6ᵉ · Chapitre 02 · Nombres et calculs

Opérations sur les nombres décimaux

Quatre opérations, multiplication et division par 10, 100, 1 000 et par 0,1, 0,01, ordres de grandeur, divisions euclidienne et décimale.

Ce qu'il faut savoir faire

  • Quatre opérations
  • Multiplication et division par 10
  • 100
  • 1 000 et par 0
  • 1
  • 0
  • 01
  • Ordres de grandeur
  • Divisions euclidienne et décimale

Additionner des prix, partager une facture, estimer le montant d'un panier de courses : les opérations sur les nombres décimaux servent tous les jours. Dans ce chapitre, tu vas apprendre à poser les quatre opérations avec des nombres à virgule, à calculer malin de tête, et surtout à contrôler tes résultats pour repérer toi-même tes erreurs.

Additionner et soustraire des nombres décimaux

Méthode

Poser une addition ou une soustraction de nombres décimaux :

  1. On écrit les nombres l'un sous l'autre en alignant les virgules : ainsi, les unités sont sous les unités, les dixièmes sous les dixièmes, etc.
  2. Si un nombre a moins de chiffres après la virgule que l'autre, on complète avec des zéros.
  3. On calcule comme avec des nombres entiers, retenues comprises, puis on place la virgule du résultat dans l'alignement des autres virgules.

Exemple

Calculer 25,32+7,9. On complète 7,9 en 7,90 pour avoir deux chiffres après la virgule des deux côtés :

    2 5, 3 2
  +   7, 9 0
  ----------
    3 3, 2 2

Dans la colonne des dixièmes, 3+9=12 : on écrit 2 et on retient 1. Dans la colonne des unités, 5+7+1=13 : on écrit 3 et on retient 1. Donc 25,32+7,9=33,22.

Calculer 45,37,86. On complète 45,3 en 45,30 :

    4 5, 3 0
  -   7, 8 6
  ----------
    3 7, 4 4

Donc 45,37,86=37,44.

L'erreur classique consiste à aligner les nombres à droite, comme pour des entiers : dans 25,32+7,9, le 9 ne va surtout pas sous le 2 des centièmes ! Aligner les virgules, c'est aligner les rangs.

Propriété

Dans une somme, on peut changer l'ordre des termes et les regrouper comme on veut : le résultat ne change pas. C'est très utile pour calculer de tête, en formant des nombres « ronds ».

Exemple

Regrouper malin. Pour 4,7+8,53+5,3, on repère que 4,7 et 5,3 se complètent : on calcule d'abord 4,7+5,3=10, puis 10+8,53=18,53.

Passer par un nombre rond. Pour 19,9+7,2, on prend 0,1 dans 7,2 pour compléter 19,9 en 20 :

19,9+7,2=20+7,1=27,1.

Pour une soustraction. Pour 15,89,9, on enlève 10 : 15,810=5,8. C'est 0,1 de trop, on le rend : 5,8+0,1=5,9.

Multiplier ou diviser par 10, 100, 1 000

Propriété

Quand on multiplie un nombre par 10, chaque chiffre prend une valeur dix fois plus grande : il se déplace d'un rang vers la gauche dans le tableau de numération. Par 100, il se déplace de deux rangs ; par 1000, de trois rangs.

Quand on divise par 10, 100 ou 1000, c'est l'inverse : chaque chiffre se déplace d'un, deux ou trois rangs vers la droite.

Exemple

Suivons le nombre 3,25 dans le tableau de numération :

centaines dizaines unités dixièmes centièmes millièmes
3,25 3 2 5
3,25×100 3 2 5
3,25÷10 0 3 2 5

En multipliant par 100, le chiffre 3 passe des unités aux centaines, le 2 des dixièmes aux dizaines, le 5 des centièmes aux unités : 3,25×100=325. En divisant par 10, tout glisse d'un rang vers la droite : 3,25÷10=0,325. C'est exactement le principe du « glisse-nombres » utilisé en classe : les chiffres glissent le long des colonnes, et la virgule, elle, ne bouge jamais de sa place entre les unités et les dixièmes.

