ECG appliquées · Chapitre 09 · Second semestre

Étude élémentaire des séries

1re année

Séries numériques à termes réels, convergence, séries géométriques, séries exponentielles, séries de Riemann.

Ce qu'il faut savoir faire

  • Séries numériques à termes réels
  • Convergence
  • Séries géométriques
  • Séries exponentielles
  • Séries de Riemann

Additionner deux nombres, ou trois, ou mille, ne pose aucune difficulté de principe. Mais que signifie additionner une infinité de nombres ? L'écriture

1+12+14+18+116+

n'a, telle quelle, aucun sens : aucune addition ne comporte une infinité d'étapes. Ce chapitre donne un sens précis à ce genre d'écriture, et il le donne de la seule manière rigoureuse possible : on additionne les termes un par un, ce qui produit une suite de résultats intermédiaires, puis on regarde si cette suite converge.

Voilà toute l'idée du chapitre, et il faut la retenir dès maintenant : une série n'est pas un objet nouveau, c'est une suite, celle de ses sommes partielles. Tout ce que vous savez sur les suites (limite, monotonie, théorème de la limite monotone, croissances comparées, suites extraites) s'applique donc immédiatement, sans rien avoir à réapprendre. Le premier réflexe, devant une série qui résiste, sera toujours de revenir à la suite (Sn).

Le programme est explicite sur le niveau attendu : « aucune technicité n'est exigible en première année ». Les techniques de comparaison entre séries à termes positifs seront vues en deuxième année. Ce que l'on demande ici, c'est de savoir reconnaître quatre ou cinq séries de référence, de savoir télescoper, et de rédiger proprement.

Une raison très concrète, enfin, de soigner ce chapitre : le chapitre suivant, consacré aux variables aléatoires discrètes, ne peut pas commencer sans lui. Une grandeur aléatoire qui prend une infinité de valeurs conduit à des sommes infinies, et il faut d'abord savoir quand une telle somme a un sens. Les deux applications économiques de la fin du chapitre, la valeur d'une rente perpétuelle et le multiplicateur keynésien, montrent que les séries ne servent pas qu'aux probabilités.

Notations fixées pour tout le chapitre. La lettre n désigne un entier naturel, (un) une suite réelle, q et x des réels. L'indice de départ, souvent 0 ou 1, est noté n0 et sera toujours précisé. Le symbole marque la fin d'une démonstration.

Séries et sommes partielles

Définition d'une série

Définition

Soit (un)nn0 une suite réelle. Pour tout entier nn0, on appelle somme partielle d'ordre n le nombre réel

Sn=k=n0nuk=un0+un0+1++un

La série de terme général un est la suite (Sn)nn0 de ces sommes partielles. On la note un, ou nn0un lorsqu'on veut rappeler l'indice de départ.

Insistons sur ce point, car c'est la clé de tout le chapitre : la série un est la suite (Sn). Ce n'est pas une notation pour un nombre mystérieux, c'est une suite parfaitement ordinaire, dont le terme d'indice n se calcule par une somme finie de nn0+1 termes. Étudier une série, c'est étudier cette suite.

Remarque

La somme partielle est une somme finie : toutes les règles de calcul des sommes finies (linéarité, changement d'indice, télescopage, relation de Chasles sur les indices) s'y appliquent sans précaution particulière. C'est précisément ce qui rend les séries accessibles : on ne manipule jamais l'infini directement, on manipule des sommes finies, et l'infini n'intervient qu'à la toute fin, par un passage à la limite.

Convergence, divergence, somme

Définition

Soit nn0un une série de sommes partielles (Sn).

La série converge si la suite (Sn) admet une limite finie S. Ce réel S s'appelle alors la somme de la série, et l'on note

S=n=n0+un

La série diverge dans tous les autres cas, c'est-à-dire si (Sn) tend vers +, vers , ou n'a pas de limite.

Déterminer la nature d'une série, c'est dire si elle converge ou si elle diverge.

Trois écritures voisines désignent trois objets différents, et les confondre est la faute la plus fréquente du chapitre.

Écriture Ce que c'est
un un nombre réel, le terme d'indice n
un une série, c'est-à-dire la suite (Sn)
n=n0+un un nombre réel, qui n'existe que si la série converge

Méthode

Avertissement de rédaction, à lire deux fois. L'écriture n=n0+un désigne un nombre réel. Elle n'a de sens qu'après avoir établi la convergence de la série. On ne peut donc jamais commencer une solution par « posons S=n=0+un » avant d'avoir prouvé que ce nombre existe.

L'ordre est toujours le même, sans exception :

1. on démontre que la série converge ; 2. on nomme sa somme et on la calcule.

Une copie qui manipule une somme infinie non justifiée perd les points de la question entière, même si le résultat numérique final est juste.

Méthode

Étudier une série à partir de la définition. Quand aucune série de référence n'est reconnaissable, on revient toujours à la même démarche en quatre temps.

1. Écrire la somme partielle Sn=k=n0nuk, en prenant garde à l'indice de départ et en utilisant une lettre d'indice muette (k) différente de la borne (n).

2. Calculer Sn sous forme close, c'est-à-dire sous forme d'une expression de n sans symbole de somme. C'est l'étape difficile, et il n'y a que deux techniques au programme de première année : la somme géométrique, et le télescopage.

3. Chercher la limite de Sn quand n tend vers +, avec les outils du chapitre sur les suites.

4. Conclure en une phrase qui nomme la nature de la série, puis donner la somme si elle converge.

Exemple

Deux exemples fondateurs, traités entièrement.

a. La série n0(12)n. Sa somme partielle d'ordre n est une somme géométrique de raison 12, que l'on sait calculer depuis le chapitre sur les suites :

Sn  =  k=0n(12)k=1(12)n+1112=2(1(12)n+1)=2(12)n

Comme 12<1, on sait que (12)n0, donc Sn2. La suite (Sn) converge vers 2 : la série converge, et

n=0+(12)n=2

L'écriture informelle 1+12+14+=2 de l'introduction a maintenant un sens précis, et ce résultat est démontré.

b. La série n11n(n+1). Ici la somme partielle ne ressemble à rien de connu, mais le terme général se décompose. Cherchons deux réels a et b tels que, pour tout n1,

1n(n+1)=an+bn+1

En réduisant le membre de droite au dénominateur commun n(n+1), il vient a(n+1)+bnn(n+1)=(a+b)n+an(n+1). Deux fractions de même dénominateur sont égales pour tout n si, et seulement si leurs numérateurs coïncident en tant que polynômes en n, ce qui donne le système

a+b=0eta=1

d'où a=1 et b=1. Ainsi 1n(n+1)=1n1n+1, et la somme partielle se télescope :

Sn  =  k=1n1k(k+1)=k=1n(1k1k+1)=(1112)+(1213)++(1n1n+1)=11n+1

Tous les termes intermédiaires se détruisent deux à deux, il ne reste que le premier et le dernier. Comme 1n+10, on obtient Sn1, donc la série converge et

n=1+1n(n+1)=1

La figure ci-dessous représente les sommes partielles de la série (12)n. Chaque point est une somme partielle Sn ; on voit la suite grimper puis se stabiliser sous la valeur limite S=2, sans jamais l'atteindre.

