MPSI · Chapitre 04 · Premier semestre
Techniques fondamentales de calcul différentiel et intégral
Boîte à outils admise à ce stade, fonctions d'une variable réelle à valeurs réelles ou complexes, dérivation, fonctions usuelles, primitives, équations différentielles linéaires d'ordres 1 et 2.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Boîte à outils admise à ce stade
- Fonctions d'une variable réelle à valeurs réelles ou complexes
- Dérivation
- Fonctions usuelles
- Primitives
- Équations différentielles linéaires d'ordres 1 et 2
Ce chapitre est une boîte à outils. Le programme le dit sans détour : « le point de vue adopté dans cette section est pratique ; il s'agit, en prenant appui sur les acquis du lycée, de mettre en œuvre les techniques de base de l'analyse ». Autrement dit, on va calculer beaucoup, et démontrer peu. Les grands théorèmes qui fondent ces calculs (théorie des limites, continuité, lien entre le signe de la dérivée et les variations, construction de l'intégrale) sont admis ici et seront établis plus tard dans l'année, dans les chapitres « Fonctions d'une variable réelle » et « Intégration ». Chaque fois qu'un résultat est admis, c'est signalé.
Il ne faut pas y voir un chapitre au rabais. C'est au contraire celui dont on se sert tous les jours, dans toutes les matières : les cinq objectifs fixés par le programme sont d'introduire des fonctions pour établir des inégalités et résoudre des problèmes d'optimisation, de manipuler un catalogue de fonctions classiques nettement élargi, de calculer des dérivées et des primitives, de pratiquer l'intégration par parties et le changement de variable, et d'appliquer tout cela aux équations différentielles. La physique et la chimie s'en servent dès les premières semaines.
Le chapitre se lit en deux temps. La partie A, des généralités sur les fonctions à la dérivation des fonctions à valeurs complexes, occupe les sept premières sections, méthodes comprises. La partie B, des primitives aux équations différentielles linéaires, occupe les sections suivantes. Dans tout le chapitre, et désignent des intervalles de non réduits à un point, et les fonctions sont à valeurs réelles, sauf mention explicite du contraire.
Généralités sur les fonctions
Le point de vue de tout ce chapitre est pratique. Il ne s'agit pas de refonder l'analyse, mais de rendre opérationnels les gestes du lycée et d'étendre le catalogue des fonctions disponibles. Les grands théorèmes qui justifient ces gestes (théorie des limites, continuité, lien rigoureux entre signe de la dérivée et variations) sont admis ici et démontrés dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle ». Ce n'est pas une lacune, c'est l'ordre voulu par le programme : on apprend d'abord à s'en servir, on démontre ensuite.
Dans tout ce qui suit, et désignent des intervalles de , et une partie de .
Ensemble de définition
Définition
Une fonction réelle d'une variable réelle est la donnée d'une partie de et d'un procédé qui associe à tout de un unique réel noté . On écrit
L'ensemble s'appelle l'ensemble de définition de et se note souvent . Le réel est l'image de par ; un réel tel que est un antécédent de .
Lorsqu'une fonction est donnée par une formule sans que son ensemble de définition soit précisé, on convient que est l'ensemble des réels pour lesquels la formule a un sens.
Méthode
Déterminer un ensemble de définition. On liste les contraintes imposées par la formule, puis on intersecte les ensembles obtenus.
- Un dénominateur doit être non nul.
- Une racine carrée exige un radicande positif ou nul.
- Un logarithme exige un argument strictement positif.
- Une puissance non entière exige (voir la section 3).
- et exigent un argument dans (voir la section 4).
On termine toujours en écrivant sous forme d'une réunion d'intervalles.
Exemple
Déterminons l'ensemble de définition de .
La racine impose , donc . Le logarithme impose . Le dénominateur impose , c'est-à-dire . En intersectant les trois conditions, on obtient
Représentation graphique
Définition
Le plan est rapporté à un repère . La courbe représentative de , notée , est l'ensemble des points de coordonnées pour parcourant :
Un point appartient à si et seulement si et .
La définition d'une fonction se lit sur le dessin : une courbe est la représentation graphique d'une fonction si et seulement si toute droite verticale la coupe en au plus un point. Un cercle, par exemple, n'est pas une courbe de fonction.
Parité, imparité, périodicité
Définition
Soit une fonction définie sur .
- est dit symétrique par rapport à si, pour tout , on a .
- est paire si est symétrique par rapport à et si pour tout .
- est impaire si est symétrique par rapport à et si pour tout .
- Soit un réel strictement positif. est -périodique si, pour tout , on a et , et si .
La condition sur le domaine n'est pas décorative : la fonction définie sur n'est pas paire, car son domaine n'est pas symétrique. Vérifier la symétrie du domaine est toujours la première étape.
Propriété
Soit une fonction définie sur .
- est paire si et seulement si est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées.
- est impaire si et seulement si est symétrique par rapport à l'origine .
- Si est -périodique, est invariante par la translation de vecteur .
Méthode
Réduire le domaine d'étude. C'est le premier réflexe devant une fonction à étudier : il divise le travail par deux, par quatre, ou davantage.
- Périodicité. Si est -périodique, on l'étudie sur un intervalle de longueur , par exemple ou , puis on complète par translations de vecteur , .
- Parité. Si de plus est paire (ou impaire), on se restreint à la moitié positive de cet intervalle, puis on complète par la symétrie d'axe (ou de centre ).
- Autres symétries. Une relation du type traduit une symétrie par rapport à la droite d'équation et permet une réduction supplémentaire.
- Rédiger la conclusion : « on étudie sur , la courbe complète s'en déduit par symétrie d'axe puis par translations de vecteur ».
Exemple
Soit , définie sur .
La fonction est -périodique et est -périodique ; leur somme est -périodique. De plus , donc est paire.
On étudie donc sur seulement. On obtient la courbe sur par symétrie d'axe , puis la courbe complète par translations de vecteur .
Opérations sur les fonctions
Définition
Soient et deux fonctions définies respectivement sur et , et un réel. On définit sur :
- la somme par ;
- le produit par ;
- le multiple par ;
et, sur , le quotient par .
Définition
Soient et deux fonctions. La composée est définie par sur l'ensemble
On lit « rond » : on applique d'abord , ensuite .
Exemple
Avec et , la composée est , définie sur puisque équivaut à .
La composée dans l'autre sens, , est , définie sur . Les deux composées n'ont ni le même domaine ni la même expression : la composition n'est pas commutative.
Monotonie
Définition
Soit définie sur et . On dit que est, sur :
- croissante si, pour tous , ;
- décroissante si, pour tous , ;
- strictement croissante si, pour tous , ;
- strictement décroissante si, pour tous , ;
- monotone si elle est croissante ou décroissante sur , strictement monotone si elle est strictement croissante ou strictement décroissante sur .
Propriété
Soient et deux fonctions monotones.
- Si et sont croissantes sur , alors est croissante sur . Si l'une des deux est strictement croissante, l'est aussi.
- Si , a le même sens de variation que ; si , le sens contraire.
- Composée : si est monotone sur et monotone sur un intervalle contenant , alors est monotone sur , croissante si et ont le même sens de variation, décroissante sinon (« règle des signes »).
Démonstration du point 3, cas croissante et décroissante. Soient avec . Comme est croissante, . Comme est décroissante et que et appartiennent au domaine de , on en déduit , c'est-à-dire . Donc est décroissante sur . Les trois autres cas se traitent de la même façon.
Attention : il n'y a aucune règle générale pour le produit de deux fonctions monotones. Sur , est croissante, et son produit par elle-même, , n'est pas monotone.
Fonctions majorées, minorées, bornées
Définition
Soit définie sur .
- est majorée sur s'il existe tel que, pour tout , . Un tel est un majorant de .
- est minorée sur s'il existe tel que, pour tout , .
- est bornée sur si elle est à la fois majorée et minorée.
L'ordre des quantificateurs est décisif : le majorant est choisi avant , il doit convenir pour tous les à la fois. La proposition « pour tout , il existe tel que » est vraie pour n'importe quelle fonction et ne dit rien.
Propriété
Soit définie sur . Alors
Démonstration. Supposons bornée : il existe et tels que pour tout . Posons . Pour tout , on a et , donc , c'est-à-dire . Ainsi est majorée par .
Réciproquement, supposons majorée par un réel : pour tout , , donc . La fonction est alors minorée par et majorée par , donc bornée.
Cette équivalence est le principal outil de la pratique : pour montrer qu'une fonction est bornée, on majore sa valeur absolue par une constante, en une seule chaîne d'inégalités.
Exemple
Montrons que est bornée sur .
Pour tout réel , et , donc
Ainsi est majorée par , donc est bornée. On a même pour tout réel .
Transformations du graphe
C'est un point du programme explicitement exigible : savoir passer du graphe de à celui d'une fonction obtenue par transformation simple, et réciproquement.
Propriété
Soit une fonction et sa courbe. Soient et deux réels.
- La courbe de est l'image de par la translation de vecteur (vers le haut si ).
- La courbe de est l'image de par la translation de vecteur (vers la gauche si ).
- Pour , la courbe de se déduit de par une contraction horizontale de rapport vers l'axe des ordonnées (une dilatation si ).
- La courbe de est l'image de par la symétrie d'axe .
- La courbe de est l'image de par la symétrie d'axe .
- La courbe de coïncide avec là où , et s'obtient en rabattant au-dessus de l'axe , par symétrie d'axe , la portion de située en dessous.
Justification du point 2, la seule qui piège. Notons et la translation de vecteur . Un point appartient à si et seulement si . Posons et : alors , et est bien l'image de par . Donc .
Le sens du décalage est contre-intuitif : ajouter à l'intérieur de déplace la courbe vers la gauche. Le contrôle mental est immédiat : atteint en la valeur que atteignait en , donc ce qui se passait « en » se passe désormais « en », c'est-à-dire plus à gauche.
Exemple
Traçons la courbe de à partir de celle de l'exponentielle.
On décompose la formule en transformations élémentaires successives :
- : courbe de référence, croissante, positive.
- : symétrie d'axe , courbe décroissante et négative.
- : translation de vecteur ; la courbe coupe l'axe des abscisses en .
- : on rabat au-dessus de l'axe la portion située à droite de .
La courbe finale décroît de jusqu'à sur , puis croît de vers : elle présente un point anguleux en .
Résolution graphique d'équations et d'inéquations
Méthode
Lire les solutions de et de . On trace la droite horizontale d'équation .
- Les solutions de sont les abscisses des points d'intersection de et de .
- Les solutions de sont les abscisses des points où est au-dessus de (au sens large : les points d'intersection sont inclus).
- Les solutions de sont les abscisses des points où est strictement en dessous de .
- Pour comparer deux fonctions, , on compare de même les positions relatives de et .
- On conclut toujours par une réunion d'intervalles, en précisant si les bornes sont incluses.
Une lecture graphique fournit une conjecture et une valeur approchée, jamais une démonstration : un résultat lu sur un dessin doit être confirmé par le calcul ou par un tableau de variations.
Fonctions à valeurs complexes
Définition
Une fonction d'une variable réelle à valeurs complexes est une application , où . Pour tout , on écrit sous forme algébrique :
Les fonctions et , à valeurs réelles, s'appellent la partie réelle et la partie imaginaire de . On note aussi le module de , fonction à valeurs réelles positives, et la conjuguée de .
Exemple
Soit , définie sur . La formule d'Euler donne , donc
De même, pour , la relation donne , et .
Une fonction à valeurs complexes n'a pas de courbe représentative dans le plan usuel, et parler de ses variations n'a aucun sens : n'est pas ordonné. En revanche, la notion de fonction bornée garde tout son sens : est dite bornée si est majorée. Ce que l'on sait faire de ces fonctions (les dériver, les intégrer) se ramènera toujours à leurs parties réelle et imaginaire : c'est l'objet de la section 6.
Dérivation
Dérivée en un point
Définition
Soit définie sur un intervalle et . Le taux d'accroissement de entre et (pour , ) est le quotient
On dit que est dérivable en si admet une limite finie quand tend vers . Cette limite s'appelle alors le nombre dérivé de en et se note :
La seconde écriture s'obtient en posant . On l'utilise systématiquement pour les calculs.
Définition
Si est dérivable en tout point de , on dit que est dérivable sur et l'on appelle fonction dérivée de l'application
On rencontre trois notations pour le même objet : (Lagrange), (Leibniz), et en physique quand la variable est le temps. La notation de Leibniz rappelle que la dérivée est une limite de quotients d'accroissements ; elle sera commode pour les changements de variable de la partie B.
Exemple
Calculons le nombre dérivé de en un point , à partir de la définition. Pour non nul assez petit,
Quand tend vers , ce quotient tend vers . Donc est dérivable en tout , de nombre dérivé .
En , le taux d'accroissement vaut , qui tend vers : la fonction racine carrée n'est pas dérivable en , sa courbe y présente une tangente verticale.
Exemple
La fonction valeur absolue n'est pas dérivable en . En effet, le taux d'accroissement en vaut , qui vaut pour et pour : il n'a pas de limite en . Graphiquement, la courbe présente en un point anguleux, avec deux demi-tangentes distinctes.
Propriété
Dérivabilité et continuité (admis). Si est dérivable en , alors est continue en , c'est-à-dire que tend vers quand tend vers .
Remarque
Ce résultat sera démontré dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle » ; il tient en une ligne une fois la théorie des limites en place, puisque est le produit d'un facteur qui tend vers par un facteur qui tend vers . On l'utilisera librement dans la suite, notamment pour dériver un produit. La réciproque est fausse : la valeur absolue est continue en sans y être dérivable.
Tangente
Définition
Soit dérivable en . La tangente à au point d'abscisse est la droite passant par le point et de coefficient directeur . Son équation est
Cette équation est à reconstruire, jamais à apprendre par cœur : la droite passe par , donc son équation est , et sa pente est par définition du nombre dérivé.
Exemple
Soit . On a . En : et . La tangente en a donc pour équation
Un point où est un point à tangente horizontale.
