MP · Chapitre 05
Séries numériques et vectorielles
Séries dans un espace normé de dimension finie, comparaison série-intégrale, règle de d'Alembert, sommation des relations de comparaison, théorème de Cesàro.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Séries dans un espace normé de dimension finie
- Comparaison série-intégrale
- Règle de d'Alembert
- Sommation des relations de comparaison
- Théorème de Cesàro
En première année, une série était une somme infinie de nombres réels ou complexes, et la question posée était binaire : converge-t-elle, oui ou non ? Ce chapitre reprend l'objet à la base et l'élargit dans deux directions.
La première extension est vectorielle. On additionne désormais des éléments d'un espace vectoriel normé de dimension finie : des vecteurs de , des matrices, des endomorphismes. Rien de la théorie ne s'effondre, parce qu'en dimension finie toutes les normes sont équivalentes et que tout se lit coordonnée par coordonnée dans une base. Le bénéfice est immédiat et spectaculaire : la série donne un inverse de , et la série donne un sens à , objet dont vivra tout le chapitre sur les équations différentielles linéaires.
La seconde extension est asymptotique, et c'est celle qui fait la difficulté des concours. Savoir qu'une série converge ne suffit plus : on veut un ordre de grandeur du reste quand elle converge, et de la somme partielle quand elle diverge. Trois outils nouveaux servent à cela : la comparaison série-intégrale, qui traduit une somme discrète en une intégrale calculable ; la sommation des relations de comparaison, qui autorise à intégrer un , un ou un équivalent terme à terme ; et le théorème de Cesàro, qui transforme une information sur les accroissements d'une suite en une information sur la suite elle-même. C'est ainsi que l'on démontre proprement , l'un des résultats les plus utilisés de toute l'analyse de prépa.
Les notations sont fixées une fois pour toutes. désigne ou , et un -espace vectoriel normé de dimension finie, dont la norme est notée . Pour une suite d'éléments de , on note la somme partielle d'ordre , la somme de la série lorsqu'elle converge, et son reste d'ordre . On utilise librement les acquis de première année et des chapitres précédents : équivalence des normes en dimension finie, développements limités usuels, intégration sur un segment, réduction des endomorphismes.
Séries à valeurs dans un espace vectoriel normé de dimension finie
Définitions
Définition
Soit une suite d'éléments de . On appelle série de terme général , notée ou , le couple formé de la suite et de la suite de ses sommes partielles, définies par
Définition
La série est dite convergente lorsque la suite de ses sommes partielles converge dans . Dans ce cas, sa limite est appelée somme de la série et notée
Dans le cas contraire, la série est dite divergente. Déterminer la nature d'une série, c'est dire si elle converge ou si elle diverge.
Ces définitions sont mot pour mot celles de première année : seule change la nature des objets additionnés. Deux remarques de vocabulaire méritent pourtant d'être martelées, parce que les copies les négligent systématiquement.
Première remarque : la série et la somme sont deux objets différents. Le symbole désigne une série, c'est-à-dire un objet dont on peut demander la nature ; il a un sens même si la série diverge. Le symbole désigne un vecteur de (un nombre si ), et il n'a de sens qu'après avoir établi la convergence. Écrire « posons » avant d'avoir prouvé la convergence est une faute de raisonnement, pas une maladresse de rédaction : on manipule alors un objet qui peut ne pas exister.
Seconde remarque : la nature ne dépend pas des premiers termes, la somme si. Modifier un nombre fini de termes d'une suite décale toutes les sommes partielles d'une constante à partir d'un certain rang, ce qui ne change pas le fait qu'elles convergent ou non. En revanche, cela change la valeur de la somme. C'est pourquoi il est légitime de dire « la série converge » sans préciser l'indice de départ, alors qu'il faut toujours le préciser pour écrire une somme.
Propriété
Indépendance vis-à-vis de la norme. Soient et deux normes sur , espace de dimension finie. La série converge pour si et seulement si elle converge pour , et sa somme est alors la même. La nature d'une série d'éléments de ne dépend donc pas de la norme choisie.
Démonstration. En dimension finie, toutes les normes sont équivalentes (résultat acquis du chapitre de topologie) : il existe et tels que sur . Supposons pour , c'est-à-dire . Alors
donc pour . L'autre implication s'obtient en échangeant les rôles de et . La limite , elle, ne dépend pas de la norme puisque c'est le même vecteur dans les deux cas.
C'est ce résultat qui autorise, dans toute la suite, à écrire « la série converge » sans jamais préciser la norme, et à choisir pour chaque démonstration la norme la plus commode.
Structure d'espace vectoriel
Propriété
L'ensemble des suites d'éléments de dont la série converge est un sous-espace vectoriel de l'espace des suites d'éléments de . De plus, l'application qui à une telle suite associe la somme est linéaire : si et convergent et si , alors converge et
Démonstration. La suite nulle donne des sommes partielles nulles, donc sa série converge : l'ensemble est non vide. Soient et deux suites dont les séries convergent, de sommes respectives et , et soit . La somme partielle d'ordre de la série vaut, par linéarité de la somme finie,
Le membre de droite tend vers par opérations sur les limites de suites dans un espace normé. Donc la suite des sommes partielles de converge, vers .
Propriété
Somme d'une convergente et d'une divergente. Si converge et diverge, alors diverge.
Démonstration. Raisonnons par l'absurde en supposant convergente. Comme converge, la propriété précédente appliquée à montre que la série de terme général
converge, ce qui contredit l'hypothèse. Donc diverge.
En revanche, la somme de deux séries divergentes peut être de n'importe quelle nature : et divergent toutes deux, et leur somme est la série nulle, qui converge. Il n'y a donc aucune règle à retenir dans ce cas, seulement un réflexe : revenir aux sommes partielles.
La condition nécessaire de convergence
Propriété
Si la série converge, alors .
Démonstration. Notons la somme de la série et ses sommes partielles, de sorte que . Pour , on a par définition des sommes partielles
La suite est extraite décalée de et tend donc également vers . Par différence, .
Définition
Lorsque ne tend pas vers , la série diverge : on dit qu'elle diverge grossièrement.
C'est le tout premier réflexe devant une série inconnue, et il coûte trois secondes. La contraposée du théorème dit exactement cela : pas de limite nulle, pas de convergence, la discussion est close.
Chacune des quatre séries suivantes diverge grossièrement, et il suffit pour le voir de regarder la limite du terme général.
a. : le terme général n'a pas de limite.
b. : le terme général tend vers .
c. : le terme général tend vers .
d. : le terme général tend vers .
Pour la dernière, on écrit et par développement limité.
La réciproque est fausse, et c'est le point le plus important de cette sous-section. Le contre-exemple canonique est la série harmonique.
Propriété
Divergence de la série harmonique. La série diverge, alors que son terme général tend vers .
Démonstration. Posons et raisonnons par l'absurde en supposant que converge, vers un réel . La suite est extraite de , donc converge aussi vers , et par différence .
Or, pour tout ,
car la somme comporte exactement termes, tous minorés par puisque . En passant à la limite dans l'inégalité , on obtient , ce qui est absurde.
Donc diverge, et la série harmonique diverge. Comme est croissante, elle tend vers .
Cette démonstration ne demande rien d'autre qu'un découpage astucieux ; elle est à connaître, ne serait-ce que pour disposer d'un contre-exemple immédiat quand on est tenté de conclure d'un « le terme général tend vers zéro ».
