3ᵉ · Chapitre 07 · Organisation et gestion de données, fonctions
Proportionnalité et pourcentages d'évolution
Taux d'évolution, coefficient multiplicateur, quatrième proportionnelle, ratios et partages.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Taux d'évolution
- Coefficient multiplicateur
- Quatrième proportionnelle
- Ratios et partages
« Soldes : sur tout le magasin », « le prix du ticket de cantine augmente de », « mélangez le sirop et l'eau dans le ratio »… Ouvre un journal, entre dans un magasin, lis une recette : les pourcentages et les proportions sont partout. Tu connais déjà bien le terrain : depuis la cinquième tu manipules les tableaux de proportionnalité, et en quatrième tu as appris le produit en croix pour calculer une quatrième proportionnelle, ainsi qu'à appliquer un pourcentage. Ce chapitre consolide tout cela et ajoute deux outils typiques de la troisième : le coefficient multiplicateur, qui transforme une phrase comme « augmenter de » en une simple multiplication, et le ratio, une notation efficace pour les problèmes de mélange et de partage. Un conseil avant de commencer : travaille ce chapitre à fond, car les pourcentages d'évolution tombent presque chaque année au brevet, souvent dans un problème concret où il faut à la fois calculer une évolution et en retrouver une. Autant dire que ce sont des points quasi garantis pour qui maîtrise les méthodes.
Proportionnalité et quatrième proportionnelle
Commençons par remettre en place le socle. Deux grandeurs sont proportionnelles quand on passe de l'une à l'autre par une simple multiplication : si un kilogramme de fraises coûte €, alors kg coûtent €, kg coûtent €, et kg coûtent euros. Le nombre par lequel on multiplie ne change jamais : c'est lui qui définit la situation.
Définition
Deux grandeurs sont proportionnelles lorsque les valeurs de l'une s'obtiennent en multipliant les valeurs de l'autre par un même nombre non nul, appelé coefficient de proportionnalité.
Un tableau de valeurs permet de visualiser (et de vérifier) une situation de proportionnalité. Voici celui des fraises à € le kilogramme :
| Masse (kg) | ||||
|---|---|---|---|---|
| Prix (€) |
Pour passer de la première ligne à la seconde, on multiplie toujours par : c'est un tableau de proportionnalité de coefficient . Si une seule colonne avait refusé la règle (par exemple kg pour €), la situation n'aurait pas été proportionnelle : le coefficient doit fonctionner partout.
Dans les problèmes, on connaît souvent trois valeurs d'un tel tableau et on cherche la quatrième. Cette valeur manquante porte un nom que tu as croisé en quatrième.
Définition
Dans un tableau de proportionnalité à quatre cases dont trois valeurs sont connues, la valeur manquante s'appelle la quatrième proportionnelle.
L'outil roi pour la calculer est le produit en croix, qui repose sur une propriété des tableaux de proportionnalité : les produits des cases en diagonale sont égaux.
Méthode
Calculer une quatrième proportionnelle par le produit en croix.
On cherche dans le tableau de proportionnalité suivant :
- Vérifier (ou justifier) que la situation est bien proportionnelle.
- Écrire l'égalité des produits en croix : .
- Diviser pour isoler la valeur cherchée : .
- Conclure par une phrase, avec l'unité.
Exemple
À la boulangerie. Cinq croissants coûtent €. Combien coûtent huit croissants ?
Le prix est proportionnel au nombre de croissants (chaque croissant coûte le même prix), on peut donc dresser un tableau de proportionnalité :
| Nombre de croissants | ||
|---|---|---|
| Prix (€) |
Le produit en croix donne , c'est-à-dire , donc :
Huit croissants coûtent €. Vérification rapide : un croissant coûte €, et €, tout est cohérent.
Exemple
En cuisine. Une recette de crêpes prévoit g de farine pour personnes. Quelle masse de farine faut-il pour personnes ?
Les quantités d'une recette sont proportionnelles au nombre de personnes. Le produit en croix donne :
Il faut g de farine pour personnes.
Un dernier rappel de prudence, qui vaut de l'or au brevet : le produit en croix ne s'applique que si la situation est proportionnelle. L'âge et la taille d'un enfant, le nombre d'heures de révision et la note obtenue : voilà des grandeurs liées, mais pas proportionnelles. Avant tout produit en croix, pose-toi la question, et justifie-la d'une phrase dans ta rédaction.
Proportions et pourcentages
Deuxième pilier du chapitre : savoir exprimer « quelle part du total » représente une quantité. C'est la notion de proportion, et le pourcentage n'en est qu'un habillage commode.
