1ʳᵉ techno · Chapitre 03 · Analyse

Généralités sur les fonctions

Modes de représentation, notations y = f(x) et x ↦ f(x), taux de variation, monotonie.

Ce qu'il faut savoir faire

  • Modes de représentation
  • Notations y = f(x) et x ↦ f(x)
  • Taux de variation
  • Monotonie

Dans les deux chapitres précédents, vous avez étudié des suites : le nombre d'abonnés d'un club relevé chaque mois, un capital relevé chaque année. Ces grandeurs évoluaient étape par étape, un rang entier après l'autre, et il ne se passait rien entre deux rangs. Mais beaucoup de grandeurs de la vie courante évoluent en continu : la température extérieure au fil de la journée, le coût d'une commande selon la quantité achetée, la hauteur d'eau dans un port selon l'heure. Pour décrire ces évolutions continues, l'outil adapté est la fonction, que vous avez déjà rencontrée en seconde. L'idée reste la même que pour une suite : à chaque valeur d'une grandeur, on associe un nombre. La grande différence, c'est que la variable ne prend plus seulement des valeurs entières 0, 1, 2, mais toutes les valeurs d'un intervalle, comme [0;24] pour les heures d'une journée.

Qu'est-ce qu'une fonction ?

Observons la température au fil d'une journée. À 8 h il fait 12 °C, à 11 h il fait 15 °C, à 14 h il fait 21 °C. À chaque heure de la journée correspond une seule température : il est impossible qu'il fasse à la fois 15 °C et 21 °C à 11 h du matin. C'est exactement l'idée d'une fonction : une machine qui, à chaque nombre qu'on lui donne, renvoie un seul nombre en retour.

Définition

Fonction. Soit D un intervalle ou une réunion d'intervalles de R. Une fonction f définie sur D associe à chaque nombre réel x de D un unique nombre réel, noté f(x) et lu « f de x ».

L'ensemble D est appelé ensemble de définition de la fonction f.

Pour écrire qu'une fonction transforme le nombre x en le nombre f(x), deux notations cohabitent, et vous devez savoir lire les deux.

Définition

Les deux notations d'une fonction. Soit f une fonction définie sur D.

  • La notation y=f(x) signifie : « y est le nombre obtenu en appliquant f au nombre x ». On dit que y dépend de x ; le nombre x est la variable.
  • La notation f:xf(x) se lit « à x, la fonction f associe f(x) ». La flèche décrit la transformation effectuée par la fonction.

Ces deux notations désignent exactement la même chose : la première insiste sur la grandeur y qui dépend de x, la seconde sur la transformation qui fait passer de x à f(x).

Ce vocabulaire de transformation s'accompagne de deux mots essentiels, vus en seconde : image et antécédent.

Définition

Image et antécédent. Soit f une fonction définie sur D, et soit x un nombre de D.

  • Le nombre f(x) est l'image de x par la fonction f.
  • Si f(x)=k, on dit que x est un antécédent de k par la fonction f.

Remarquez la dissymétrie du vocabulaire : on dit « **l'**image » car chaque nombre x de D possède une image et une seule, mais on dit « un antécédent » car un nombre k peut avoir zéro, un ou plusieurs antécédents. L'exemple de la fonction carré, que vous connaissez depuis la seconde, illustre bien cette différence.

Exemple

Soit c la fonction carré, définie sur R par c(x)=x2. On peut aussi écrire y=x2, ou encore c:xx2 : c'est la même fonction.

  • L'image de 3 est c(3)=32=9. C'est la seule image de 3 : impossible d'en trouver une autre.
  • Les antécédents de 9 sont les nombres x tels que x2=9 : il y en a deux, qui sont 3 et 3.
  • Les antécédents de 4 sont les nombres x tels que x2=4 : un carré n'est jamais négatif, donc 4 n'a aucun antécédent par c.

Une image unique pour chaque x, mais zéro, un ou plusieurs antécédents selon le nombre choisi : retenez bien cette règle.

Trois modes de représentation

Une même fonction peut se présenter sous trois formes différentes. Chacune a ses avantages, et vous devez savoir passer de l'une à l'autre.

Première forme : l'expression littérale. C'est une formule qui donne f(x) en fonction de x, comme f(x)=x23x. C'est la forme la plus précise : elle permet de calculer exactement l'image de n'importe quel nombre. Mais toutes les fonctions n'ont pas de formule : la température au fil de la journée est bien une fonction, sans qu'aucune expression littérale simple ne la décrive.

