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L1 maths · Chapitre 07
Sujet type, 180 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.
Sujet type DS — 180 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).
Pour deux réels et , on note le plus grand des deux. Si et sont deux fonctions définies sur un intervalle , on note la fonction définie sur par
Tout l'exercice consiste à décider où est dérivable sans jamais l'expliciter par morceaux, sauf dans les deux dernières questions où l'on vérifiera le critère obtenu.
1. (0,5 pt) Démontrer que, pour tous réels et ,
et écrire l'identité analogue pour , dont on pourra se servir librement dans la suite. En déduire que si et sont continues sur , alors l'est aussi.
2. (0,75 pt) Soient et dérivables sur , et soit tel que . Démontrer que est dérivable en , et donner . On indiquera l'endroit exact où la continuité de est utilisée, et ce que l'on ne pourrait pas conclure sans elle.
3. (1,5 pt) Soient et dérivables sur , et soit un point intérieur à tel que .
a. Démontrer que, pour tout tel que ,
et que pour la même égalité vaut avec un minimum à la place du maximum.
b. En déduire les dérivées à droite et à gauche de en , exprimées à l'aide de et . Conclure : est dérivable en si et seulement si .
4. (0,75 pt) On prend , et . Déterminer les points de où n'est pas dérivable, donner en chacun les deux dérivées latérales, et expliciter par morceaux.
5. (0,5 pt) On prend , et ; les deux courbes se rencontrent en et en . En lequel de ces deux points est-elle dérivable ? Que faut-il en conclure sur l'idée « les deux courbes se coupent, donc le maximum y a un point anguleux » ? Exhiber enfin deux fonctions dérivables qui échangent effectivement leurs rôles en et dont le maximum est pourtant dérivable en .
Pour approcher au voisinage de , on dispose du polynôme de Taylor d'ordre de en ,
et l'on propose de lui opposer la fraction
Les deux se calculent en trois opérations. L'exercice décide laquelle est la meilleure, puis mesure ce que le développement limité autorise à en dire, et ce qu'il n'autorise pas.
1. (0,75 pt) Justifier que admet en un développement limité à tout ordre, en nommant le théorème employé et en vérifiant ses hypothèses. Puis, en écrivant , dire à quel ordre chacun des deux facteurs doit être développé pour obtenir le développement limité d'ordre du produit. On remarquera que l'un des deux facteurs est un polynôme, et l'on dira précisément quelle conséquence cela a sur l'ordre.
2. (1 pt) Déterminer le développement limité d'ordre en de . On se ramènera au développement usuel de en factorisant le dénominateur par sa valeur en , et l'on dira quelle quantité joue le rôle de et pourquoi elle tend vers .
3. (0,75 pt) Rappeler le développement limité d'ordre en de , puis donner ceux de et de . Laquelle des deux approximations est la meilleure au voisinage de , et dans quel rapport ? Pour petit, chacune est-elle par excès ou par défaut ?
4. (0,5 pt) Contrôle numérique. Calculer et sous forme décimale, et les comparer à
Les signes des deux écarts sont-ils ceux prévus à la question 3 ? Leur rapport vaut-il ? Expliquer l'écart constaté en poussant les deux développements d'un ordre de plus.
5. (1 pt) Ce que le développement limité ne dit pas. La question 3 donne le signe de pour assez petit, sans dire à partir de quel seuil. Démontrer que l'inégalité
vaut en fait pour tout . On étudiera pour cela la fonction définie sur par . Dire enfin, en une phrase, ce que le développement limité donnait et ce qu'il ne donnait pas.
Une plateforme est installée en mer, à km d'une côte supposée rectiligne. On note le point de la côte le plus proche de , c'est-à-dire le pied de la perpendiculaire à la côte passant par : la distance vaut donc km. La raffinerie est située sur la côte, à km de .
On relie à par un pipeline en deux tronçons : un tronçon rectiligne en mer, de jusqu'à un point d'atterrage situé sur la côte entre et , puis un tronçon le long de la côte, de jusqu'à . On note la distance en kilomètres, de sorte que : la valeur correspond à un atterrage en , la valeur à un tronçon marin allant directement de à .
La pose coûte millions d'euros par kilomètre en mer et millions d'euros par kilomètre à terre. On note le coût total, en millions d'euros.
1. (0,5 pt) Établir que pour tout , puis démontrer que atteint un minimum sur . On nommera le théorème employé et l'on vérifiera ses hypothèses.
2. (0,75 pt) Calculer , puis . En déduire que est convexe sur , puis que l'équation y admet au plus une solution.
3. (1,25 pt) Résoudre sur ; on note la solution obtenue, et l'on justifiera l'élévation au carré. Démontrer ensuite, par la convexité et la position de la courbe par rapport à sa tangente en , et sans dresser aucun tableau, que réalise le minimum de sur . Donner le coût minimal, puis le comparer aux deux tracés « évidents » : le tronçon unique en mer de à , et le trajet suivi de . Pour le premier, on donnera un encadrement à million près, sans calculatrice.
