre sur le logarithme, exige pour que soit définie. Notons que la dernière ligne n'est que le cas de la deuxième, suffisamment fréquent pour mériter sa place. Toute la difficulté pratique consiste à reconnaître ces formes dans une expression donnée : le facteur est rarement servi sur un plateau, il manque souvent une constante multiplicative.
Méthode
Reconnaître une forme composée.
- Repérer la fonction intérieure candidate : l'expression sous l'exponentielle, sous la racine, au dénominateur ou élevée à la puissance.
- Calculer et la comparer au facteur restant de l'expression.
- Si ce facteur vaut pour une constante , écrire et prendre fois la primitive de référence — on ajuste la constante multiplicative, jamais autre chose : si le facteur manquant n'est pas constant, la méthode ne s'applique pas.
- Vérifier en dérivant la primitive obtenue.
Exemple
Trois primitives de formes composées.
a. Soit définie sur par . Posons : alors , qui est exactement le facteur devant l'exponentielle. Ainsi , et une primitive de sur est
b. Soit définie sur par . Posons : la fonction est strictement positive sur et . Le numérateur vaut : il faut ajuster la constante. On écrit
et une primitive de sur est donc . Vérification : .
c. Soit définie sur par . Posons : alors , et est de la forme avec . Une primitive de sur est donc
Vérification : .
Nous savons désormais résoudre l'équation pour un large éventail de fonctions . Passons au second problème du chapitre, où la dérivée de l'inconnue dépend de l'inconnue elle-même.
L'équation différentielle
Reprenons la population de bactéries de l'introduction : sa vitesse de croissance est proportionnelle à son effectif. Si désigne l'effectif à l'instant , cette loi s'écrit pour une certaine constante . Cette fois, impossible de « primitiver » directement : le second membre n'est pas une fonction connue de , il fait intervenir l'inconnue elle-même. C'est le prototype de l'équation différentielle, dont il est temps de fixer le vocabulaire.
Définition
Équation différentielle, solution. Une équation différentielle est une équation dont l'inconnue est une fonction, notée , et qui relie cette fonction à sa dérivée . Une solution de l'équation sur un intervalle est une fonction dérivable sur qui vérifie l'égalité pour tout . Résoudre l'équation sur , c'est déterminer toutes ses solutions sur .
Ainsi, l'équation étudiée plus haut a pour solutions les primitives de , et l'équation demande une fonction égale à sa propre dérivée : nous en connaissons une, l'exponentielle. Le théorème suivant, dont la démonstration est exigible, décrit toutes les solutions de l'équation .
Propriété
Résolution de . Soit un réel. Les solutions sur de l'équation différentielle sont exactement les fonctions
Démonstration (exigible). Procédons en deux temps.
Ces fonctions sont solutions. Soit un réel et . La fonction est dérivable sur et, la dérivée de étant :
Donc est solution de sur .
Ce sont les seules. Soit une solution quelconque de sur . Posons, pour tout réel :
La fonction est dérivable sur comme produit de fonctions dérivables et, par dérivation d'un produit :
Or est solution de l'équation, donc pour tout réel : la dérivée est nulle sur l'intervalle . La fonction est donc constante — le même argument que pour les primitives ! Il existe un réel tel que pour tout , et en multipliant par (qui ne s'annule jamais) :
L'astuce de la démonstration — multiplier par pour rendre la dérivée nulle — mérite d'être retenue : elle ramène l'équation différentielle au résultat clé de la première section. Notons aussi que la constante s'interprète immédiatement : , la valeur initiale. Observons maintenant l'allure de ces solutions.
Les trois courbes tracées sont les solutions de l'équation obtenues pour , et , c'est-à-dire les fonctions , et . Ici : toutes les solutions tendent vers en , par valeurs supérieures lorsque (décroissance exponentielle), par valeurs inférieures lorsque . La solution nulle, obtenue pour , est l'axe des abscisses lui-même, et aucune courbe ne le traverse : une solution non nulle garde le signe de sur tout entier. Lorsque , le tableau s'inverse : les solutions s'éloignent de à vitesse exponentielle, vers si , vers si . Dans tous les cas, les courbes de la famille se déduisent les unes des autres par dilatation verticale, et par chaque point du plan passe une courbe et une seule — c'est le contenu de la propriété suivante.