Le reste d'une série convergente
Définition
Soit une série convergente d'éléments de , de somme . Pour tout , on appelle reste d'ordre le vecteur
Cette définition mérite une justification : pourquoi la somme existe-t-elle ? Parce que la série a les mêmes sommes partielles que à la constante près : elle converge donc aussi, et sa somme vaut .
Propriété
Avec les notations précédentes :
- pour tout ;
- .
La notion de reste n'a de sens que pour une série convergente.
Démonstration. 1. C'est la définition même de , réécrite.
2. On a et par hypothèse de convergence, donc .
L'égalité est la clef de tous les calculs approchés : est ce que l'on sait calculer, est l'erreur commise. Majorer , c'est majorer cette erreur, et c'est exactement ce que produiront la comparaison série-intégrale (partie 4) et le théorème spécial des séries alternées (partie 7).
Convergence coordonnée par coordonnée
Voici le théorème qui ramène toute l'étude vectorielle à l'étude scalaire de première année. C'est lui qui justifie que ce chapitre ne soit pas beaucoup plus long que son homologue de MPSI.
Propriété
Soit un -espace vectoriel de dimension finie , muni d'une base . Écrivons chaque terme dans cette base :
Alors la série converge si et seulement si les séries scalaires convergent toutes. Dans ce cas,
Démonstration. Notons et, pour chaque , . Par linéarité de la somme finie et unicité des coordonnées dans une base,
Autrement dit, la -ième coordonnée de dans est exactement .
Munissons maintenant de la norme , ce qui est licite d'après la propriété d'indépendance vis-à-vis de la norme. Pour un vecteur de , on a l'équivalence
la dernière équivalence venant de ce qu'un maximum d'un nombre fini de suites positives tend vers si et seulement si chacune d'elles tend vers (chaque terme est majoré par le maximum, et le maximum est majoré par la somme).
Ainsi converge dans si et seulement si chacune des suites converge dans , c'est-à-dire si et seulement si chacune des séries converge. L'expression de la somme se lit alors sur l'égalité en passant à la limite.
Exemple
Le cas complexe. En prenant vu comme -espace vectoriel de base , le théorème donne : pour une suite complexe , la série converge si et seulement si les deux séries réelles et convergent, et alors
Exemple
Une série matricielle élémentaire. Dans , considérons
Les coefficients et donnent les séries convergentes et , mais le coefficient donne la série harmonique, qui diverge. Une seule coordonnée divergente suffit : la série diverge.
Lien suite-série
Propriété
Soit une suite d'éléments de . La suite converge si et seulement si la série converge. Dans ce cas,
Démonstration. Notons . La somme est télescopique : en développant,
tous les termes intermédiaires se simplifiant deux à deux.
Si converge vers , alors : la série converge, de somme . Réciproquement, si converge vers , alors , donc converge.
Ce théorème est une pure traduction, mais il se lit dans les deux sens et c'est ce qui fait sa valeur. De gauche à droite, il transforme une question sur une suite en une question sur une série, où l'on dispose de tout l'arsenal des comparaisons. De droite à gauche, il calcule la somme d'une série dont le terme général est un accroissement.
Méthode
Reconnaître et exploiter une série télescopique. Devant une série dont le terme général ressemble à une différence, chercher une suite telle que (ou ). Trois indices doivent déclencher ce réflexe.
- Le terme général est une fraction rationnelle dont le dénominateur se factorise : décomposer en éléments simples et regrouper. Par exemple .
- Le terme général est un logarithme d'un quotient : .
- Le terme général est un d'une expression du type : utiliser la formule d'addition de la tangente.
Une fois la décomposition trouvée, écrire la somme partielle, simplifier, puis passer à la limite. Ne jamais passer à la limite avant d'avoir simplifié : c'est le seul moyen d'éviter les formes indéterminées.
Exemple
Trois séries télescopiques.
a. Pour , , donc
b. Pour , , donc : la série diverge, bien que son terme général soit équivalent à et tende vers .
c. Pour , posons . Comme et que appartient à , on obtient
d'où et .
Les séries de référence de première année
Ces trois familles sont supposées connues ; elles servent de mètre étalon à toutes les comparaisons du chapitre. La nature des séries de Riemann sera redémontrée en partie 4 par comparaison série-intégrale.
Propriété
Série géométrique. Soit . La série converge si et seulement si , et alors
Démonstration. Si , alors pour tout , donc ne tend pas vers : la série diverge grossièrement.
Si , alors et la somme partielle vaut
Comme , on a , donc et . La formule à partir du rang s'obtient en factorisant .
Propriété
Série exponentielle. Pour tout , la série converge, et
Ce résultat de première année est admis ici ; la convergence sera redémontrée en un mot par la règle de d'Alembert (partie 3).
Propriété
Séries de Riemann. Soit . La série converge si et seulement si . Ce résultat sera démontré en partie 4.
Quatre natures à lire instantanément, sans le moindre calcul.
a. converge, car .
b. diverge, car .
c. converge, de somme .
d. converge, de somme .
Pour c., la formule de la série géométrique donne .
Convergence absolue
Définition
Définition
Soit une suite d'éléments d'un espace vectoriel normé . On dit que la série est absolument convergente lorsque la série à termes réels positifs converge.
Lorsque ou muni de la valeur absolue ou du module, cela s'écrit : converge.
Propriété
En dimension finie, la convergence absolue ne dépend pas de la norme choisie : si converge pour une norme , alors converge pour toute autre norme .
Démonstration. Par équivalence des normes en dimension finie, il existe tel que pour tout de . Les sommes partielles de forment donc une suite croissante (les termes sont positifs) et majorée :
la dernière majoration venant de ce que les sommes partielles d'une série convergente à termes positifs sont toutes majorées par sa somme. Une suite croissante et majorée de réels converge (théorème de la limite monotone, acquis de première année), donc converge.
Le théorème central
Ce théorème est le résultat le plus utilisé de tout le chapitre : il transforme une question sur une série à termes quelconques (vectoriels, complexes, oscillants) en une question sur une série à termes positifs, pour laquelle on possède une batterie complète d'outils.
Propriété
Toute série absolument convergente d'un espace vectoriel normé de dimension finie est convergente.
Autrement dit : si est de dimension finie et si converge, alors converge.
Démonstration. Elle se fait en trois étapes : le cas réel, le cas complexe, puis le cas général par les coordonnées. Le seul outil employé est le théorème de la limite monotone : toute suite croissante et majorée de réels converge.
Étape 1 : le cas . Soit une suite réelle telle que converge, de somme . Posons, pour tout ,
Ces deux quantités sont positives, et l'on vérifie les deux identités
en distinguant deux cas : si , alors et , et les deux identités sont claires ; si , alors et , et elles le sont encore.
En particulier et .
Considérons . Cette suite est croissante, puisque . Elle est majorée :
la dernière inégalité venant de ce que les sommes partielles de la série convergente à termes positifs croissent vers , donc lui sont toutes inférieures. Par le théorème de la limite monotone, converge : la série converge. Le même raisonnement, mot pour mot, montre que converge.