Opérations sur les dérivées
Propriété
Soient et deux fonctions dérivables sur un intervalle , et , deux réels. Alors et sont dérivables sur , et
Si de plus ne s'annule pas sur , alors et sont dérivables sur , et
Démonstration de la formule du produit. Soient et non nul tel que . On ajoute et retranche le terme au numérateur :
Quand tend vers : le premier quotient tend vers , le second vers , et tend vers (une fonction dérivable en y est continue). Le tout tend donc vers .
La formule du quotient s'obtient en écrivant , une fois établie la dérivée de ; cette dernière est un cas particulier de la dérivée d'une composée, traitée ci-dessous.
Dérivée d'une composée
Propriété
Soient dérivable sur , à valeurs dans un intervalle , et dérivable sur . Alors est dérivable sur et
Résultat admis à ce stade ; il est démontré dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle ».
L'ordre des facteurs est libre, mais l'ordre de lecture ne l'est pas : on dérive la fonction extérieure, évaluée en , puis on multiplie par la dérivée de la fonction intérieure. Le facteur est celui qu'on oublie.
Le tableau suivant regroupe les cas d'usage quotidien ; il est à connaître par cœur dans les deux sens, car il sera relu à l'envers dans la partie B pour reconnaître des primitives.
| Fonction | Dérivée | Condition |
|---|---|---|
| , | si | |
| — | ||
| — | ||
| — |
Et voici les dérivées des fonctions de référence, celles dont tout le reste se déduit.
| Fonction | Dérivée | Domaine de dérivabilité |
|---|---|---|
| , | ||
Exemple
Dérivons sur . On pose , strictement positive, de dérivée . Donc
Dérivons ensuite sur . Ici deux composées s'emboîtent : avec , et . On a , donc
Dérivée et variations
C'est le théorème central de la pratique du calcul différentiel. Le programme l'admet à ce stade ; il est démontré dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle ».
Propriété
Soit une fonction dérivable sur un intervalle .
- est constante sur si et seulement si sur .
- est croissante sur si et seulement si sur .
- est décroissante sur si et seulement si sur .
- Si sur , alors est strictement croissante sur . Si sur , alors est strictement décroissante sur .
- Plus finement : est strictement croissante sur si et seulement si sur et si l'ensemble des zéros de ne contient aucun intervalle d'intérieur non vide.
Résultats admis ici, démontrés dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle ».
Le point 4 n'est qu'une implication : est strictement croissante sur alors que sa dérivée s'annule en . C'est précisément l'objet du point 5 : une dérivée positive qui ne s'annule qu'en des points isolés suffit à la stricte croissance.
Exemple
L'hypothèse « intervalle » est indispensable. Soit , définie et dérivable sur , de dérivée .
La dérivée est strictement négative partout sur , et pourtant n'est pas décroissante sur : on a alors que et , donc . La raison est que n'est pas un intervalle.
La rédaction correcte est : « est strictement décroissante sur et strictement décroissante sur », avec le mot « et », jamais « sur ».
Exemple
Caractérisation des fonctions constantes en action. Montrons que la fonction est constante sur , sans utiliser l'identité connue.
est dérivable sur comme somme de produits de fonctions dérivables, et
Comme est un intervalle et que , est constante. Sa valeur en est , donc pour tout réel .
Ce schéma « dérivée nulle sur un intervalle, puis évaluation en un point bien choisi » servira encore pour démontrer dans la section 4.
Tableau de variations et tracé du graphe
Méthode
Étudier complètement une fonction. L'ordre des étapes est toujours le même.
- Domaine de définition , écrit en réunion d'intervalles.
- Réduction du domaine par parité, imparité, périodicité (section 1.3).
- Dérivabilité : justifier que est dérivable, en invoquant les opérations et les composées, sur chacun des intervalles.
- Calcul de , puis mise sous forme factorisée : c'est l'étape qui décide de la réussite. Un signe se lit sur un produit ou un quotient, jamais sur une somme.
- Signe de , au besoin dans un tableau de signes séparé.
- Limites aux bornes du domaine, ainsi qu'en tout point exclu.
- Tableau de variations rassemblant signe de , sens de variation et valeurs aux bornes.
- Tracé : on place les tangentes horizontales, les asymptotes, quelques points calculés, puis on relie en respectant le tableau.
Exemple
Étude complète de .
Domaine. Le logarithme impose , et le dénominateur : donc . Aucune parité possible, le domaine n'étant pas symétrique.
Dérivabilité et dérivée. Quotient de deux fonctions dérivables sur dont le dénominateur ne s'annule pas, donc est dérivable et, pour ,
Signe. Pour , , donc est du signe de . Or , par stricte croissance du logarithme. La dérivée est donc positive sur et négative sur , avec .
Limites. Quand tend vers par valeurs supérieures, tend vers et vers , donc tend vers . Quand tend vers , la croissance comparée (section 3.5) donne .
Tableau.
Conclusion. admet un maximum global égal à , atteint en . La courbe admet l'axe des ordonnées pour asymptote verticale et l'axe des abscisses pour asymptote horizontale en . Elle coupe l'axe des abscisses en .
Fonction réciproque : graphe et dérivée
On suppose ici connue la notion de bijection, vue dans le chapitre « Raisonnement et vocabulaire ensembliste ». Le fait qu'une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle réalise une bijection sur son image est admis dans tout ce chapitre ; il est démontré dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle ».
Définition
Soit une bijection. Sa bijection réciproque est l'application qui, à tout , associe l'unique tel que . Elle est caractérisée par l'équivalence
et l'on a pour tout , ainsi que pour tout .
Propriété
Dans un repère orthonormé, la courbe de est l'image de celle de par la symétrie orthogonale d'axe la première bissectrice, c'est-à-dire la droite d'équation .
Démonstration. Le point appartient à si et seulement si et , c'est-à-dire si et seulement si et , c'est-à-dire si et seulement si le point appartient à . Or, dans un repère orthonormé, et sont symétriques par rapport à la droite d'équation .
Propriété
Soit une bijection dérivable, et soit . On note . Si , alors est dérivable en et
Résultat admis ici, démontré dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle ».
L'interprétation géométrique rend la formule évidente et dispense de l'apprendre. La symétrie d'axe échange le point et le point , et elle échange donc aussi la tangente en l'un et la tangente en l'autre. Or cette symétrie échange les rôles de l'abscisse et de l'ordonnée : une droite de pente non nulle se transforme en une droite de pente . Les pentes des deux tangentes sont donc inverses l'une de l'autre, ce qui est exactement la formule.
Le cas exclu se lit tout aussi bien : si , la tangente en est horizontale, donc son image par la symétrie est verticale, et n'est pas dérivable en . C'est ce qui se produira aux points pour et .
Exemple
Retrouvons la dérivée de à partir de celle de . La fonction est une bijection dérivable, de dérivée elle-même, qui ne s'annule jamais. Sa réciproque est . Pour , en posant ,
Dérivées d'ordre supérieur et classe
Définition
Soit dérivable sur . Si est elle-même dérivable sur , sa dérivée s'appelle la dérivée seconde de et se note ou .
Plus généralement, on définit par récurrence les dérivées successives de :
Le réel est la dérivée d'ordre de en . On note aussi .
Attention à la notation : avec des parenthèses désigne la dérivée -ième, tandis que sans parenthèses désigne la puissance -ième, c'est-à-dire le produit . Ainsi et sont deux fonctions très différentes : la première est , la seconde est .
Définition
Soit définie sur un intervalle . On dit que est de classe sur si est dérivable sur et si sa dérivée est continue sur . On note l'ensemble de ces fonctions.
Plus généralement, est de classe sur si est fois dérivable sur et si est continue sur ; elle est de classe si elle est de classe pour tout entier .
La notion de continuité est prise ici au sens intuitif du lycée (« la courbe se trace sans lever le crayon ») ; sa définition rigoureuse relève du chapitre « Fonctions d'une variable réelle ». En pratique, à ce stade du programme :
- toute fonction obtenue par somme, produit, quotient (à dénominateur non nul) et composition à partir des fonctions usuelles est de classe sur tout intervalle où elle est définie ;
- les polynômes, , , , , , les fonctions puissances sur , ainsi que toutes les fonctions introduites dans les sections 3 à 5, sont de classe sur leur domaine ;
- une dérivée peut exister sans être continue, mais aucun exemple de ce type ne sera rencontré avant le chapitre « Fonctions d'une variable réelle ».
Exemple
Pour , une récurrence immédiate donne pour tout .
Pour , on calcule , , , . Les dérivées successives sont donc périodiques de période en l'ordre de dérivation, et l'on peut écrire, pour tout et tout réel ,
formule qui se démontre par récurrence sur à l'aide de l'identité .
Extremums et points critiques
Définition
Soit définie sur et .
- admet un maximum global en si pour tout ; un minimum global si pour tout .
- admet un maximum local en s'il existe un réel tel que pour tout ; définition analogue pour un minimum local.
- Un extremum est un maximum ou un minimum.
Définition
Soit dérivable sur . Un réel tel que s'appelle un point critique de .
Propriété
Soit dérivable sur un intervalle et un point intérieur à (c'est-à-dire qui n'est pas une extrémité de ). Si admet un extremum local en , alors .
Résultat admis ici, démontré dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle ».
Deux mises en garde, qui sont les deux erreurs classiques.
La réciproque est fausse. vérifie , mais est strictement croissante sur : elle n'admet aucun extremum en . Un point critique est un candidat, pas une conclusion. C'est le changement de signe de qui décide, et il se lit dans le tableau de variations.
L'hypothèse « point intérieur » est nécessaire. La fonction sur atteint son minimum en et son maximum en , sans que sa dérivée s'annule jamais. Sur un intervalle fermé borné, il faut toujours comparer les valeurs aux extrémités avec les valeurs aux points critiques.
Méthode
Résoudre un problème d'optimisation. Les cinq étapes ci-dessous sont obligatoires, et la première est celle qu'on saute à tort.
- Choisir la variable et préciser l'intervalle dans lequel elle peut varier, en traduisant toutes les contraintes géométriques ou physiques du problème.
- Exprimer la quantité à optimiser comme une fonction de cette seule variable, en éliminant les autres inconnues grâce aux contraintes.
- Étudier sur : dérivée, forme factorisée, signe, tableau de variations.
- Conclure sur l'existence et la valeur de l'extremum, en comparant si nécessaire avec les valeurs aux extrémités de .
- Revenir au problème posé : répondre par une phrase qui parle de l'objet initial (une longueur, un coût, un rayon), et pas seulement de .
Exemple
Boîte de conserve d'aire minimale. On fabrique une boîte cylindrique fermée de volume imposé, . Quelles dimensions minimisent la quantité de métal utilisée ?
Variable et contraintes. Notons le rayon de base et la hauteur. La contrainte de volume s'écrit , d'où . La variable est donc , libre dans .
Fonction à optimiser. L'aire totale (deux disques et la surface latérale) vaut . En remplaçant :
Étude. est dérivable sur et
Le dénominateur étant strictement positif, est du signe de , fonction strictement croissante de qui s'annule pour . Notons cette valeur.
Conclusion mathématique. admet un minimum global sur , atteint en .
Retour au problème. La hauteur correspondante vérifie
donc : la boîte de métal minimale est celle dont la hauteur est égale au diamètre. C'est un résultat connu des fabricants, et l'écart avec les boîtes réelles du commerce s'explique par le coût des soudures, absent de notre modèle.
Démontrer une inégalité par étude de fonction
Méthode
Démontrer une inégalité sur un intervalle .
- Tout passer d'un côté : poser et se ramener à montrer sur .
- Dériver et factoriser . Si le signe de n'est pas lisible, recommencer avec : le signe de donne les variations de , qui donnent le signe de , qui donne les variations de .
- Repérer le point d'annulation où . C'est presque toujours une borne de ou le point critique de , et c'est là que l'inégalité est une égalité.
- Dresser le tableau de variations de et lire le minimum.
- Conclure : si le minimum de sur vaut , alors sur , donc . Préciser le cas d'égalité s'il est demandé.
Exemple
Montrons que pour tout .
Posons sur . La fonction est dérivable et . Or pour tout réel , donc : est croissante sur . Comme , on en déduit pour tout , c'est-à-dire .
Par imparité de , on obtient au passage pour , et donc l'inégalité valable sur tout entier.
Fonctions usuelles : exponentielle, logarithme, puissances
La fonction exponentielle
Définition
On admet l'existence et l'unicité d'une fonction , dérivable sur , vérifiant
Cette fonction s'appelle l'exponentielle, et l'on note pour . Le réel est la base de l'exponentielle.
L'existence de cette fonction est admise ici ; elle sera établie plus tard dans l'année.
Propriété
Pour tous réels et et tout entier :
- ;
- (relation fonctionnelle) ;
- et ;
- ;
- est strictement croissante sur ;
- et ;
- et .
Le point 5 se déduit du point 1 : sur l'intervalle , donc est strictement croissante (section 2.5). Le point 6 est la traduction de la stricte croissance, et c'est le seul outil autorisé pour résoudre une équation ou une inéquation contenant des exponentielles : on ne « simplifie » jamais une exponentielle, on utilise sa stricte monotonie.
Le logarithme népérien
Définition
La fonction réalise une bijection de sur (résultat admis, démontré dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle »). Sa bijection réciproque s'appelle le logarithme népérien et se note :
Elle est caractérisée par : pour tout et tout ,
Propriété
Pour tous réels , et tout entier :
- pour , et pour tout réel ;
- et ;
- (relation fonctionnelle) ;
- et ;
- et ;
- est dérivable sur et ;
- est strictement croissante ; et ;
- et .
Démonstration du point 3. Soient et . En utilisant le point 1 puis la relation fonctionnelle de l'exponentielle,
Par injectivité de (point 6 de la propriété précédente), .
Le point 6 a été démontré en 2.7 comme application de la formule de la dérivée d'une réciproque.
Les courbes de et de sont symétriques par rapport à la droite d'équation , conformément à la propriété générale de 2.7 : la tangente à en , de pente , se transforme en la tangente à en , de pente .
Une remarque de vocabulaire fréquemment source d'erreurs : la fonction est définie sur , et l'on vérifie sans peine, en séparant les cas et , que sa dérivée vaut sur tout entier. Cette fonction sera indispensable dans la partie B, au moment des primitives.