Méthode

Calculer une image à partir de l'expression. Pour calculer l'image d'un nombre a par une fonction f donnée par son expression :

  1. remplacer chaque x de l'expression par la valeur a, entre parenthèses si a est négatif ;
  2. effectuer le calcul en respectant les priorités ;
  3. conclure par une phrase : « l'image de a par f est f(a)= ».

Exemple

Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x23x.

  • f(0)=023×0=0 : l'image de 0 est 0.
  • f(2)=223×2=46=2 : l'image de 2 est 2.
  • f(1)=(1)23×(1)=1+3=4 : l'image de 1 est 4.

Notez les parenthèses autour de 1 : sans elles, le calcul serait faux.

Deuxième forme : le tableau de valeurs. On choisit quelques valeurs de x et on donne les images correspondantes. Voici un tableau de valeurs de la fonction f:xx23x :

x 1 0 1 2 3
f(x) 4 0 2 2 0

Chaque colonne se lit « l'image de 1 est 4 », « l'image de 0 est 0 », et ainsi de suite. C'est souvent la forme que produisent les mesures expérimentales ou la calculatrice (menu Table). Son défaut : le tableau ne dit rien sur les valeurs de x qui n'y figurent pas.

Troisième forme : la courbe représentative. C'est la forme graphique, la plus parlante pour l'œil.

Définition

Courbe représentative. Dans un repère, la courbe représentative d'une fonction f définie sur D est l'ensemble des points de coordonnées (x;f(x)) lorsque x parcourt D. On la note souvent Cf.

Autrement dit : un point M(x;y) appartient à la courbe de f si et seulement si y=f(x).

Contrairement au nuage de points isolés d'une suite, la courbe d'une fonction est un trait continu : la variable x prend toutes les valeurs de l'intervalle, sans trou. Une courbe suffit à définir une fonction, même sans formule, exactement comme le ferait un enregistrement de température.

Lire une courbe : images et antécédents

Voici la courbe d'une fonction f définie sur l'intervalle [3;4]. Aucune expression littérale n'est donnée : toutes les informations sont sur le dessin. La courbe part du point (3;1), monte jusqu'au point (1;3), redescend jusqu'au point (1;1), puis remonte jusqu'au point (4;4).

Courbe de f pour la lecture d'images et d'antécédents

Méthode

Lire une image sur une courbe. Pour lire l'image d'un nombre a :

  1. repérer a sur l'axe des abscisses ;
  2. se déplacer verticalement jusqu'à la courbe ;
  3. lire l'ordonnée du point obtenu : c'est f(a).

Lire les antécédents d'un nombre k. Pour trouver les antécédents de k :

  1. repérer k sur l'axe des ordonnées ;
  2. tracer la droite horizontale passant par ce point ;
  3. repérer tous les points d'intersection de cette droite avec la courbe ;
  4. lire leurs abscisses : ce sont les antécédents de k.

Retenez le sens des déplacements : une image se lit avec un trajet vertical, des antécédents avec un trajet horizontal.

Exemple

Sur la courbe ci-dessus :

  • l'image de 3 est 1 : le point de la courbe d'abscisse 3 a pour ordonnée 1, donc f(3)=1 ;
  • de la même façon, on lit f(2)=1, f(1)=3, f(0)=1, f(1)=1, f(2)=1 et f(4)=4 ;
  • les antécédents de 1 : la droite horizontale d'ordonnée 1 coupe la courbe en trois points, d'abscisses 2, 0 et 2. Le nombre 1 possède donc trois antécédents par f : ce sont 2, 0 et 2 ;
  • les antécédents de 5 : la droite horizontale d'ordonnée 5 passe entièrement au-dessus de la courbe. Le nombre 5 n'a aucun antécédent par f.

Les valeurs lues sur un graphique sont en général des valeurs approchées : ici le quadrillage permet des lectures exactes, mais ce ne sera pas toujours le cas.

Résolution graphique d'équations et d'inéquations

La lecture d'antécédents que nous venons de faire porte un autre nom : c'est la résolution graphique de l'équation f(x)=k. Résoudre f(x)=k, c'est en effet exactement chercher tous les antécédents de k. La même idée graphique permet aussi de résoudre des inéquations comme f(x)>k ou f(x)<k.

Méthode

Résoudre graphiquement l'équation f(x)=k.

  1. Tracer la droite horizontale d'équation y=k.
  2. Repérer les points d'intersection de cette droite avec la courbe de f.
  3. Les solutions sont les abscisses de ces points (attention : les abscisses, pas les ordonnées).

Résoudre graphiquement l'inéquation f(x)>k.