Enfin , donc par linéarité (propriété de la partie 1) la série converge, de somme
Étape 2 : le cas . Soit une suite complexe telle que converge. Pour tout ,
Les sommes partielles de sont donc croissantes et majorées par : cette série converge, et l'étape 1 appliquée à la suite réelle montre que converge. De même pour . Le théorème de convergence coordonnée par coordonnée (partie 1, appliqué à la base de vu comme -espace vectoriel) donne alors la convergence de .
Étape 3 : le cas général. Soit de dimension finie , muni d'une base , et écrivons . Notons la norme associée à . Par équivalence des normes en dimension finie, il existe tel que . Fixons . Pour tout ,
Les sommes partielles de la série à termes positifs sont donc croissantes et majorées par , qui est un réel fixé : cette série converge. Autrement dit, la série scalaire est absolument convergente, donc convergente d'après l'étape 1 (si ) ou l'étape 2 (si ).
Ceci vaut pour les coordonnées. Le théorème de convergence coordonnée par coordonnée conclut : converge.
Trois remarques sur cette démonstration. D'abord, l'hypothèse de dimension finie est utilisée deux fois, et de façon essentielle : pour l'équivalence des normes, et pour disposer d'un nombre fini de coordonnées. Ensuite, le théorème de la limite monotone est le seul ingrédient d'analyse : c'est lui qui contient toute la « substance » du résultat. Enfin, on retiendra le schéma général, car il se reproduit à l'identique dans plusieurs démonstrations du chapitre : se ramener aux coordonnées, puis au cas réel positif.
Méthode
Montrer qu'une série à valeurs dans converge. Trois voies, à essayer dans cet ordre.
- La convergence absolue. Majorer par le terme général d'une série convergente à termes positifs, puis invoquer le théorème ci-dessus. C'est de loin la voie la plus rapide, et la seule utilisable quand on ne sait rien calculer. Elle a un bonus : elle fournit la majoration du reste .
- Les coordonnées. Fixer une base, écrire les séries scalaires, étudier chacune séparément. Voie à privilégier quand les coordonnées sont explicites et de natures visiblement différentes — c'est aussi la façon usuelle de prouver une divergence lorsque le terme général tend vers , en exhibant une coordonnée divergente.
- Les sommes partielles explicites. Si se calcule (série télescopique, série géométrique de matrices), revenir à la définition et passer à la limite. C'est la seule voie qui donne la valeur de la somme.
Le choix de la norme est libre (la nature n'en dépend pas) : prendre celle qui rend les majorations faciles, par exemple pour une série de matrices, parce qu'elle est sous-multiplicative.
Inégalité triangulaire pour les sommes
Propriété
Soit une série absolument convergente d'un espace normé de dimension finie. Alors
Démonstration. La série converge d'après le théorème précédent, donc le membre de gauche a un sens ; notons sa somme et ses sommes partielles. L'inégalité triangulaire, appliquée à une somme finie de termes, donne
la seconde majoration venant de la croissance des sommes partielles d'une série à termes positifs.
L'application est -lipschitzienne, donc continue : de on tire . En passant à la limite dans l'inégalité , dont le membre de droite est une constante, on obtient le résultat.
Appliquée aux restes, cette inégalité donne la majoration d'erreur la plus utilisée du chapitre :
La réciproque est fausse
Exemple
La série harmonique alternée. La série converge (c'est un cas d'application du théorème spécial des séries alternées, rappelé en partie 7 ; sa somme vaut , résultat de première année). Pourtant
est la série harmonique, qui diverge. La série harmonique alternée converge donc sans converger absolument.
Définition
Une série qui converge sans converger absolument est dite semi-convergente.
L'existence de telles séries est précisément ce qui rend l'étude des séries de signe quelconque délicate : la convergence absolue est une condition suffisante de convergence, jamais nécessaire. Toute la partie 7 est consacrée à ce que l'on peut faire quand elle échoue.
Séries de matrices et d'endomorphismes
L'espace est de dimension finie : tout ce qui précède s'y applique. Ce qui lui est propre, c'est l'existence d'une multiplication, et l'on souhaite disposer d'une norme compatible avec elle.
Définition
Une norme sur est dite sous-multiplicative lorsque
Propriété
L'application définie pour par
est une norme sous-multiplicative sur . En particulier, pour tout .
Démonstration. C'est une norme. L'application est la norme infinie sur identifié à ; en est le produit par la constante , donc est encore une norme. Détaillons tout de même : et impose pour tous , donc ; ; enfin pour tous , et en prenant le maximum à gauche puis en multipliant par on obtient .
Sous-multiplicativité. Posons , de coefficients . Pour tous , l'inégalité triangulaire donne
En remplaçant par et de même pour , il vient
Cette majoration valant pour tous , on peut prendre le maximum puis multiplier par :
Puissances. Une récurrence immédiate : , et si , alors .
C'est le facteur qui rend la norme sous-multiplicative : sans lui, l'inégalité serait fausse en général, comme le montre le cas de la matrice dont tous les coefficients valent .
Propriété
Série géométrique de matrices. Soit telle que . Alors la série converge absolument, la matrice est inversible, et
Démonstration. Convergence. Pour , , et . La série est géométrique de raison , donc converge. Par majoration des sommes partielles (croissantes, à termes positifs), la série converge : la série est absolument convergente. Comme est de dimension finie, elle converge. Notons et .
Identité algébrique. Pour tout , en développant et en télescopant,
et de même .
Passage à la limite. On a puisque , donc . Par ailleurs l'application est linéaire de dans lui-même, donc continue (toute application linéaire au départ d'un espace de dimension finie est continue, acquis du chapitre de topologie). De on tire donc . En passant à la limite dans l'égalité , on obtient
et symétriquement . Donc est inversible d'inverse .
Propriété
Exponentielle d'une matrice. Pour toute matrice , la série converge absolument. Sa somme est notée
Démonstration. Pour ,
et la série converge (série exponentielle du réel positif , de somme ). Les sommes partielles de sont donc croissantes et majorées : la série converge. La série est absolument convergente dans l'espace de dimension finie , donc convergente.
Propriété
Transposition aux endomorphismes. Soit un -espace vectoriel de dimension finie et une base de . L'application est un isomorphisme de sur qui transforme la composition en produit matriciel. Par transport, est une norme sous-multiplicative sur , et les deux énoncés précédents s'y transposent : si alors est inversible d'inverse , et pour tout la série converge, de somme notée .
Exemple
Un calcul complet en dimension . Posons
a. Exponentielle de . On écrit . Les matrices et commutent, donc la formule du binôme s'applique, et comme elle se réduit à deux termes :
Par conséquent, pour tout ,
Or , et pour on a , donc . Les deux suites de coefficients convergent, donc
b. Série géométrique pour . Ici : la série converge et sa somme est . Calculons-la de deux façons, pour vérifier.
Par la série. On a , donc d'après le calcul du a. Ainsi
où l'on a utilisé pour , résultat de première année.
Par l'inverse. , de déterminant , donc
Les deux calculs coïncident : .
Séries à termes positifs
Dans toute cette partie, les séries sont à termes réels positifs (au moins à partir d'un certain rang). Ce cadre est très restrictif en apparence, mais grâce au théorème de la partie 2 il gouverne tout le reste : étudier la convergence absolue d'une série quelconque, c'est étudier une série à termes positifs.
Le théorème fondamental
Propriété
Soit une suite réelle positive. Alors la série converge si et seulement si la suite de ses sommes partielles est majorée. Dans ce cas, , et en cas de divergence .