Les deux inégalités fondamentales
Ces deux inégalités servent partout : en analyse, en probabilités, dans les majorations de suites. Elles sont l'illustration type de la méthode 2.10, et il faut savoir les redémontrer en trente secondes.
Propriété
Pour tout réel ,
avec égalité si et seulement si .
Démonstration. Posons , définie et dérivable sur . On a
Or , par stricte croissance de l'exponentielle. Donc est strictement négative sur , nulle en , et strictement positive sur .
La fonction est donc strictement décroissante sur et strictement croissante sur : elle admet en un minimum global, égal à .
Ainsi pour tout réel , c'est-à-dire . De plus, la stricte monotonie de part et d'autre de montre que dès que : le cas d'égalité est exactement .
Propriété
Pour tout réel ,
avec égalité si et seulement si . De façon équivalente, en posant : pour tout , .
Démonstration. Posons sur , intervalle sur lequel , donc est bien définie et dérivable. On a
Sur , le dénominateur est strictement positif : est donc du signe de .
La fonction atteint donc en un minimum global sur , égal à . Par conséquent , c'est-à-dire , avec égalité si et seulement si .
Les deux inégalités disent la même chose vue de deux côtés : la courbe de est au-dessus de sa tangente en , d'équation , et la courbe de est en dessous de sa tangente en , d'équation . On peut d'ailleurs déduire la seconde de la première : pour , appliquons à , ce qui donne , donc .
Fonctions puissances
Définition
Soit un réel. La fonction puissance d'exposant est définie sur par
Lorsque , on la prolonge en en posant , ce qui donne une fonction définie sur . On pose également par convention dans les calculs algébriques.
Ce point mérite d'être souligné, car c'est une source d'erreurs constante :
- pour réel quelconque, n'est défini que pour (et pour si ) ;
- seules les puissances entières ont un sens sur : pour est défini pour tout par produit ou quotient répété, sans passer par le logarithme ;
- écrire est donc incorrect dans ce cadre : la notation n'a pas de sens pour .
Propriété
Pour tous , et tous réels , :
- ;
- ;
- ;
- ;
- ;
- et .
Démonstration des points 3 et 4. Toutes ces relations se ramènent à la définition et aux propriétés de et .
Pour le point 3 : .
Pour le point 4 : posons , qui est strictement positif. Alors , donc
Propriété
Soit un réel. La fonction est dérivable sur et
Elle est strictement croissante sur si , constante égale à si , strictement décroissante si .
Démonstration. La fonction est dérivable sur , de dérivée , et est dérivable sur . Par composition,
où l'on a utilisé et la relation . Le signe de la dérivée est celui de , puisque ; d'où les variations annoncées.
Propriété
Limites aux bornes. Soit . Alors
et, pour ,
Attention à une expression dont le calcul se fait toujours de la même façon : une puissance dont la base et l'exposant dépendent de , du type , se traite en repassant systématiquement par l'exponentielle :
valable dès que . Aucune règle de calcul ne s'applique directement à une telle écriture.
Croissances comparées
En , l'exponentielle l'emporte sur toute puissance, et toute puissance l'emporte sur le logarithme. C'est la hiérarchie fondamentale de l'analyse.
Propriété
Soient et . Alors
En et en :
Enfin, pour tout entier ,
Résultats admis ici ; ils sont démontrés dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle », une fois la théorie des limites en place.
Une formulation mnémotechnique suffit pour ne jamais se tromper : dans une compétition entre , une puissance et , l'exponentielle gagne toujours, le logarithme perd toujours. La limite d'un quotient est donc dictée par celui des deux qui l'emporte, quels que soient les exposants en jeu.
Exemple
Calculons quelques limites, chacune en se ramenant à une forme de référence.
a. . On écrit . Les deux termes tendent vers par croissance comparée, donc la limite est .
b. . C'est la forme de référence avec : la limite est .
c. . On repasse par l'exponentielle : . Comme d'après b., et que est continue en avec , on obtient .
d. . On majore : pour , , donc . Ainsi , qui tend vers . La limite est donc .
Logarithme décimal et logarithme en base
Définition
Soit un réel strictement positif différent de . Le logarithme en base est la fonction définie sur par
Deux cas sont d'usage courant :
- le logarithme décimal , souvent noté simplement , avec ;
- le logarithme en base , noté , avec .
Propriété
Pour , , et tous :
- pour tout , et , ;
- ;
- est dérivable sur de dérivée ; elle est strictement croissante si , strictement décroissante si ;
- .
Ces fonctions ne sont qu'un changement d'échelle du logarithme népérien, mais elles sont commodes dans deux contextes. Le logarithme décimal donne l'ordre de grandeur d'un nombre : pour , l'entier est le nombre de chiffres de la partie entière de lorsque . Le logarithme en base compte les doublements : est le nombre de fois qu'il faut doubler pour atteindre , ce qui explique son omniprésence en informatique dans l'évaluation des coûts d'algorithmes de type dichotomie.
Exemple
Combien de chiffres compte en écriture décimale ?
On a . Avec et , on obtient , donc .
Ainsi , et compte chiffres.
Fonctions circulaires réciproques
Rappels sur les fonctions circulaires
Les fonctions , et ont été étudiées dans le chapitre « Compléments de calcul algébrique et de trigonométrie ». On en rappelle l'essentiel.
Propriété
- et sont définies sur , à valeurs dans , et -périodiques. est paire, est impaire.
- Elles sont dérivables sur , avec et .
- Pour tout réel , .
- est définie sur , impaire, -périodique, dérivable, de dérivée .
- Formules d'Euler : et .
| non défini |
Aucune de ces trois fonctions n'est injective sur son domaine : prend la valeur en tous les . Pour définir une réciproque, il faut donc d'abord restreindre le domaine à un intervalle sur lequel la fonction est strictement monotone. Le choix de cet intervalle est une convention, et c'est cette convention qui produit tous les pièges de la section.
La fonction
Définition
La restriction de à est continue et strictement croissante ; elle réalise donc une bijection de sur (résultat admis ici, démontré dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle »).
Sa bijection réciproque s'appelle arc sinus et se note :
Elle est caractérisée par l'équivalence
En clair : est l'unique réel de dont le sinus vaut .
Propriété
- est strictement croissante sur , avec , et .
- est impaire : pour tout .
- est dérivable sur l'intervalle ouvert et
- n'est pas dérivable en ni en : sa courbe y admet des tangentes verticales.
Démonstration du point 2. Soit et posons , de sorte que et . Alors appartient encore à , et l'imparité du sinus donne . Par caractérisation de , on en déduit .
Démonstration du point 3. Notons la restriction de à , de sorte que . Soit et posons ; alors appartient à l'intervalle ouvert , donc . La formule de la dérivée d'une réciproque (section 2.7) s'applique :
Il reste à exprimer en fonction de . De on tire , donc . Or , intervalle sur lequel le cosinus est strictement positif : c'est donc le signe qu'il faut retenir, et . Finalement
Aux extrémités, : la formule de la réciproque ne s'applique plus, et l'on retrouve la tangente verticale annoncée. C'est aussi visible sur la formule elle-même, puisque tend vers quand tend vers ou vers .
La fonction
Définition
La restriction de à est continue et strictement décroissante ; elle réalise une bijection de sur (résultat admis ici, démontré dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle »).
Sa bijection réciproque s'appelle arc cosinus et se note :
Elle est caractérisée par
Propriété
- est strictement décroissante sur , avec , et .
- n'est ni paire ni impaire. Elle vérifie en revanche
ce qui traduit la symétrie de sa courbe par rapport au point . 3. est dérivable sur et
- n'est pas dérivable en ni en .
Démonstration du point 3. Notons la restriction de à . Soit et , qui appartient alors à . On a , et car : donc et la formule de la réciproque s'applique :
Comme et , on obtient , d'où
La relation
Propriété
Pour tout ,
Démonstration. Posons pour .
Sur l'intervalle ouvert. Les deux fonctions sont dérivables sur , donc l'est aussi, et pour tout :
Comme est un intervalle et que sur cet intervalle, y est constante (section 2.5). Sa valeur constante se lit en un point bien choisi, par exemple :
Donc pour tout .
Aux extrémités. La dérivée n'existe pas en , il faut donc vérifier ces deux valeurs directement :
Conclusion. L'égalité vaut sur tout entier.
La démonstration est un modèle du genre : on ne peut pas conclure sur l'intervalle fermé par l'argument de la dérivée nulle, puisque la dérivabilité fait défaut aux bornes. Oublier de traiter séparément est une faute de rigueur classique.
Cette relation permet de tout ramener à : en pratique, dès qu'une expression mêle les deux fonctions, on remplace par .
La fonction
Définition
La restriction de à est continue et strictement croissante ; elle réalise une bijection de sur (résultat admis ici, démontré dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle »).
Sa bijection réciproque s'appelle arc tangente et se note :
Elle est caractérisée par
Propriété
- est définie sur tout entier, strictement croissante, et impaire.
- est dérivable sur et
- et : la courbe admet deux asymptotes horizontales, d'équations et .
- , , et .
Démonstration du point 2. Notons la restriction de à . Soit et . On a , donc ne s'annule jamais et la formule de la réciproque s'applique en tout point :
C'est la seule des trois fonctions circulaires réciproques qui soit dérivable sur tout entier, et sa dérivée est une fraction rationnelle : cette double particularité en fait la plus utile des trois. La partie B y reviendra, puisque est une primitive de .
Le piège de rédaction : simplifier
Méthode
La règle d'or des fonctions circulaires réciproques. Une composée dans un sens se simplifie toujours ; dans l'autre sens, presque jamais.
Sens facile (toujours vrai sur le domaine).
- pour tout ;
- pour tout ;
- pour tout .
Sens dangereux (vrai seulement sur l'intervalle de restriction).
- si et seulement si ;
- si et seulement si ;
- si et seulement si .
Procédure quand n'est pas dans le bon intervalle.
- Identifier l'intervalle cible : pour , pour .
- Chercher, à l'aide des formules de trigonométrie (, , périodicité), un réel dans l'intervalle cible ayant le même sinus (ou cosinus) que .
- Écrire , la dernière égalité étant maintenant légitime.
- Vérifier que la réponse appartient bien à l'intervalle cible.
Exemple
Le contre-exemple à retenir. Calculons .
La réponse fausse consiste à « simplifier » et à répondre . Elle est impossible : est à valeurs dans , et dépasse .
Appliquons la procédure. On a , et la formule de l'angle supplémentaire donne
Le réel appartient bien à , donc
La réponse est , et non .
Exemple
Trois calculs du même type, à faire en vérifiant chaque fois l'intervalle d'arrivée.
a. . Le réel n'est pas dans . Or , et . La réponse est .
b. . La tangente est -périodique, donc , et . La réponse est .
c. . Ici on est dans le sens facile, et . La réponse est , sans aucune précaution.
Une dernière mise en garde : l'écriture est toujours définie pour tout réel , puisque . Ce n'est donc pas un problème d'existence, c'est un problème de valeur. La fonction est définie sur , -périodique, impaire, et coïncide avec l'identité seulement sur : son graphe est une ligne brisée en dents de scie.
Simplifier une expression mixte
Propriété
Pour tout :
Pour tout :
Pour tout :
Démonstration de . Soit et posons , de sorte que et .
De l'identité on tire , donc .
C'est ici que se joue la rigueur : il faut déterminer le signe de . Or appartient à , intervalle sur lequel le cosinus est positif ou nul. Donc .
Démonstration de . Soit et , donc et . En divisant par , qui est non nul, on obtient
Sur , le cosinus est strictement positif, donc . On en déduit .
Méthode
Simplifier une expression contenant , ou . La méthode est toujours la même, et elle tient en une phrase : poser l'angle.
- Nommer l'angle : poser (ou , ou ).
- Écrire les deux informations que ce nom apporte : la valeur de la ligne trigonométrique () et l'intervalle auquel appartient. Le second est aussi important que le premier.
- Calculer l'expression demandée en fonction de avec les formules de trigonométrie habituelles (Pythagore, duplication, addition).
- Lever l'ambiguïté de signe au moment de prendre une racine carrée, en invoquant l'intervalle de l'étape 2. C'est l'étape que l'on saute et qui coûte les points.
- Vérifier sur une valeur particulière : , ou suffisent le plus souvent à détecter une erreur de signe.
Exemple
Simplifions pour .
Poser l'angle. Soit : alors et .
Calculer. La formule de duplication donne . D'après les résultats ci-dessus,
Vérifier. Pour : , donc , et la formule donne . Les deux coïncident.
Exemple
Étudions la fonction sur .
est dérivable sur comme somme et composée de fonctions dérivables, et
Comme est un intervalle, y est constante. En évaluant en :
Donc pour tout . Par imparité de , la même quantité vaut pour tout : la constante change d'un intervalle à l'autre, ce qui illustre une fois de plus l'importance de l'hypothèse « intervalle ».
Fonctions hyperboliques
Ces fonctions se construisent à partir de l'exponentielle en imitant les formules d'Euler, dans lesquelles on aurait retiré les . Elles apparaissent naturellement en physique (forme d'un câble suspendu, dite chaînette) et dans les calculs de primitives de la partie B.
Définitions
Définition
On définit sur le sinus hyperbolique, le cosinus hyperbolique et la tangente hyperbolique par
On rencontre également les notations anglo-saxonnes , et pour les mêmes fonctions. La fonction est bien définie sur tout entier, car pour tout réel (somme de deux exponentielles strictement positives).
Propriété
Ce qui est exigible, et ce qui ne l'est pas. Le programme officiel précise que les fonctions hyperboliques réciproques sont hors programme : elles ne seront ni définies ni utilisées dans ce cours, et aucun exercice ne peut les exiger. La seule formule exigible de cette section est
Tout le reste (dérivées, variations, graphes) doit pouvoir être retrouvé en quelques lignes à partir des définitions, ce que l'on fait ci-dessous.
Propriété
Pour tout réel :
- est paire, et sont impaires ;
- et ;
- , , .
Démonstration du point 1 pour . Pour tout réel ,
Le même calcul pour donne , et l'imparité de suit du quotient d'une fonction impaire par une fonction paire.
