5ᵉ · Chapitre 13 · Organisation et gestion de données et probabilités
Statistiques et probabilités
Effectifs, fréquences, diagrammes, moyenne simple ; vocabulaire des probabilités, équiprobabilité.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Effectifs
- Fréquences
- Diagrammes
- Moyenne simple
- Vocabulaire des probabilités
- Équiprobabilité
Résultats sportifs, sondages, relevés météo : nous sommes entourés de données. Les statistiques servent à recueillir, organiser et résumer ces données pour décrire le monde réel. Les probabilités, elles, mesurent les chances qu'un résultat se produise quand le hasard s'en mêle. Dans ce chapitre, tu vas apprendre à faire parler les nombres… et à apprivoiser le hasard.
Recueillir et organiser des données
Définition
Faire une enquête, c'est recueillir des informations en posant une question aux personnes d'un groupe, ou en effectuant des mesures. La liste de toutes les réponses (ou de toutes les mesures) obtenues s'appelle une série de données.
Définition
- L'effectif d'une réponse est le nombre de fois où cette réponse apparaît dans la série.
- L'effectif total est le nombre total de données de la série.
Un tableau d'effectifs regroupe, pour chaque réponse possible, son effectif. La somme de tous les effectifs est égale à l'effectif total : c'est un bon moyen de vérifier qu'on n'a rien oublié.
Exemple
On a demandé aux élèves d'une classe de 5e quel est leur sport préféré. Voici la série de données brutes, dans l'ordre des réponses :
Football, Natation, Football, Basket, Danse, Football, Judo, Natation, Basket, Football, Natation, Danse, Football, Basket, Natation, Football, Judo, Basket, Natation, Football, Danse, Basket, Natation, Football.
Sous cette forme, la série est difficile à lire. On compte alors l'effectif de chaque sport et on organise le tout dans un tableau d'effectifs :
| Sport | Football | Natation | Basket | Danse | Judo | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Effectif |
Vérification : , on retrouve bien l'effectif total. D'un seul coup d'œil, on voit maintenant que le football est le sport le plus choisi.
Les fréquences
Comparer des effectifs ne suffit pas toujours : élèves sur , est-ce beaucoup ? Pour répondre, on ramène l'effectif à l'effectif total : c'est l'idée de fréquence.
Définition
La fréquence d'une réponse est le quotient de son effectif par l'effectif total :
Une fréquence peut s'écrire sous trois formes : en fraction, en écriture décimale ou en pourcentage. Par exemple : .
Propriété
- Une fréquence est toujours un nombre compris entre et .
- La somme de toutes les fréquences d'une série est égale à , c'est-à-dire .
Méthode
Calculer une fréquence.
- On repère l'effectif de la réponse et l'effectif total.
- On écrit la fraction , et on la simplifie si possible.
- Si besoin, on donne l'écriture décimale (exacte ou arrondie), puis le pourcentage en multipliant l'écriture décimale par .
Exemple
Les fréquences des sports de la classe (effectif total : ).
a. Football : , soit environ .
b. Natation : , soit .
c. Basket : , soit environ .
d. Danse : , soit .
e. Judo : , soit environ .
Vérification avec les fractions exactes : . La somme des fréquences vaut bien .
Attention ! Si tu additionnes des pourcentages arrondis, tu peux trouver un total légèrement différent de : c'est normal, cela vient des arrondis. La vérification exacte se fait toujours avec les fractions.
Représenter des données
Un tableau contient toute l'information, mais un dessin la rend visible d'un seul coup d'œil. Voici trois représentations à connaître.
Le diagramme en barres
Méthode
Construire un diagramme en barres.
- On trace un axe horizontal et on y écrit les catégories (une par barre).
- On trace un axe vertical gradué régulièrement en effectifs.
- Pour chaque catégorie, on dessine une barre dont la hauteur est égale à l'effectif. Toutes les barres ont la même largeur.
Sur ce diagramme, la barre la plus haute est celle du football : c'est le sport préféré de la classe. On lit aussi directement que la natation ( élèves) devance le basket ( élèves).
Le diagramme circulaire
Propriété
Dans un diagramme circulaire, chaque catégorie est représentée par un secteur du disque. La mesure de l'angle de chaque secteur est proportionnelle à l'effectif de la catégorie. Le disque entier () représente l'effectif total.
Méthode
Construire un diagramme circulaire.
- On calcule l'angle qui correspond à une donnée : on partage entre toutes les données, c'est-à-dire qu'on calcule .