Démonstration. Comme , la suite est croissante. Le théorème de la limite monotone s'applique alors dans les deux sens.
Si est majorée, étant croissante elle converge vers sa borne supérieure : la série converge et sa somme vaut .
Si n'est pas majorée, étant croissante elle tend vers : elle ne converge pas, et la série diverge.
Ce théorème est l'unique moteur de toute la partie : chacun des critères qui suivent consiste à majorer les sommes partielles par autre chose. On notera au passage la commodité d'écriture qu'il autorise : pour une série à termes positifs, on peut écrire pour « la série converge » et pour « elle diverge », sans jamais manipuler d'objet mal défini.
Comparaison par inégalité
Propriété
Soient et deux suites réelles telles que
Alors :
- si converge, converge ;
- si diverge, diverge.
De plus, si les inégalités valent pour tout et si converge, alors .
Démonstration. Quitte à décaler l'indice de départ, ce qui ne change pas la nature des séries, on peut supposer .
1. Supposons convergente, de somme . Les deux séries sont à termes positifs à partir de , donc leurs sommes partielles sont croissantes. Pour tout ,
la dernière majoration parce que les sommes partielles croissantes de sont majorées par leur limite. Les sommes partielles de sont donc majorées, et le théorème fondamental donne la convergence. L'inégalité entre les sommes s'obtient en passant à la limite dans .
2. C'est la contraposée du point 1 : si convergeait, convergerait aussi.
Propriété
Comparaison par domination et par négligeabilité. Soient et deux suites réelles positives à partir d'un certain rang.
- Si et si converge, alors converge.
- Si et si converge, alors converge.
Plus généralement, si est à valeurs dans un espace normé de dimension finie, si avec et si converge, alors converge absolument, donc converge.
Démonstration. 1. Par définition de la domination, il existe et un rang tels que pour ; comme au-delà d'un certain rang, cela s'écrit . La série converge (produit par un scalaire), donc converge par comparaison par inégalité.
2. La relation entraîne : on applique le point 1. On peut aussi le voir directement : il existe tel que pour (prendre dans la définition du ).
Cas vectoriel. La majoration et le point 1 donnent la convergence de , c'est-à-dire la convergence absolue de ; le théorème de la partie 2 conclut.
Méthode
Rédiger une comparaison de séries à termes positifs. Quatre phrases, jamais moins.
- Annoncer le signe. « Pour , on a et . » Sans cette phrase, aucun des théorèmes de cette partie ne s'applique, et le correcteur ne peut pas savoir si vous le savez.
- Écrire la relation de comparaison et la prouver : la majoration se démontre (par croissances comparées, par une inégalité classique, par un développement limité), l'équivalent aussi.
- Nommer la série de référence et sa nature : « or converge, série de Riemann d'exposant ». Ne jamais écrire « série de Riemann convergente » sans donner l'exposant.
- Conclure dans le bon sens. Majorer sert à prouver la convergence, minorer sert à prouver la divergence. L'erreur symétrique (majorer par une série divergente, minorer par une série convergente) ne prouve strictement rien.
Un dernier réflexe utile : quand un équivalent exact est pénible à établir, une simple domination suffit souvent. Pour , inutile de chercher un équivalent : donne , et la série converge.
Comparaison par équivalence
Propriété
Soient et deux suites réelles telles que et telles que à partir d'un certain rang. Alors les séries et sont de même nature.
Démonstration. Par définition de l'équivalence, il existe une suite de limite nulle et un rang tels que pour . Comme , il existe un rang tel que pour , et l'on peut aussi supposer pour . Alors, pour ,
la multiplication par conservant les inégalités. En particulier pour : les deux séries sont à termes positifs.
Si converge, alors converge et la majoration donne la convergence de . Si diverge, alors diverge et la minoration donne la divergence de . Les deux séries ont donc même nature.
L'hypothèse de signe constant est essentielle. Sans elle, le théorème est faux, et c'est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre. En voici le contre-exemple à connaître par cœur.
Exemple
Deux suites équivalentes dont les séries n'ont pas la même nature. Pour , posons
Elles sont équivalentes. En effet
donc .
Leurs séries n'ont pas la même nature. La série converge par le théorème spécial des séries alternées (partie 7 : la suite est positive, décroissante, de limite nulle). En revanche est la somme d'une série convergente et de la série harmonique, divergente : elle diverge.
Aucune des deux suites n'est de signe constant, et la conclusion tombe. Retenez la consigne : avant d'écrire « par équivalence », vérifier et écrire que la suite de comparaison est positive à partir d'un certain rang.
Quatre natures obtenues par équivalence, avec à chaque fois la série de référence invoquée.
a. , termes positifs, Riemann : converge.
b. , termes positifs, harmonique : diverge.
c. , termes positifs pour : converge.
d. , termes positifs : converge.
Dans chacun de ces quatre cas, le mot « positifs » n'est pas décoratif : c'est l'hypothèse du théorème, et elle se cite dans la copie.
La règle de d'Alembert
Propriété
Règle de d'Alembert. Soit une suite réelle strictement positive à partir d'un certain rang, telle que
Alors :
- si , la série converge ;
- si (y compris ), la série diverge grossièrement ;
- si , on ne peut pas conclure : c'est le cas douteux.
Démonstration. Quitte à décaler l'indice de départ, supposons pour tout .
1. Cas . Choisissons un réel tel que (par exemple ). Comme et , il existe un rang tel que
Montrons par récurrence sur que . C'est vrai pour . Si c'est vrai au rang , alors, comme ,
Ainsi pour . La série géométrique converge puisque , donc converge par comparaison par inégalité.
2. Cas . Choisissons un réel tel que (si , n'importe quel convient). Il existe un rang tel que pour . La même récurrence donne
Comme et , le membre de droite tend vers , donc . En particulier ne tend pas vers : la série diverge grossièrement.
3. Cas . Il suffit d'exhiber deux séries de rapports tendant vers et de natures différentes. Pour , on a
pour tout . Or converge et diverge. La valeur ne contient donc aucune information.
Méthode
Quand utiliser la règle de d'Alembert, et quand s'en abstenir.
Utilisez-la quand le terme général est un produit ou un quotient faisant intervenir des factorielles, des puissances ou des : ce sont exactement les expressions dont le quotient se simplifie massivement. Le réflexe est d'écrire le quotient, de tout simplifier avant de chercher la limite, et de conclure.
N'y touchez pas quand le terme général est une fraction rationnelle en , ou plus généralement une expression en puissances de et logarithmes. Dans ce cas le rapport tend toujours vers et la règle ne dit rien : il faut passer par un équivalent et une série de Riemann.
Attention aux hypothèses. La règle exige à partir d'un certain rang, et l'existence de la limite du rapport. Si le rapport oscille (terme général en par exemple), la règle ne s'applique pas ; il faut alors majorer directement.
Exemple
Trois applications.
a. pour . Ces termes sont strictement positifs et
Comme , la série converge.
b. pour . On calcule
Comme , la série converge.
c. pour . Le rapport vaut : la série converge, ce qui redémontre la convergence absolue de la série exponentielle, pour tout complexe.
Comparaison série-intégrale
L'idée est élémentaire : une somme est une somme d'aires de rectangles de largeur , et si est monotone chacun de ces rectangles s'encadre entre deux morceaux de l'aire sous la courbe. Le passage du discret au continu rend calculable ce qui ne l'était pas.