Sommes partielles d'une série convergente

Le reste d'une série convergente

Quand une série converge, la différence entre la somme exacte et une somme partielle mesure l'erreur que l'on commet en s'arrêtant au rang n. Cette quantité porte un nom.

Définition

Soit nn0un une série convergente de somme S. Pour tout nn0, le reste d'ordre n est le réel

Rn=SSn

Propriété

Soit nn0un une série convergente de somme S et de restes (Rn). Alors, pour tout nn0, la série kn+1uk converge et

Rn=k=n+1+uketlimn+Rn=0

Démonstration. Fixons nn0 et notons, pour m>n, Tm=k=n+1muk la somme partielle de la série qui démarre au rang n+1. La relation de Chasles sur les indices d'une somme finie donne Sm=Sn+Tm, c'est-à-dire

Tm=SmSn

Quand m tend vers +, le réel Sn est une constante et SmS, donc TmSSn. La suite (Tm) converge : la série kn+1uk converge, et sa somme vaut SSn=Rn.

Reste à voir que Rn0. C'est immédiat : Rn=SSn, où S est une constante et SnS, donc RnSS=0.

Remarque

Cette propriété est le fondement de tout calcul approché de somme. Elle dit que la somme partielle Sn est une valeur approchée de S, dont l'erreur exacte est Rn, et que cette erreur devient aussi petite que l'on veut. Encore faut-il savoir majorer Rn pour garantir une précision donnée : nous le ferons pour les séries géométriques, où le reste se calcule exactement.

L'indice de départ

Propriété

Modifier l'indice de départ d'une série ne change pas sa nature. Précisément, si n1n0, les séries nn0un et nn1un sont de même nature. En cas de convergence, les sommes sont reliées par

n=n0+un=n=n0n11un  +  n=n1+un

Démonstration. Notons Sn et Tn les sommes partielles respectives, pour nn1. La relation de Chasles donne Sn=C+Tn avec C=k=n0n11uk, un réel constant qui ne dépend pas de n. Deux suites qui diffèrent d'une constante sont de même nature, et en cas de convergence leurs limites diffèrent de cette même constante.

Remarque

Retenez la distinction, elle est constamment source d'erreurs aux concours : changer l'indice de départ ne change pas la nature, mais change la somme. Écrire n1qn=11q est une faute ; la bonne valeur est q1q.

Premières propriétés

Combinaison linéaire de séries convergentes

Propriété

Soient nn0un et nn0vn deux séries convergentes, de sommes respectives S et T, et soient λ et μ deux réels. Alors la série nn0(λun+μvn) converge et

n=n0+(λun+μvn)=λn=n0+un  +  μn=n0+vn=λS+μT

Démonstration. Notons Sn, Tn et Wn les sommes partielles d'ordre n des trois séries. La linéarité de la somme finie donne, pour tout nn0,

Wn=k=n0n(λuk+μvk)=λk=n0nuk+μk=n0nvk=λSn+μTn

Par hypothèse SnS et TnT. Les théorèmes d'opérations sur les limites de suites donnent alors WnλS+μT, qui est un réel. La suite (Wn) converge, donc la série converge, et sa somme est λS+μT.

Remarque

Toute la démonstration tient en une ligne parce que la linéarité est déjà connue pour les sommes finies. C'est le schéma de presque toutes les preuves de ce chapitre : on établit une identité sur la somme partielle, qui est finie, puis on passe à la limite. Ne cherchez jamais à raisonner directement sur la somme infinie.

Le piège : convergente plus divergente

Propriété

Si un converge et si vn diverge, alors (un+vn) diverge.

Démonstration. Raisonnons par l'absurde et supposons que la série (un+vn) converge. Posons wn=un+vn. Alors vn=wnun, c'est-à-dire vn=1×wn+(1)×un : c'est une combinaison linéaire des termes généraux de deux séries convergentes, à savoir wn (supposée convergente) et un (convergente par hypothèse). La propriété précédente s'applique et donne la convergence de vn, ce qui contredit l'hypothèse. L'hypothèse de départ est donc fausse : la série (un+vn) diverge.

Propriété

Si un et vn divergent toutes les deux, on ne peut rien conclure sur la nature de (un+vn).

Exemple

Deux contre-exemples suffisent à s'en convaincre, et il faut savoir les produire instantanément.

a. Prenons un=1 et vn=1 pour tout n0. Les sommes partielles valent Sn=n+1+ et Tn=(n+1) : les deux séries divergent. Pourtant un+vn=0 pour tout n, donc les sommes partielles de la série somme sont toutes nulles : (un+vn) converge, de somme 0.

b. Prenons maintenant un=1 et vn=1. Les deux séries divergent, et un+vn=2 donne des sommes partielles 2(n+1)+ : la série somme diverge.

Les deux situations se produisent : aucune règle générale n'existe.

Méthode

Ce qu'il faut retenir pour rédiger. La linéarité s'utilise dans un seul sens, celui de la propriété : on part de séries dont on a déjà prouvé la convergence, et on en déduit celle de la combinaison. On ne l'utilise jamais à l'envers pour « couper » une série en deux morceaux dont on ignore la nature. Écrire

n1(1n1n+1)=n11nn11n+1

est une faute grave : la série de gauche converge (nous l'avons calculée), alors qu'aucune des deux séries de droite ne converge, comme nous le verrons. L'égalité met en jeu deux nombres qui n'existent pas.

Les premiers termes ne changent pas la nature

Propriété

Soient (un) et (vn) deux suites qui coïncident à partir d'un certain rang N, c'est-à-dire telles que un=vn pour tout nN. Alors les séries un et vn sont de même nature.

Démonstration. Pour nN, la différence des sommes partielles vaut

SnTn=k=n0n(ukvk)=k=n0N1(ukvk)

puisque tous les termes d'indice supérieur ou égal à N sont nuls. Cette quantité est une constante c indépendante de n. On a donc Sn=Tn+c pour tout nN, et deux suites qui diffèrent d'une constante sont de même nature.

Remarque

Autrement dit, la convergence est une propriété du comportement au voisinage de l'infini : modifier, ajouter ou retirer un nombre fini de termes ne change rien à la nature de la série. En revanche, cela change la somme, exactement de la constante c ci-dessus. C'est pourquoi les énoncés se permettent de dire « la série de terme général 1n2 » sans préciser si l'on démarre à 1 ou à 5 tant qu'on parle seulement de nature, mais précisent toujours l'indice quand on demande la somme.

La condition nécessaire de convergence

Voici le premier vrai théorème du chapitre, et celui que l'on utilise le plus souvent, presque toujours par sa contraposée.

Propriété

Si la série un converge, alors son terme général tend vers zéro :

un converge    limn+un=0

Démonstration. Supposons la série convergente, de somme S, et notons (Sn) ses sommes partielles, de sorte que SnS. Pour tout nn0+1, la relation entre deux sommes partielles consécutives s'écrit

Sn=Sn1+undoncun=SnSn1

La suite (Sn1) est une suite extraite de (Sn), ou plus simplement la même suite décalée d'un rang : elle converge donc aussi vers S. Par différence de limites,

un=SnSn1    SS=0

Propriété

Divergence grossière (contraposée). Si le terme général un ne tend pas vers 0, alors la série un diverge. On dit qu'elle diverge grossièrement.