Le point 2 est le contrôle mental le plus rapide : et sont respectivement la partie paire et la partie impaire de l'exponentielle, et leur somme reconstitue .
La relation fondamentale
Propriété
Pour tout réel ,
Démonstration. Deux rédactions possibles, toutes deux courtes.
Par développement. Pour tout réel ,
Par identité remarquable. En utilisant le point 2 de la propriété précédente,
La seconde rédaction est la plus élégante et celle qu'il faut retenir. Noter le signe moins, qui distingue cette identité de son analogue circulaire : c'est ce signe qui vaut aux fonctions hyperboliques leur nom, le point de coordonnées décrivant une branche de l'hyperbole d'équation , là où décrit le cercle .
Une conséquence immédiate : , et comme , on obtient pour tout réel , avec égalité uniquement en .
Dérivées et variations
Propriété
Les fonctions , et sont de classe sur , et
Démonstration. Les deux premières se lisent sur les définitions. Comme ,
Noter l'absence de signe moins, contrairement au cas circulaire où .
Pour , on dérive le quotient , dont le dénominateur ne s'annule pas :
la dernière égalité venant de la relation fondamentale. En coupant au contraire la fraction en deux, on obtient la seconde forme :
Les variations s'en déduisent immédiatement.
Sinus hyperbolique. , donc est strictement croissante sur . Ses limites sont en et en .
Cosinus hyperbolique. , qui est du signe de puisque est strictement croissante et s'annule en . Donc décroît sur et croît sur , avec un minimum global égal à en .
Tangente hyperbolique. , donc est strictement croissante. Pour les limites, on factorise par au numérateur et au dénominateur :
et, par imparité, tend vers quand tend vers .
Graphes et positions relatives
Propriété
Pour tout réel :
- ;
- , avec égalité si et seulement si ;
- : la courbe de admet deux asymptotes horizontales d'équations et ;
- pour , et pour .
Démonstration du point 1. On a vu que , qui est strictement positif pour tout réel . Donc .
Démonstration du point 4. Posons sur . Alors d'après le point 2, donc est croissante sur . Comme , on en déduit pour et pour , ce qui est l'énoncé.
Le comportement en mérite un mot. Comme et , ces deux différences tendent vers en : les courbes de et de se rapprochent toutes deux de celle de , l'une par au-dessus, l'autre par en dessous. Elles semblent se confondre sur un tracé dès .
Formules d'addition (culture, non exigible)
Propriété
Pour tous réels et :
En particulier, avec : et .
Ces formules ne sont pas exigibles ; elles se retrouvent en une ligne à partir des définitions, et il est plus rentable de savoir les redémontrer que de les apprendre.
Vérification de la première. En développant à partir des définitions,
Comparées aux formules circulaires, la différence tient au signe dans la formule du cosinus : contre . La règle mnémotechnique consiste à partir de la formule circulaire et à changer le signe de chaque produit de deux sinus.
Fonctions d'une variable réelle à valeurs complexes
Cette section prolonge le paragraphe 1.9. Elle est courte, mais indispensable : c'est elle qui permettra, dans la partie B, de calculer d'un seul geste les primitives de et , et de résoudre les équations différentielles linéaires du second ordre.
Dérivée d'une fonction à valeurs complexes
Définition
Soient un intervalle de et . On note et , de sorte que avec et à valeurs réelles.
On dit que est dérivable sur si et le sont, et l'on pose alors
On définit de même la classe et les dérivées successives, coordonnée par coordonnée.
Tout se ramène donc à deux fonctions réelles. En revanche, aucun énoncé faisant intervenir l'ordre de ne survit à ce passage : parler de croissance, de signe de , d'extremum ou de tableau de variations pour une fonction à valeurs complexes n'a aucun sens.
Exemple
Soit . On a et , toutes deux dérivables sur , donc est dérivable et
où l'on a utilisé . On retrouve la règle attendue : dériver revient à multiplier par .
Opérations
Propriété
Soient dérivables et . Alors et sont dérivables sur , et
Si de plus ne s'annule pas sur , alors est dérivable sur et
Enfin est dérivable et .
Démonstration de la formule du produit. Écrivons et avec à valeurs réelles et dérivables. Alors
dont les parties réelle et imaginaire sont dérivables comme sommes de produits de fonctions réelles dérivables. Par définition,
Par ailleurs, en développant le produit de nombres complexes,
Les deux expressions ont la même partie réelle et la même partie imaginaire : elles sont égales.
Les autres formules se démontrent de la même façon, ou se déduisent de celle-ci. On retiendra le principe : toutes les règles de dérivation réelles restent valables, y compris avec des constantes complexes. Une seule exception, et elle est de taille : la formule de dérivation d'une composée n'a de sens que si les objets sont compatibles, et il n'est pas question ici de dériver une fonction de la variable complexe. Le seul cas de composition dont nous ayons besoin est celui de l'exponentielle, traité au paragraphe suivant.
Dérivée de
Définition
Pour un nombre complexe avec , on rappelle la définition vue au chapitre « Nombres complexes » :
qui vérifie pour tous complexes et , ainsi que et .
Si est une fonction, on note la fonction .
Propriété
Soit une fonction dérivable. Alors est dérivable sur et
Démonstration. Écrivons , où et sont deux fonctions réelles dérivables sur . Par définition de l'exponentielle complexe, pour tout ,
Les parties réelle et imaginaire sont des produits et composées de fonctions réelles dérivables, donc est dérivable. Dérivons chacune d'elles.
Partie réelle.
Partie imaginaire.
En rassemblant, puis en regroupant astucieusement,
L'égalité de la troisième ligne repose sur .
Le résultat est exactement celui du cas réel, ce qui est rassurant, mais il n'allait pas de soi : la démonstration a réellement utilisé la définition de et les dérivées de et .
Le cas
Propriété
Soit . La fonction est de classe sur et, pour tout ,
En particulier .
Démonstration. La fonction est dérivable, de dérivée constante . La propriété précédente donne directement . Une récurrence immédiate sur fournit la formule générale : elle est vraie au rang , et si , alors .
Propriété
Soit avec . Alors, pour tout réel ,
donc
En prenant partie réelle et partie imaginaire de , on obtient les deux dérivées réelles
Démonstration. La première égalité est la définition de l'exponentielle complexe appliquée à . Pour les dérivées, calculons sous forme algébrique :
Comme la dérivée d'une fonction à valeurs complexes se calcule coordonnée par coordonnée, la partie réelle de est la dérivée de la partie réelle de , et de même pour la partie imaginaire. On obtient les deux formules annoncées, que l'on peut évidemment retrouver directement en dérivant un produit.
Exemple
Dérivons .
Méthode directe. .
Méthode complexe. Posons , de sorte que . Alors
dont la partie réelle vaut . Les deux méthodes coïncident.
L'intérêt de la seconde méthode n'apparaît pas sur une simple dérivation, où elle est plus lourde. Il éclatera dans la partie B : pour primitiver , l'approche directe impose deux intégrations par parties successives et un système à résoudre, alors que l'approche complexe se réduit à diviser par et à prendre la partie réelle. C'est la raison d'être de toute cette section.
Méthodes du chapitre (partie A)
Méthode
Méthode 1 — Étudier complètement une fonction.
- Déterminer et l'écrire en réunion d'intervalles.
- Réduire le domaine d'étude par parité, imparité, périodicité.
- Justifier la dérivabilité par les opérations et les composées, intervalle par intervalle.
- Calculer et le mettre sous forme factorisée.
- Déterminer le signe de , au besoin par un tableau de signes intermédiaire.
- Calculer les limites aux bornes du domaine et en tout point exclu.
- Dresser le tableau de variations complet.
- Tracer la courbe : tangentes horizontales, asymptotes, quelques points, puis raccordement.
Méthode
Méthode 2 — Démontrer une inégalité sur un intervalle .
- Poser et se ramener à sur .
- Dériver et factoriser . Si son signe reste illisible, étudier : le signe de donne les variations de , donc le signe de , donc les variations de .
- Identifier le point où s'annule : c'est presque toujours une borne de ou le point critique de .
- Dresser le tableau de variations de et lire son minimum sur .
- Conclure, et préciser le cas d'égalité s'il est demandé.
Modèles à connaître par cœur : sur , sur , sur .
Méthode
Méthode 3 — Résoudre un problème d'optimisation.
- Choisir la variable et déterminer l'intervalle où elle varie, en traduisant toutes les contraintes du problème.
- Exprimer la quantité à optimiser en fonction de cette seule variable.
- Étudier la fonction obtenue sur : dérivée factorisée, signe, tableau.
- Conclure sur l'existence et la valeur de l'extremum, en comparant si besoin avec les valeurs aux extrémités de : un point critique n'est qu'un candidat.
- Répondre par une phrase portant sur l'objet initial, pas sur la fonction auxiliaire.
Méthode
Méthode 4 — Simplifier une expression contenant , ou .
- Poser l'angle : , ou .
- Écrire les deux informations que ce nom apporte : la ligne trigonométrique (, etc.) et l'intervalle contenant .
- Calculer avec les formules de trigonométrie usuelles.
- Trancher tout signe de racine carrée grâce à l'intervalle de l'étape 2.
- Contrôler le résultat sur une valeur simple (, , ).
Rappel du piège : toujours (sur ), mais seulement si .
Méthode
Méthode 5 — Réduire un domaine d'étude par parité ou périodicité.
- Vérifier d'abord que est symétrique par rapport à : sans cela, aucune parité n'est possible.
- Calculer et comparer à et à .
- Chercher une période : une somme de fonctions -périodique et -périodique est périodique dès que est rationnel, de période un multiple commun.
- Traquer les symétries supplémentaires : donne un axe de symétrie , et un centre de symétrie.
- Annoncer explicitement l'intervalle d'étude retenu et les transformations qui reconstituent la courbe complète.
Méthode
Méthode 6 — Utiliser le lien entre dérivée et variations sans se tromper.
- Vérifier que l'ensemble considéré est un intervalle. Sinon, découper et conclure séparément sur chaque intervalle, en reliant par « et », jamais par une réunion.
- Pour prouver qu'une fonction est constante : montrer sur un intervalle, puis évaluer en un point bien choisi.
- Pour une stricte monotonie : une dérivée strictement positive suffit ; une dérivée positive qui ne s'annule qu'en des points isolés suffit également.
- Ne jamais conclure à un extremum du seul fait que s'annule : exiger un changement de signe.
- Aux extrémités d'un intervalle fermé, comparer les valeurs de : la dérivée n'y dit rien.
Méthode
Méthode 7 — Dériver une fonction à valeurs complexes.
- Si est donnée par parties réelle et imaginaire : dériver chacune séparément, .
- Si contient une exponentielle : appliquer , valable avec à valeurs complexes.
- Cas le plus fréquent, avec : .
- Pour obtenir une dérivée réelle du type : calculer sous forme algébrique et en prendre la partie réelle (ou imaginaire).
- Ne jamais parler de variations, de signe ou d'extremum pour une fonction à valeurs complexes.
Méthode
Méthode 8 — Déduire un graphe d'un autre par transformations.
- Décomposer la formule en une suite de transformations élémentaires, en partant de la fonction de référence et en suivant l'ordre des opérations.
- Appliquer dans l'ordre : translate verticalement de ; translate horizontalement de , donc vers la gauche si ; contracte horizontalement d'un facteur ; symétrise par rapport à ; par rapport à .
- Traiter la valeur absolue en dernier : rabat au-dessus de l'axe des abscisses la partie de la courbe située en dessous.
- Contrôler sur deux ou trois points caractéristiques (un zéro, un extremum, une asymptote) que la courbe obtenue est cohérente.
Primitives d'une fonction sur un intervalle
La partie A a été consacrée à la dérivation : partant d'une fonction , on a appris à fabriquer sa dérivée . On aborde maintenant le problème inverse, et il est beaucoup plus difficile : étant donnée une fonction , existe-t-il une fonction dont soit la dérivée, et comment la calculer ? Cette question est le point de départ du calcul intégral.
Conformément à l'esprit de ce chapitre, le point de vue est ici pratique. On ne construit pas l'intégrale : cette construction, ainsi que la démonstration de ses propriétés (linéarité, relation de Chasles, positivité), fait l'objet du chapitre « Intégration ». On s'appuie sur ce qui a été vu au lycée et sur un théorème d'existence admis, et on met en place les techniques de calcul.
Définition d'une primitive
Dans tout ce qui suit, désigne ou , et un intervalle de non réduit à un point. L'hypothèse « est un intervalle » n'est pas décorative : elle est au cœur de tous les résultats de cette section, et on verra en ce qui se passe quand on l'oublie.
Définition
Soit une fonction définie sur un intervalle .
On appelle primitive de sur toute fonction telle que :
- est dérivable sur ;
- pour tout , .
Remarque
Trois précautions de langage, à respecter dès la première ligne d'une copie.
- On dit « une primitive de », et surtout « sur ». La notion n'a aucun sens sans la donnée de l'intervalle : la fonction est une primitive de sur , mais elle n'est même pas définie sur .
- Une primitive est automatiquement dérivable, donc continue, sur . C'est une fonction plus régulière que .
- Si est continue sur , toute primitive de est de classe sur , puisque est continue.
Exemple
Quelques vérifications immédiates, toutes obtenues en dérivant la fonction proposée. C'est le seul moyen de contrôler une primitive, et il faut en prendre l'habitude systématique.
- est une primitive de sur : .
- convient tout autant : la constante disparaît à la dérivation. Une fonction possède donc plusieurs primitives, c'est l'objet du paragraphe .
- est une primitive de sur : .
- est une primitive de sur : en effet .
- est une primitive de sur : .
Le cas des fonctions à valeurs complexes ne demande aucune théorie nouvelle : d'après la partie A, une fonction est dérivable si et seulement si et le sont, et alors .
Propriété
Soit et . Alors est une primitive de sur si et seulement si est une primitive de et est une primitive de sur .
Démonstration. C'est la caractérisation de la dérivabilité d'une fonction à valeurs complexes rappelée ci-dessus, appliquée à : dire que est dérivable de dérivée équivaut à dire que et sont dérivables, avec et .