Dans toute cette partie, on ne manipule que des intégrales sur un segment. Aucune intégrale généralisée n'intervient : les limites sont prises explicitement sur la suite des intégrales .
L'encadrement de base
Propriété
Soit et continue par morceaux, positive et décroissante. Alors, pour tout entier tel que ,
Démonstration. Les deux inégalités s'obtiennent par croissance de l'intégrale sur un segment, appliquée à des segments de longueur .
Inégalité de gauche. Pour tout , on a , donc par décroissance. En intégrant cette inégalité entre fonctions continues par morceaux sur le segment , dont la longueur vaut :
Inégalité de droite. Pour tout , on a , donc par décroissance. En intégrant sur le segment , licite puisque :
Propriété
Version sommée. Sous les mêmes hypothèses, soit un entier tel que . Pour tout entier ,
Démonstration. Minoration. En sommant l'inégalité de gauche pour allant de à , et par la relation de Chasles :
Majoration. On isole le terme , puis on somme l'inégalité de droite pour allant de à (chaque vérifie bien ) :
Nature de la série et suite des intégrales
Propriété
Soit continue par morceaux, positive et décroissante, et soit un entier avec . Posons
Alors la série converge si et seulement si la suite est majorée, c'est-à-dire si et seulement si elle converge.
Démonstration. La suite est croissante : puisque est positive. Par le théorème de la limite monotone, elle converge si et seulement si elle est majorée. De même, la série est à termes positifs, donc elle converge si et seulement si ses sommes partielles sont majorées.
Si est majorée par . La version sommée donne : les sommes partielles sont majorées, donc la série converge.
Si la série converge, de somme . La version sommée donne pour tout , donc est majorée par .
Le théorème du défaut
L'encadrement précédent donne la nature, mais il perd de l'information. Le résultat suivant est plus fin : il dit que l'écart entre la somme discrète et l'intégrale continue est, lui, toujours convergent. C'est de là que sortira la constante d'Euler.
Propriété
Soit continue par morceaux, positive et décroissante, et soit un entier tel que . Posons
Alors la série converge.
Démonstration. Signe et encadrement. L'inégalité de droite de l'encadrement de base s'écrit , donc . Montrons plus précisément l'encadrement
La majoration vient d'être obtenue. Pour la minoration, on utilise la décroissance sur : pour dans ce segment, , donc
d'où .
Conclusion. Posons , de sorte que : la suite est positive. La série est télescopique, de somme partielle
Or est décroissante et minorée par sur , donc la suite est décroissante et minorée : elle converge vers un réel . La somme partielle ci-dessus tend donc vers : la série converge.
Par comparaison de séries à termes positifs, converge, donc converge.
Application 1 : la nature des séries de Riemann
Propriété
Séries de Riemann. Soit . La série converge si et seulement si .
Démonstration. Cas . Alors avec , donc pour tout : le terme général ne tend pas vers et la série diverge grossièrement.
Cas . La fonction est continue, positive et décroissante sur (sa dérivée est strictement négative). On applique le critère précédent avec et l'on calcule l'intégrale sur le segment .
Si , une primitive de est , donc
Si , alors et , donc : la suite converge, donc est majorée, donc la série converge. Si , alors et , donc : la suite n'est pas majorée et la série diverge.
Si , une primitive est , donc : la série diverge, ce qui redonne la divergence de la série harmonique.
Au total, la série converge si et seulement si .
Cet énoncé, combiné aux équivalents, règle une immense proportion des questions de nature.
a. converge ().
b. converge.
c. converge ().
d. diverge.
La frontière est en , et elle est du côté de la divergence : le cas diverge.
Application 2 : la constante d'Euler
Propriété
Il existe un réel , appelé constante d'Euler, tel que
Numériquement, . En particulier .
Démonstration. Appliquons le théorème du défaut à , continue, positive et décroissante sur , avec (de sorte que ). On pose donc, pour ,
Le théorème du défaut assure que la série converge ; notons sa somme.
Calculons sa somme partielle. Par Chasles, la partie intégrale est télescopique :
Cette somme partielle converge vers , donc
Posons . Alors , ce qui s'écrit exactement .
Enfin, puisque , donc .
Ce développement asymptotique est à connaître par cœur et à savoir redémontrer : il intervient dans des dizaines d'exercices, à chaque fois qu'une somme partielle fait apparaître des .
Exemple
Somme partielle de la série harmonique alternée. Pour , notons . En séparant les indices pairs des indices impairs, puis en reconstituant des :
En effet, retrancher deux fois les termes d'indice pair transforme les en sur ces indices. Avec le développement précédent,
On retrouve ainsi la valeur de la somme de la série harmonique alternée, annoncée en partie 2.
Application 3 : restes et sommes partielles des séries de Riemann
Propriété
Équivalent du reste, cas convergent. Soit . Le reste de la série de Riemann vérifie
Démonstration. La fonction est continue, positive, décroissante sur . Fixons et sommons l'encadrement de base pour allant de à , où :
les deux membres extrêmes s'obtenant par Chasles à partir de et .
Calculons ces intégrales de segment. Comme ,
et de même . Par ailleurs quand , puisque la série converge. En passant à la limite quand dans l'encadrement (les inégalités larges se conservent), on obtient
Divisons par la quantité strictement positive :
Le membre de gauche vaut . Par encadrement, , ce qui est exactement l'équivalent annoncé.
Propriété
Équivalent de la somme partielle, cas divergent. Soit . Alors
Pour , on a .
Démonstration. Avec , continue positive décroissante sur , la version sommée avec donne directement
c'est-à-dire, puisque ,
Divisons par , qui est strictement positif puisque :
Comme , on a , donc ; et . Les deux membres extrêmes tendent donc vers , et par encadrement , soit .
Le cas a été traité à l'application 2.
Quatre spécialisations à savoir retrouver instantanément, en substituant la valeur de dans les deux formules précédentes.
a. .
b. .
c. .
d. .
Pour c., l'exposant donne ; pour d., l'exposant donne .
Méthode
Méthode
Mener une comparaison série-intégrale en pratique. Cinq temps, toujours les mêmes.
- Identifier la fonction. Écrire en posant explicitement , l'expression du terme général où est remplacé par la variable réelle .
- Vérifier les trois hypothèses et le domaine. continue (ou continue par morceaux), positive, décroissante — et sur quel intervalle. C'est ici que la plupart des copies perdent des points : la décroissance se démontre, en général par le signe de .
- Choisir le rang de départ. Si n'est décroissante qu'à partir d'une valeur , on ne travaille que sur avec entier et . C'est sans conséquence : la nature d'une série ne dépend pas de ses premiers termes, et les termes retirés forment une somme finie qui n'affecte ni la nature ni les équivalents de sommes partielles tendant vers l'infini.
- Écrire l'encadrement, puis le sommer. Toujours dans cet ordre : d'abord , puis la somme sur et Chasles.
- Calculer les intégrales de segment, puis passer à la limite. Ne jamais écrire d'intégrale entre et : on calcule , puis on étudie la suite obtenue.
Exemple
Un cas où la monotonie n'est acquise qu'à partir d'un rang. Étudions .
Posons sur : est continue, et positive sur cet intervalle. Sa dérivée vaut
qui est strictement négative dès que , c'est-à-dire . La fonction n'est donc décroissante que sur , et comme , on choisit le rang de départ entier .