Méthode

Le tout premier réflexe devant une série. Regardez la limite de un.

  • Si un ne tend pas vers 0 (limite non nulle, limite infinie, ou pas de limite du tout), concluez immédiatement à la divergence grossière. C'est fini, en une ligne.
  • Si un0, ce test ne donne aucune information : il faut poursuivre l'étude par une autre méthode.

Ce réflexe coûte dix secondes et règle un grand nombre de questions.

Exemple

a. n1nn+1 diverge grossièrement, car nn+110.

b. n0(1)n diverge grossièrement : la suite ((1)n) prend alternativement les valeurs 1 et 1, ses suites extraites de rangs pairs et impairs convergent vers des limites différentes, donc elle n'a pas de limite, et en particulier elle ne tend pas vers 0. On peut aussi le voir directement : Sn vaut 1 si n est pair et 0 si n est impair, donc (Sn) n'a pas de limite.

c. n02n diverge grossièrement, car 2n+.

d. n1lnn diverge grossièrement, car lnn+.

Méthode

La réciproque est FAUSSE, et c'est le piège central du chapitre. Le fait que un0 n'entraîne pas la convergence de un. Le contre-exemple de référence est la série harmonique n11n : son terme général tend vers 0, et pourtant elle diverge. Nous le démontrerons de deux manières indépendantes dans la partie consacrée aux séries de référence.

Rédigez donc toujours l'implication dans le bon sens. « un0 donc la série converge » est une phrase fausse, et les correcteurs la sanctionnent lourdement parce qu'elle révèle une incompréhension du chapitre entier.

Séries télescopiques et lien avec les suites

Le programme demande explicitement de « souligner l'intérêt de la série de terme général un+1un pour l'étude de la suite (un) ». Cette partie exploite le fait qu'une suite et la série de ses accroissements portent exactement la même information.

Le théorème du télescopage

Propriété

Soit (un)nn0 une suite réelle. La série nn0(un+1un) et la suite (un) sont de même nature : l'une converge si, et seulement si l'autre converge.

De plus, en cas de convergence, si =limn+un, alors

n=n0+(un+1un)=un0

Démonstration. Notons Sn la somme partielle d'ordre n de la série des accroissements et calculons-la. Pour tout nn0,

Sn  =  k=n0n(uk+1uk)=k=n0nuk+1    k=n0nuk=j=n0+1n+1uj    k=n0nuk=un+1un0

Le changement d'indice j=k+1 dans la première somme la transforme en la seconde, décalée d'un cran : tous les termes d'indice compris entre n0+1 et n apparaissent une fois avec le signe + et une fois avec le signe , et se détruisent. Il ne subsiste que un+1, présent seulement dans la première, et un0, présent seulement dans la seconde.

L'identité Sn=un+1un0 conclut la démonstration. Le réel un0 est une constante, donc la suite (Sn) converge si, et seulement si la suite (un+1) converge, c'est-à-dire si, et seulement si la suite (un) converge. Et dans ce cas Snun0.

Remarque

Ce théorème se lit dans les deux sens, et les deux sont utiles.

  • De la suite vers la série. Si l'on connaît la limite de (un), on obtient gratuitement la somme de la série des accroissements. C'est ainsi que l'on calcule la plupart des sommes exactes de ce chapitre en dehors des séries de référence.
  • De la série vers la suite. Si l'on sait étudier la série (un+1un), on en déduit la nature de la suite (un). C'est l'usage annoncé par le programme : une suite définie par une récurrence additive un+1=un+an se ramène à l'étude de la série an.

Reconnaître un télescopage

Méthode

Comment repérer une série télescopique. Trois formes reviennent constamment.

1. Un quotient dont le dénominateur est un produit de facteurs qui se déduisent l'un de l'autre par translation, du type 1n(n+1), 1n(n+2), 1(2n1)(2n+1). On décompose en éléments simples : on cherche a et b tels que

1(n+α)(n+β)=an+α+bn+β

on réduit au même dénominateur, et on identifie les coefficients du polynôme obtenu au numérateur.

2. Un logarithme d'un quotient, du type ln(n+1n) ou ln(1+1n) : la propriété ln(ab)=lnalnb fait apparaître la différence directement.

3. Une différence déjà écrite, un+1un, qu'il suffit de reconnaître.

Une fois la différence obtenue, on écrit la somme partielle, on télescope, et on passe à la limite. Attention au décalage : si la différence est vnvn+2 et non vnvn+1, il reste deux termes à chaque bout et non un seul.

Exemple

a. Un télescopage avec décalage de deux crans : n11n(n+2).

Cherchons a et b réels tels que, pour tout n1,

1n(n+2)=an+bn+2

En réduisant au dénominateur commun, le membre de droite vaut a(n+2)+bnn(n+2)=(a+b)n+2an(n+2). L'identification des numérateurs donne le système

a+b=0et2a=1

d'où a=12 et b=12. On a donc

1n(n+2)=12(1n1n+2)

Calculons la somme partielle. Pour n1, en séparant les deux sommes puis en effectuant le changement d'indice j=k+2 dans la seconde :

Sn  =  k=1n1k(k+2)=12(k=1n1k    k=1n1k+2)=12(k=1n1k    j=3n+21j)=12(1+121n+11n+2)

À la dernière ligne, les deux sommes partagent les indices de 3 à n, qui se détruisent ; il reste les indices 1 et 2 de la première somme, et les indices n+1 et n+2 de la seconde, affectés du signe moins. Comme 1n+10 et 1n+20,

Sn    12×32=34

La série converge et n=1+1n(n+2)=34.

b. Un télescopage logarithmique : n1ln(n+1n).

Le terme général s'écrit un=ln(n+1)lnn, différence des termes consécutifs de la suite vn=lnn. La somme partielle se télescope :

Sn=k=1n(ln(k+1)lnk)=ln(n+1)ln1=ln(n+1)

Or ln(n+1)+, donc la série diverge.

Cet exemple mérite d'être médité : le terme général ln(1+1n) tend bien vers 0, et pourtant la série diverge. Voilà un second contre-exemple, entièrement démontré, à l'idée fausse selon laquelle « un0 suffirait ».

c. De la série vers la suite. Soit (un)n1 définie par u1=1 et, pour tout n1,

un+1=un+1n(n+1)

Cette récurrence ne se résout par aucune des formules du chapitre sur les suites : elle n'est ni arithmétique, ni géométrique, ni arithmético-géométrique. Mais la différence un+1un=1n(n+1) est le terme général d'une série que nous avons déjà étudiée, et dont nous savons qu'elle converge, de somme 1.

Par le théorème du télescopage, la suite (un) converge donc, et sa limite vérifie u1=1, c'est-à-dire

=1+1=2

On peut le retrouver directement : un=u1+k=1n11k(k+1)=1+11n=21n, qui tend bien vers 2. C'est exactement l'usage annoncé par le programme : la série a résolu un problème de suite.

Séries à termes positifs

Les séries dont tous les termes sont positifs se comportent beaucoup plus simplement que les autres, pour une raison très simple : leurs sommes partielles ne peuvent que croître.