Cette remarque, qui paraît anodine, est en réalité l'outil le plus rentable du chapitre : elle permet de calculer deux primitives réelles d'un coup en travaillant avec une seule exponentielle complexe (paragraphe ).
Existence de primitives : le théorème admis
Rien, dans la définition, ne garantit qu'une fonction possède une primitive. Le théorème suivant, qui répond à la question pour les fonctions continues, est admis dans ce chapitre.
Propriété
Théorème fondamental du calcul intégral (admis). Soit une fonction continue sur un intervalle , à valeurs dans , et soit . Alors la fonction
est définie et dérivable sur , de dérivée , et vérifie .
En particulier : toute fonction continue sur un intervalle y admet des primitives.
Remarque
Ce théorème est admis pour deux raisons distinctes.
- La quantité n'a pas encore reçu de définition rigoureuse dans le cours : au lycée, l'intégrale a été introduite comme une aire, et sa construction propre est reportée au chapitre « Intégration ».
- La démonstration de la dérivabilité de utilise des outils d'analyse (continuité, inégalités de la moyenne) qui seront disponibles plus tard dans l'année.
On l'utilise donc comme un acquis, ce qui est parfaitement légitime : l'objectif de cette section est de savoir calculer des primitives, pas de refonder l'intégrale.
Insistons sur ce que ce théorème ne dit pas.
- Il ne dit pas que toute fonction admet une primitive : l'hypothèse de continuité est essentielle.
- Il ne fournit aucune formule explicite exploitable en général. La fonction est continue sur , elle admet donc des primitives, mais on démontre (bien plus tard, et ce n'est pas au programme) qu'aucune ne s'exprime à l'aide des fonctions usuelles. « Avoir une primitive » et « savoir la calculer » sont deux choses différentes.
Description de l'ensemble des primitives
Le résultat suivant est le point où l'hypothèse « est un intervalle » intervient. Il repose sur le lemme ci-dessous, admis à ce stade et démontré dans le chapitre « Fonctions d'une variable réelle ».
Propriété
Lemme (admis ici). Soit une fonction dérivable sur un intervalle , à valeurs dans , telle que pour tout . Alors est constante sur .
Remarque
L'hypothèse d'intervalle est indispensable. Considérons l'ensemble , qui n'est pas un intervalle, et la fonction
Cette fonction est dérivable sur et sa dérivée y est identiquement nulle (au voisinage de chaque point de , coïncide avec une fonction constante), pourtant n'est pas constante sur . Ce que dit le lemme, c'est que est constante sur chacun des deux intervalles qui composent , avec deux constantes qui n'ont aucune raison d'être égales.
Propriété
Théorème (description des primitives). Soit une fonction définie sur un intervalle , admettant au moins une primitive sur . Alors l'ensemble des primitives de sur est exactement
Autrement dit : deux primitives d'une même fonction sur un intervalle diffèrent d'une constante.
Démonstration. On procède par double inclusion.
Soit et . La fonction est dérivable sur comme somme de (dérivable) et d'une fonction constante, et pour tout , . Donc est une primitive de sur .
Réciproquement, soit une primitive quelconque de sur . Posons . La fonction est dérivable sur , comme différence de deux fonctions dérivables, et pour tout ,
Comme est un intervalle, le lemme s'applique : est constante sur . Il existe donc tel que , c'est-à-dire .
Les deux inclusions donnent l'égalité annoncée.
Remarque
Là encore, l'intervalle est essentiel. Sur , les deux fonctions
sont toutes deux des primitives de sur , et pourtant leur différence n'est pas constante sur . Conclusion pratique : on résout toujours un problème de primitive sur un intervalle, et s'il y en a plusieurs, on les traite séparément, avec une constante par intervalle.
Le théorème précédent a une conséquence très utilisée : une primitive est entièrement déterminée par la donnée d'une seule valeur.
Propriété
Corollaire. Soit continue sur un intervalle , et . Il existe une unique primitive de sur vérifiant , à savoir
Démonstration. Existence. D'après le théorème admis de , la fonction est une primitive de sur avec . La fonction est encore une primitive de (théorème précédent, sens ) et .
Unicité. Si et sont deux primitives de sur prenant la valeur en , alors est constante sur l'intervalle ; cette constante vaut . Donc .
Notation et lien avec les intégrales
Définition
Soit une fonction admettant des primitives sur un intervalle . On note
une primitive générique de sur , définie à une constante additive près. On écrit par exemple
Remarque
Cette notation est commode mais dangereuse ; trois mises en garde.
- n'est pas une fonction mais toute une famille de fonctions. L'égalité signifie seulement que et ont les mêmes primitives, donc que sur l'intervalle considéré.
- La variable est muette : et désignent la même chose.
- Il ne faut jamais la confondre avec l'intégrale , qui est un nombre. Le lien entre les deux est l'objet du théorème suivant.
Propriété
Théorème. Soit une fonction continue sur un intervalle , à valeurs dans , et soit une primitive quelconque de sur . Alors, pour tous ,
Démonstration. Notons . D'après le théorème admis de appliqué avec , la fonction est une primitive de sur et . Soit une primitive quelconque de sur : d'après le théorème de , il existe tel que . Alors
ce qui est l'égalité annoncée.
Remarque
Le point crucial est que le résultat ne dépend pas de la primitive choisie : la constante additive se simplifie dans la différence . C'est pourquoi, dans un calcul d'intégrale, on n'écrit jamais la constante .
Exemple
Calculons .
Sur l'intervalle , qui contient , une primitive de est (vérification : ). Donc
Tableaux des primitives usuelles
Les tableaux ci-dessous se lisent dans les deux sens : de gauche à droite, ce sont des primitives ; de droite à gauche, ce sont les dérivées de la partie A. Il n'y a donc rien de neuf à apprendre, seulement une nouvelle façon de lire un tableau déjà connu. Dans chaque ligne, désigne une constante arbitraire et la dernière colonne précise un intervalle sur lequel l'égalité est valable.
Puissances, exponentielle et logarithme.
| Intervalle | ||
|---|---|---|
| , | ||
| , | ||
| ou | ||
| ou | ||
Fonctions trigonométriques et leurs réciproques.
| Intervalle | ||
|---|---|---|
| , | ||
| , | ||
Fonctions hyperboliques.
| Intervalle | ||
|---|---|---|
Remarque
Quelques commentaires sur ces tableaux.
- La ligne est exclue de la formule : le dénominateur s'annulerait. C'est exactement le cas , qui donne un logarithme et non une puissance. Cette exception est la première chose à vérifier avant d'appliquer la formule.
- Pour , on écrit : sur , a pour dérivée . La valeur absolue permet une écriture unique, mais ne dispense pas de préciser l'intervalle de travail.
- La fonction admet pour primitive sur ; comme (partie A), cette ligne n'apporte rien de plus que celle d' et on ne la retient pas.
- Vérification de la ligne : . Cette primitive se retrouve en une ligne par intégration par parties (section ) ; il est inutile de l'apprendre par cœur.
Exemple
Une primitive n'est pas « la » primitive. Cherchons la primitive de sur vérifiant .
Toute primitive s'écrit . La condition donne , soit . Ainsi
Vérification : et .
Reconnaître la dérivée d'une fonction composée
C'est la technique la plus rentable du chapitre. Elle consiste à lire à l'envers la formule de dérivation d'une composée : si est dérivable sur et dérivable sur un intervalle contenant , alors . Autrement dit, une primitive de est .
En pratique, on retient le tableau suivant. Dans chaque ligne, est une fonction dérivable sur un intervalle , et la colonne de droite indique la condition à vérifier.
| Forme reconnue | Une primitive | Condition sur |
|---|---|---|
| , | aucune | |
| , | sur | |
| ne s'annule pas sur | ||
| ne s'annule pas sur | ||
| aucune | ||
| sur | ||
| aucune | ||
| ; | ; | aucune |
Méthode
Reconnaître une dérivée de composée.
- Repérer dans l'expression une fonction « intérieure » : ce qui est sous une racine, en exposant, au dénominateur, dans un cosinus.
- Calculer et le chercher en facteur dans l'expression. S'il y manque une constante multiplicative, on la fait apparaître : c'est toujours possible, et c'est la seule retouche autorisée.
- Appliquer la ligne du tableau, puis vérifier en dérivant.
L'étape mérite un mot : on n'a le droit de faire entrer et sortir que des constantes. Écrire serait une faute grossière, puisque n'est pas constant.
Exemple
Six calculs types, chacun vérifié par dérivation.
a. sur . On pose , donc . L'expression vaut , d'où
Vérification : . La valeur absolue est inutile ici car .
b. sur . Avec et , l'expression vaut , donc
Vérification : .
c. sur . On écrit avec , qui ne s'annule pas sur cet intervalle. Donc
Vérification : .
d. sur . Avec , l'expression vaut , donc
Vérification : .
e. sur . On remarque que , donc avec (et ) l'expression est exactement :
Vérification : .
f. sur . Avec et , l'expression vaut , donc
Vérification : .
Exemple
Un calcul d'intégrale complet. Calculons .
Posons , de sorte que : l'intégrande est exactement . Encore faut-il que ne s'annule pas sur . Or , donc est strictement croissante sur , et : est strictement positive sur . Une primitive est donc et
Remarque
Le réflexe de linéarisation. Certaines expressions ne se présentent pas comme des dérivées de composées, mais le deviennent après transformation trigonométrique. Ainsi, pour , la formule (partie A) donne
Vérification : .
De même . Jamais on n'écrira : la forme exigerait un facteur qui n'est pas là.
Primitives de avec complexe
On rappelle le résultat de la partie A : pour , la fonction , définie de dans , est dérivable sur de dérivée .
Propriété
Soit . Les primitives sur de sont les fonctions
Démonstration. La fonction est dérivable sur et : c'est bien une primitive. Comme est un intervalle, le théorème de donne toutes les autres en ajoutant une constante complexe.
Cette formule, apparemment anodine, permet de calculer d'un seul coup les primitives de et de pour réels, alors que le calcul direct est pénible.
Méthode
Primitives de et (passage aux complexes).
Soient des réels avec , et posons .
- Remarquer que , donc
- Calculer , une primitive de .
- Mettre sous forme algébrique en multipliant par le conjugué du dénominateur, puis en développant avec la formule d'Euler.
- D'après la propriété de , est une primitive de et une primitive de .
On retient la méthode, pas la formule finale : la redémontrer sur l'exemple demandé prend cinq lignes et évite toute erreur de mémoire.
Exemple
Calcul entièrement rédigé. Déterminons les primitives sur de et de .
Étape 1. On pose , de sorte que pour tout ,
donc et .
Étape 2. Comme , une primitive de est
Étape 3. On multiplie par le conjugué : . Donc
Étape 4. En séparant partie réelle et partie imaginaire :
Vérification de la première (indispensable). En notant :
Vérification de la seconde, avec :
Les deux résultats sont confirmés.
Remarque
La même idée sert à linéariser avant d'intégrer. Par exemple, pour , la formule de produit en somme donne , d'où
Vérification : la dérivée vaut .
Intégration par parties et changement de variable
Les primitives usuelles et la reconnaissance de composées ne suffisent pas : que faire de , où le produit ne se ramène à aucune ligne du tableau ? Deux techniques permettent de transformer une intégrale en une autre, espérée plus simple. Elles ne sont rien d'autre que la lecture inverse des deux règles de dérivation les plus importantes : celle du produit, et celle de la composée.
Dans toute cette section, les fonctions sont définies sur un intervalle et à valeurs dans , et les segments considérés sont inclus dans .
Intégration par parties
Propriété
Théorème (intégration par parties). Soient et deux fonctions de classe sur un intervalle , à valeurs dans , et soient . Alors
Démonstration. Les fonctions et étant dérivables sur , le produit l'est aussi et
Comme sont continues sur (c'est le sens de « de classe »), la fonction est continue sur : est donc une primitive de sur . Le théorème de donne alors
Par linéarité de l'intégrale (propriété admise ici, établie dans le chapitre « Intégration »), le membre de gauche vaut , ces deux intégrales existant puisque leurs intégrandes sont continus sur . En passant dans l'autre membre, on obtient la formule annoncée.
Remarque
Hypothèses à citer. Sur une copie, on écrit toujours : « les fonctions et sont de classe sur », avant d'appliquer la formule. La régularité n'est pas un détail : c'est elle qui garantit que les deux intégrales de la formule ont un sens.
La version « primitives » de la formule s'écrit , à comprendre à une constante additive près. Elle est commode mais moins sûre : quand c'est possible, on travaille avec des bornes.
Méthode
Choisir qui dériver et qui primitiver.
Dans une intégrale , on choisit (le facteur que l'on dérive) et (le facteur que l'on primitive). Bonne règle : on dérive ce qui se simplifie, on primitive ce qui ne se dégrade pas.
| Intégrande | On dérive | On primitive | Effet |
|---|---|---|---|
| le degré de baisse de | |||
| ou | ou | idem | |
| le disparaît | |||
| ou seuls | la fonction | apparition d'une fraction rationnelle | |
| l'un des deux | l'autre | deux IPP, système « circulaire » |
Points de vigilance :
- si est de degré , il faut intégrations par parties successives ;
- pour ou seuls, on prend , donc : c'est le seul cas où l'on « invente » un facteur ;
- on est libre du choix de la primitive , et un choix malin (par exemple au lieu de ) simplifie parfois beaucoup la suite.
Exemple
a. Polynôme fois exponentielle. Calculons .
Les fonctions et sont de classe sur , avec et . La formule donne
Contrôle par les primitives : une primitive de est , car ; on retrouve .
b. Le logarithme seul. Calculons .
On pose et , donc et ; ces fonctions sont de classe sur . Alors
Le même calcul mené sans bornes redonne la primitive du tableau de .
c. Un Arctangente. Calculons .
Avec , , et , toutes de classe sur :
La dernière intégrale a été calculée au , exemple a.
d. Deux intégrations par parties. Calculons .
Première IPP, avec , , , :
puisque et que le terme en est nul.
Seconde IPP, avec , , , :
Conclusion : .
Exemple
e. L'intégration par parties « circulaire ». Calculons
Toutes les fonctions en jeu sont de classe sur .