Propriété
Condition initiale. Soient , et trois réels. L'équation différentielle admet une unique solution sur vérifiant .
En effet, les solutions sont les , et la condition équivaut à : la constante est déterminée de façon unique. Sur la figure, la courbe la plus haute est ainsi l'unique solution de valant en .
Exemple
Résolution avec condition initiale. Déterminons la solution sur de l'équation vérifiant .
D'après le théorème, les solutions sont les fonctions , . La condition s'écrit , d'où . La solution cherchée est donc
Cette dernière écriture rend la condition initiale visible d'un coup d'œil : en , l'exposant s'annule et .
L'équation différentielle
Le modèle suppose que la vitesse de variation est proportionnelle à la grandeur elle-même. Mais le café de l'introduction refroidit proportionnellement à l'écart avec la température ambiante : son équation, , se développe en , de la forme avec un second membre constant. Ce terme supplémentaire décale toute la famille de solutions, comme le montre le théorème suivant.
Propriété
Résolution de . Soient et deux réels, avec . La fonction constante est une solution particulière de l'équation , et les solutions sur de cette équation sont exactement les fonctions
Démonstration. La fonction constante a pour dérivée , et : l'égalité est bien vérifiée, c'est une solution.
Soit maintenant une fonction dérivable sur . Posons , de sorte que . Alors, par équivalences :
D'après le théorème de la section précédente, cette dernière condition équivaut à l'existence d'un réel tel que pour tout , c'est-à-dire .
La solution constante s'appelle la solution d'équilibre : si la grandeur démarre exactement à cette valeur, elle n'en bouge plus. Le comportement en des autres solutions se lit sur le signe de . Si , alors quand : toutes les solutions tendent vers , l'équilibre attire le système — c'est le cas du café, qui finit à la température de la pièce. Si , au contraire, explose dès que : les solutions s'écartent de l'équilibre, vers ou selon le signe de . Comme pour , une condition initiale détermine la solution de façon unique.
Exemple
Le refroidissement du café. Un café à °C est posé dans une pièce à °C. Sa température (en degrés Celsius, en minutes) vérifie l'équation différentielle
Résolution. Ici et : la solution d'équilibre est — la température ambiante, comme il se doit. Les solutions de l'équation sont donc les fonctions
Condition initiale. La condition s'écrit , d'où . Finalement :
Interprétation. Comme , on a : le café tend vers la température de la pièce, sans jamais l'atteindre exactement. Au bout de minutes par exemple, : le refroidissement est déjà presque achevé.
L'équation : le rôle d'une solution particulière
Remplaçons maintenant la constante par une fonction : l'équation devient , où le second membre peut être un polynôme, une exponentielle, une fonction trigonométrique… Le mécanisme découvert pour reste exactement le même : une fois une solution trouvée, toutes les autres s'en déduisent en ajoutant les solutions de l'équation sans second membre , dite équation homogène associée. Au programme de terminale, la solution particulière est toujours donnée par l'énoncé (ou sa forme est suggérée) : le travail consiste à la vérifier, puis à construire la solution générale.
Propriété
Structure des solutions. Soient un réel, une fonction définie sur un intervalle , et une solution particulière sur de l'équation . Alors les solutions de sur sont exactement les fonctions , où décrit l'ensemble des solutions de l'équation homogène , c'est-à-dire les fonctions
Démonstration. Soit une fonction dérivable sur . Puisque est solution de , on a sur , et par équivalences :
Ainsi est solution de si et seulement si est solution de l'équation homogène , c'est-à-dire si et seulement s'il existe un réel tel que .
Ce résultat contient le précédent comme cas particulier : pour constante égale à , la solution particulière constante redonne les solutions . En pratique, la résolution suit toujours le même chemin en trois étapes.
Méthode
Résoudre à partir d'une solution particulière donnée.