4. (0,75 pt) On note l'angle, au point , entre le tronçon marin et la perpendiculaire à la côte. Démontrer que la condition s'écrit , et donner à l'optimum. Traiter enfin le cas où le coût marin serait inférieur ou égal au coût terrestre : où faudrait-il alors faire atterrir le pipeline, et pourquoi le lemme de Fermat ne permet-il rien d'en conclure ?
5. (0,75 pt) Le prix d'une erreur de placement. Pour des raisons de terrain, l'atterrage est finalement implanté en un point tel que km. Majorer le surcoût en appliquant l'inégalité des accroissements finis deux fois : d'abord à sur l'intervalle , pour y majorer , puis à sur ce même intervalle. Conclure en euros, et dire ce que ce résultat enseigne sur le voisinage d'un minimum.
Si la question 3 n'a pas abouti, on admettra pour traiter les questions 4 et 5.
Quand on ne connaît une fonction que par deux de ses valeurs, et , la seule chose raisonnable à faire entre les deux est de remplacer la courbe par la corde. C'est ce que fait toute lecture d'une table de valeurs, et l'on appelle cela l'interpolation affine. Ce problème établit une formule exacte de l'erreur commise, puis en tire une majoration, un signe, et un pas de table.
Dans tout le problème, sont deux réels, est une fonction définie sur , et désigne l'unique fonction affine telle que et ; on note
l'erreur d'interpolation. Le résultat à établir est le suivant.
Théorème
Erreur de l'interpolation affine. Soit continue sur et deux fois dérivable sur . Alors, pour tout , il existe tel que
Aucune intégrale n'intervient : tout vient du théorème de Rolle, appliqué trois fois.
Partie A — Sur un exemple (2 points)
Dans cette partie, , et .
A.1. (0,5 pt) Déterminer , et vérifier ainsi que .
A.2. (0,75 pt) Calculer , dresser le tableau du signe de et des variations de sur , et en déduire le point où est maximal ainsi que cette valeur maximale. De quel côté de la corde se trouve la courbe ?
A.3. (0,75 pt) Écrire l'égalité du théorème au point , et en déduire la valeur exacte du réel qu'elle fournit. Ce réel est-il unique ? Vérifier qu'il appartient bien à .
Partie B — La démonstration (3,5 points)
Dans toute cette partie, est continue sur et deux fois dérivable sur , et est un point fixé de .
B.1. (0,5 pt) Donner l'expression de en fonction de , , et . En déduire que , puis que et que sur .
B.2. (0,75 pt) On pose, pour ,
où est un réel à choisir. Calculer et , et dire ce qu'on remarque. Déterminer ensuite l'unique réel tel que , en justifiant son existence et son unicité.
B.3. (1,25 pt) Appliquer le théorème de Rolle à sur , puis sur , en vérifiant une par une ses trois hypothèses dans chacun des deux cas. En déduire l'existence de deux réels de tels que . On dira où sert le fait que est strictement compris entre et .
B.4. (1 pt) Appliquer une troisième fois le théorème de Rolle, à la fonction sur le segment ; on dira en particulier pourquoi est continue sur ce segment. Calculer , et conclure la démonstration.
Partie C — Ce que la formule donne (2,5 points)
Dans toute cette partie, on suppose de plus de classe sur le segment , on note un majorant de sur , et l'on pose . On dira à la question C.3 pourquoi cette hypothèse renforcée est nécessaire.
C.1. (0,75 pt) Démontrer que
en précisant le point où ce maximum est atteint. En déduire que
Appliquer cette majoration à la situation de la partie A, la comparer à l'erreur réelle, et commenter l'écart.
C.2. (0,5 pt) On suppose de plus sur . Démontrer que la courbe de est au-dessous de sa corde sur . Quel énoncé de la section 24 du cours retrouve-t-on ainsi ? Qu'apporte la formule que cet énoncé ne donnait pas ?
C.3. (0,5 pt) On approche maintenant sur par sa tangente en , et non plus par sa corde. Majorer l'erreur commise à l'aide de la formule de Taylor-Lagrange à l'ordre au point , puis comparer cette majoration à celle de la question C.1. Laquelle des deux approximations est la meilleure sur , et dans quel rapport ? Que coûte chacune en information sur ?
C.4. (0,75 pt) Un pas de table. On dispose d'une table des valeurs de sur , de pas , où l'on lit et Estimer par interpolation affine, majorer l'erreur commise à l'aide de la question C.1, et comparer à la valeur exacte Déterminer enfin quel pas il faudrait donner à une table de sur pour que l'interpolation affine y garantisse , et combien de lignes cette table compterait.
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.