Croissance des sommes partielles

Propriété

Soit nn0un une série dont le terme général vérifie un0 pour tout nn0. Alors la suite (Sn) de ses sommes partielles est croissante.

Démonstration. Pour tout nn0, Sn+1Sn=un+10. La suite (Sn) est donc croissante.

Cette remarque, apparemment anodine, a une conséquence décisive lorsqu'on lui applique le théorème de la limite monotone du chapitre sur les suites.

Propriété

Théorème (séries à termes positifs). Soit nn0un une série à termes positifs, de sommes partielles (Sn). Alors une seule des deux situations suivantes se produit.

  • Si la suite (Sn) est majorée, la série converge, et sa somme S vérifie SnS pour tout n.
  • Si la suite (Sn) n'est pas majorée, alors Sn+ et la série diverge.

En particulier : une série à termes positifs converge si, et seulement si la suite de ses sommes partielles est majorée.

Démonstration. La suite (Sn) est croissante d'après la propriété précédente. Le théorème de la limite monotone affirme exactement ceci : une suite croissante et majorée converge, et une suite croissante non majorée tend vers +. Il n'y a rien de plus à démontrer. La majoration SnS vient du fait qu'une suite croissante est toujours majorée par sa limite.

Remarque

Une série à termes positifs n'a donc que deux comportements possibles : converger, ou tendre vers +. Le cas embarrassant d'une suite de sommes partielles qui oscille sans limite, comme pour (1)n, ne peut pas se produire. C'est pourquoi, pour une telle série, on dit indifféremment « la série diverge » et « la série tend vers + ».

Notez aussi que le reste Rn=SSn d'une série convergente à termes positifs est toujours positif : la somme partielle est une valeur approchée par défaut de la somme.

Ce qui est au programme de première année, et ce qui ne l'est pas

Méthode

Frontière de programme, à connaître pour ne pas perdre son temps. Les techniques de comparaison entre séries à termes positifs, du type « si 0unvn et si vn converge, alors un converge », relèvent du programme de deuxième année. Il en va de même des comparaisons par équivalents ou par négligeabilité. Vous n'avez ni le droit ni le besoin de les invoquer cette année.

Ce que vous faites à la place, en première année : vous majorez à la main la somme partielle Sn, sur l'exemple précis proposé par l'énoncé, en écrivant explicitement les inégalités terme à terme puis en sommant. L'énoncé vous guide toujours vers la bonne majoration, souvent par une question préliminaire du type « montrer que pour tout k2, ... ». L'exemple ci-dessous en est le modèle exact.

Exemple

La série n11n2 converge.

Ses termes sont positifs : d'après le théorème précédent, il suffit de majorer les sommes partielles par une constante.

Étape 1, la majoration terme à terme. Soit k2. Comme k11, on a k(k1)k×k=k2, et ces deux quantités sont strictement positives, donc en passant aux inverses (ce qui renverse l'inégalité) :

1k21k(k1)

Étape 2, la décomposition du majorant. Le même calcul d'éléments simples que précédemment donne, pour k2,

1k(k1)=1k11k

ce que l'on vérifie immédiatement en réduisant le membre de droite au même dénominateur : k(k1)k(k1)=1k(k1).

Étape 3, la sommation. Pour n2, on isole le terme d'indice 1 puis on somme les inégalités de l'étape 1 :

Sn  =  k=1n1k2=1+k=2n1k21+k=2n(1k11k)=1+(11n)=21n

la somme du milieu s'étant télescopée. On en déduit Sn2 pour tout n1 (l'inégalité est immédiate pour n=1, puisque S1=1).

Conclusion. La suite (Sn) est croissante (termes positifs) et majorée par 2 : elle converge. La série n11n2 converge, et sa somme vérifie S2.

Remarquez ce que cette méthode donne et ce qu'elle ne donne pas : elle établit la convergence et fournit un encadrement de la somme, mais elle ne calcule pas la somme. La valeur exacte de n=1+1n2 est connue depuis Euler, elle vaut π26, soit environ 1,6449, mais sa démonstration dépasse très largement le programme des deux années. Elle n'est jamais exigible : seule la convergence l'est.

Les séries de référence

Cette partie est le cœur pratique du chapitre. Les séries qui suivent doivent être reconnues instantanément, avec leur condition de convergence et leur somme.

La série géométrique

Propriété

Soit q un réel. La série n0qn converge si, et seulement si q<1. Dans ce cas,

n=0+qn=11q

Plus généralement, pour tout entier n00 et tout réel q tel que q<1,

n=n0+qn=qn01q

Démonstration. Traitons séparément les deux cas.

Cas q1. Alors qn=qn1 pour tout n, donc la suite (qn) ne tend pas vers 0. La série diverge grossièrement. Ce cas englobe q=1 (où Sn=n+1+) et q=1 (où (Sn) vaut alternativement 1 et 0).

Cas q<1. Alors q1, et la formule de la somme géométrique finie, connue depuis le chapitre sur les suites, donne pour tout n0

Sn=k=0nqk=1qn+11q

Comme q<1, on sait que qn0, donc qn+10 et

Sn    101q=11q

La série converge et sa somme vaut 11q.

Cas d'un indice de départ quelconque. Toujours pour q<1, la somme partielle à partir de n0 se factorise :

k=n0nqk=qn0j=0nn0qj=qn0×1qnn0+11q    qn01q

Méthode

La formule à retenir sous sa forme parlante. Pour q<1,

somme=premier terme1raison

Cette formulation évite l'erreur d'indice la plus fréquente du chapitre. Par exemple n3(12)n a pour premier terme (12)3=18 et pour raison 12, donc vaut 1/81/2=14.

Propriété

Reste d'une série géométrique. Pour q<1 et n0,

Rn=k=n+1+qk=qn+11q

Démonstration. C'est la formule précédente appliquée à l'indice de départ n+1. On peut aussi la retrouver par soustraction :

Rn=SSn=11q1qn+11q=1(1qn+1)1q=qn+11q

Remarque

C'est la seule série de ce chapitre dont on sache calculer le reste exactement. Cette formule est donc l'outil de tous les calculs approchés, et nous l'utiliserons dans la partie consacrée au calcul de sommes.

Les deux séries dérivées

Propriété

Soit q un réel tel que q<1. Les deux séries suivantes convergent et

n=1+nqn1=1(1q)2etn=2+n(n1)qn2=2(1q)3

Le nom de « séries dérivées » vient de ce que nqn1 est la dérivée de qn et n(n1)qn2 sa dérivée seconde : les deux formules s'obtiennent en dérivant une fois puis deux fois l'égalité qn=11q par rapport à q. Ce raisonnement, qui consiste à dériver terme à terme une somme infinie, n'est pas justifiable avec les outils de première année, et le programme se contente d'admettre les résultats. Mais on peut parfaitement les démontrer à la main, et c'est ce que nous faisons ici.

