6ᵉ · Chapitre 04 · Nombres et calculs
Opérations et comparaison de fractions
Égalités de fractions, comparaison, encadrement, addition et soustraction, fraction d'une quantité.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Égalités de fractions
- Comparaison
- Encadrement
- Addition et soustraction
- Fraction d'une quantité
Au chapitre précédent, tu as découvert qu'une fraction est un vrai nombre : le quotient de son numérateur par son dénominateur, que l'on peut placer sur une demi-droite graduée. Maintenant que tu sais lire et placer une fraction, tu vas apprendre à travailler avec : reconnaître deux fractions égales, les comparer, les additionner, les soustraire et les multiplier par un nombre entier. À la clé, tu pourras résoudre de vrais problèmes de partage.
Des fractions égales
Commençons par une observation surprenante : un même point de la demi-droite graduée peut être repéré par plusieurs fractions différentes. Autrement dit, un même nombre possède plusieurs écritures fractionnaires. C'est la règle la plus importante du chapitre : tout le reste s'appuie dessus.
Propriété
Règle fondamentale des fractions égales. Le nombre représenté par une fraction ne change pas quand on multiplie ou quand on divise son numérateur et son dénominateur par un même nombre non nul.
Pourquoi est-ce vrai ? Pense au partage : si tu coupes chaque tiers d'une tablette de chocolat en deux morceaux égaux, tu obtiens des sixièmes, deux fois plus nombreux mais deux fois plus petits. Prendre tiers ou prendre sixièmes, c'est exactement la même quantité de chocolat. On le voit aussi sur deux demi-droites graduées superposées :
Les fractions et repèrent le même point : ce sont deux écritures du même nombre.
Exemple
- En multipliant en haut et en bas par : .
- En divisant en haut et en bas par : .
Attention, la règle exige de faire la même opération en haut et en bas. Multiplier seulement le numérateur, ou ajouter un même nombre en haut et en bas, change la valeur de la fraction : et ne sont pas égales.
Quand on divise le numérateur et le dénominateur par un même nombre, l'écriture devient plus simple : c'est ce qu'on appelle simplifier la fraction.
Définition
Simplifier une fraction, c'est écrire une fraction qui lui est égale, avec un numérateur et un dénominateur plus petits, en divisant les deux par un même nombre.
Méthode
Pour simplifier une fraction :
- Cherche un nombre qui divise à la fois le numérateur et le dénominateur. Pense d'abord aux candidats faciles : (nombres pairs), ou (nombres finissant par ou ), puis , … en t'aidant des tables de multiplication.
- Divise le numérateur et le dénominateur par ce nombre.
- Recommence avec la nouvelle fraction, tant que c'est possible. Quand plus aucun nombre (à part ) ne divise le haut et le bas, la fraction est simplifiée au maximum.
Exemple
a.
b.
c.
d.
Plusieurs chemins mènent au même résultat : pour , tu peux diviser par d'un coup, ou diviser trois fois de suite par . L'important est d'arriver à une fraction que l'on ne peut plus simplifier.
Comparer des fractions
Comparer deux fractions, c'est décider laquelle représente le plus grand nombre. Dans beaucoup de cas, un simple coup d'œil suffit : voici les réflexes à connaître.
Propriété
Même dénominateur. Quand deux fractions ont le même dénominateur, la plus grande est celle qui a le plus grand numérateur.
Exemple
: les parts sont de la même taille (des neuvièmes), et parts, c'est moins que parts.
Propriété
Même numérateur. Quand deux fractions ont le même numérateur, la plus grande est celle qui a le plus petit dénominateur.
Exemple
. On prend parts dans les deux cas, mais quand on coupe une pizza en , les parts sont plus grosses que quand on la coupe en . Plus le dénominateur est grand, plus les parts sont petites !
Propriété
Comparaison à . Pour situer une fraction par rapport à , il suffit de comparer son numérateur à son dénominateur :
- si le numérateur est plus petit que le dénominateur, la fraction est plus petite que ;
- s'ils sont égaux, la fraction est égale à ;
- si le numérateur est plus grand que le dénominateur, la fraction est plus grande que .
Exemple
a. car .
b. : huit huitièmes, c'est l'unité entière.
c. car .
d. car .
Exemple
Le repère , très pratique. Comparons et sans mise au même dénominateur. Comme , on a . Comme , on a . La première fraction est en dessous de la moitié, la seconde au-dessus : donc .
Autre réflexe utile : savoir situer une fraction entre deux nombres entiers qui se suivent. Par exemple, est-elle entre et ? Entre et ? La division euclidienne répond à la question.
Définition
Un nombre mixte est l'écriture d'un nombre sous la forme « un entier plus une fraction plus petite que », comme . Tu as déjà croisé cette écriture avec les fractions décimales : .
Méthode
Encadrer une fraction entre deux entiers consécutifs.
- Effectue la division euclidienne du numérateur par le dénominateur.
- Le quotient donne la partie entière du nombre mixte, le reste donne le numérateur de la fraction restante.
- Conclus : la fraction est comprise entre ce quotient et l'entier suivant.
Exemple avec . La division euclidienne donne . Donc , et comme est plus petit que , on conclut : .
Exemple
Encadrer entre deux entiers consécutifs. La division euclidienne de par donne . Donc
et on conclut : . Sur une demi-droite graduée, le point d'abscisse se trouve entre et .
Avec tous ces outils, tu peux maintenant ranger une liste entière de nombres, même s'ils sont écrits sous des formes différentes.
Exemple
Ranger dans l'ordre croissant : ; ; ; ; .
- Situer par rapport à . On a (numérateur plus petit que le dénominateur). Toutes les autres fractions dépassent : , et .