La version sommée donne, pour ,
Les sommes partielles d'une série à termes positifs ne sont donc pas majorées : la série diverge. On aurait pu conclure plus vite par minoration ( pour ), mais l'encadrement donne en prime l'équivalent , que la minoration ne donnait pas.
Sommation des relations de comparaison
Les relations , et décrivent le comportement du terme général. Les théorèmes de cette partie disent quand on a le droit de les « sommer », c'est-à-dire de les transporter aux restes ou aux sommes partielles. Ce sont les outils qui produisent les développements asymptotiques de sommes, et ils sont au cœur des problèmes de concours.
Le cadre : une hypothèse de signe, toujours
Dans toute cette partie, est une suite d'éléments de (ou d'un espace normé de dimension finie, quitte à remplacer par ), et est une suite de réels positifs à partir d'un certain rang. Cette hypothèse de signe sur la suite de comparaison n'est pas une commodité technique : sans elle, tous les énoncés qui suivent sont faux, et l'on donnera un contre-exemple explicite.
Cas convergent : on somme les restes
Propriété
Soit une suite positive telle que converge. Notons, pour une série convergente, .
- Si , alors converge absolument et .
- Si , alors converge absolument et .
- Si , alors à partir d'un certain rang, converge, et .
Démonstration. Quitte à décaler l'indice de départ, supposons pour tout . On écarte le cas dégénéré où pour tout à partir d'un rang, cas dans lequel tous les restes considérés sont nuls et les énoncés sont vides de contenu ; en dehors de ce cas, pour tout .
1. Le cas . Soit . Par définition de , il existe un rang tel que
Retenons cette majoration : c'est elle qui va servir deux fois.
Convergence absolue. Prenons d'abord : il existe tel que pour . Comme converge et que les deux suites sont positives, la comparaison par inégalité donne la convergence de . La série est donc absolument convergente, donc convergente (partie 2), et son reste est bien défini.
Majoration du reste. Revenons au initial et au rang de . Pour , tous les indices intervenant dans le reste vérifient , donc s'applique à chacun. L'inégalité triangulaire pour les sommes de séries (partie 2) donne alors
la comparaison terme à terme entre séries convergentes à termes positifs étant licite. Ainsi : pour tout , il existe tel que pour . C'est exactement la définition de .
2. Le cas . Il existe et un rang tels que pour . La convergence absolue s'obtient comme ci-dessus par comparaison avec . Puis, pour , le même calcul donne
c'est-à-dire .
3. Le cas . Écrivons avec . Pour assez grand, , donc : la suite est positive à partir d'un certain rang. Le théorème d'équivalence pour les séries à termes positifs (partie 3) donne la convergence de .
Posons . La relation signifie précisément . Le point 1 s'applique à la suite : la série converge et
l'égalité du milieu venant de la linéarité de la somme d'une série. En divisant par :
c'est-à-dire .
Exemple
Un reste obtenu sans calcul. Étudions .
Posons et . Alors , la série converge, et puisque . Le point 3 donne
le dernier équivalent étant celui de la partie 4 avec . On a obtenu l'ordre de grandeur d'un reste que l'on ne sait pas calculer, en deux lignes.
Cas divergent : on somme les sommes partielles
Propriété
Soit une suite positive telle que diverge. Notons et .
- Si , alors .
- Si , alors .
- Si , alors diverge et .
On notera qu'ici, contrairement au cas convergent, on ne suppose rien sur la nature de : les sommes partielles existent toujours.
Démonstration. Quitte à décaler l'indice de départ, supposons pour tout : cela ne change ni la nature des séries, ni les relations de comparaison, ni les équivalents des sommes partielles, puisqu'un nombre fini de termes ne modifie une somme partielle que d'une constante. Comme diverge, la suite est alors croissante et non majorée : . En particulier pour assez grand.
1. Le cas . Soit . Il existe un rang tel que
Ce rang étant désormais fixé, posons
qui est une constante indépendante de . Pour tout , découpons la somme partielle en le paquet des indices et le paquet des indices :
la dernière majoration parce que , les termes retranchés étant positifs.
C'est ici qu'intervient l'ingrédient décisif : le terme de tête est fixé, tandis que tend vers . Il existe donc un rang tel que
Pour , on obtient alors
Ceci vaut pour tout , donc .
2. Le cas . Il existe et tels que pour . Le même découpage donne, pour ,
Comme , il existe tel que pour , donc et
c'est-à-dire .
3. Le cas . Comme au point 3 du cas convergent, à partir d'un certain rang, et le théorème d'équivalence pour les séries à termes positifs montre que diverge. Posons . Le point 1 appliqué à donne
En divisant par , strictement positif pour grand, il vient , soit .
L'hypothèse de signe est indispensable
Exemple
Contre-exemple, cas convergent. Reprenons les suites de la partie 3 :
On a et la série converge, mais n'est pas de signe constant. La conclusion du théorème tombe de la façon la plus brutale possible : la série diverge, donc son reste n'existe même pas et il ne peut être équivalent à quoi que ce soit.
Exemple
Contre-exemple, cas divergent. Pour , posons
La série diverge et ses sommes partielles tendent vers . En effet
où la première somme vaut ou selon la parité de , et la seconde vaut . Donc .
On a bien . Pour , , donc
Et pourtant la conclusion est fausse. La somme partielle de vaut (partie 4). Or
par croissances comparées. Loin d'être négligeable devant , la somme est infiniment plus grande. La suite n'est pas de signe constant, et tout s'effondre.
La leçon est simple et sans exception : on ne somme des relations de comparaison que par rapport à une suite positive. Dans une copie, cette hypothèse se cite explicitement au moment où on l'utilise.
Méthode
Méthode
Obtenir un développement asymptotique d'une somme partielle ou d'un reste. Trois étapes, dans cet ordre.
- Développer le terme général à l'ordre voulu, en isolant les morceaux dont on connaît la somme. Typiquement où se somme exactement (télescopique, géométrique, harmonique via ), où est un terme correctif, et où est positif.
- Sommer chaque morceau séparément, en choisissant le bon théorème pour chacun : somme exacte pour les termes connus, et pour le , le théorème du cas convergent (on somme les restes) si converge, celui du cas divergent (on somme les sommes partielles) si diverge. Vérifier à voix haute que la suite de comparaison est positive.
- Recoller les morceaux et vérifier la cohérence des ordres de grandeur : le terme d'erreur final doit être négligeable devant le dernier terme conservé, sans quoi le développement n'a pas de sens.
Le piège classique de l'étape 2 est de vouloir sommer les restes d'une série divergente, ou les sommes partielles d'une série convergente. Regardez d'abord la nature de , elle décide seule du théorème à employer.
Deux exemples traités
Exemple
Équivalent de . Montrons que cette somme partielle est équivalente à .
Choix de la suite de comparaison. Posons, pour ,
La fonction est continue, strictement positive et décroissante sur (produit de deux fonctions positives croissantes au dénominateur). En particulier pour .
Les deux suites sont équivalentes. L'encadrement de base de la partie 4, appliqué à pour (de sorte que ), donne
En divisant par :
car et . Par encadrement, , donc .
La série de comparaison diverge. Par Chasles, la somme partielle de est télescopique en intégrale :
puisqu'une primitive de sur est . Donc diverge, et ses termes sont positifs.