Définition
La proportion d'une partie dans un tout est le quotient :
C'est un nombre compris entre et . On peut l'écrire sous forme de fraction, de nombre décimal ou de pourcentage (une fraction de dénominateur ).
Exemple
Dans une classe de élèves, il y a filles. La proportion de filles dans la classe est :
Il y a donc de filles dans cette classe. Trois écritures (, et ), une seule et même proportion.
Méthode
Exprimer une proportion en pourcentage.
- Identifier la partie et le tout (le tout est la quantité de référence, celle qui suit « parmi » ou « sur » dans l'énoncé).
- Calculer le quotient .
- Convertir en pourcentage : multiplier le quotient par (ou ramener la fraction à un dénominateur de ).
Exemple
Au club de badminton. Parmi les inscrits d'un club, sont des collégiens. Quelle est la proportion de collégiens, en pourcentage ?
Le tout est , la partie est :
et , donc des inscrits du club sont des collégiens.
Dans l'autre sens, on connaît le pourcentage et on veut la quantité correspondante : c'est appliquer un pourcentage. Là encore, une seule multiplication suffit.
Méthode
Appliquer un pourcentage à une quantité.
Prendre d'une quantité, c'est la multiplier par :
Exemple
À la cantine. Un collège compte élèves, et d'entre eux sont demi-pensionnaires. Combien cela représente-t-il d'élèves ?
Ce collège compte demi-pensionnaires.
Un acompte. Pour réserver un séjour à €, une agence demande un acompte de du prix :
L'acompte s'élève à €.
Retiens la logique commune : dans les deux sens, le pourcentage n'est qu'une proportion déguisée, et tout se ramène à un quotient ou à une multiplication. Jusqu'ici, le pourcentage décrit une part d'un tout. Dans la section suivante, il va décrire un changement : une quantité qui augmente ou qui diminue. C'est la grande nouveauté de l'année.
Augmenter ou diminuer de t % : le coefficient multiplicateur
Le prix d'un jeu vidéo augmente de , une veste est remisée de pendant les soldes : comment calculer les nouveaux prix ? Tu sais déjà le faire en deux temps : calculer l'augmentation (ou la réduction), puis l'ajouter (ou la soustraire). Prenons le jeu vidéo à € qui augmente de :
- l'augmentation vaut € ;
- le nouveau prix est €.
Ce calcul en deux temps fonctionne toujours, mais la troisième t'offre mieux : un calcul en un seul temps. Refais le même raisonnement avec une quantité de départ quelconque et une hausse de . La quantité augmente de , donc la nouvelle valeur est . Et c'est ici que le calcul littéral entre en scène : en factorisant par grâce à la distributivité,
Augmenter de , c'est donc multiplier par le nombre . Le même raisonnement avec une soustraction donne le cas de la diminution : .
Propriété
Coefficient multiplicateur. Soit un nombre positif.
- Augmenter une quantité de , c'est la multiplier par .
- Diminuer une quantité de , c'est la multiplier par .
Ce nombre par lequel on multiplie s'appelle le coefficient multiplicateur de l'évolution.
Ce résultat est central : il transforme une phrase (« augmenter de ») en un nombre (). On passe d'une formulation additive (ajouter ou enlever un pourcentage) à une formulation multiplicative (multiplier par un coefficient), et cette seconde lecture est infiniment plus puissante pour les calculs.
Méthode
Calculer une valeur après une évolution de .
- Traduire l'évolution en coefficient multiplicateur : pour une hausse, pour une baisse.
- Multiplier la valeur de départ par ce coefficient.
- Conclure par une phrase, et vérifier la cohérence : une hausse doit donner un résultat plus grand, une baisse un résultat plus petit.
Exemple
Une hausse. Le jeu vidéo à € augmente de . Le coefficient multiplicateur est , donc le nouveau prix est :
Le jeu coûte désormais €, exactement comme avec le calcul en deux temps, mais en une seule multiplication.
Une baisse. Une veste à € est remisée de . Le coefficient multiplicateur est , donc le prix soldé est :
La veste coûte € pendant les soldes. Cohérence : , le prix a bien baissé.
Observe la position du coefficient par rapport à : elle raconte l'évolution à elle seule. Un coefficient plus grand que signale une augmentation ; un coefficient entre et signale une diminution. Voici un petit tableau récapitulatif à connaître sur le bout des doigts :
| Évolution | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Coefficient |
Deux colonnes de ce tableau méritent une seconde de réflexion : augmenter de , c'est multiplier par (doubler !), et diminuer de , c'est multiplier par (prendre la moitié). Et attention au piège d'écriture le plus fréquent : augmenter de , c'est multiplier par , et surtout pas par , qui correspondrait à une augmentation de ! Le de la formule impose de bien placer la virgule.