Méthode

En pratique, tout se passe comme si la virgule se déplaçait (en réalité, ce sont les chiffres qui changent de rang) :

  • pour multiplier par 10, 100, 1000 : on décale la virgule de 1, 2 ou 3 rangs vers la droite ;
  • pour diviser par 10, 100, 1000 : on la décale de 1, 2 ou 3 rangs vers la gauche ;
  • s'il manque des chiffres, on complète avec des zéros.

Exemples : 4,7×100=470 (on a ajouté un zéro), 0,83×1000=830, 47,1÷10=4,71 et 3÷100=0,03.

Multiplier par 0,1, par 0,01, par 0,001

Propriété

0,1, c'est un dixième. Prendre 0,1 fois un nombre, c'est donc en prendre le dixième. Autrement dit :

Multiplier par 0,1, c'est diviser par 10.

De même, multiplier par 0,01, c'est diviser par 100, et multiplier par 0,001, c'est diviser par 1000.

Exemple

  • 6,4×0,1=6,4÷10=0,64
  • 52,1×0,01=52,1÷100=0,521
  • 780×0,001=780÷1000=0,78
  • 0,1×45=45×0,1=4,5 (on peut échanger l'ordre des facteurs d'un produit)

Retiens cette idée importante : multiplier ne fait pas toujours grandir. Quand on multiplie par un nombre plus petit que 1, le résultat est plus petit que le nombre de départ.

Multiplier deux nombres décimaux

Pour les entiers, le sens du produit est clair : 3×4, c'est 3 paquets de 4. Mais 2,3 paquets de 1,4, cela ne veut rien dire ! Pour donner du sens au produit de deux décimaux, on s'appuie sur l'aire d'un rectangle : un rectangle de 3 sur 4 contient 3×4=12 carreaux de côté 1, et cette idée fonctionne encore avec des côtés à virgule, à condition de quadriller plus finement.

Aire d'un rectangle de 2,3 sur 1,4 : la grille au dixième donne 322 carreaux de 0,01

Exemple

Le sens du produit 2,3×1,4. Le rectangle ci-dessus mesure 2,3 sur 1,4. La grille au dixième le découpe en 23 colonnes et 14 lignes, soit 23×14=322 petits carreaux. Chaque petit carreau mesure 0,1 sur 0,1 : son aire vaut 0,1×0,1=0,01. L'aire du rectangle vaut donc 322×0,01=3,22, et on peut conclure :

2,3×1,4=3,22.

Observe bien ce qui s'est passé : on a calculé le produit des entiers 23×14=322, puis on a divisé par 100. C'est exactement la technique qui suit.

Méthode

Pour multiplier deux nombres décimaux :

  1. On pose la multiplication sans s'occuper des virgules, comme si les deux nombres étaient entiers.
  2. On compte le nombre total de chiffres après la virgule dans les deux facteurs réunis.
  3. On place la virgule dans le résultat pour qu'il ait autant de chiffres après la virgule.
  4. On contrôle le résultat avec un ordre de grandeur.

Exemple

Calculer 3,7×2,4. On calcule d'abord 37×24 :

      3 7
   x  2 4
   ------
    1 4 8
    7 4 .
   ------
    8 8 8

La deuxième ligne est décalée d'un rang vers la gauche : elle représente 37×2 dizaines, c'est-à-dire 740.

3,7 a un chiffre après la virgule, 2,4 aussi : le résultat doit en avoir 1+1=2. On place donc la virgule dans 888 :

3,7×2,4=8,88.

Pourquoi ça marche ? En remplaçant 3,7 par 37 et 2,4 par 24, on a multiplié chaque facteur par 10, donc le produit par 100 : le résultat 888 est 100 fois trop grand, et 888÷100=8,88.