- Comparer les fractions plus grandes que . On les écrit toutes en sixièmes : , et . En comparant les numérateurs : .
- Conclure :
Additionner et soustraire des fractions
Additionner des fractions, c'est comme additionner n'importe quelles quantités : encore faut-il qu'elles soient exprimées dans la même « unité ». Ici, l'unité de compte, c'est le dénominateur.
Propriété
Pour additionner (ou soustraire) deux fractions qui ont le même dénominateur, on additionne (ou on soustrait) les numérateurs, et on garde le dénominateur.
C'est logique : septièmes plus septièmes, cela fait septièmes, exactement comme pommes plus pommes font pommes.
Attention, on n'additionne jamais les dénominateurs entre eux. Écrire est une erreur classique. Vérifie l'absurdité : est plus petit que … alors qu'on vient d'ajouter quelque chose à ! Le bon calcul est : un quart de gâteau plus deux quarts, cela fait bien trois quarts.
Exemple
a.
b.
c.
d.
Comme dans les exemples b. et d., pense à simplifier le résultat quand c'est possible.
Et si les dénominateurs sont différents ? On ne peut pas additionner des tiers et des sixièmes directement, pas plus que des mètres et des centimètres. La solution : utiliser la règle fondamentale pour tout écrire avec le même dénominateur.
Méthode
Quand un dénominateur est un multiple de l'autre, on transforme une seule fraction : celle qui a le plus petit dénominateur, pour l'écrire avec le dénominateur de l'autre. Ensuite on calcule comme d'habitude.
Exemple
Calculer . Comme , le nombre est un multiple de : on transforme seulement .
Calculer . Comme est un multiple de , on transforme seulement :
Méthode
Quand aucun dénominateur n'est un multiple de l'autre (dans des cas simples, avec de petits dénominateurs), on transforme les deux fractions. Pour trouver un dénominateur commun, on peut multiplier les deux dénominateurs entre eux : le résultat est un multiple des deux.
Exemple
Calculer . Ni n'est un multiple de , ni un multiple de . Mais est un multiple des deux : on écrit les deux fractions en douzièmes.
Autre exemple : .
Multiplier une fraction par un nombre entier
Que vaut ? C'est , c'est-à-dire fois deux tiers : cela fait tiers. D'où la règle :
Propriété
Pour multiplier une fraction par un nombre entier, on multiplie le numérateur par cet entier, et le dénominateur ne change pas.
Comme pour tous les produits, l'ordre des facteurs n'a pas d'importance : .
Exemple
a.
b.
c.
Un cas mérite une attention particulière : que se passe-t-il quand on multiplie une fraction par son propre dénominateur ?
Propriété
Quand on multiplie la fraction par son dénominateur , on obtient le numérateur :
Par exemple, . Tu reconnais la propriété du chapitre précédent : est justement le nombre qui, multiplié par , donne . Tout est cohérent !
Dans la vie courante, multiplier une fraction par un nombre sert surtout à prendre une fraction d'une quantité : les trois quarts d'une somme d'argent, les deux tiers d'un trajet…
Méthode
Prendre une fraction d'une quantité. Prendre les d'une quantité, c'est multiplier cette quantité par . Deux ordres de calcul sont possibles :
- diviser la quantité par le dénominateur, puis multiplier par le numérateur ;
- ou multiplier la quantité par le numérateur, puis diviser par le dénominateur.
Les deux donnent toujours le même résultat : choisis l'ordre où la division tombe juste, les calculs seront plus agréables.
Exemple
Calculer les de €.
- Premier ordre : , puis .
- Second ordre : , puis .
Les deux chemins donnent € : les de € font €. Ici le premier ordre est le plus confortable, car se divise directement par et les nombres restent petits.
Exemple
a. Les de € : , puis . Cela fait €.
b. Les de g : , puis . Cela fait g.
c. Les de km : , puis . Cela fait km.
Résoudre des problèmes
Tu as maintenant tous les outils : fractions égales, comparaison, addition, soustraction, fraction d'une quantité. Il reste à les utiliser pour résoudre des problèmes concrets.
Méthode
Pour résoudre un problème avec des fractions :
- Traduire l'énoncé : repérer l'unité (le tout : le gâteau entier, la somme totale…) et écrire le calcul avec des fractions.
- Mettre au même dénominateur toutes les fractions du calcul. Rappelle-toi que le tout entier s'écrit , c'est-à-dire , … selon le dénominateur choisi.
- Calculer, puis simplifier le résultat si possible.
- Conclure par une phrase qui répond à la question posée, en précisant de quoi on parle.
Exemple
Le gâteau de Mia. Mia découpe son gâteau. Leïla en prend le quart, Léo en prend le sixième. Quelle fraction du gâteau reste-t-il ?
Traduction. Le tout, c'est le gâteau entier, soit . Les parts prises représentent du gâteau.
Même dénominateur. Ni n'est un multiple de , ni un multiple de . Le nombre est un multiple des deux : on écrit tout en douzièmes.
Calcul du reste. Le gâteau entier représente . Ce qui reste :
Conclusion. Il reste les du gâteau.
Exemple
La tirelire de Sacha. Sacha a € dans sa tirelire. Il dépense les de cette somme pour un jeu. Combien lui reste-t-il ?
Traduction. La dépense représente les de €.
Calcul. On divise d'abord, car se divise bien par : , puis . Sacha dépense €.
Conclusion. Il lui reste €, c'est-à-dire le tiers de sa tirelire. C'est cohérent : s'il dépense les , il lui reste de la somme, et le tiers de € fait bien €.
Retiens le réflexe central de ce chapitre : dès que deux fractions doivent être comparées, additionnées ou soustraites, la question à se poser est toujours la même : « quel dénominateur commun ? ». La règle fondamentale des fractions égales fait le reste.
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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.