Entraîne-toi à traduire dans les deux sens (réponses données après les deux-points) :
a. Augmenter de : multiplier par
b. Diminuer de : multiplier par
c. Multiplier par : augmenter de
d. Multiplier par : diminuer de
e. Augmenter de : multiplier par
f. Multiplier par : diminuer de
Les deux dernières colonnes te l'ont fait sentir : la traduction fonctionne aussi en sens inverse. C'est justement l'objet de la section suivante.
Retrouver un pourcentage d'évolution
Renversons le problème, comme aime le faire le brevet : on connaît la valeur de départ et la valeur d'arrivée, et on cherche le pourcentage d'évolution. « Le loyer est passé de € à € : de quel pourcentage a-t-il baissé ? » L'idée est simple : puisqu'une évolution est une multiplication, il suffit de retrouver par quel nombre on a multiplié, c'est-à-dire le coefficient multiplicateur. Et pour retrouver un facteur, on divise.
Méthode
Retrouver un pourcentage d'évolution à partir des deux valeurs.
- Calculer le coefficient multiplicateur :
- Comparer ce coefficient à et l'écrire sous la forme ou .
- Conclure : une hausse de si le coefficient dépasse , une baisse de s'il est inférieur à .
Exemple
Une hausse. L'abonnement mensuel d'une salle de sport passe de € à €. Quel est le pourcentage d'augmentation ?
Le coefficient multiplicateur est :
Or : l'abonnement a augmenté de .
Une baisse. Le loyer d'un garage passe de € à €. Quel est le pourcentage de diminution ?
Le coefficient multiplicateur est :
Or : le loyer a baissé de .
Il existe une deuxième lecture du même problème, tout aussi valable, qui relie cette section à celle des proportions : au lieu de regarder le coefficient, on regarde la variation (ce qui a été gagné ou perdu) et on se demande quelle proportion de la valeur de départ elle représente.
Méthode
Deuxième lecture : la variation comme proportion de la valeur de départ.
- Calculer la variation : la différence entre la valeur d'arrivée et la valeur de départ.
- Exprimer cette variation en proportion de la valeur de départ (le quotient variation sur valeur de départ), puis en pourcentage.
- Conclure en précisant s'il s'agit d'une hausse ou d'une baisse.
Exemple
Les mêmes exemples, relus. Pour l'abonnement passé de € à € : la variation est €, et
soit de la valeur de départ : c'est bien une hausse de .
Pour le loyer passé de € à € : le loyer a perdu €, et
soit de la valeur de départ : c'est bien une baisse de . Les deux lectures donnent évidemment le même résultat, choisis celle qui te parle le plus.
Un point de vigilance essentiel, source de la moitié des erreurs sur ce thème : le pourcentage d'évolution se calcule toujours par rapport à la valeur de départ, jamais par rapport à la valeur d'arrivée. Dans l'exemple du loyer, diviser par donnerait , soit : un résultat faux, car la référence n'est pas la bonne. Le « tout » d'une évolution, c'est ce qu'on avait avant. Et cette question de référence est précisément ce qui rend le piège suivant si redoutable.
Le piège des évolutions qui s'enchaînent
Voici l'un des pièges les plus célèbres du programme, posé un jour ou l'autre à tout élève de troisième : le prix d'un article augmente de , puis diminue de . Revient-il à son prix de départ ? L'intuition crie « oui, évidemment : puis , ça s'annule ». L'intuition a tort, et un exemple numérique calculé pas à pas va le prouver.
Exemple
Hausse de puis baisse de , étape par étape. Un article coûte € au départ.
Étape 1 : la hausse de . Le coefficient multiplicateur est , donc le nouveau prix est :
Après la hausse, l'article coûte €.
Étape 2 : la baisse de . Attention, cette baisse s'applique au prix actuel, c'est-à-dire €, et non au prix initial ! Le coefficient est , donc le prix final est :
L'article termine à €, et non à € : il ne revient pas à son prix de départ.
D'où vient le paradoxe ? Les deux évolutions font toutes les deux « », mais pas de la même chose. La hausse ajoute de €, soit € ; la baisse retire de €, soit €. On retire plus qu'on n'avait ajouté, le compte n'y est pas. On peut d'ailleurs mesurer le bilan global avec la méthode de la section précédente : le coefficient de l'évolution complète est . Au total, l'article a baissé de .