Conclusion par sommation des équivalents. Le théorème du cas divergent, point 3, s'applique :
le dernier équivalent parce que et que l'on retranche une constante. Enfin, ajouter le terme d'indice , qui est une constante, ne change pas l'équivalent d'une quantité tendant vers l'infini :
Au passage, on a redémontré que la série diverge, très lentement : comme avec , il faut de l'ordre de pour que la somme atteigne seulement .
Exemple
Un développement asymptotique en trois étapes. Cherchons un équivalent de .
Étape 1 : développer le terme général. Le développement limité en , appliqué à , donne
Étape 2 : identifier la nature. La suite de comparaison est positive et sa série converge (Riemann, ). On est donc dans le cas convergent : c'est la série elle-même qui converge, et tend vers une limite finie .
Étape 3 : conclure sur le reste. Ce n'est donc pas qu'il faut estimer, mais son reste. Le théorème du cas convergent, point 3, donne
On lit là un enseignement de méthode : l'étape 2 a changé la question. Chercher un équivalent d'une somme partielle qui converge n'a aucun sens ; c'est la vitesse de convergence, donc le reste, qui porte l'information.
Le théorème de Cesàro
Énoncé et démonstration
Propriété
Théorème de Cesàro. Soit une suite d'éléments d'un espace vectoriel normé de dimension finie (en particulier ou ), convergeant vers . Alors la suite des moyennes de Cesàro
converge également vers .
Démonstration. Comme , on peut écrire
et il s'agit de montrer que .
Soit . Comme , il existe un rang tel que
Ce rang étant fixé, posons
constante indépendante de (somme finie). Pour , découpons la somme en deux paquets et appliquons l'inégalité triangulaire :
Comme , le second terme est majoré par , d'où
Le premier paquet contient un nombre fixé de termes, divisé par : il tend vers . Précisément, il existe un rang tel que pour (prendre ). Alors
Ceci vaut pour tout , donc .
Le mécanisme est exactement celui de la sommation des relations de comparaison en cas divergent : on isole un paquet de tête de taille fixe, on le rend négligeable en divisant par , et l'on contrôle le reste par la convergence. C'est un schéma de démonstration à posséder.
La réciproque est fausse
Exemple
Prenons pour . La somme vaut si est impair et si est pair ; dans les deux cas elle est bornée par en valeur absolue, donc
Les moyennes de Cesàro convergent vers , alors que la suite diverge. La moyenne lisse les oscillations : elle peut converger sans que la suite le fasse.
Corollaire 1 : des accroissements à la suite
Propriété
Soit une suite d'éléments de (de dimension finie) telle que . Alors
En particulier, si et si , alors .
Démonstration. Posons pour . Par hypothèse, . Le théorème de Cesàro appliqué à la suite donne
Or la somme est télescopique : . Donc
Comme est un vecteur fixé, , et par somme .
Si de plus et les termes sont réels, alors , ce qui s'écrit .
Corollaire 2 : la version multiplicative
Propriété
Soit une suite de réels strictement positifs telle que
Alors .
Démonstration. Comme les sont strictement positifs, on peut poser . Alors
Par hypothèse avec , et la fonction est continue en (qui appartient bien à ), donc
Le corollaire 1 donne alors , c'est-à-dire . Enfin,
par continuité de l'exponentielle.
Exemple
Un équivalent classique de . Posons , strictement positif pour . Le calcul fait à la partie 3 donne
puisque . Comme , le corollaire 2 s'applique :
On obtient ainsi, sans la formule de Stirling, l'ordre de grandeur de .
Méthode : reconnaître une situation de Cesàro
Méthode
Suites récurrentes du type tendant vers . Quand l'énoncé demande un équivalent de et que la convergence vers est établie, le schéma est presque toujours le suivant.
- Chercher le bon exposant. On teste (ou , selon la forme de ) et l'on calcule à l'aide d'un développement limité de en . L'exposant est celui qui fait apparaître une limite finie non nulle pour .
- Appliquer le corollaire 1 : donne , donc .
- Revenir à en inversant la substitution.
Ce schéma s'appelle parfois « théorème de Cesàro appliqué aux accroissements » ; c'est l'unique outil du programme pour obtenir la vitesse de convergence d'une suite récurrente.
Exemple
La suite . Soit et .
Convergence vers . Pour , on a , donc par récurrence pour tout . De plus pour , donc la suite est strictement décroissante et minorée par : elle converge vers un réel . Par continuité de , , ce qui impose .
Recherche de l'exposant. Le développement limité donne, en posant ,
puis, en passant à l'inverse et en utilisant avec ,
Donc, avec (bien défini puisque ),
Conclusion. Le corollaire 1 donne , soit , c'est-à-dire . Comme ,
Séries de signe quelconque
Quand la convergence absolue échoue, il reste peu d'outils au programme de MP, mais ils suffisent aux situations classiques. Cette partie rappelle le principal, acquis en première année, et démonte le piège qui coûte le plus de points aux concours.
Le théorème spécial des séries alternées
Propriété
Théorème spécial des séries alternées (TSSA), acquis de MPSI/MP2I. Soit une suite réelle telle que :
- pour tout ;
- est décroissante ;
- .
Alors la série converge. De plus, en notant sa somme, ses sommes partielles et ses restes :
- est du signe de son premier terme ;
- ;
- est du signe de et .
Démonstration. Quitte à décaler, prenons et posons . Étudions les deux suites extraites et .
est décroissante. En effet
par décroissance de .
est croissante. De même,
Leur différence tend vers . On a par l'hypothèse 3.
Les suites et sont donc adjacentes : elles convergent vers une même limite , et l'on a pour tout
Comme les suites extraites d'indices pairs et impairs convergent vers la même limite, la suite converge vers : la série converge.
Signe et majoration du reste. Pour les indices pairs, d'après l'encadrement, et
Donc : le reste est négatif, comme son premier terme , et .
Pour les indices impairs, , et
Donc : le reste est positif, comme son premier terme , et .
Dans les deux cas, est du signe de et .
Encadrement de la somme. En appliquant ce qui précède au « reste d'ordre », c'est-à-dire à elle-même, on obtient que est du signe de et que .
Exemple
Trois séries alternées.
a. : la suite est positive, décroissante, de limite nulle. La série converge, et l'erreur commise en s'arrêtant au rang est majorée par .
b. : mêmes vérifications, la série converge. Elle ne converge pas absolument (), elle est donc semi-convergente.
c. : la suite est positive, décroissante et de limite nulle. La série converge, très lentement.
Méthode
Rédiger une application du TSSA. Trois vérifications, chacune écrite, aucune sous-entendue.
- Mettre la série sous la forme , en identifiant explicitement , qui doit être positif.
- Démontrer la décroissance de : par le signe de , par le quotient , ou par la décroissance d'une fonction associée (étude de ). Ne jamais écrire « évidemment décroissante ».
- Établir .
Attention : si la décroissance n'est acquise qu'à partir d'un rang , on applique le théorème à la série , ce qui suffit pour la nature.
Le piège des équivalents, développé
Le TSSA a une contrepartie dangereuse : il donne l'impression qu'une série « alternée » converge toujours, et il incite à remplacer le terme général par un équivalent avant de l'appliquer. C'est faux, et voici l'exemple à retenir.