  1. Tracer la même droite horizontale y=k.
  2. Repérer la ou les portions de courbe situées strictement au-dessus de cette droite.
  3. Les solutions sont les abscisses de tous les points de ces portions : on les regroupe en un ou plusieurs intervalles.

Pour f(x)<k, on repère au contraire les portions situées strictement en dessous de la droite.

Exemple

Reprenons la courbe de la fonction f définie sur [3;4] de la section précédente.

Résolvons f(x)=1. La droite d'équation y=1 coupe la courbe en trois points, d'abscisses 2, 0 et 2. L'équation f(x)=1 a donc trois solutions : 2, 0 et 2.

Résolvons f(x)>1. La courbe est strictement au-dessus de la droite y=1 sur deux portions : entre les abscisses 2 et 0 d'une part, et après l'abscisse 2 d'autre part, jusqu'au bout de la courbe en x=4. L'ensemble des solutions est la réunion ]2;0[]2;4].

Observez le statut de chaque borne : 2, 0 et 2 sont exclues, car en ces valeurs f(x)=1, et 1 n'est pas strictement supérieur à 1 ; en revanche 4 est incluse, car f(4)=4>1 et 4 appartient à l'ensemble de définition.

Un cas particulier mérite votre attention : celui où k=0. La droite d'équation y=0 est l'axe des abscisses lui-même. Résoudre f(x)>0, c'est donc repérer les portions de courbe situées au-dessus de l'axe des abscisses, et résoudre f(x)<0, les portions situées en dessous. C'est ainsi que l'on détermine graphiquement le signe d'une fonction, un automatisme déjà travaillé en seconde : courbe au-dessus de l'axe, la fonction est positive ; courbe en dessous, elle est négative ; la courbe coupe l'axe, la fonction s'annule.

Variations et extremums

Parcourons une courbe de gauche à droite, comme on lit un texte : tantôt elle monte, tantôt elle descend. Ce comportement s'appelle le sens de variation de la fonction, et il se décrit intervalle par intervalle. Pour le définir sans graphique, on compare l'ordre des images à l'ordre des antécédents.

Définition

Fonction croissante, décroissante, monotone. Soit f une fonction définie sur un intervalle I.

  • f est croissante sur I lorsque les images sont rangées dans le même ordre que les antécédents : pour tous nombres a et b de I, si a<b alors f(a)f(b).
  • f est décroissante sur I lorsque les images sont rangées dans l'ordre contraire : pour tous nombres a et b de I, si a<b alors f(a)f(b).
  • f est monotone sur I lorsqu'elle est croissante sur I ou décroissante sur I, c'est-à-dire lorsqu'elle ne change pas de sens de variation sur cet intervalle.

Lorsque les inégalités entre images sont strictes (f(a)<f(b), ou f(a)>f(b)), on dit que f est strictement croissante (ou strictement décroissante) sur I.

Graphiquement, tout est dans la lecture de gauche à droite : croissante signifie que la courbe monte, décroissante qu'elle descend. Voici la courbe d'une fonction f définie sur [4;4] : elle part du point (4;1), monte jusqu'au point (1;4), descend jusqu'au point (2;2), puis remonte jusqu'au point (4;1).

Courbe et variations

Cette fonction est croissante sur [4;1], décroissante sur [1;2] et croissante sur [2;4]. Elle n'est pas monotone sur [4;4] tout entier, puisqu'elle change deux fois de sens. Toutes ces informations se résument dans un tableau très pratique : le tableau de variations.

Définition

Tableau de variations. Le tableau de variations d'une fonction f résume son sens de variation :

  • la première ligne contient les valeurs de x qui délimitent les intervalles où f est monotone (les bornes de l'ensemble de définition et les valeurs où la fonction change de sens) ;
  • la seconde ligne contient des flèches : une flèche qui monte pour un intervalle où f est croissante, une flèche qui descend pour un intervalle où f est décroissante, avec aux extrémités les valeurs de f(x) lorsqu'on les connaît.

Voici le tableau de variations de la fonction f représentée ci-dessus :

xx
4-4
1-1
22
44
f(x)f(x)
11
44
2-2
11

Ce tableau se lit ainsi : f part de la valeur f(4)=1, croît jusqu'à f(1)=4, décroît jusqu'à f(2)=2, puis croît à nouveau jusqu'à f(4)=1. Un tableau de variations est une véritable carte d'identité de la fonction : il contient l'essentiel de l'allure de la courbe sans avoir à la tracer. Il fait aussi apparaître deux valeurs particulières : la plus grande et la plus petite valeur atteintes par f(x). Ce sont les extremums de la fonction.

Définition

Maximum et minimum sur un intervalle. Soit f une fonction définie sur un intervalle I, et soit c un nombre de I.