Première IPP dans , avec , , , :
IPP dans , avec , , :
On obtient un système de deux équations aux inconnues et . En substituant la seconde dans la première :
d'où , puis
Cohérence avec le : la primitive obtenue par les complexes était , et
Les deux méthodes concordent. En pratique, le passage aux complexes est plus rapide et moins exposé aux erreurs de signe.
Changement de variable
Propriété
Théorème (changement de variable). Soient et deux intervalles, une fonction continue, et une fonction de classe telle que . Alors, pour tous ,
Démonstration. La fonction étant continue sur l'intervalle , elle y admet une primitive (théorème admis de ). Comme est dérivable sur à valeurs dans et dérivable sur , la composée est dérivable sur et, pour tout ,
Cette dérivée est continue sur ( est continue car est , et est continue comme composée de fonctions continues) : est donc une primitive de sur . Le théorème de donne
Or, toujours par le théorème de appliqué à entre et (qui appartiennent à ), cette dernière différence vaut .
Remarque
Les deux sens de lecture. La formule s'utilise dans les deux directions, et il faut savoir dire laquelle on emploie.
- De la droite vers la gauche (« reconnaissance ») : l'intégrande est déjà de la forme , on pose et l'intégrale se simplifie en entre les nouvelles bornes. C'est la version « avec bornes » de la reconnaissance de composées du .
- De la gauche vers la droite (« substitution ») : on part de et on choisit une fonction de classe ainsi que tels que et ; on remplace alors par et par . Noter que le théorème n'exige rien de plus que ces deux conditions sur les bornes ; en pratique, on choisit tout de même monotone, ce qui rend et évidents et évite les erreurs de signe sur les valeurs absolues.
Méthode
Mettre en œuvre un changement de variable.
- Annoncer le changement : « on pose », en précisant l'intervalle de variation de et en vérifiant que est de classe .
- Écrire la relation des différentielles : .
- Changer les bornes, c'est l'erreur numéro un : si va de à , alors va de à avec et .
- Réécrire entièrement l'intégrande en fonction de , simplifier, calculer.
Un changement de variable se motive : on l'annonce en disant ce qu'il élimine (une racine, un dénominateur, une exponentielle). Un changement sorti du chapeau n'a aucune valeur dans une copie.
Les substitutions à connaître, avec la situation qui les déclenche :
a. reconnue dans l'expression : le cas le plus fréquent.
b. en présence de .
c. en présence de .
d. quand tout ne dépend que de .
e. , soit , en présence de .
f. pour exploiter une symétrie des bornes.
Exemple
a. Reconnaissance. Calculons .
On pose , fonction de classe sur , avec . Bornes : donne , et donne . La fonction est continue sur qui contient . Donc
On retrouve bien le résultat de , exemple a.
b. Substitution . Calculons .
On pose pour : est de classe , et , et . Sur on a , donc
Ce contrôle du signe est le point délicat, il ne faut jamais le sauter. Il vient
D'après , une primitive est , donc
Contrôle géométrique : cette intégrale est l'aire du quart de disque de rayon situé dans le premier quadrant, soit . Le résultat est cohérent.
c. Substitution . Calculons .
On pose pour , intervalle sur lequel est de classe ; et . On a et , d'où la simplification
Contrôle : une primitive de est , car sa dérivée vaut . On retrouve .
d. Substitution . Calculons .
On pose pour : est de classe sur , , , et . Alors
On décompose à la main : cherchons et tels que . En réduisant au même dénominateur, pour tout ; en prenant on obtient , en prenant on obtient , soit . Donc
e. Substitution . Calculons .
La racine est gênante : on la fait disparaître en posant pour , fonction de classe avec et , et . Comme sur , on a . Donc
où l'on a effectué la division . Ainsi
Contrôle d'ordre de grandeur : , cohérent avec une fonction comprise entre et intégrée sur un intervalle de longueur .
Remarque
Les trois fautes classiques.
- Oublier de changer les bornes. Écrire est faux : les bornes sont celles de , pas celles de .
- Oublier le facteur . Le doit être intégralement remplacé par ; ce n'est pas une notation décorative.
- Écrire sans justification. L'égalité correcte est , et il faut invoquer l'intervalle de variation de pour supprimer la valeur absolue.
Remarque
Comment choisir entre les deux techniques ? Une règle simple, qui couvre presque tous les exercices de ce niveau.
- L'intégrande est un produit de deux fonctions de natures différentes (polynôme et exponentielle, polynôme et trigonométrique, présence isolée d'un ou d'un ) : intégration par parties.
- L'intégrande fait apparaître une fonction et sa dérivée, ou contient une racine, une exponentielle ou un dénominateur que l'on veut faire disparaître d'un bloc : changement de variable.
- Ni l'un ni l'autre : il reste la reconnaissance directe du , la linéarisation trigonométrique, ou le passage aux complexes du .
Primitives de fractions rationnelles simples
Le programme fixe ici un objectif très précis : savoir calculer les primitives de , puis, par un ajustement simple, celles de . Il ne s'agit pas d'une théorie générale des fractions rationnelles (celle-ci viendra plus tard dans l'année) mais d'une technique de calcul, entièrement gouvernée par le signe du discriminant du dénominateur.
Dans toute la section, et . Un préalable vaut pour les trois cas : la fonction n'est définie que là où le dénominateur ne s'annule pas, et l'on travaille donc sur un intervalle sur lequel garde un signe constant et ne s'annule pas.
Premier cas :
Le trinôme possède deux racines réelles distinctes et se factorise en . La fonction est définie sur trois intervalles : , et .
L'idée est de casser la fraction en deux morceaux dont chacun a une primitive évidente. On ne fait appel à aucune théorie : on cherche deux constantes par identification.
Méthode
Décomposer à la main. On cherche deux réels et tels que, pour tout distinct de et ,
On réduit le membre de droite au même dénominateur, on identifie les numérateurs :
puis on évalue cette égalité de polynômes en (ce qui donne ) et en (ce qui donne ). Il reste
Exemple
Calculons les primitives de .
Factorisation. Le discriminant vaut , les racines sont et . Donc , et est définie sur , et .
Décomposition. On cherche avec , c'est-à-dire pour tout . En : , donc . En : . Contrôle immédiat :
Primitives. Sur chacun des trois intervalles,
Vérification par dérivation, par exemple sur où l'expression vaut :
Remarque
La constante n'est pas la même sur les trois intervalles : chacun a la sienne. Écrire une réponse unique valable « sur privé de » serait une erreur de fond, exactement celle dénoncée au .
Deuxième cas :
Le trinôme possède une racine double et s'écrit . Aucune décomposition n'est nécessaire, la primitive est directe : c'est la ligne du tableau de .
Propriété
Sur comme sur ,
Vérification. .
Exemple
Calculons les primitives de .
Ici et . Donc, sur ou sur ,
Vérification : .
Noter qu'il n'y a pas de logarithme dans ce cas : c'est une différence marquante avec le cas , et un bon moyen de contrôler qu'on n'a pas confondu les situations.
Troisième cas :
Le trinôme ne s'annule jamais et garde le signe de sur tout entier : la fonction est définie sur . La technique est la forme canonique, qui ramène le dénominateur à la forme , puis l'Arctangente.
Propriété
Soit . Sur ,
Démonstration. En dérivant le membre de droite :
Méthode
Traiter le cas .
- Mettre en facteur : .
- Écrire la forme canonique : , où , donc .
- Appliquer la formule ci-dessus avec (dont la dérivée vaut ), sans oublier le facteur .
- Dériver le résultat pour vérifier.
En pratique, on ne retient pas la formule générale : on refait la forme canonique sur l'exemple, c'est plus rapide et plus sûr.
Exemple
a. Cas . Calculons les primitives sur de .
Le discriminant vaut . Forme canonique : , donc . Par conséquent
Vérification :
b. Cas . Calculons les primitives sur de .
Discriminant : . On met en facteur puis on complète le carré :
donc . Il vient
Vérification :
Le cas général
Quand le numérateur n'est plus constant, une seule idée : faire apparaître au numérateur la dérivée du dénominateur, qui vaut . Le morceau correspondant donne un logarithme (forme ), et ce qui reste est un numérateur constant, donc l'un des trois cas précédents.
Méthode
Primitives de .
- Calculer la dérivée du dénominateur : .
- Écrire , et vérifier cette identité en développant.
- Séparer en deux intégrales :
- Traiter la seconde intégrale selon le signe de (, ou ).
Exemple
a. Le cas le plus favorable. Pour , le numérateur est déjà la dérivée du dénominateur. Donc, sur tout intervalle où ne s'annule pas,
Vérification : la dérivée de vaut .
b. Cas général avec . Calculons les primitives sur de .
Le dénominateur a pour discriminant : il ne s'annule pas et reste strictement positif, la fonction est définie sur et la valeur absolue du logarithme sera inutile.
Étape 1. donne .
Étape 2. On cherche à écrire . En identifiant les coefficients de : , donc . Le terme constant donne , soit et . Contrôle : .
Étape 3. On sépare :
Étape 4. La première intégrale est de la forme et vaut ; la seconde a été calculée au , exemple a. Finalement
Vérification par dérivation :
Exemple
c. Une intégrale complète. Calculons .
Le dénominateur ne s'annule jamais : l'intégrande est continu sur . On écrit , donc
Pour la première : .
Pour la seconde : .
Conclusion :
Contrôle d'ordre de grandeur : , et , soit environ . C'est cohérent : sur , l'intégrande varie de à .
Équations différentielles linéaires du premier ordre
Une équation différentielle est une équation dont l'inconnue est une fonction, et qui relie cette fonction à ses dérivées. Résoudre une telle équation, c'est déterminer toutes les fonctions qui la vérifient : la réponse n'est jamais un nombre, toujours un ensemble de fonctions.
Ces équations sont l'outil de modélisation par excellence des sciences expérimentales : dès qu'un phénomène est décrit par « la vitesse de variation d'une grandeur dépend de la grandeur elle-même », on obtient une équation différentielle. La section en donne trois exemples complets.
Définitions et vocabulaire
Définition
Soit un intervalle de et soient et deux fonctions continues de dans (avec ou ). On appelle équation différentielle linéaire du premier ordre l'équation
Une solution de sur est une fonction , dérivable sur , telle que
L'équation
est appelée équation homogène associée à . La fonction est le second membre. Une solution particulière de est une solution de , désignée quand on en a exhibé une.
Remarque
Quelques observations de vocabulaire, toutes importantes.
- L'adjectif linéaire signifie que l'inconnue et sa dérivée n'apparaissent qu'au premier degré, sans être composées avec quoi que ce soit : est linéaire, et ne le sont pas et sortent du programme.
- Premier ordre : seule intervient, pas .
- L'équation est écrite sous forme normalisée ou résolue, c'est-à-dire avec le coefficient devant . C'est indispensable pour appliquer les théorèmes qui suivent, et le paragraphe dit comment s'y ramener.
- Toute solution de est en réalité de classe sur : en effet est continue sur comme somme et produit de fonctions continues. On obtient cette régularité gratuitement, sans l'avoir supposée.
- L'intervalle fait partie du problème. Une même équation n'a pas les mêmes solutions selon l'intervalle sur lequel on la résout : parler des « solutions de » sans dire où n'a pas de sens.
Résolution de l'équation homogène
C'est le cœur technique de la section, et la démonstration est entièrement réalisable ici.
Propriété
Théorème. Soient un intervalle et une fonction continue. Soit une primitive de sur (elle existe d'après le théorème admis de ). Alors l'ensemble des solutions sur de
est exactement l'ensemble des fonctions
Démonstration. On procède par double inclusion.
Soit et . La fonction est dérivable sur , donc l'est aussi (composée puis produit) et, pour tout ,
donc : est bien solution de sur .
Réciproquement, soit une solution quelconque de sur . C'est ici qu'intervient l'astuce du facteur intégrant : on pose
La fonction est dérivable sur comme produit de fonctions dérivables, et pour tout ,
Comme est un intervalle et que sur , le lemme du affirme que est constante : il existe tel que pour tout . Comme l'exponentielle ne s'annule jamais, on peut diviser :
Les deux inclusions donnent le résultat.
Remarque
Trois conséquences à retenir.
- L'ensemble des solutions de est décrit par un unique paramètre , que l'on détermine par une condition supplémentaire.
- Le choix de la primitive est libre : remplacer par multiplie par la constante , ce qui revient à renommer . En pratique, on prend la primitive la plus simple, sans constante.
- Une solution non nulle de ne s'annule jamais sur , puisque . Autrement dit, si une solution de l'équation homogène s'annule en un seul point de , elle est identiquement nulle sur .
Exemple
a. Coefficient constant. Résolvons sur .
Ici , une primitive est , donc les solutions sont les , .
b. Coefficient variable. Résolvons sur .
On a et convient. Les solutions sont les , . Vérification : si alors .
c. Un cas où l'exponentielle disparaît. Résolvons sur .
Ici et convient sur . Alors
et les solutions sont les . Vérification : donne . L'exemple montre qu'il ne faut pas laisser l'écriture telle quelle quand elle se simplifie.
Propriété
Cas particulier : constante. Si pour tout , les solutions de sur sont les , .
Ce cas particulier, immédiat à partir du théorème avec , est le plus fréquent en physique : décroissance radioactive, décharge d'un condensateur, refroidissement.
Structure de l'ensemble des solutions
Propriété
Théorème. Soient et continues sur un intervalle , et soit une solution particulière de sur . Alors l'ensemble des solutions de sur est
où est une primitive de sur .
Formule à retenir : solution générale de = solution particulière de + solution générale de .
Démonstration. Double inclusion, encore une fois.
Soit une solution de et posons . Cette fonction est dérivable sur et, pour tout ,
Donc est solution de .
Soit une solution quelconque de sur , et posons . Cette fonction est dérivable sur et, pour tout ,
donc est solution de , et est bien de la forme annoncée.
La description explicite s'obtient alors en remplaçant par grâce au théorème du .
Méthode
Résoudre une équation linéaire du premier ordre : le plan en quatre temps.
- Se placer sur un intervalle et normaliser l'équation sous la forme , avec et continues sur .
- Résoudre l'homogène : calculer une primitive de , écrire .
- Trouver une solution particulière : soit « à vue » ou par identification si le second membre est simple, soit par variation de la constante ().