Démonstration de la première formule. Posons, pour n1,

Tn=k=1nkqk1

L'idée est de multiplier par 1q pour faire apparaître un télescopage. Écrivons

(1q)Tn=k=1nkqk1    k=1nkqk

Dans la seconde somme, effectuons le changement d'indice j=k+1, de sorte que k=j1 et que j varie de 2 à n+1 :

k=1nkqk=j=2n+1(j1)qj1

Les deux sommes portent maintenant sur la même puissance qk1. En isolant le terme k=1 de la première et le terme k=n+1 de la seconde, il vient

(1q)Tn=1×q0  +  k=2n(k(k1))qk1    nqn=1+k=2nqk1    nqn=k=1nqk1    nqn=1qn1q    nqn

en reconnaissant à la dernière ligne une somme géométrique finie de premier terme 1 et de raison q1. En divisant par 1q, qui est non nul,

Tn=1qn(1q)2    nqn1q

Il ne reste qu'à passer à la limite. Comme q<1, on a qn0 ; et par croissances comparées, nqn0 également (la puissance qn, qui tend vers 0 géométriquement, l'emporte sur le facteur n). Donc

Tn    1(1q)2

Démonstration de la seconde formule. La technique est identique. Posons, pour n2,

Un=k=2nk(k1)qk2

et multiplions par 1q. Le changement d'indice j=k+1 dans la seconde somme donne

(1q)Un=k=2nk(k1)qk2    j=3n+1(j1)(j2)qj2

En isolant le terme k=2 de la première somme, qui vaut 2×1×q0=2, et le terme j=n+1 de la seconde, qui vaut n(n1)qn1, il reste des indices de 3 à n communs aux deux sommes, avec le coefficient

k(k1)(k1)(k2)=(k1)(k(k2))=2(k1)

d'où

(1q)Un=2  +  k=3n2(k1)qk2    n(n1)qn1=2k=2n(k1)qk2    n(n1)qn1=2Tn1    n(n1)qn1

la dernière égalité s'obtenant par le changement d'indice i=k1, qui transforme k=2n(k1)qk2 en i=1n1iqi1=Tn1.

On passe à la limite : Tn11(1q)2 d'après la première partie, et n(n1)qn10 par croissances comparées (une puissance de n face à une suite géométrique de raison de valeur absolue strictement inférieure à 1). Donc

(1q)Un    2(1q)2puisUn    2(1q)3

Méthode

Ramener une série au catalogue. Toute série de la forme P(n)qn, où P est un polynôme, se ramène aux trois séries de référence en deux gestes.

1. Ajuster la puissance de q en factorisant. Les formules du cours portent sur qn1 et qn2, alors que les énoncés proposent presque toujours qn. On écrit donc qn=q×qn1 et qn=q2×qn2, ce qui donne les deux formules dérivées les plus utiles en pratique :

n=1+nqn=q(1q)2etn=2+n(n1)qn=2q2(1q)3

2. Décomposer le polynôme dans la base 1, n, n(n1), plutôt que dans la base 1, n, n2. La décomposition clé est

n2=n(n1)+n

On applique ensuite la linéarité, après avoir constaté que chacune des séries obtenues converge.

Vérifiez toujours l'indice de départ après ces manipulations : les termes d'indice 0 ou 1 sont souvent nuls, ce qui permet d'ajuster les bornes sans changer la somme.

Exemple

a. Calcul de n0n2qn pour q<1.

Le terme d'indice 0 est nul, donc on peut aussi bien sommer à partir de n=1. Utilisons n2=n(n1)+n :

n2qn=n(n1)qn  +  nqn

Les deux séries n(n1)qn et nqn convergent d'après la propriété (le terme d'indice 1 de la première est nul, on peut la faire démarrer à n=1 sans rien changer). Par linéarité, la série n2qn converge et

n=0+n2qn=n=2+n(n1)qn  +  n=1+nqn=2q2(1q)3  +  q(1q)2=2q2+q(1q)(1q)3=q2+q(1q)3  =  q(1+q)(1q)3

Appliquons cette formule à q=13 :

n=0+n23n=13×43(23)3=49827=49×278=32

b. Une série du type (an+b)qn : calcul de n0(2n+3)(12)n.

Les séries n(12)n et (12)n convergent, la seconde comme série géométrique de raison 12, la première comme série dérivée. Par linéarité, la série proposée converge et

n=0+(2n+3)(12)n=2n=1+n(12)n  +  3n=0+(12)n=2×12(12)2  +  3×1112=2×2  +  3×2  =  10

La série exponentielle

Propriété

Résultat admis. Pour tout réel x, la série n0xnn! converge et

n=0+xnn!=ex

En particulier, pour x=1,

n=0+1n!=e

Le programme précise que la convergence et la valeur de la somme sont admises en première année. On peut toutefois vérifier que le résultat est plausible : le terme général xnn! tend bien vers 0 pour tout réel x, par croissances comparées, la factorielle l'emportant sur toute puissance. La condition nécessaire de convergence est donc satisfaite, ce qui ne prouve rien mais ne contredit rien.

Remarque

Cette série converge pour tout réel x, sans aucune condition, à la différence de la série géométrique. C'est ce qui la rend si commode. Notez aussi les premières valeurs, qui donnent une idée de la vitesse :

1+1+12+16+124+11202,7167alors quee2,7183

Six termes donnent déjà deux décimales exactes, et huit termes en donnent quatre : la factorielle au dénominateur fait chuter les termes très vite.

Méthode

Les deux simplifications à connaître par cœur. Elles servent chaque fois qu'un polynôme en n multiplie xnn!.

Pour n1 : nn!=nn×(n1)!=1(n1)!

Pour n2 : n(n1)n!=n(n1)n(n1)×(n2)!=1(n2)!

La démarche pour traiter P(n)xnn! est alors la suivante.

1. Décomposer P(n) dans la base 1, n, n(n1), comme pour les séries dérivées. 2. Simplifier chaque quotient avec les deux formules ci-dessus, ce qui fait baisser l'indice de la factorielle. 3. Changer d'indice pour se ramener à m0xmm!, en sortant la puissance de x excédentaire. 4. Conclure par linéarité, chacune des séries obtenues étant convergente.

Exemple

Calcul de n0n2+1n!xn pour x réel.

Étape 1, la décomposition. On écrit n2+1=n(n1)+n+1, ce que l'on vérifie en développant : n(n1)+n+1=n2n+n+1=n2+1.

Étape 2, les trois morceaux. Traitons-les séparément.

Le premier, en remarquant que les termes d'indice 0 et 1 sont nuls, puis avec le changement d'indice m=n2 :

n0n(n1)n!xn=n2xn(n2)!=m0xm+2m!=x2m0xmm!=x2ex

Le deuxième, en remarquant que le terme d'indice 0 est nul, puis avec m=n1 :

n0nn!xn=n1xn(n1)!=m0xm+1m!=xex

Le troisième est la série exponentielle elle-même : n0xnn!=ex.

Étape 3, la conclusion. Les trois séries convergent, donc par linéarité la série proposée converge et

n=0+n2+1n!xn=x2ex+xex+ex=(x2+x+1)ex

Pour x=1, on obtient en particulier

n=0+n2+1n!=3e8,1548

La série harmonique et les séries de Riemann

Définition

La série n11n s'appelle la série harmonique.

Propriété

La série harmonique diverge. Comme elle est à termes positifs, ses sommes partielles tendent vers + :

Hn=k=1n1k    +

Voici deux démonstrations indépendantes, toutes deux au programme des outils de première année. La première est la plus classique, la seconde donne en prime une minoration explicite.

