4ᵉ · Chapitre 07 · Nombres et calculs

Équations du premier degré

Inconnue et solution, mise en équation d'un problème, résolution algébrique.

Ce qu'il faut savoir faire

  • Inconnue et solution
  • Mise en équation d'un problème
  • Résolution algébrique

« Je pense à un nombre, je le multiplie par 3, j'ajoute 7 et j'obtiens 43. Quel est ce nombre ? » Jusqu'ici, tu répondais à ce genre de devinette en tâtonnant ou en remontant les calculs à l'envers. Ce chapitre te donne une méthode infaillible : traduire la devinette en équation, puis la résoudre par un enchaînement de règles précises. C'est sans doute l'outil que tu utiliseras le plus souvent en mathématiques d'ici la terminale, en physique comme en géométrie : chaque fois qu'un nombre inconnu se cache derrière des contraintes, l'équation le débusque.

Équation, inconnue, solution

Grâce au calcul littéral du chapitre précédent, tu sais écrire des expressions comme 2x+1. Une équation naît quand on relie deux expressions par un signe égal, et qu'on se demande pour quelles valeurs de la lettre cette égalité est vraie.

Définition

Une équation est une égalité dans laquelle figure un nombre inconnu, désigné par une lettre (souvent x), appelé l'inconnue. L'expression écrite à gauche du signe = s'appelle le membre de gauche, celle écrite à droite le membre de droite.

Résoudre une équation, c'est trouver toutes les valeurs de l'inconnue pour lesquelles l'égalité est vraie. Chacune de ces valeurs s'appelle une solution de l'équation.

Exemple

Considérons l'équation 2x+1=7. Son membre de gauche est 2x+1, son membre de droite est 7.

Pour x=3 : le membre de gauche vaut 2×3+1=7, exactement comme le membre de droite. L'égalité est vraie : 3 est une solution de l'équation.

Pour x=5 : le membre de gauche vaut 2×5+1=11, alors que le membre de droite vaut 7. L'égalité est fausse : 5 n'est pas une solution.

Retiens bien cette idée : une égalité qui contient une lettre n'est ni vraie ni fausse en général. Elle est vraie pour certaines valeurs de la lettre et fausse pour d'autres, et tout l'enjeu du chapitre est de trouver les valeurs qui la rendent vraie.

Tester une égalité

Avant de savoir résoudre, commençons par savoir vérifier : on te donne une valeur, est-elle solution ou non ? Tu as déjà croisé cette question en cinquième ; voici la méthode propre, que tu réutiliseras à chaque fin d'exercice pour contrôler tes résultats.

Méthode

Tester si un nombre est solution d'une équation.

  1. On remplace l'inconnue par le nombre proposé dans chacun des deux membres.
  2. On calcule séparément le membre de gauche, puis le membre de droite.
  3. On compare : si les deux résultats sont égaux, le nombre est solution ; sinon, il ne l'est pas.

Exemple

L'équation 4x3=2x+7 est-elle vérifiée par x=5 ? Par x=2 ?

Test de x=5. Membre de gauche : 4×53=203=17. Membre de droite : 2×5+7=10+7=17. Les deux membres sont égaux : 5 est solution de l'équation.

Test de x=2. Membre de gauche : 4×23=83=5. Membre de droite : 2×2+7=4+7=11. Or 511 : 2 n'est pas solution de l'équation.

Remarque l'exigence de la méthode : on calcule chaque membre de son côté, sans jamais mélanger les deux. C'est ce qui rend le test indiscutable.

Les règles de transformation : l'image de la balance

Tester des valeurs une par une ne mènera pas loin : si la solution est 73, tu peux tâtonner longtemps ! Il nous faut une méthode qui fabrique la solution. L'idée géniale, vieille de plus de mille ans, est de penser une équation comme une balance en équilibre : le membre de gauche sur un plateau, le membre de droite sur l'autre.

Balance en équilibre illustrant l'équation x + 3 = 8

Sur cette balance, le plateau de gauche porte un sac dont on ignore le contenu (x) et une masse de 3 ; le plateau de droite porte une masse de 8. La balance est en équilibre : c'est exactement l'équation x+3=8. Et l'équilibre obéit à une règle de bon sens : si on enlève la même masse des deux plateaux, il est conservé.

Propriété

Règles de transformation d'une égalité. Une égalité reste vraie lorsque :

  • on ajoute ou on soustrait un même nombre aux deux membres ;
  • on multiplie ou on divise les deux membres par un même nombre non nul.

Ces transformations ne changent pas les solutions de l'équation : elles la remplacent par une équation plus simple qui a exactement les mêmes solutions.

Exemple

Résolvons x+3=8 avec la balance. Pour isoler le sac x, enlevons la masse 3 du plateau de gauche ; pour garder l'équilibre, enlevons aussi 3 du plateau de droite :

x+33=83doncx=5.

La solution de l'équation est 5. Vérification : 5+3=8, l'égalité est bien vraie.

Et avec la multiplication : résolvons 4x=10. Ici le plateau de gauche porte quatre sacs identiques. Divisons chaque plateau par 4 :

4x4=104doncx=104=2,5.

La solution de l'équation est 2,5. Vérification : 4×2,5=10.

Pourquoi exiger un nombre non nul pour la multiplication et la division ? Diviser par 0 n'a pas de sens, et multiplier les deux membres par 0 donnerait 0=0 : une égalité toujours vraie, qui a effacé toute l'information sur x.