  • Le nombre f(c) est le maximum de f sur I lorsque f(c) est la plus grande valeur prise par f(x) sur I : pour tout nombre x de I, f(x)f(c). On dit que ce maximum est atteint en x=c.
  • Le nombre f(c) est le minimum de f sur I lorsque f(c) est la plus petite valeur prise par f(x) sur I : pour tout nombre x de I, f(x)f(c).

Le maximum et le minimum sont appelés les extremums de f sur I.

Exemple

Pour la fonction f de la figure, sur l'intervalle [4;4] :

  • le maximum de f est 4, atteint en x=1 : aucun point de la courbe ne dépasse la hauteur 4 ;
  • le minimum de f est 2, atteint en x=2 : aucun point de la courbe ne descend plus bas que 2.

Attention à ne pas confondre : le maximum est une valeur de f(x) (une ordonnée, ici 4), tandis que la valeur en laquelle il est atteint est une valeur de x (une abscisse, ici 1). Dans le tableau de variations, les extremums se repèrent immédiatement : ce sont les valeurs situées tout en haut et tout en bas des flèches.

Le taux de variation

Savoir qu'une fonction croît est une chose ; savoir à quelle vitesse elle croît en est une autre. Entre 8 h et 14 h, la température passe de 12 °C à 21 °C : elle a gagné 9 °C en 6 heures, soit en moyenne 96=1,5 °C par heure. Ce calcul, « variation de la grandeur divisée par variation de la variable », est l'outil central de la fin de ce chapitre : le taux de variation.

Définition

Taux de variation. Soit f une fonction définie sur D, et soient x1 et x2 deux valeurs de D avec x1x2. Le taux de variation de f entre x1 et x2 est le nombre

τ=f(x2)f(x1)x2x1

C'est le quotient de la variation des images f(x2)f(x1) par la variation de la variable x2x1.

Deux remarques pratiques. D'abord, l'ordre des deux valeurs n'a pas d'importance : si on échange x1 et x2, le numérateur et le dénominateur changent tous les deux de signe, et le quotient reste le même. Ensuite, quand la fonction modélise une situation concrète où une grandeur y vérifie y=f(x), le taux de variation a une unité : celle de y divisée par celle de x. Une température qui évolue au fil des heures donne un taux en degrés Celsius par heure, un coût qui dépend d'une quantité donne un taux en euros par unité.

Exemple

Reprenons la fonction f définie sur R par f(x)=x23x, et calculons son taux de variation entre 1 et 3. On a f(1)=13=2 et f(3)=99=0, donc

τ=f(3)f(1)31=0(2)2=22=1

Entre 1 et 3, la fonction f augmente en moyenne de 1 unité chaque fois que x augmente de 1.

Le taux de variation a aussi une signification graphique, et c'est elle qui en fait un outil si important. Observons la courbe de la fonction carré, et plaçons-y les deux points d'abscisses 1 et 3 : le point A(1;1), car 12=1, et le point B(3;9), car 32=9. La droite qui passe par ces deux points de la courbe s'appelle une sécante à la courbe.

Sécante à la parabole et taux de variation

Calculons le taux de variation de la fonction carré entre 1 et 3 :

τ=9131=82=4

Calculons maintenant le coefficient directeur de la droite (AB), avec la formule vue en seconde : c'est la différence des ordonnées divisée par la différence des abscisses, soit 9131=4. Les deux calculs sont identiques : le taux de variation, c'est la pente de la sécante.

Propriété

Interprétation graphique du taux de variation. Soit f une fonction, et soient A(x1;f(x1)) et B(x2;f(x2)) deux points distincts de sa courbe. La droite (AB) est appelée sécante à la courbe de f passant par A et B.

Le taux de variation de f entre x1 et x2 est le coefficient directeur (la pente) de la sécante (AB).

Ainsi, sur la figure : la sécante (AB) a pour pente 4, ce qui signifie que le long de cette droite, avancer de 1 unité vers la droite fait monter de 4 unités. Un taux de variation positif correspond à une sécante qui monte, un taux négatif à une sécante qui descend.

Le programme met en avant un calcul de taux particulièrement instructif : celui de la fonction carré entre deux valeurs quelconques. Il repose sur une identité remarquable que vous connaissez bien.