Première démonstration, par la différence H2nHn. Soit n1. Écrivons

H2nHn=k=n+12n1k

Cette somme comporte exactement n termes (les indices de n+1 à 2n). Chacun d'eux est minoré par le plus petit d'entre eux, qui est 12n, puisque k2n entraîne 1k12n. Donc

H2nHn    n×12n=12

Supposons maintenant, par l'absurde, que la série converge, c'est-à-dire que Hn pour un certain réel . La suite (H2n) est une suite extraite de (Hn), elle converge donc vers la même limite . Par différence,

H2nHn    =0

Or le passage à la limite dans l'inégalité H2nHn12, valable pour tout n, donne 012, ce qui est absurde. La série harmonique diverge donc.

Seconde démonstration, par télescopage logarithmique. Établissons d'abord l'inégalité auxiliaire

ln(1+t)    tpour tout t>1

La fonction ln est concave sur ]0,+[ (sa dérivée seconde 1x2 est négative), donc sa courbe est située sous chacune de ses tangentes. La tangente au point d'abscisse 1 a pour équation y=x1, d'où lnxx1 pour tout x>0. En posant x=1+t, on obtient l'inégalité annoncée.

Appliquons-la à t=1k pour k1 :

1k    ln(1+1k)=ln(k+1k)=ln(k+1)lnk

Sommons ces inégalités pour k allant de 1 à n. Le membre de droite se télescope :

Hn=k=1n1k    k=1n(ln(k+1)lnk)=ln(n+1)ln1=ln(n+1)

Comme ln(n+1)+, le théorème de minoration donne Hn+. La série harmonique diverge.

Remarque

La seconde démonstration est plus riche que la première : elle fournit la minoration explicite Hnln(n+1), qui montre à quel point la divergence est lente. Pour dépasser 10, il faut environ n=12367 termes ; pour dépasser 20, il en faut plus de 250 millions. Une divergence peut être imperceptible sur les premiers milliers de termes, ce qui doit vous rendre très méfiant vis-à-vis des conclusions tirées d'un calcul numérique.

C'est exactement ce que montre la figure ci-dessous : les sommes partielles montent, mais de plus en plus lentement, et pourtant elles finissent par dépasser n'importe quelle valeur.

Sommes partielles de la série harmonique

La série harmonique est le contre-exemple annoncé plus haut : son terme général 1n tend vers 0, et pourtant elle diverge. La condition nécessaire de convergence n'est donc pas suffisante.

Propriété

Séries de Riemann (résultat admis). Soit α un réel. La série

n11nα

converge si, et seulement si α>1.

Ce critère est admis en première année : il sera démontré en deuxième année, à l'aide des techniques de comparaison entre séries à termes positifs. Trois cas particuliers sont toutefois à votre portée dès maintenant, et il est bon de les avoir vus.

a. α0 : divergence grossière

b. α=1 : série harmonique, divergente

c. α=2 : convergente, S2

Le premier cas se justifie en une ligne : pour α0, le terme 1nα=nα ne tend pas vers 0. Le deuxième est la série harmonique, dont nous venons de démontrer la divergence de deux façons. Le troisième a été traité par majoration à la main dans la partie sur les séries à termes positifs.

Le cas 0<α1 se traite aussi à la main sur cet exemple précis. Pour k1, l'inégalité α1 donne kαk, donc 1kα1k, et en sommant ces inégalités puis en utilisant la minoration obtenue plus haut,

Sn=k=1n1kα    k=1n1k=Hn    ln(n+1)

d'où Sn+ et la divergence. Notez bien la nature de cet argument : c'est une minoration explicite de la somme partielle, écrite entièrement à la main sur cet exemple, et non l'invocation d'un théorème de comparaison, qui n'est pas au programme de première année. Seul le cas α>1 avec α2 reste admis.

Convergence absolue

Jusqu'ici, les séries dont nous savons calculer la somme sont soit à termes positifs, soit géométriques. Comment traiter une série dont les termes changent de signe de manière quelconque ? Le programme introduit pour cela une notion, dont l'unique but en première année est de préparer la définition de l'espérance d'une variable aléatoire discrète au chapitre suivant.

Définition

Une série un est dite absolument convergente si la série un converge.

Remarque

La série un est à termes positifs : tout ce que nous savons de ces séries s'y applique. En particulier, d'après le théorème des séries à termes positifs, un converge absolument si, et seulement si la suite (k=n0nuk) est majorée. Étudier la convergence absolue d'une série revient donc toujours à étudier une série à termes positifs, c'est-à-dire un cas plus simple.

Propriété

Résultat admis. Toute série absolument convergente est convergente :

un converge    un converge

De plus, on a alors l'inégalité triangulaire

n=n0+un    n=n0+un

L'implication est admise, conformément au programme. L'inégalité, en revanche, se démontre en une ligne une fois l'implication acquise.

Démonstration de l'inégalité. Notons Sn=k=n0nuk et An=k=n0nuk. L'inégalité triangulaire pour une somme finie donne, pour tout n,

Sn    An

Par hypothèse An converge vers A=n=n0+un, et par le résultat admis Sn converge vers S=n=n0+un. La fonction valeur absolue étant continue, SnS. Le passage à la limite dans une inégalité large la conserve, donc SA.

Méthode

Attention à la réciproque, et à la manière d'en parler. La réciproque est fausse : il existe des séries qui convergent sans converger absolument. L'exemple classique est n1(1)nn, dont la série des valeurs absolues est la série harmonique, donc divergente, alors que la série elle-même converge.

Seulement, la convergence de cette série ne peut pas être établie avec les outils de première année : elle repose sur le critère spécial des séries alternées, qui n'est pas au programme. Retenez donc simplement, sans chercher à le justifier, que la convergence absolue est strictement plus forte que la convergence. Dans un devoir, n'affirmez jamais la convergence de (1)nn comme si elle allait de soi ; si un énoncé vous y conduit, il vous guidera par des questions intermédiaires.

Méthode

La démarche pour une série de signe quelconque. En première année, elle est unique.

1. Écrire un et l'identifier : c'est une série à termes positifs, en général géométrique, dérivée ou exponentielle. 2. Prouver la convergence de un. 3. Conclure à la convergence de un par le théorème admis. 4. Calculer alors la somme, en reconnaissant une série de référence de raison négative.

Le point 4 est souvent le plus rapide : les formules de la série géométrique et de ses dérivées sont valables pour tout q tel que q<1, y compris q négatif. Il n'y a donc aucune formule nouvelle à apprendre.

Exemple

a. La série n0(1)n2n.

Son terme général s'écrit un=(12)n. La série des valeurs absolues est (12)n, série géométrique de raison 12 dans ]1,1[ : elle converge. La série un converge donc absolument, donc converge.

Sa somme se calcule par la formule géométrique avec q=12, qui vérifie bien q<1 :

n=0+(12)n=11(12)=132=23

Vérifions l'inégalité triangulaire : 23=23, tandis que la somme des valeurs absolues vaut 111/2=2. On a bien 232.

b. La série n1(1)nn3n.

Son terme général s'écrit un=n(13)n. La série des valeurs absolues est n1n3n, qui converge comme série dérivée de raison 13, de somme

n=1+n(13)n=13(113)2=1349=34

La série un converge donc absolument, donc converge. Sa somme s'obtient par la même formule appliquée à q=13 :

n=1+n(13)n=13(1+13)2=13169=316

L'inégalité triangulaire est bien vérifiée : 316=31634.