Résoudre une équation du type ax + b = c

Armés de la balance, nous pouvons résoudre les équations les plus courantes, celles de la forme ax+b=c. La stratégie tient en un mot : isoler x, c'est-à-dire le laisser seul dans son membre, en se débarrassant d'abord du terme constant, puis du coefficient.

Méthode

Résoudre une équation du type ax+b=c.

  1. Isoler le terme en x : soustraire b aux deux membres (ou l'ajouter, si b est négatif). L'équation devient ax=cb.
  2. Isoler x : diviser les deux membres par a (qui n'est pas nul). L'équation devient x=cba.
  3. Vérifier : tester la valeur trouvée dans l'équation de départ.

Exemple

Résoudre 4x5=19.

4x5=194x5+5=19+54x=24x=244=6

La solution de l'équation est 6. Vérification : 4×65=245=19. C'est bien le membre de droite.

Exemple

Résoudre 3x+5=17. Les coefficients négatifs ne changent rien à la méthode, à condition d'appliquer soigneusement les règles sur les relatifs du chapitre 1.

3x+5=173x=1753x=12x=123=4

La solution de l'équation est 4. Vérification : 3×(4)+5=12+5=17.

Exemple

Résoudre 3x+1=8.

3x+1=83x=7x=73

La solution de l'équation est 73. Une solution n'est pas toujours un nombre entier ni même un nombre décimal : une fraction est une réponse parfaitement acceptable, et on la laisse telle quelle plutôt que d'en donner une valeur approchée. Vérification : 3×73+1=7+1=8.

Prends l'habitude de toujours terminer par la vérification : elle ne coûte qu'une ligne et détecte immédiatement une erreur de calcul. C'est le réflexe qui distingue une copie sûre d'elle-même d'une copie qui espère.

L'inconnue dans les deux membres

Dernière difficulté : que faire quand x apparaît des deux côtés du signe égal, comme dans 5x+3=2x+12 ? On ne peut pas isoler x tant qu'il est éparpillé. La parade : utiliser les règles de transformation pour regrouper tous les termes en x dans un membre, et toutes les constantes dans l'autre. On retombe alors sur une équation du type précédent.

Méthode

Résoudre une équation avec l'inconnue dans les deux membres.

  1. S'il y a des parenthèses, les développer d'abord (distributivité), puis réduire chaque membre.
  2. Regrouper les termes en x dans un membre, en soustrayant le terme en x le plus petit aux deux membres.
  3. Regrouper les constantes dans l'autre membre.
  4. Isoler x en divisant, puis vérifier dans l'équation de départ.

Exemple

Résoudre 5x+3=2x+12. Soustrayons 2x aux deux membres pour rapatrier tous les x à gauche, puis soustrayons 3 pour envoyer les constantes à droite :

5x+3=2x+125x+32x=2x+122x3x+3=123x=9x=93=3

La solution de l'équation est 3. Vérification : membre de gauche 5×3+3=18, membre de droite 2×3+12=18. Égalité confirmée.

Exemple

Résoudre 3(x2)=x+8. Impossible de regrouper quoi que ce soit tant que les parenthèses sont là : on développe d'abord, grâce à la distributivité k(a+b)=ka+kb vue au chapitre 6.

3(x2)=x+83x6=x+83x6x=x+8x2x6=82x=14x=142=7

La solution de l'équation est 7. Vérification : membre de gauche 3×(72)=3×5=15, membre de droite 7+8=15. C'est gagné.

Mettre un problème en équation

Voici enfin la vraie récompense du chapitre. Dans la vie comme en devoir, personne ne te tendra une équation toute prête : on te racontera une situation, et c'est à toi de la traduire en équation. Cette traduction s'appelle la mise en équation, et elle suit toujours le même plan.

Méthode

Résoudre un problème par une équation, en 4 étapes.

  1. Choisir l'inconnue et l'écrire explicitement : « Soit x le … ». C'est en général la quantité que cherche l'énoncé.
  2. Mettre en équation : traduire chaque information de l'énoncé avec l'inconnue, jusqu'à obtenir une égalité.
  3. Résoudre l'équation avec les méthodes du chapitre.
  4. Vérifier et conclure : contrôler que la valeur trouvée est cohérente avec l'énoncé, puis répondre par une phrase.

Exemple

Problème. Un terrain rectangulaire a une longueur qui dépasse sa largeur de 5 mètres. Son périmètre vaut 58 mètres. Quelles sont ses dimensions ?

Étape 1 : choix de l'inconnue. Soit x la largeur du terrain, en mètres. La longueur vaut alors x+5.

Étape 2 : mise en équation. Le périmètre d'un rectangle est la somme de ses quatre côtés, soit deux largeurs et deux longueurs : 2x+2(x+5). L'énoncé dit qu'il vaut 58 :

2x+2(x+5)=58.

Étape 3 : résolution. On développe, on réduit, puis on isole x :

2x+2x+10=584x+10=584x=48x=484=12

Étape 4 : vérification et conclusion. Si la largeur vaut 12 m, la longueur vaut 12+5=17 m, et le périmètre 2×12+2×17=24+34=58 m : tout concorde avec l'énoncé. Le terrain mesure 12 mètres de large et 17 mètres de long.

Un dernier conseil : l'étape la plus délicate n'est pas la résolution, c'est le choix de l'inconnue et la traduction de l'énoncé. Prends le temps de relire chaque phrase du problème en te demandant « comment j'écris cela avec x ? ». Une fois l'équation posée, le reste n'est plus qu'une balance à équilibrer, et ça, tu sais faire.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.