Exemple

Taux de variation de la fonction carré entre deux valeurs quelconques. Soient x1 et x2 deux nombres réels distincts. Grâce à l'identité remarquable x22x12=(x2x1)(x2+x1), le taux de variation de la fonction carré entre x1 et x2 se simplifie complètement :

τ=x22x12x2x1=(x2x1)(x2+x1)x2x1=x1+x2

Le taux de variation de la fonction carré entre x1 et x2 vaut donc simplement x1+x2. On retrouve le calcul de la figure : entre 1 et 3, le taux vaut 1+3=4. Entre 10 et 11, il vaut 21 : les sécantes de la parabole sont de plus en plus pentues à mesure que l'on s'éloigne vers la droite. Contrairement à ce que nous verrons pour les fonctions affines, le taux de variation de la fonction carré dépend des deux valeurs choisies.

Monotonie et signe du taux de variation

Rapprochons maintenant les deux outils du chapitre : le sens de variation et le taux de variation. L'intuition est simple. Si f est croissante sur un intervalle et si x1<x2, alors f(x1)f(x2) : le numérateur f(x2)f(x1) et le dénominateur x2x1 du taux sont tous les deux positifs, donc le taux est positif. Graphiquement : sur une portion de courbe qui monte, toutes les sécantes montent aussi.

Propriété

Monotonie et signe du taux de variation. Soit f une fonction définie sur un intervalle I.

  • Si f est croissante sur I, alors tous ses taux de variation entre deux valeurs distinctes de I sont positifs.
  • Si f est décroissante sur I, alors tous ses taux de variation entre deux valeurs distinctes de I sont négatifs.

Réciproquement (résultat admis) : si tous les taux de variation de f entre deux valeurs distinctes de I sont positifs, alors f est croissante sur I ; s'ils sont tous négatifs, alors f est décroissante sur I.

La réciproque est précieuse : elle donne un moyen de prouver par le calcul qu'une fonction est croissante ou décroissante, sans se contenter de l'impression donnée par une courbe. Une lecture graphique peut tromper ; un calcul de taux, non.

Méthode

Démontrer qu'une fonction est monotone à l'aide du taux de variation.

  1. Prendre deux valeurs quelconques x1 et x2 de l'intervalle I, avec x1x2.
  2. Calculer le taux de variation τ=f(x2)f(x1)x2x1 et simplifier l'expression obtenue.
  3. Déterminer le signe de τ, valable pour tous les choix de x1 et x2 dans I.
  4. Conclure : taux toujours positif, la fonction est croissante sur I ; taux toujours négatif, elle est décroissante sur I.

Le cas des fonctions affines est le plus simple : leur taux se simplifie en une constante.

Exemple

Montrons que la fonction f définie sur R par f(x)=4x7 est croissante. Soient x1 et x2 deux nombres réels distincts. Calculons le taux de variation de f entre x1 et x2 :

τ=(4x27)(4x17)x2x1=4x24x1x2x1=4(x2x1)x2x1=4

Le taux de variation est constant, égal à 4 : on reconnaît le coefficient directeur de la droite représentative de f. Comme 4>0, tous les taux de variation sont positifs : la fonction f est croissante sur R.

Ce calcul se généralise à toute fonction affine xax+b : son taux de variation entre deux valeurs quelconques est toujours égal à a. Une fonction affine est donc toujours monotone : croissante si a>0, décroissante si a<0, constante si a=0.

Terminons par une mise en garde sur l'usage de cette propriété. Pour démontrer qu'une fonction est croissante sur un intervalle, il faut contrôler le signe de tous ses taux de variation, donc mener le calcul avec deux valeurs quelconques. En revanche, pour démontrer qu'une fonction n'est pas croissante, un seul taux négatif suffit : c'est un contre-exemple.

Exemple

La fonction carré n'est pas croissante sur R. Nous avons vu que le taux de variation de la fonction carré entre x1 et x2 vaut x1+x2. Entre 2 et 1, il vaut donc 2+1=1, qui est négatif. Il existe un taux de variation négatif : cela suffit à prouver que la fonction carré n'est pas croissante sur R.

Attention au sens de l'argument : un seul taux positif ne prouverait pas que la fonction est croissante (il faudrait les contrôler tous), mais un seul taux négatif suffit à prouver qu'elle ne l'est pas.

Retenez l'essentiel du chapitre : une fonction associe à chaque valeur de la variable une unique image ; son expression, son tableau de valeurs et sa courbe racontent la même histoire sous trois formes ; la courbe permet de résoudre graphiquement équations et inéquations et de dresser le tableau de variations ; enfin, le taux de variation mesure la vitesse moyenne d'évolution de la fonction entre deux valeurs, se lit comme la pente d'une sécante, et son signe caractérise la monotonie. Cet outil vous accompagnera dans toute la suite de l'année.

Bloqué sur « Généralités sur les fonctions » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.