Contrôle. 3,7 est proche de 4 et 2,4 est proche de 2 : le résultat doit être proche de 4×2=8. Avec 8,88, tout va bien. Si tu avais trouvé 88,8 ou 0,888, tu saurais immédiatement que la virgule est mal placée.

Ordres de grandeur

Définition

Un ordre de grandeur d'un nombre est un nombre proche de lui et simple à manipuler de tête (comme 20, 50, 100 ou 0,5). Un ordre de grandeur d'un résultat s'obtient en remplaçant chaque nombre du calcul par un ordre de grandeur, puis en calculant de tête.

Un ordre de grandeur ne donne pas la valeur exacte : il donne une valeur approchée, suffisante pour estimer une quantité ou pour vérifier un calcul.

Exemple

Estimer un prix. Au supermarché, tu prends 3 articles à 19,90 € l'un. Ordre de grandeur : 3×20=60, donc environ 60 €. (Le prix exact est 59,70 €.)

Contrôler un calcul. Pour 6×8,2, un ordre de grandeur est 6×8=48. Si ta multiplication posée donne 4,92 ou 492, c'est forcément faux : le bon résultat, 49,2, est proche de 48.

Prends ce réflexe : avant de poser une opération, estime le résultat de tête ; après l'avoir posée, compare. C'est le meilleur détecteur d'erreurs de virgule.

La division euclidienne

Quand on partage des objets entiers, le partage ne tombe pas toujours juste : il y a souvent un reste. C'est exactement ce que calcule la division euclidienne.

Définition

Effectuer la division euclidienne d'un nombre entier a par un nombre entier b (non nul), c'est trouver deux nombres entiers, le quotient q et le reste r, tels que :

a=b×q+ravecr<b.

Le nombre a s'appelle le dividende et b le diviseur. Le reste est toujours strictement plus petit que le diviseur.

Méthode

Poser la division euclidienne de 754 par 31 (la « potence ») :

  7 5 4 | 3 1
- 6 2   |------
  1 3 4 | 2 4
- 1 2 4
    1 0
  1. En 75, combien de fois 31 ? Deux fois, car 2×31=62 (trois fois ferait 93, trop grand). On écrit 2 au quotient et on calcule 7562=13.
  2. On abaisse le chiffre suivant, 4 : on obtient 134. En 134, combien de fois 31 ? Quatre fois, car 4×31=124. On écrit 4 au quotient et on calcule 134124=10.
  3. Plus de chiffre à abaisser : le quotient est 24 et le reste est 10.

Vérification systématique : 31×24+10=744+10=754, et le reste 10 est bien plus petit que 31. On écrit :

754=31×24+10.

Exemple

Interpréter le reste. Pour une sortie scolaire, 380 élèves doivent monter dans des cars de 55 places. La division euclidienne donne :

380=55×6+50.

(Vérifie : 55×6=330 et 330+50=380.) Six cars pleins transportent 330 élèves... mais il en reste 50 sur le trottoir ! Il faut donc réserver 7 cars. Selon la question posée, la réponse n'est pas toujours le quotient : c'est souvent le reste qui décide.

La division décimale

Partager 25,2 € entre 4 personnes : le dividende a une virgule, et pourtant la division se pose presque comme d'habitude.

Méthode

Diviser un nombre décimal par un nombre entier (plus petit que 10) :

  1. On pose la division comme si le dividende était un nombre entier.
  2. Au moment précis où l'on franchit la virgule du dividende, on écrit une virgule au quotient.
  3. On continue la division normalement.

Exemple : calculer 25,2÷4.

  2 5, 2 | 4
- 2 4    |------
    1  2 | 6, 3
  - 1  2
       0
  1. En 25, combien de fois 4 ? Six fois, car 6×4=24. On écrit 6 au quotient et il reste 2524=1.
  2. On franchit la virgule du dividende : on écrit la virgule au quotient, juste après le 6.
  3. On abaisse le 2 : en 12, combien de fois 4 ? Trois fois exactement, car 3×4=12. Le reste est nul.