- On multiplie cet angle par l'effectif de chaque catégorie.
- On vérifie que la somme des angles vaut .
- On construit les secteurs au rapporteur, puis on ajoute une légende ou des étiquettes.
Exemple
Le diagramme circulaire des sports de la classe. L'effectif total est , donc chaque élève correspond à un angle de . Il suffit ensuite de multiplier :
| Sport | Football | Natation | Basket | Danse | Judo | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Effectif | ||||||
| Angle |
Par exemple, pour le football : . Vérification : , le disque est bien complet.
Le graphique cartésien
Définition
Un graphique cartésien représente une grandeur qui évolue, souvent au fil du temps. On place le temps sur l'axe horizontal et la grandeur mesurée sur l'axe vertical ; chaque mesure donne un point, et on relie les points pour visualiser l'évolution.
Exemple
Lecture du graphique. On a relevé la température toutes les deux heures. À h, il faisait C ; la température monte jusqu'à C à h, le maximum de la journée, puis elle redescend : C à h et C à h. Le graphique montre d'un seul regard la montée du matin et la baisse du soir.
Propriété
Choisir la représentation adaptée. Chaque représentation a sa spécialité :
- le diagramme en barres est idéal pour comparer des catégories entre elles ;
- le diagramme circulaire montre la part de chaque catégorie dans le total ;
- le graphique cartésien sert à suivre l'évolution d'une grandeur, souvent au cours du temps.
Avant de représenter des données, demande-toi ce que tu veux mettre en avant !
La moyenne simple
Définition
La moyenne d'une série de données numériques est le quotient de la somme de toutes les valeurs par le nombre de valeurs :
Méthode
Calculer une moyenne.
- On additionne toutes les valeurs de la série.
- On compte le nombre de valeurs.
- On divise la somme par ce nombre.
Exemple
Les notes de Lina. Ce trimestre, Lina a obtenu quatre notes en mathématiques : ; ; ; .
La somme des valeurs est , et il y a valeurs. La moyenne de Lina est donc
Interprétation : si Lina avait obtenu exactement à chacun des quatre contrôles, son total de points serait le même, car . La moyenne « lisse » la série : elle remplace toutes les valeurs par une seule valeur équitable.
Exemple
La température moyenne de la journée. Reprenons les sept relevés du graphique cartésien : ; ; ; ; ; ; (en degrés Celsius).
La somme vaut . La moyenne est donc , soit environ C sur la journée.
Remarque. La moyenne n'est pas forcément une valeur de la série : Lina a une moyenne de alors qu'aucune de ses notes ne vaut . Elle peut aussi être un nombre décimal même quand toutes les valeurs sont entières, comme pour les températures.
Les probabilités
Expérience aléatoire, issues, évènement
Définition
Une expérience aléatoire est une expérience dont on connaît à l'avance tous les résultats possibles, mais dont on ne peut pas prévoir lequel va se produire. Chaque résultat possible s'appelle une issue.
Exemple
- Lancer un dé à six faces : il y a six issues possibles, les nombres , , , , et .
- Lancer une pièce de monnaie : il y a deux issues possibles, « pile » et « face ».
- Tirer une boule au hasard dans une urne : chaque boule de l'urne est une issue possible.
Définition
Un évènement est une condition portant sur le résultat de l'expérience : une fois l'expérience terminée, l'évènement est soit réalisé, soit non réalisé. Un évènement peut être réalisé par une ou plusieurs issues.
- Un évènement qui ne peut jamais se réaliser est dit impossible.
- Un évènement qui se réalise à tous les coups est dit certain.
Exemple
On lance un dé à six faces.
- L'évènement « obtenir un nombre pair » est réalisé par trois issues : , et .
- L'évènement « obtenir un » est impossible : aucune face ne porte le nombre .
- L'évènement « obtenir un nombre entre et » est certain : il est réalisé quelle que soit l'issue.
L'échelle des probabilités
Définition
La probabilité d'un évènement est un nombre compris entre et qui mesure ses chances de se réaliser.
- Un évènement impossible a une probabilité égale à .
- Un évènement certain a une probabilité égale à .
- Plus la probabilité est proche de , plus l'évènement a de chances de se réaliser.
Comme les fréquences, une probabilité peut s'écrire en fraction, en écriture décimale ou en pourcentage. Dire qu'un évènement a « une chance sur quatre » de se réaliser, c'est dire que sa probabilité est , c'est-à-dire ou encore .