- Conclure : l'ensemble des solutions est , puis exploiter une éventuelle condition initiale.
On rédige toujours ce plan explicitement : un correcteur doit voir les quatre étapes.
Propriété
Principe de superposition. Soient continues sur et . Si est solution de et solution de sur , alors est solution sur de
Démonstration. La fonction est dérivable sur et, pour tout ,
Exemple
Ce principe évite bien des calculs. Pour résoudre , on cherche séparément une solution particulière de et une de , puis on les additionne.
- Pour : on cherche . Alors donne et , soit : .
- Pour : on cherche . Alors donne .
Une solution particulière de l'équation complète est donc , et l'ensemble des solutions sur est
Vérification : avec , on a , donc
La méthode de variation de la constante
Quand le second membre ne permet pas de deviner une solution particulière, une méthode générale fonctionne toujours. Son nom est un abus de langage volontaire : on part de la solution générale de l'homogène et l'on autorise la constante à varier, c'est-à-dire à devenir une fonction de .
Propriété
Théorème. Soient continues sur un intervalle et une primitive de sur . Une fonction dérivable est solution de si et seulement si elle s'écrit où est une primitive sur de la fonction continue .
Démonstration. Toute fonction dérivable sur s'écrit de manière unique sous la forme : il suffit de poser , qui est bien dérivable comme produit de fonctions dérivables. Calculons alors, pour un tel :
donc
Les termes en se simplifient toujours : c'est le mécanisme même de la méthode, et c'est un excellent contrôle de calcul. L'équation équivaut donc à
La fonction étant continue sur l'intervalle , elle y admet des primitives (), et est solution si et seulement si en est une.
Méthode
Variation de la constante en pratique.
- Résoudre l'homogène : .
- Poser avec dérivable inconnue, et le dire explicitement.
- Reporter dans l'équation. Les termes en doivent disparaître ; s'ils ne disparaissent pas, il y a une erreur de calcul, on s'arrête et on la cherche.
- Il reste : intégrer pour obtenir une primitive (on peut ignorer la constante, elle est déjà dans la solution homogène).
- Écrire la solution particulière , puis la solution générale.
Exemple
Exemple entièrement rédigé. Résolvons sur l'équation
Étape 1 : cadre. Ici et sont continues sur , qui est un intervalle. L'équation est normalisée.
Étape 2 : équation homogène. a pour solutions les , (avec , donc ).
Étape 3 : variation de la constante. On cherche une solution de sous la forme , avec dérivable sur . Alors
Les termes en ont bien disparu. L'équation devient
Étape 4 : intégration. Une primitive est , d'où la solution particulière
Étape 5 : conclusion. L'ensemble des solutions de sur est
Vérification. Avec ,
donc . C'est bien .
Le problème de Cauchy
Une équation différentielle admet une infinité de solutions. Pour en isoler une seule, on ajoute une condition initiale.
Définition
Soient continues sur un intervalle , et . Le problème de Cauchy associé est le système
Propriété
Théorème de Cauchy linéaire (ordre ). Sous ces hypothèses, le problème de Cauchy admet une unique solution sur .
Démonstration. Soit une primitive de sur et une solution particulière de sur (elle existe : la méthode de variation de la constante en fournit une, par le théorème du ). D'après , les solutions de sur sont exactement les fonctions avec .
Une telle fonction vérifie la condition initiale si et seulement si
la division par étant licite puisque l'exponentielle ne s'annule pas. Cette équation en possède donc une solution et une seule, ce qui fournit une unique fonction .
Remarque
Interprétation. Par chaque point du « plan des conditions initiales » passe exactement une courbe solution. En particulier, deux courbes solutions distinctes de la même équation ne se coupent jamais. Pour l'équation homogène, cela redonne la remarque du : la seule solution qui s'annule quelque part est la fonction nulle.
Exemple
Résolvons le problème de Cauchy
Homogène. , : les solutions de sont les .
Solution particulière. Le second membre est un polynôme de degré ; on cherche . Alors
En identifiant les coefficients : donne , puis donne . Ainsi .
Solution générale. , .
Condition initiale. donne . L'unique solution est
Vérification. , donc
et . Les deux conditions sont satisfaites.
Chercher une solution particulière « à vue »
La variation de la constante fonctionne toujours, mais elle est parfois longue. Quand le second membre a une forme simple, on gagne beaucoup à chercher une solution particulière de la même forme, avec des coefficients indéterminés que l'on identifie. Le tableau suivant résume les cas les plus fréquents pour avec constante non nulle.
| Second membre | Forme à essayer | Réserve |
|---|---|---|
| polynôme de degré | polynôme de degré | aucune |
| avec | — | |
| est déjà solution de l'homogène | ||
| ou | ou passage aux complexes |
Exemple
Le cas résonnant. Résolvons sur .
Ici, est déjà solution de l'homogène : chercher donnerait , c'est voué à l'échec. On essaie donc :
Il suffit de prendre , d'où et l'ensemble des solutions
Contrôle par variation de la constante : en posant , on obtient , soit et . Les deux méthodes concordent.
Exemple
Second membre trigonométrique. Résolvons sur .
On cherche . Alors , donc
L'identification avec donne et , soit . Ainsi
Vérification : .
Variante par les complexes. On peut aussi résoudre en cherchant : il vient , soit , et
La partie réelle redonne , et la partie imaginaire fournit gratuitement une solution particulière de .
Équations non normalisées
Dans les applications, l'équation se présente rarement sous forme normalisée. On rencontre plutôt
avec continues sur un intervalle . Pour appliquer les théorèmes précédents, il faut diviser par : c'est possible uniquement là où ne s'annule pas.
Méthode
Traiter une équation non normalisée.
- Déterminer les points où s'annule ; ils découpent en plusieurs intervalles ouverts.
- Sur chacun de ces intervalles , diviser par et résoudre l'équation normalisée
- Ne jamais mélanger les intervalles : chacun a sa propre constante.
- Si la question porte sur tout entier, l'étude du raccordement aux points où s'annule est une question à part, qui se traite au cas par cas.
Exemple
a. Résolvons sur .
Le coefficient ne s'annule pas sur cet intervalle : on peut diviser, ce qui donne
Homogène. , , donc : les solutions de l'homogène sont les .
Variation de la constante. On pose , d'où et
L'équation devient , soit et . Donc .
Conclusion. Sur , les solutions sont les , . Le même calcul, mené sur (où et , ce qui revient encore à après changement de nom de la constante), donne la même forme.
Vérification : donne , donc .
b. Un facteur intégrant déjà présent. Résolvons sur .
Le coefficient ne s'annule jamais : on peut travailler sur entier. On peut normaliser, mais il est plus rapide de remarquer que le membre de gauche est déjà une dérivée de produit :
L'équation équivaut donc à sur l'intervalle , c'est-à-dire à l'existence d'une constante telle que . Les solutions sont donc les
Vérification : avec , on a , donc en dérivant .
Cette écriture directe n'est pas un tour de magie : avec , primitive de . C'est exactement le facteur intégrant de la démonstration du .
Équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants
On passe maintenant aux équations faisant intervenir la dérivée seconde. Le programme se limite au cas des coefficients constants : c'est précisément le cas où une résolution complète et explicite est possible, et c'est aussi le cas qui gouverne tous les phénomènes oscillants de la physique.
Définitions
Définition
Soient et deux scalaires de ( ou ) et une fonction continue d'un intervalle dans . On appelle équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants l'équation
d'équation homogène associée
Une solution de sur est une fonction deux fois dérivable sur telle que pour tout .
On appelle équation caractéristique de l'équation d'inconnue :
Remarque
- Comme à l'ordre , toute solution est automatiquement de classe sur : est continue.
- L'équation caractéristique n'est pas parachutée. Cherchons s'il existe des solutions de de la forme avec . Alors , , et
Comme l'exponentielle ne s'annule jamais, est solution si et seulement si . Les racines de l'équation caractéristique sont donc exactement les pour lesquels est solution. Toute la difficulté est de montrer qu'il n'y a pas d'autres solutions, et c'est là qu'il faut admettre.
Solutions de l'équation homogène : théorème admis
Propriété
Théorème (ADMIS ; sa démonstration est hors programme). Soient et les racines dans de l'équation caractéristique .
- Si , les solutions sur un intervalle de à valeurs complexes sont exactement les fonctions
- Si (racine double), les solutions sur un intervalle de à valeurs complexes sont exactement les fonctions
L'énoncé vaut sur tout entier comme sur n'importe quel intervalle : les coefficients étant constants, ils sont continus partout, et il n'y a jamais de point à éviter. C'est une différence importante avec l'ordre , où le choix de l'intervalle était imposé par le domaine de et de .
Remarque
Ce théorème est admis, et c'est le texte du programme qui le demande. La démonstration reposera sur des outils d'algèbre linéaire étudiés au second semestre. Ce que l'on peut faire dès maintenant, en revanche, c'est vérifier que les fonctions annoncées sont bien solutions : c'est un calcul direct, et il ne coûte rien. Ce qui est admis, c'est uniquement le fait qu'il n'y en a pas d'autres.
Vérification, cas de deux racines distinctes. Pour , est solution d'après la remarque du . Si et sont solutions de et des scalaires, alors est deux fois dérivable et
Vérification, cas d'une racine double . La fonction est solution. Reste . On calcule
d'où
Or est racine, donc ; et est racine double, donc la somme des racines, qui vaut , est égale à : ainsi . Les deux termes s'annulent et est bien solution. Le rôle du facteur apparaît clairement : il sert exactement à absorber le terme , nul dans ce cas et dans celui-là seulement.
Le cas des coefficients réels : solutions réelles
En physique, , et sont réels, et l'on cherche des solutions réelles. Le théorème précédent se traduit alors ainsi, en fonction du discriminant de l'équation caractéristique.
Propriété
Théorème (admis, conséquence du précédent). Soient et . Les solutions à valeurs réelles sur de sont :
- si , avec les deux racines réelles :
- si , avec la racine double réelle :
- si , avec les deux racines complexes conjuguées ( réels, ) :
Remarque
D'où sort la troisième forme ? Sans refaire la démonstration (hors programme), on peut voir le lien avec le cas complexe. Les racines étant et , les solutions complexes sont les . Or les formules d'Euler donnent
donc
Les fonctions et sont donc bien des solutions, réelles cette fois, et toutes leurs combinaisons à coefficients réels aussi.
Propriété
Écriture en amplitude et phase. Soit non nul. Posons . Il existe un unique réel tel que et , et alors, pour tout ,
Démonstration. Le point vérifie : c'est un point du cercle trigonométrique, il possède donc un unique argument dans (partie A et chapitre des nombres complexes). La formule d'addition donne alors
Il ne reste qu'à multiplier par .
Remarque
Cette écriture est celle du physicien : est l'amplitude, la phase à l'origine, la pulsation. Elle rend le comportement lisible d'un coup d'œil : la solution oscille à la pulsation à l'intérieur de l'« enveloppe » , qui décroît si et explose si .
Exemple
Les trois cas sur des exemples.
a. . Équation caractéristique : , de discriminant , de racines et . Solutions réelles : .
b. . Équation caractéristique : , racine double . Solutions réelles : .
c. . Équation caractéristique : , de discriminant , de racines . Ici et , donc les solutions réelles sont
Vérification pour , : avec , on a , puis
Donc .
d. avec (l'oscillateur harmonique). Équation caractéristique , racines : ici et , les solutions réelles sont les , c'est-à-dire les .
Structure des solutions et superposition
Propriété
Théorème. Soit une solution particulière de sur . L'ensemble des solutions de sur est
Autrement dit : solution générale de = solution particulière + solution générale de , exactement comme à l'ordre .
Démonstration. Double inclusion.
Si est solution de , alors est deux fois dérivable et
Si est solution de , posons . Alors est deux fois dérivable et
donc est solution de et .
Propriété
Principe de superposition. Si est solution de et solution de sur , alors pour tous scalaires , la fonction est solution de
Démonstration. Calcul immédiat, identique à celui de l'ordre : les deux membres de l'équation dépendent de « au premier degré », donc la combinaison passe à travers.
Solution particulière : second membre polynomial
Le programme limite les seconds membres exigibles à trois familles : les polynômes (), les exponentielles () et les fonctions et (). On les traite dans l'ordre.
Méthode
On cherche polynomiale, avec la précaution suivante. Soit polynomiale de degré .
- Si : chercher polynomiale de degré . En effet, si est de degré de coefficient dominant , alors est de degré de coefficient dominant : les degrés se correspondent, et l'identification des coefficients détermine .
- Si et : la fonction constante disparaît de l'équation, on cherche sous la forme avec polynomiale de degré .
- Si : l'équation s'écrit , il suffit d'intégrer deux fois.
Exemple
Résolvons sur .
Homogène. Vu au , exemple a : .
Solution particulière. Ici et est de degré : on cherche . Alors et , donc
L'identification avec donne le système
d'où successivement , puis , puis , soit .
Conclusion. Les solutions sur sont les
Vérification de : .
Solution particulière : second membre exponentiel
C'est le cas le plus important, et il se démontre entièrement.
Propriété
Théorème. Soient , et . On considère
- Si n'est pas racine de l'équation caractéristique, admet la solution particulière
- Si est racine simple, admet la solution particulière
- Si est racine double, admet la solution particulière
Démonstration. L'idée est de poser , où est une fonction deux fois dérivable inconnue. Toute fonction deux fois dérivable s'écrit ainsi, de manière unique, en prenant . On calcule
puis, en regroupant,
Comme l'exponentielle ne s'annule pas, est solution de si et seulement si
Cas 1 : . La fonction constante vérifie , puisque . D'où la solution annoncée.
Cas 2 : racine simple. Alors et devient . De plus : en effet, si désigne l'autre racine, la somme des racines vaut , donc puisque la racine est simple. La fonction définie par a pour dérivée la constante et une dérivée seconde nulle : elle vérifie .
Cas 3 : racine double. Alors et, la somme des racines valant , on a aussi . L'équation se réduit à , dont est solution.