- Vérifier que la fonction proposée est bien solution : calculer , puis contrôler l'égalité pour tout de l'intervalle.
- Former la solution générale : les solutions sont les fonctions , .
- Ajuster la constante à l'aide de la condition initiale éventuelle, en résolvant l'équation obtenue.
Exemple
Résolution complète avec second membre affine. On considère l'équation différentielle
et l'on admet l'indication de l'énoncé : la fonction est une solution particulière de . Déterminons la solution de sur vérifiant .
Étape 1 : vérification. La fonction est dérivable sur et . Par ailleurs, pour tout réel :
On a bien pour tout réel : la fonction est solution de sur .
Étape 2 : solution générale. L'équation homogène associée est , dont les solutions sont les . Les solutions de sur sont donc les fonctions
Étape 3 : condition initiale. La condition s'écrit , soit , d'où . Finalement :
La méthode d'Euler
Toutes les équations différentielles ne se laissent pas résoudre par une formule : le second membre peut être trop compliqué, ou la primitive nécessaire peut ne pas s'exprimer avec les fonctions usuelles — c'est le cas, on l'a dit, pour . Les sciences ont pourtant besoin de valeurs numériques. La méthode d'Euler répond à ce besoin : elle construit, pas à pas, une approximation de la solution, en exploitant l'idée la plus fondamentale du calcul différentiel — au voisinage d'un point, une fonction dérivable ressemble à sa tangente.
Méthode
Principe de la méthode d'Euler. Pour une fonction dérivable et un pas proche de , l'approximation affine donne
Partant d'une condition initiale et d'un pas choisi, on construit de proche en proche des points en posant et
soit pour l'équation , et pour l'équation . La ligne brisée reliant les points approche la courbe de la solution ; plus le pas est petit, meilleure est l'approximation — au prix d'un plus grand nombre d'étapes.
Exemple
Euler sur l'équation . Appliquons la méthode à l'équation avec , dont la solution exacte est , et cherchons une valeur approchée de .
Avec le pas , la relation de récurrence est :
En deux pas, on atteint avec l'approximation — grossière, puisque . Avec le pas , il faut dix étapes et : l'approximation s'améliore nettement. En réduisant encore le pas, on s'approche d'aussi près que l'on veut de la valeur exacte.
En pratique, ces calculs répétitifs sont confiés à une boucle. Le programme suivant applique la méthode d'Euler à l'équation et renvoie la liste des valeurs approchées successives.
def euler(a, b, y0, h, n):
y = y0
valeurs = [y0]
for k in range(n):
y = y + h * (a * y + b)
valeurs.append(y)
return valeurs
print(euler(-0.5, 10, 80, 0.1, 20))
À chaque tour de boucle, la variable y est remplacée par y + h * (a * y + b) : c'est exactement la relation , la pente étant recalculée au point courant. L'appel proposé reprend l'équation du café (, , ) avec un pas : après étapes, on obtient une approximation de , environ , à comparer à la valeur exacte . L'écart, inférieur à degré, se réduirait encore avec un pas plus fin : la méthode d'Euler troque l'exactitude contre une simplicité redoutable, et reste, sous des formes raffinées, au cœur des simulations numériques modernes.
En résumé : une primitive de sur un intervalle est une fonction dont la dérivée est ; toute fonction continue en admet, et deux primitives diffèrent d'une constante — si bien qu'une condition du type en sélectionne une seule. Les tableaux de primitives, lectures inverses des tableaux de dérivées, se prolongent aux formes composées , , , , où tout l'art consiste à reconnaître et à ajuster une constante multiplicative. Côté équations différentielles, les solutions de sont les , celles de s'en déduisent par translation vers la solution d'équilibre , et pour une solution particulière donnée suffit à reconstruire toutes les autres. Quand la formule manque, la méthode d'Euler approche la solution pas à pas. Reste la promesse faite en début de chapitre : démontrer que toute fonction continue admet des primitives. Ce sera l'affaire du prochain chapitre, consacré au calcul intégral.
Bloqué sur « Primitives et équations différentielles » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.