Exemple
Une série équivalente à une série convergente, et pourtant divergente. Pour , posons
Un équivalent tentant. Comme , on a
et la série converge par le TSSA. Beaucoup de copies concluent ici que converge. C'est faux, parce que la suite de comparaison n'est pas de signe constant.
Le calcul correct : un développement asymptotique. Écrivons, avec et :
en utilisant . En développant, et puisque :
Conclusion. Le premier morceau donne une série convergente (TSSA). Le troisième morceau est dominé par , dont la série de Riemann converge () : sa série converge absolument. Mais le deuxième morceau est , dont la série diverge. Somme d'une convergente et d'une divergente : la série diverge.
Retenez la morale : devant une série de signe non constant, un équivalent ne prouve rien. Il faut développer, et le terme « suivant » — ici — est précisément celui qui décide.
Que faire devant une série de signe non constant
Méthode
Stratégie en trois temps.
- Essayer la convergence absolue. Étudier avec tous les outils des parties 3 et 4. Si elle converge, c'est terminé : la série converge (partie 2), et l'on dispose en prime de la majoration . Ce premier réflexe règle la majorité des cas, par exemple pour , puisque .
- Si la convergence absolue échoue, développer. Écrire un développement asymptotique du terme général en séparant une partie alternée (dont la série converge par le TSSA) et des parties de signe constant (dont on étudie la série par comparaison). La nature de se lit alors sur la somme des morceaux, en se rappelant que convergente divergente divergente. Pousser le développement jusqu'à obtenir un reste dont la série converge absolument.
- Si le terme général est directement de la forme avec positive décroissante de limite nulle, appliquer le TSSA — mais après avoir vérifié les trois hypothèses, en particulier la décroissance, qui est très souvent en défaut quand contient un logarithme ou une racine mêlés.
Le seul cas où l'étape 2 échoue est celui où le développement fait apparaître une partie alternée dont la suite associée n'est pas monotone. Ce cas est hors des attendus du programme.
Une remarque honnête
Propriété
Le programme de MP ne fait pas de l'étude systématique des séries semi-convergentes un objectif, et les outils spécialisés qui permettraient d'aller plus loin sont hors programme. Concrètement, une série de signe quelconque rencontrée en exercice se traite toujours par l'une des trois voies de la méthode ci-dessus, et les énoncés de concours sont construits pour cela.
Il est utile de le savoir : devant une série de signe non constant qui ne cède ni à la convergence absolue, ni à un développement, ni au TSSA, il faut soupçonner une erreur de calcul plutôt qu'un outil manquant.
Plan d'attaque : déterminer la nature d'une série
Méthode
L'arbre de décision. Face à une série inconnue, les questions se posent toujours dans cet ordre. Passer à la suivante seulement si la précédente n'a pas conclu.
1. Le terme général tend-il vers ? Trois secondes de calcul. Si ne tend pas vers , la série diverge grossièrement et tout est fini. C'est la seule étape qui permette de conclure à la divergence sans rien connaître de la série.
2. Le terme général est-il de signe constant à partir d'un certain rang ? Cette question commande tout le reste, car les théorèmes de comparaison et de sommation l'exigent. Si le signe n'est pas constant, aller directement au point 7.
3. Reconnaît-on une série de référence, ou une somme télescopique ? Géométrique, Riemann, exponentielle : conclusion immédiate. Terme général de la forme : écrire la somme partielle, simplifier, passer à la limite — et l'on obtient en prime la valeur de la somme.
4. Un équivalent simple s'impose-t-il ? C'est le cas le plus fréquent. Chercher un équivalent de de la forme à l'aide des développements limités usuels, puis conclure par les séries de Riemann. Écrire explicitement que la suite de comparaison est positive. En cas d'échec, essayer une simple domination ou une négligeabilité, souvent plus rapide qu'un équivalent exact.
5. Y a-t-il des factorielles ou des puissances ? Alors la règle de d'Alembert : calculer , simplifier complètement, chercher la limite. Rappel : inutile sur une fraction rationnelle, où le rapport tend toujours vers .
6. Le terme général s'écrit-il avec positive décroissante ? Comparaison série-intégrale : encadrer par deux intégrales de segment, sommer, calculer, passer à la limite. C'est la voie obligée pour les séries de Bertrand et pour tout terme général contenant des logarithmes au dénominateur.
7. Signe non constant : convergence absolue, puis développement, puis TSSA. Tester d'abord . En cas d'échec, développer asymptotiquement en séparant partie alternée et partie de signe constant, en poussant jusqu'à un reste absolument convergent. En dernier recours, si la forme apparaît directement, vérifier les trois hypothèses du TSSA.
Et si la question porte sur un ordre de grandeur plutôt que sur la nature : série convergente, on cherche un équivalent du reste (sommation des relations de comparaison, cas convergent, ou comparaison série-intégrale) ; série divergente, on cherche un équivalent de la somme partielle (cas divergent).
Les séries de référence
| Série | Nature |
|---|---|
| , | converge $\iff |
| (Riemann) | converge |
| converge pour tout , somme | |
| (Bertrand) | converge , ou et |
Les séries de Bertrand ne sont pas au programme comme résultat de cours : elles doivent être redémontrées à chaque usage. Pour , on compare à une série de Riemann d'exposant intermédiaire (par exemple avec si ) ; pour , on procède par comparaison série-intégrale avec , dont une primitive est si et sinon.
Les résultats asymptotiques à connaître par cœur
| Situation | Résultat |
|---|---|
| Série harmonique | , donc |
| Reste de Riemann, | |
| Somme partielle, | |
| Factorielle |
Les erreurs classiques
- Conclure à la convergence parce que le terme général tend vers . La condition est nécessaire, jamais suffisante : la série harmonique est là pour le rappeler. La réciproque n'existe pas.
- Utiliser un équivalent sans hypothèse de signe. C'est l'erreur la plus lourdement sanctionnée du chapitre. et sont équivalentes et leurs séries n'ont pas la même nature. Avant tout usage d'un équivalent : écrire « la suite est positive à partir du rang … ».
- Manipuler avant d'avoir prouvé la convergence. Une somme infinie n'existe pas tant que la convergence n'est pas établie ; les calculs faits sur un objet inexistant ne valent rien, même s'ils « donnent le bon résultat ».
- Appliquer d'Alembert à une fraction rationnelle. Le rapport tend vers , la règle est muette, et le temps est perdu. Réflexe : fractions rationnelles et logarithmes relèvent des équivalents et de Riemann ; factorielles et exponentielles relèvent de d'Alembert.
- Oublier de vérifier la décroissance dans le TSSA ou dans une comparaison série-intégrale. C'est l'hypothèse la plus souvent fausse, et la seule qui demande une vraie démonstration (signe de la dérivée, ou signe de ).
- Confondre les deux versants de la sommation des relations de comparaison. Série de comparaison convergente : on somme les restes. Série de comparaison divergente : on somme les sommes partielles. Chercher un équivalent de la somme partielle d'une série convergente n'a aucun sens, puisqu'elle tend vers une constante.
- Croire que change quelque chose en dimension finie. Nature de la série, convergence absolue, valeur de la somme : rien ne dépend de la norme choisie. En revanche, choisir la bonne norme (par exemple pour les matrices, parce qu'elle est sous-multiplicative) peut rendre un calcul trivial.
Bloqué sur « Séries numériques et vectorielles » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.