Propriété
Le piège classique. Une augmentation de suivie d'une diminution de (ou l'inverse) ne ramène pas à la valeur de départ, car les deux pourcentages ne s'appliquent pas à la même valeur de référence.
Face à des évolutions qui s'enchaînent, une seule règle : calculer étape par étape, en appliquant chaque évolution à la valeur obtenue juste avant. On n'additionne jamais des pourcentages d'évolution.
Grave cette règle dans le marbre : « puis » ne fait pas « », et « puis » ne fait pas « ». Dès que deux évolutions se suivent, sors ton brouillon et déroule les étapes une par une.
Ratios et partages
Dernière notion du chapitre, apparue récemment dans les programmes du collège et très présente dans les sujets de brevet : le ratio. Il formalise une idée que tu utilises déjà dans la vie courante. Quand une recette de béton demande « trois volumes de sable pour un volume de ciment », ou quand un sirop se prépare avec « un volume de sirop pour sept volumes d'eau », on compare des quantités entre elles, sans préciser les quantités réelles.
Définition
Dire que deux nombres et sont dans le ratio (lire « deux pour trois ») signifie que :
Plus généralement, et sont dans le ratio lorsque . De même, trois nombres , et sont dans le ratio lorsque :
Exemple
Les longueurs cm et cm sont dans le ratio , car et : les deux quotients sont égaux. En revanche, cm et cm ne sont pas dans le ratio , car mais .
Ce quotient commun n'est pas un inconnu : c'est un coefficient de proportionnalité ! Dire que et sont dans le ratio , c'est dire que le tableau suivant est un tableau de proportionnalité :
| Ratio | ||
|---|---|---|
| Valeurs |
Le ratio, c'est donc de la proportionnalité concentrée : les nombres du ratio jouent le rôle de « parts » élémentaires, et les valeurs réelles s'obtiennent en multipliant toutes les parts par un même nombre. Cette lecture en « parts » donne directement la méthode pour le grand classique du brevet : partager une quantité selon un ratio.
Méthode
Partager une quantité selon un ratio.
- Compter le nombre total de parts : la somme des nombres du ratio.
- Calculer la valeur d'une part : la quantité à partager divisée par le nombre total de parts.
- Attribuer à chacun sa part : multiplier la valeur d'une part par son nombre du ratio.
- Vérifier que la somme des montants attribués redonne bien la quantité de départ.
Exemple
Partage à deux. Léa et Tom ont tenu ensemble un stand de crêpes et ont gagné €. Comme Léa a travaillé plus longtemps, ils décident de se partager la somme dans le ratio (deux parts pour Tom, trois pour Léa).
Étape 1 : le nombre de parts. En tout, parts.
Étape 2 : la valeur d'une part. € par part.
Étape 3 : les montants. Tom reçoit € et Léa reçoit €.
Étape 4 : vérification. €, le compte est bon. Et l'on contrôle le ratio : et , les deux quotients sont bien égaux.
La méthode s'étend sans effort à un ratio à trois termes : on compte simplement les parts de la même façon.
Exemple
Partage à trois. Trois amis ont gagné € en vendant des objets à un vide-grenier, et se partagent la somme dans le ratio , proportionnellement au nombre d'objets que chacun avait apportés.
Le nombre total de parts est , et la valeur d'une part est €. Les trois amis reçoivent donc :
a. €
b. €
c. €
Vérification : €, la somme est intégralement partagée.
Un dernier mot sur le vocabulaire : un ratio se lit toujours dans l'ordre. Le ratio et le ratio ne racontent pas la même histoire (dans le premier, la seconde quantité est la plus grande ; dans le second, c'est la première). Dans un problème, prends une seconde pour associer chaque nombre du ratio à la bonne personne ou à la bonne quantité avant de calculer.
Le tour du chapitre est complet, et il forme un ensemble très cohérent : la proportionnalité et son produit en croix pour les valeurs manquantes, la proportion partie sur tout pour exprimer et appliquer un pourcentage, le coefficient multiplicateur pour traiter les hausses et les baisses en une seule multiplication, la division arrivée par départ pour retrouver un pourcentage d'évolution, la règle d'or du calcul étape par étape quand les évolutions s'enchaînent, et le ratio pour les partages. Ces outils sont ceux que tu utiliseras le plus dans ta vie de citoyen : soldes, salaires, impôts, statistiques des journaux… Et au brevet, ils rapportent des points à chaque session ou presque. Place aux exercices !
Bloqué sur « Proportionnalité et pourcentages d'évolution » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.