Remarque
Pourquoi multiplie-t-on par , puis par ? La démonstration le montre sans mystère : chaque fois que est racine, un terme de disparaît, et il faut « monter d'un degré » en pour que le calcul aboutisse. On ne multiplie donc pas par par superstition, mais parce que constante ne peut plus convenir.
En pratique, on ne retient pas les trois formules : on retient la forme à essayer (, ou selon que n'est pas racine, est racine simple ou racine double), et on détermine en reportant dans l'équation.
Exemple
Les trois cas, sur la même équation ou presque.
a. n'est pas racine. Résolvons sur . L'équation caractéristique a pour racines , donc n'est pas racine et . Alors . Vérification : . Solutions : .
b. racine simple. Résolvons sur . Les racines caractéristiques sont et : est racine simple. Ici , donc . Vérification : et , donc
Solutions : .
c. racine double. Résolvons sur . L'équation caractéristique a pour racine double, et : on prend . Vérification : et , donc
Solutions : .
Solution particulière : seconds membres et
Ici et sont réels, et . On ne cherche pas directement : on passe aux complexes, ce qui ramène au cas exponentiel précédent.
Propriété
Soient des réels et continue. Si est solution de , alors est solution de et est solution de .
Démonstration. Écrivons avec et , fonctions réelles deux fois dérivables (partie A). Comme et sont réels,
et cette écriture est la décomposition en parties réelle et imaginaire, puisque et sont réelles. L'égalité avec donne le résultat par identification.
Méthode
Second membre ou .
- Remarquer que et .
- Résoudre l'équation complexifiée à l'aide du théorème sur le second membre exponentiel, avec .
- Prendre la partie réelle (pour ) ou la partie imaginaire (pour ) de la solution obtenue.
- Vérifier en reportant dans l'équation de départ.
Cette méthode traite les deux seconds membres d'un seul calcul, et elle évite le système en de la recherche directe, plus lourd dès que .
Exemple
Exemple entièrement rédigé. Résolvons sur l'équation
Homogène. L'équation caractéristique a pour discriminant et pour racines et . Donc .
Complexification. On a ; on cherche donc une solution de , c'est-à-dire le cas exponentiel avec et . Comme n'est pas racine de l'équation caractéristique (les racines sont réelles), on calcule
et une solution particulière complexe est
Forme algébrique. On multiplie par le conjugué : . Donc
Retour au réel. Une solution particulière de est
Vérification. et , donc
Conclusion. Les solutions de sur sont les
Bonus gratuit. La partie imaginaire est une solution particulière de : le même calcul a résolu deux équations.
Exemple
Le cas résonnant. Résolvons sur , avec et réel : la pulsation du second membre coïncide avec celle de l'oscillateur.
Homogène. Racines , donc .
Complexification. On résout . Ici est racine, et elle est simple (l'autre racine est ). Avec , le théorème donne et
Retour au réel. .
Vérification. , puis
donc .
Interprétation. Le facteur signifie que l'amplitude des oscillations croît indéfiniment : c'est le phénomène de résonance, obtenu lorsqu'on excite un oscillateur non amorti exactement à sa pulsation propre.
Problème de Cauchy à l'ordre
Propriété
Théorème. Soient , continue sur un intervalle , et . Le problème de Cauchy
admet une unique solution sur .
Démonstration (dans le cas complexe, en admettant l'existence d'une solution particulière , fournie par les méthodes des à pour les seconds membres au programme). D'après , les solutions de l'équation s'écrivent avec solution de . Posons
Les conditions initiales équivalent à et . Il s'agit donc de montrer qu'il existe un unique couple réalisant ces deux égalités.
Cas de deux racines distinctes . On a et . Posons et ; le système s'écrit
En retranchant fois la première ligne à la seconde : , d'où, puisque ,
Le couple est donc unique, et comme les exponentielles et sont non nulles, le couple l'est aussi.
Cas d'une racine double . On a et . En posant , les conditions s'écrivent
La première donne , de façon unique ; en reportant dans la seconde, , puis . Là encore, un seul couple convient.
Le même calcul, mené sur la forme réelle du cas , conduit également à un unique couple .
Méthode
Résoudre un problème de Cauchy d'ordre .
- Résoudre l'équation caractéristique et écrire la solution générale de l'homogène.
- Déterminer une solution particulière selon la forme du second membre ( à ).
- Écrire la solution générale , avec deux paramètres et .
- Calculer avant d'appliquer les conditions : c'est l'étape que l'on oublie.
- Écrire les deux conditions et , résoudre le système en .
- Vérifier les deux conditions sur la solution finale.
Exemple
Résolvons le problème de Cauchy
Homogène. donne , donc .
Solution particulière. Le second membre est constant, donc polynomial de degré , et : on cherche constante, . Alors , soit .
Solution générale. , donc .
Conditions initiales. donne ; donne . L'unique solution est
Vérification. et , donc
avec et . Les trois conditions sont satisfaites.
Écriture en amplitude. Ici , donc et : on peut aussi écrire , forme qui montre directement que oscille entre et .
Modélisation : exemples issus des autres sciences
Le programme demande explicitement que le cours sur les équations différentielles soit illustré par des exemples venus des autres disciplines scientifiques. En voici trois, traités mathématiquement mais avec le vocabulaire de la physique.
Le refroidissement de Newton (ordre )
Le modèle. Un corps de température est placé dans un milieu de température constante . La loi de Newton postule que la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart de température :
Le coefficient , homogène à l'inverse d'un temps, dépend du corps et du milieu. Le signe moins traduit le fait qu'un corps plus chaud que le milieu se refroidit.
Résolution. L'équation se met sous forme normalisée :
C'est une équation linéaire du premier ordre à coefficient constant, avec un second membre constant, posée sur l'intervalle .
- Homogène : a pour solutions les .
- Solution particulière : la fonction constante convient, car .
- Solution générale : .
- Condition initiale : , donc .
Vérification : , et .
Constante de temps. On pose , la constante de temps du système. Elle s'exprime en unités de temps, et
au bout d'une constante de temps, environ de l'écart initial a été comblé. Au bout de , il en reste moins de : c'est le critère usuel de « fin du régime transitoire ». Quand devient grand, tend vers : le corps se met à la température du milieu, ce qui était attendu.
Exemple
Un café à est posé dans une pièce à . Cinq minutes plus tard, il est à . Quand sera-t-il buvable, disons à ?
Modèle. (temps en minutes), puisque .
Détermination de . donne , soit , d'où
Réponse. On cherche tel que , soit , donc
Le café atteint au bout d'environ minutes. Contrôle de cohérence : minutes est bien supérieur à minutes et de l'ordre de la constante de temps, ce qui est plausible.
La charge d'un circuit RC (ordre )
Le modèle. Un générateur de tension continue , une résistance et un condensateur de capacité sont montés en série. On note la tension aux bornes du condensateur et l'intensité du courant. Deux lois suffisent :
- la loi des mailles : ;
- la relation du condensateur : .
En substituant la seconde dans la première, on obtient l'équation différentielle
Résolution. On pose , la constante de temps du circuit (produit d'une résistance par une capacité, homogène à un temps).
- Homogène : solutions .
- Solution particulière : la constante convient.
- Solution générale : .
- Condition initiale : le condensateur étant déchargé à l'instant , donne .
Vérification : , donc , et .
L'intensité s'en déduit : . Elle est maximale à l'instant initial et décroît vers : le courant cesse quand le condensateur est chargé.
Exemple
Prenons , et . Alors
et volts.
- À : , soit environ de .
- À : , soit plus de de .
La fonction est strictement croissante sur , puisque , et sa limite en est : c'est le régime permanent, dans lequel le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert ().
Remarque
La même équation, avec un second membre nul, décrit la décharge du condensateur : . Et exactement la même structure mathématique gouverne la décroissance radioactive , l'élimination d'un médicament par l'organisme, ou le refroidissement du . Une seule équation, trois disciplines : c'est ce qui fait la valeur du modèle linéaire d'ordre .
L'oscillateur amorti et le circuit RLC (ordre )
Le modèle mécanique. Une masse accrochée à un ressort de raideur , soumise à un frottement fluide de coefficient , a une position régie par la loi de Newton :
soit, en divisant par et en posant
l'équation
Le modèle électrique. Un circuit RLC série non alimenté, où désigne la charge du condensateur, donne , c'est-à-dire la même équation avec
Une seule étude mathématique traite donc les deux situations.
Discussion. L'équation caractéristique est , de discriminant
Son signe est celui de : tout dépend de la comparaison entre l'amortissement et la pulsation propre . Trois régimes apparaissent.
Régime apériodique (, amortissement fort). Deux racines réelles distinctes
et les solutions sont . Ces deux racines sont strictement négatives : évidemment, et aussi car dès que . La solution tend donc vers sans osciller : le système revient à l'équilibre en rampant, comme une porte munie d'un ferme-porte trop serré.
Régime critique (). Racine double , solutions
Toujours pas d'oscillation, mais c'est le régime qui ramène le plus rapidement le système à l'équilibre : c'est celui que l'on recherche pour un amortisseur de voiture ou une balance.
Régime pseudo-périodique (, amortissement faible). Racines complexes conjuguées
et les solutions réelles s'écrivent
Le système oscille à la pulsation , appelée pseudo-pulsation, à l'intérieur de l'enveloppe qui décroît vers . La pseudo-période vaut ; ce n'est pas une vraie période, puisque l'amplitude diminue d'une oscillation à l'autre. Noter que : l'amortissement ralentit les oscillations.
Exemple
Un cas numérique complet. Un oscillateur vérifie
(on l'écarte d'une unité de sa position d'équilibre et on le lâche sans vitesse).
Identification. donne , et donne . Comme , le régime est pseudo-périodique.
Résolution. Racines caractéristiques : , donc et
Dérivons :
Les conditions initiales donnent et , soit . Donc
Vérification. On calcule , puis
d'où
avec et . Tout est cohérent.
Lecture physique. En amplitude et phase, et (car ), donc
La pseudo-période vaut , et l'amplitude est divisée par à chaque pseudo-période : l'oscillation est visible mais s'éteint vite.
Remarque
Et si le circuit est alimenté ? Un circuit RLC soumis à une tension sinusoïdale conduit à l'équation avec second membre
que l'on résout par la méthode du (passage aux complexes). La solution générale est alors la somme d'un régime transitoire (les solutions de l'homogène, qui tendent vers dès que ) et d'un régime forcé (la solution particulière, qui oscille à la pulsation de l'excitation). C'est en étudiant l'amplitude de ce régime forcé en fonction de que la physique met en évidence la résonance, dont le a donné la version mathématique extrême, sans amortissement.
Méthodes du chapitre (partie B)
Méthode
Méthode 1 — Reconnaître une dérivée de fonction composée.
- Repérer une fonction « intérieure » : sous une racine, en exposant, au dénominateur, dans un logarithme.
- Calculer et le chercher en facteur ; ajuster par une constante seulement.
- Appliquer le tableau du : , , , , .
- Vérifier les conditions (, ne s'annule pas) et dériver le résultat pour contrôler.
Méthode
Méthode 2 — Choisir entre intégration par parties et changement de variable.
- Produit de deux fonctions de natures différentes (polynôme et exponentielle, polynôme et trigonométrique, ou isolé) : intégration par parties. On dérive ce qui se simplifie, on primitive ce qui ne se dégrade pas.
- Une fonction et sa dérivée visibles, ou une racine, une exponentielle, un dénominateur à éliminer d'un bloc : changement de variable. Annoncer , vérifier que est de classe , écrire , changer les bornes.
- Produit : deux intégrations par parties et résolution du système, ou passage aux complexes (), plus rapide.
- Puissances de et : linéariser d'abord.
Méthode
Méthode 3 — Primitives de .
- Calculer et déterminer les intervalles de définition.
- : factoriser en , décomposer à la main en par identification, primitiver en logarithmes.
- : le trinôme vaut , la primitive est , sans logarithme.
- : forme canonique , puis .
- Dériver le résultat pour contrôler.
Méthode
Méthode 4 — Primitives de .
- Calculer , la dérivée du dénominateur.
- Écrire , et vérifier l'identité en développant.
- Le premier morceau donne (forme ).
- Le second morceau se traite par la méthode .
Méthode
Méthode 5 — Résoudre .
- Intervalle : si l'équation n'est pas normalisée, découper selon les zéros du coefficient de et diviser.
- Homogène : calculer une primitive de , écrire , simplifier l'exponentielle quand c'est possible.
- Solution particulière : la deviner (second membre polynomial, exponentiel, trigonométrique) ou appliquer la variation de la constante en posant , ce qui donne .
- Conclure : , avec une constante par intervalle.
- Vérifier en reportant dans l'équation.
Méthode
Méthode 6 — Résoudre (homogène).
- Écrire l'équation caractéristique et calculer .
- : .
- : .
- (coefficients réels, solutions réelles cherchées), racines : , que l'on peut réécrire .
- Ne pas oublier : ce théorème est admis, on ne cherche pas à le démontrer.
Méthode
Méthode 7 — Solution particulière d'ordre selon le second membre.
- Polynôme de degré : essayer un polynôme de degré si ; de la forme avec si et ; intégrer deux fois si .
- : regarder si est racine de l'équation caractéristique. Non : essayer . Racine simple : essayer . Racine double : essayer . Puis identifier .
- ou ( réels) : résoudre la version complexifiée avec second membre , puis prendre la partie réelle (pour ) ou imaginaire (pour ).
- Somme de plusieurs seconds membres : principe de superposition, une solution particulière par morceau, puis on additionne.
Méthode
Méthode 8 — Traiter un problème de Cauchy.
- Résoudre complètement l'équation avant d'utiliser les conditions initiales : la solution générale doit contenir un paramètre à l'ordre , deux à l'ordre .
- À l'ordre , calculer à partir de la solution générale.
- Écrire les conditions (, et à l'ordre ) et résoudre le système obtenu ; il a toujours une solution unique.
- Conclure par une phrase (« l'unique solution est… ») et vérifier à la fois l'équation et les conditions initiales.
- Contrôle de bon sens : à l'ordre , une solution de l'homogène qui s'annule en un point est nulle partout ; deux courbes solutions distinctes ne se croisent jamais.
Bloqué sur « Techniques fondamentales de calcul différentiel et intégral » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.