Remarque

Pourquoi cette notion figure au programme de première année. Le programme le dit sans détour : la convergence absolue « est abordée uniquement pour permettre une définition de l'espérance d'une variable aléatoire discrète ». Au chapitre suivant, vous rencontrerez des sommes infinies dont les termes peuvent être de signes quelconques, et il faudra un critère qui garantisse que la somme a un sens sans dépendre de l'ordre dans lequel on additionne les termes. La convergence absolue est ce critère, et c'est la raison pour laquelle vous devez la connaître dès maintenant.

Calculer une somme, exactement ou approximativement

Les cinq réflexes

Méthode

Devant une série à étudier, parcourez cette liste dans l'ordre. Elle couvre l'intégralité de ce qui est exigible en première année.

1. Le terme général tend-il vers 0 ? S'il ne tend pas vers 0, la série diverge grossièrement et c'est terminé en une ligne. Ce test se fait de tête, toujours en premier.

2. Est-ce une géométrique ou l'une de ses dérivées ? Cherchez la forme qn, nqn, n(n1)qn, ou un polynôme en n multipliant qn. Vérifiez q<1, ajustez la puissance de q et l'indice de départ, décomposez le polynôme dans la base 1, n, n(n1).

3. Est-ce une exponentielle ? La présence d'une factorielle au dénominateur est le signal. Simplifiez nn! et n(n1)n!, changez d'indice, sortez la puissance de x excédentaire.

4. Peut-on télescoper ? Le signal est un quotient dont le dénominateur est un produit de facteurs décalés, ou un logarithme de quotient. Décomposez en éléments simples, écrivez la somme partielle, comptez soigneusement les termes qui survivent à chaque bout.

5. Sinon, s'agit-il seulement de déterminer la nature ? Si la série est à termes positifs, majorez la somme partielle à la main en suivant les indications de l'énoncé, et concluez par le théorème de la limite monotone. Si les termes changent de signe, passez par la convergence absolue.

Si aucun de ces cinq réflexes n'aboutit, relisez l'énoncé : en première année, il contient nécessairement une indication que vous n'avez pas exploitée.

Le calcul approché d'une somme

Quand on ne sait pas calculer la somme exactement, ou quand on veut une valeur numérique, on remplace S par une somme partielle Sn. Encore faut-il savoir quelle erreur on commet. La règle est toujours la même : l'erreur est exactement le reste Rn, il faut donc le majorer.

Méthode

Obtenir une valeur approchée à ε près.

1. Établir la convergence de la série et exprimer, ou majorer, le reste Rn. 2. Résoudre l'inéquation Rnε d'inconnue n, en passant au logarithme si nécessaire. 3. Choisir le plus petit entier n solution, et annoncer que Sn est une valeur approchée de S à ε près.

Pour une série à termes positifs, Rn0 : la somme partielle est une valeur approchée par défaut, et l'on peut même encadrer S par SnSSn+ε.

Exemple

Une valeur approchée de n0(13)n à 103 près.

La série est géométrique de raison q=13, avec q<1 : elle converge, et sa somme exacte vaut

S=1113=32

Ici la somme exacte est connue, ce qui permettra de vérifier la méthode, mais appliquons quand même la démarche générale. Le reste vaut

Rn=qn+11q=(13)n+123=32×13n+1=12×3n

Cherchons les entiers n tels que Rn103 :

12×3n103    2×3n1000    3n500

Comme 35=243<500 et 36=729500, et comme la suite (3n) est strictement croissante, la condition équivaut à n6.

Le plus petit entier convenable est donc n=6, et

S6=1(13)7113=32(112187)=10937291,499314

Contrôlons : l'erreur réelle vaut SS6=321093729=114586,86×104, effectivement inférieure à 103. Et l'ordre 5 n'aurait pas suffi, puisque R5=14862,06×103.

Un calcul en Python

Le programme prévoit l'usage de Python. Voici la fonction que l'on écrit pour approcher la somme d'une série en accumulant les termes jusqu'à ce qu'ils deviennent négligeables.

def somme_approchee(u, tol):
    """Somme les termes u(0), u(1), ... tant que |u(n)| >= tol.

    u   : fonction qui a un entier n associe le terme u(n)
    tol : seuil d'arret sur la valeur absolue du terme
    Renvoie le couple (somme partielle calculee, dernier indice somme).
    """
    S = 0.0
    n = 0
    while abs(u(n)) >= tol:
        S += u(n)
        n += 1
    return S, n - 1


# Serie geometrique de raison 1/3, dont la somme exacte vaut 3/2.
S, n = somme_approchee(lambda k: (1 / 3) ** k, 1e-3)
print(S, n)        # 1.4993141289437586   6
print(3 / 2 - S)   # 0.000685871056241405

Remarque

Ce que ce programme garantit, et ce qu'il ne garantit pas. Il garantit une seule chose : la boucle s'arrête au premier rang où le terme passe sous le seuil, et il renvoie la somme partielle correspondante.

Il ne garantit pas que l'erreur commise soit inférieure à tol. La confusion entre « le terme est petit » et « le reste est petit » est précisément l'erreur que la série harmonique dénonce : ses termes 1n deviennent aussi petits que l'on veut, et pourtant ses restes n'existent même pas, puisque la série diverge. Appliquée à cette série en démarrant à n=1, la fonction s'arrêterait au rang 1000 pour tol = 1e-3 et renverrait une valeur qui n'approche rien du tout.

La garantie ne peut venir que d'une majoration mathématique du reste, établie avant de lancer le calcul, comme nous l'avons fait pour la série géométrique. Le programme exécute le calcul, il ne le justifie pas. Une copie qui conclut à une précision à partir du seul comportement numérique commet une faute de raisonnement.

Deux applications économiques

Les séries géométriques ne sont pas un objet de curiosité : elles sont l'outil de base du calcul financier et de la macroéconomie élémentaire. Voici deux modèles que vous rencontrerez en économie et dans les sujets de concours.

Valeur actuelle d'une rente perpétuelle

Un euro disponible dans un an vaut moins qu'un euro disponible aujourd'hui, puisque l'euro d'aujourd'hui, placé au taux annuel r>0, deviendrait 1+r dans un an. Pour comparer des sommes disponibles à des dates différentes, on les ramène toutes à aujourd'hui : c'est l'actualisation. La valeur actuelle d'un flux F perçu dans n années est

F(1+r)n

Cas d'un flux constant. Considérons un actif qui verse un flux constant F>0 à la fin de chaque année, indéfiniment : un loyer, un coupon d'obligation perpétuelle, un dividende supposé stable. Sa valeur actuelle est la somme de toutes les valeurs actualisées :

V=n=1+F(1+r)n

Posons q=11+r. Comme r>0, on a 0<q<1, donc q<1 : la série géométrique converge, et l'on peut écrire

V  =  Fn=1+qn=F×q1q=F×11+r111+r=F×11+rr1+r=Fr

Exemple

Un garage loué 100 euros par mois rapporte F=1200 euros par an. Avec un taux d'actualisation r=0,04, soit 4 pour cent, sa valeur actuelle est

V=12000,04=30000 euros

La lecture économique est immédiate : au-delà de ce prix, l'achat du garage rapporte moins que le placement au taux r. Notez que la valeur est finie bien que les flux soient infinis en nombre, parce que l'actualisation les écrase géométriquement.