Le quotient est 6,3, et on vérifie : 6,3×4=25,2. Chaque personne reçoit 6,30 €.

Exemple

Quand la division « continue » après le dernier chiffre. On partage 7,5 L de jus de fruits entre 6 personnes : on calcule 7,5÷6. En 7, une fois 6, reste 1 ; on écrit la virgule au quotient ; on abaisse le 5 : en 15, deux fois 6 (car 2×6=12), reste 3. Le reste n'est pas nul, mais on peut continuer : 7,5, c'est aussi 7,50. On abaisse donc un zéro : en 30, cinq fois 6 exactement. D'où :

7,5÷6=1,25.

Chaque personne reçoit 1,25 L. Vérification : 6×1,25=7,5.

Choisir la bonne opération dans un problème

Le plus difficile dans un problème, ce n'est pas de poser l'opération : c'est de savoir laquelle poser.

Méthode

Pose-toi la question : qu'est-ce que je cherche ?

  • Je réunis des quantités : une addition.
  • Je cherche ce qui reste, ce qui manque ou un écart : une soustraction.
  • Je répète une même quantité un certain nombre de fois (prix de plusieurs objets identiques, longueur de plusieurs tours de piste...) : une multiplication.
  • Je partage ou je fais des groupes : une division. Il y a deux situations, à bien distinguer :
    • on partage en parts égales : on connaît le nombre de parts et on cherche la valeur d'une part ;
    • on fait des groupes de taille donnée : on connaît la valeur d'une part et on cherche le nombre de parts.

Exemple

Partager (chercher la valeur d'une part). Un maraîcher répartit 13,8 kg de fraises dans 6 barquettes identiques. On connaît le nombre de parts (6) et on cherche la valeur d'une part : c'est une division, 13,8÷6=2,3. Chaque barquette contient 2,3 kg de fraises.

Faire des groupes (chercher le nombre de parts). Avec 47 L d'eau, combien peut-on remplir de bouteilles de 2 L ? On connaît la taille d'une part (2 L) et on cherche le nombre de parts : on cherche combien de fois 2 tient dans 47. La division euclidienne donne 47=2×23+1 : on remplit 23 bouteilles et il reste 1 L.

Répéter une quantité. Un cahier coûte 2,35 €. Le professeur en achète 12 pour sa classe : le coût total est 12×2,35=28,20 €. (Ordre de grandeur : environ 12×2,5=30, le résultat est cohérent.)

Méthode

Un problème en plusieurs étapes se rédige en plusieurs étapes, chacune avec son calcul et sa phrase de conclusion.

Exemple. Lou achète 3 baguettes à 1,20 € l'une et un gâteau à 12,50 €. Elle paie avec un billet de 20 €. Combien lui rend-on ?

  • Étape 1 : le prix des baguettes. 3×1,20=3,60. Les baguettes coûtent 3,60 €.
  • Étape 2 : le prix total des achats. 3,60+12,50=16,10. Les achats coûtent 16,10 €.
  • Étape 3 : la monnaie rendue. 2016,10=3,90. On rend 3,90 € à Lou.

À chaque étape : un seul calcul, une seule opération, et une phrase qui dit ce que l'on vient de trouver. C'est plus long à écrire qu'un calcul tout-en-un, mais c'est clair, facile à vérifier, et c'est exactement ce qu'on attend de toi en 6e.

Pour la culture : pourquoi « euclidienne » ?

La division euclidienne doit son nom à Euclide, un mathématicien grec qui vivait à Alexandrie il y a environ 2300 ans. Dans son grand livre, les Éléments, il étudie déjà cette idée de quotient et de reste pour comparer des nombres entiers. Quant à la « potence », ce dessin en angle droit que tu traces pour poser une division, c'est une invention bien plus récente des écoles françaises : dans d'autres pays, on pose exactement la même division... mais avec un dessin différent !

Bloqué sur « Opérations sur les nombres décimaux » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.