Exemple
Plaçons quelques évènements sur l'échelle des probabilités, imaginée comme une règle graduée de à .
- Obtenir un en lançant un dé : probabilité (impossible).
- Obtenir dix fois de suite un en lançant un dé équilibré : probabilité très proche de (extrêmement improbable, mais pas impossible).
- Obtenir un avec un dé équilibré : probabilité , un peu moins de .
- Tirer une boule rouge dans une urne qui contient une boule rouge et trois boules bleues : probabilité , une chance sur quatre.
- Obtenir « pile » avec une pièce équilibrée : probabilité , une chance sur deux, exactement au milieu de l'échelle.
- Ne pas obtenir la bonne combinaison au loto : probabilité très proche de (presque certain, hélas pour les joueurs !).
- Obtenir un nombre entre et en lançant un dé : probabilité (certain).
L'équiprobabilité
Définition
Il y a équiprobabilité lorsque toutes les issues d'une expérience aléatoire ont la même probabilité. C'est un argument de symétrie qui le garantit : un dé équilibré a six faces identiques, une pièce équilibrée a deux côtés qui jouent le même rôle, des boules indiscernables au toucher ont toutes la même chance d'être tirées.
Propriété
En situation d'équiprobabilité, la probabilité d'un évènement se calcule en divisant le nombre d'issues qui réalisent l'évènement (les issues favorables) par le nombre total d'issues :
Méthode
Calculer une probabilité en situation d'équiprobabilité.
- On vérifie l'équiprobabilité (dé équilibré, pièce équilibrée, boules indiscernables au toucher…).
- On compte le nombre total d'issues de l'expérience.
- On compte le nombre d'issues qui réalisent l'évènement.
- On écrit le quotient, on le simplifie, et on peut le convertir en écriture décimale ou en pourcentage.
Exemple
Avec un dé équilibré. Le dé est équilibré : les six issues ont la même probabilité.
- La probabilité d'obtenir un est : une seule issue favorable sur six.
- La probabilité d'obtenir un nombre pair est : trois issues favorables (, et ) sur six. Autrement dit, une chance sur deux.
Exemple
Avec une urne. Une urne contient boules indiscernables au toucher : rouges, bleues et vertes. On tire une boule au hasard.
- La probabilité de tirer une boule rouge est , soit .
- La probabilité de tirer une boule bleue est , soit une chance sur deux.
- La probabilité de tirer une boule verte est , soit .
Fréquences et probabilité : place à l'expérience !
Que se passe-t-il si on lance vraiment un dé, un grand nombre de fois ? On peut enregistrer les résultats observés dans un tableau d'effectifs et de fréquences, exactement comme dans une enquête statistique.
Exemple
Une classe a lancé un dé équilibré fois et a noté la face obtenue à chaque lancer. Voici le tableau des résultats (fréquences arrondies au millième) :
| Face | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Effectif | ||||||
| Fréquence |
Toutes les fréquences observées sont proches de , la probabilité de chaque face, sans lui être exactement égales.
Remarque. Quand on répète réellement une expérience aléatoire un grand nombre de fois, les fréquences observées se rapprochent de la probabilité, mais le hasard reste le hasard : une autre classe qui lancerait le même dé fois obtiendrait un tableau légèrement différent. C'est justement ce qui rend l'expérience intéressante : fais-la toi-même, tu ne trouveras jamais exactement les mêmes nombres que ton voisin !
Pour la culture : Florence Nightingale
Florence Nightingale (1820-1910) était une infirmière et statisticienne britannique. Envoyée en 1854 dans les hôpitaux militaires de la guerre de Crimée, elle fait un constat glaçant : la plupart des soldats ne meurent pas de leurs blessures, mais de maladies dues au manque d'hygiène. Pour convaincre la reine Victoria et les autorités, elle ne rédige pas un long rapport indigeste : elle invente des diagrammes spectaculaires, ses fameux « diagrammes en rose », ancêtres de nos diagrammes circulaires, où chaque secteur colorié montre les morts évitables mois après mois. Le message saute aux yeux, les réformes d'hygiène sont adoptées et des milliers de vies sont sauvées. En 1858, elle devient la première femme admise à la Royal Statistical Society. Son histoire illustre une idée que tu peux retenir de ce chapitre : un bon diagramme, choisi et construit avec soin, peut convaincre bien mieux qu'un long discours.
Bloqué sur « Statistiques et probabilités » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.