Cas d'un flux à croissance géométrique. Supposons maintenant que le flux croisse au taux annuel g, de sorte que le versement de l'année n vaut F(1+g)n1, avec 1<g<r. La valeur actuelle est

V=n=1+F(1+g)n1(1+r)n

Factorisons pour faire apparaître une série géométrique. En écrivant (1+r)n=(1+r)×(1+r)n1 :

V=F1+rn=1+(1+g1+r)n1

Posons q=1+g1+r. L'hypothèse g<r donne 1+g<1+r, donc q<1, et l'hypothèse g>1 donne q>0 : la condition q<1 est satisfaite, la série converge, et sa somme vaut 11q puisqu'elle démarre à l'exposant 0. D'où

V=F1+r×111+g1+r=F1+r×1+r(1+r)(1+g)=Frg

Remarque

On retrouve la formule dite de Gordon et Shapiro, utilisée pour évaluer une action à partir de ses dividendes. La condition g<r n'est pas une commodité de calcul, c'est une condition économique : si les flux croissaient au moins aussi vite que le taux d'actualisation, la série divergerait et la valeur de l'actif serait infinie, ce qui n'a pas de sens. Le même garage, avec un loyer indexé à g=0,02, vaudrait 12000,040,02=60000 euros, soit le double.

Le multiplicateur keynésien

Un État injecte une dépense initiale D>0 dans l'économie, par exemple une commande publique. Cette somme devient un revenu pour ceux qui la reçoivent. Ils en consomment une fraction c]0,1[, appelée propension marginale à consommer, et épargnent le reste. Cette consommation devient à son tour le revenu d'autres agents, qui en consomment de nouveau la fraction c, et ainsi de suite.

Les dépenses engendrées par vagues successives sont donc

D,cD,c2D,c3D,

et l'effet total sur l'activité économique est la somme de la série géométrique de raison c :

E  =  n=0+cnD=Dn=0+cn=D1c

la série convergeant puisque 0<c<1 entraîne c<1.

Exemple

Avec une propension marginale à consommer c=0,8, le coefficient 11c=10,2=5 s'appelle le multiplicateur : une dépense publique de 1 million d'euros engendre au total 5 millions d'euros d'activité.

Trois lectures économiques méritent d'être retenues.

a. Le multiplicateur est d'autant plus grand que c est proche de 1, c'est-à-dire que les agents consomment une part importante de leur revenu supplémentaire. Avec c=0,9, il vaut 10.

b. La quantité 1c mesure les fuites du circuit économique à chaque tour, ici l'épargne. Plus les fuites sont importantes, plus l'effet s'éteint vite, et plus le multiplicateur est faible.

c. L'effet total est fini, alors que le nombre de vagues est infini. C'est exactement le phénomène de la série géométrique convergente.

Remarque

Le reste de cette série a lui aussi une interprétation. Après n vagues, l'activité cumulée vaut En=D1cn+11c, et il reste à venir

Rn=Dcn+11c

Cette quantité mesure la part de l'effet qui ne s'est pas encore matérialisée : le quotient RnE vaut exactement cn+1. Pour c=0,8, après la vague de rang n=10, il reste c110,086, soit environ 8,6 pour cent de l'effet total : l'essentiel du multiplicateur s'est déjà produit. C'est le même calcul de reste que dans la partie précédente, appliqué à une question de politique économique.

Erreurs classiques à ne pas commettre

Méthode

1. Écrire la somme avant d'avoir prouvé la convergence. L'écriture n=0+un désigne un nombre, qui n'existe pas si la série diverge. Toute manipulation d'une somme non justifiée invalide la question entière, et conduit d'ailleurs souvent à des égalités fausses, comme nous l'avons vu en séparant (1n1n+1) en deux morceaux divergents.

2. Croire que un0 suffit. C'est la faute la plus fréquente, et la plus lourdement sanctionnée. La condition est nécessaire, jamais suffisante : la série harmonique et la série de terme général ln(1+1n) en fournissent deux contre-exemples entièrement démontrés dans ce cours. Utilisez ce test uniquement dans le sens de la contraposée, pour conclure à une divergence grossière.

3. Sommer deux séries dont l'une diverge. La linéarité exige la convergence des deux séries. Si l'une converge et l'autre diverge, la somme diverge. Si les deux divergent, on ne peut rien dire, comme le montrent les deux contre-exemples un=1 avec vn=1, puis vn=1.

4. Oublier l'indice de départ dans la formule géométrique. La formule 11q vaut pour une somme démarrant à n=0. À partir de n0, la somme est qn01q. Pensez toujours à la forme parlante : premier terme divisé par 1 moins la raison. La même vigilance s'impose pour les séries dérivées, où l'exposant de q diffère de l'indice de sommation.

5. Confondre la série et la suite. La suite (1n) converge vers 0, mais la série 1n diverge : ce sont deux objets différents, et deux questions différentes. Lisez l'énoncé avec attention, et n'écrivez jamais « la série tend vers 0 », qui ne veut rien dire. Une série converge ou diverge, un terme général tend vers une limite.

6. Appliquer une comparaison non exigible en première année. Les énoncés du type « 0unvn et vn converge donc un converge », les équivalents et les négligeabilités relèvent de la deuxième année. En première année, on majore la somme partielle à la main, sur l'exemple proposé, en suivant les indications de l'énoncé. Invoquer un théorème hors programme, c'est aussi risquer de l'appliquer de travers, par exemple en oubliant l'hypothèse de positivité.

7. Manipuler une somme infinie comme une somme finie. Regrouper des termes, les réordonner, intervertir deux sommations : toutes ces opérations demandent des justifications qui ne sont pas au programme. Travaillez toujours sur la somme partielle, qui est finie, et ne passez à la limite qu'à la fin.

Ce qu'il faut retenir

Le tableau ci-dessous rassemble les séries de référence du chapitre. Il doit être su par cœur, condition de convergence comprise.

Série Converge si et seulement si Somme
n0qn q<1 11q
nn0qn q<1 qn01q
n1nqn1 q<1 1(1q)2
n2n(n1)qn2 q<1 2(1q)3
n0xnn! tout réel x ex
n11nα α>1 non exigible

Les quatre théorèmes à savoir énoncer sans hésiter sont les suivants.

  • Condition nécessaire. Si un converge, alors un0. La réciproque est fausse, comme le montre la série harmonique.
  • Séries à termes positifs. Une telle série converge si, et seulement si la suite de ses sommes partielles est majorée.
  • Télescopage. La série (un+1un) et la suite (un) ont la même nature, et en cas de convergence la somme vaut un0.
  • Convergence absolue. Si un converge, alors un converge, et unun.

Trois résultats de ce chapitre sont admis : la convergence et la somme de la série exponentielle, le critère de convergence des séries de Riemann pour α>1 (qui sera démontré en deuxième année), et l'implication « convergence absolue donc convergence ». Tout le reste a été démontré ici, et peut vous être redemandé.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.