MPSI · Chapitre 05 · Premier semestre
Devoir surveillé — Nombres réels et suites numériques
Sujet type, 270 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.
Sommaire
Sujet type DS — 270 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).
Exercice 1 (3,25 points) — Deux parties séparées
Calculatrice interdite. Le barème est indiqué question par question. Les exercices 1 à 4 sont indépendants entre eux et indépendants de l'exercice 5, qui est un problème en trois parties enchaînées. La qualité de la rédaction, la précision des quantificateurs et la citation explicite des théorèmes utilisés interviennent de façon déterminante dans l'appréciation des copies.
Deux parties non vides et de sont dites séparées lorsque
Dans les questions 1 et 2, et désignent deux parties séparées.
1. (0,75 pt) Démontrer que et existent, puis que .
2. (1 pt) Démontrer l'équivalence
3. (1,25 pt) On pose
Vérifier que et sont séparées, puis déterminer et en précisant si ces bornes sont atteintes. On traitera en détail et l'on pourra se contenter d'indiquer que le cas de est symétrique. On admettra que est irrationnel, et l'on pourra utiliser la densité de dans . Commenter le résultat obtenu.
4. (0,25 pt) Donner un exemple de deux parties séparées et telles que .
Exercice 2 (3,75 points) — Les décimales d'un réel
Dans tout l'exercice, désigne un réel fixé de . Pour , on pose
et pour , on pose
Le cours établit que pour tout , et que la suite converge vers : ces deux résultats sont admis ici. L'objet de l'exercice est ce que le cours ne dit pas, à savoir les entiers eux-mêmes, que l'on appelle les décimales de .
On rappelle enfin qu'un réel est dit décimal lorsqu'il s'écrit avec et .
1. (0,5 pt) Démontrer que pour tout , .
2. (0,75 pt) Démontrer que pour tout ,
En déduire que la suite de terme général converge vers .
3. (1 pt) Démontrer l'équivalence : le réel est décimal si et seulement s'il existe tel que pour tout .
4. (1,5 pt) Démontrer qu'il n'existe aucun entier tel que pour tout . Le réel étant quelconque dans , cela signifie qu'aucun réel n'a toutes ses décimales égales à à partir d'un certain rang. On pourra s'intéresser à la suite de terme général , où .
Exercice 3 (3,75 points) — Une spirale dans le plan complexe
On pose , et on définit la suite complexe par
On note le point du plan complexe d'affixe . On rappelle qu'une suite complexe converge vers lorsque .
1. (0,25 pt) Déterminer le module et un argument de , puis écrire sous forme exponentielle.
2. (0,75 pt) Déterminer l'unique complexe vérifiant . En appliquant à la méthode du cours pour les suites arithmético-géométriques, démontrer que définie par est géométrique de raison , puis en déduire que converge et préciser sa limite.
3. (1 pt) Pour , on note la longueur de la ligne polygonale . Démontrer que pour tout , puis démontrer que la suite converge et calculer sa limite. Comparer cette limite à la distance de au point d'affixe .
4. On pose pour .
a. (0,5 pt) Vérifier que , puis en déduire que
b. (1,25 pt) Cette relation n'est pas de la forme étudiée en cours, qui suppose un second membre nul. Chercher d'abord une suite constante qui la vérifie, s'y ramener, puis conclure et donner une expression de en fonction de . Vérifier le résultat aux rangs et .
Exercice 4 (2,25 points) — Une suite presque décroissante
Dans les questions 1 et 2, désigne une suite réelle minorée vérifiant
1. (0,25 pt) On pose pour . Démontrer que la suite est décroissante.
2. (0,5 pt) En déduire que la suite converge.
3. (1 pt) Application. Pour , on pose
Démontrer que vérifie les deux hypothèses faites sur en tête de l'exercice, et conclure. Expliquer ensuite pourquoi le théorème de la limite monotone ne permettait pas de conclure directement.
4. (0,5 pt) On remplace maintenant les hypothèses ci-dessus par les suivantes : est minorée et vérifie pour tout . Démontrer que la conclusion de la question 2 tombe alors en défaut. On pourra considérer la suite de terme général et utiliser l'inégalité , valable pour tout .
Exercice 5 (7 points) — Problème : la distance d'un réel à une partie
Ce problème introduit la distance d'un point de à une partie de , l'étudie sur l'exemple de , puis l'applique aux multiples d'un nombre irrationnel. Les trois parties s'enchaînent.
Partie A — Généralités.
Soit une partie non vide quelconque de , fixée dans toute la partie A. Pour tout réel , on pose
A.1. (0,25 pt) Démontrer que, pour tout réel , l'ensemble admet une borne inférieure, que l'on notera désormais , et que .
A.2. (0,5 pt) Soit un réel. En reprenant la construction employée en cours pour la caractérisation séquentielle de la borne inférieure, démontrer l'équivalence : si et seulement s'il existe une suite d'éléments de qui converge vers .
A.3. (0,75 pt) Cette question n'est pas utilisée dans la suite du problème. Démontrer que pour tous réels et ,
Partie B — La distance à .
Pour , on note désormais .
B.1. (0,75 pt) Démontrer que , et que cette borne inférieure est atteinte : il existe un entier tel que .
B.2. (0,5 pt) En déduire que pour tout réel , puis que si et seulement si .
B.3. (0,25 pt) Démontrer que pour tout réel et tout entier relatif .
B.4. (0,5 pt) Soit un rationnel, avec et . Démontrer que la suite est -périodique, c'est-à-dire que pour tout — on ne demande pas que soit la plus petite période — et que dès que divise . Que vaut , et cette borne est-elle atteinte ?
Partie C — Le cas irrationnel.
Dans toute cette partie, désigne un nombre irrationnel. Pour , on pose .
C.1. (0,25 pt) Démontrer que pour tout .
C.2. (1 pt) Démontrer que la suite est bornée. En appliquant le théorème de Bolzano-Weierstrass, démontrer que pour tout , il existe deux entiers et tels que et .
C.3. (1 pt) Soit donné, et soient et les deux entiers que la question C.2 lui associe. Démontrer que , puis qu'il existe vérifiant
Ce réel étant arbitraire, en déduire que
et que cette borne inférieure n'est pas atteinte. Comparer avec la question B.4.
C.4. (1,25 pt) En déduire que l'ensemble est dense dans , c'est-à-dire que tout intervalle ouvert non vide de contient un élément de . On pourra se ramener à un intervalle borné , montrer qu'il existe vérifiant , puis considérer . En déduire enfin, à l'aide de la question A.2, que pour tout réel .
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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.