Tale techno · Chapitre 07 · Statistique et probabilités
Loi binomiale et variables aléatoires discrètes
Espérance d'une variable aléatoire discrète, loi binomiale, coefficients binomiaux, triangle de Pascal.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Espérance d'une variable aléatoire discrète
- Loi binomiale
- Coefficients binomiaux
- Triangle de Pascal
Dans une usine qui assemble des cartes électroniques, le service qualité a établi que des cartes sortent de la chaîne avec un défaut de soudure. Chaque heure, un technicien prélève cartes et les teste une par une. Combien de cartes défectueuses va-t-il trouver ? Impossible de le prédire : parfois aucune, parfois une, parfois davantage. En revanche, on peut calculer la probabilité de chacun de ces résultats, et même le nombre moyen de cartes défectueuses que le technicien trouvera par prélèvement sur le long terme. L'outil qui répond à toutes ces questions s'appelle la loi binomiale : elle gouverne toutes les situations où l'on répète plusieurs fois la même expérience à deux issues et où l'on compte les succès. Contrôles qualité, sondages, jeux de hasard, taux de réponse d'un standard téléphonique : les exemples sont partout. Ce chapitre consolide d'abord vos acquis de première sur les variables aléatoires et l'espérance, puis construit la loi binomiale à partir des arbres que vous connaissez bien, introduit les coefficients binomiaux et le triangle de Pascal pour compter les chemins de ces arbres, et se termine par quelques scripts Python pour faire calculer la machine.
Variable aléatoire discrète : loi et espérance
Commençons par raviver les souvenirs de première. Lorsqu'une expérience aléatoire est réalisée, une variable aléatoire est une quantité qui associe un nombre à chaque issue de l'expérience : le gain d'un joueur, le nombre de clients satisfaits, le nombre de pannes dans la journée... Comme l'issue est aléatoire, la valeur prise par l'est aussi. Lorsque ne prend qu'un nombre limité de valeurs que l'on peut lister, on dit qu'elle est discrète : ce sont les seules variables aléatoires étudiées cette année. Donner la loi de probabilité de , c'est donner toutes ses valeurs possibles et, pour chacune, la probabilité , le tout présenté dans un tableau. Rappel essentiel : la somme des probabilités de la seconde ligne vaut toujours , ce qui fournit une vérification automatique du tableau.
La loi de probabilité contient toute l'information sur . Mais un seul nombre suffit souvent à résumer l'essentiel : autour de quelle valeur se situe-t-elle « en moyenne » ? Ce nombre est l'espérance, que vous avez rencontrée en première et que nous allons utiliser intensivement cette année.
Définition
Espérance d'une variable aléatoire. Soit une variable aléatoire discrète de loi de probabilité :
| Valeur | ||||
|---|---|---|---|---|
L'espérance de , notée , est la moyenne des valeurs de pondérée par leurs probabilités :
Chaque valeur pèse dans la moyenne proportionnellement à sa probabilité : une valeur deux fois plus probable qu'une autre compte deux fois plus lourd. C'est ce qui distingue l'espérance d'une moyenne ordinaire. Mais que représente concrètement ce nombre ? La réponse tient en une phrase, et c'est elle qui donne tout son sens aux calculs de ce chapitre.
Propriété
Interprétation de l'espérance. Si l'on répète l'expérience aléatoire un grand nombre de fois, la moyenne des valeurs observées de se rapproche de . L'espérance s'interprète donc comme la valeur moyenne de sur un grand nombre de répétitions.
Attention : n'est pas forcément une valeur que peut prendre. C'est une moyenne, pas un résultat possible.
En pratique, le calcul se déroule toujours de la même façon, à partir du tableau de la loi. Voici la démarche complète, de l'énoncé jusqu'à la phrase de conclusion.
Méthode
Calculer et interpréter une espérance.
- Dresser la loi de dans un tableau et vérifier que la somme des probabilités vaut .
- Multiplier chaque valeur de la première ligne par la probabilité écrite juste en dessous.
- Additionner tous les produits obtenus : le résultat est .
- Interpréter dans le contexte, avec l'unité : « en moyenne, sur un grand nombre de répétitions, ... ». Pour un jeu d'argent où est le gain algébrique (sommes reçues moins la mise), le jeu est favorable au joueur si , défavorable si , équitable si .
Appliquons cette méthode à un jeu de fête foraine, du début à la fin.
Exemple
Sur un stand, une roue équilibrée est divisée en secteurs identiques : secteur fait gagner €, secteurs font gagner €, les autres ne font rien gagner. Une partie coûte €. Le jeu est-il favorable au joueur ?
Loi du gain algébrique. On note le gain algébrique du joueur : sommes reçues moins les € de mise. Les valeurs possibles sont , puis , et enfin pour les secteurs perdants. La roue étant équilibrée, chaque secteur a la probabilité , d'où la loi :
| Valeur | |||
|---|---|---|---|
Vérification : . Le tableau est cohérent.
Espérance.
Conclusion. : le jeu est défavorable au joueur, qui perd en moyenne € par partie. Sur parties, il peut s'attendre à perdre environ €... qui finissent dans la caisse du stand. Remarquez qu'aucune partie ne fait perdre exactement € : c'est bien une moyenne sur le long terme.
Vous maîtrisez maintenant l'outil général : loi en tableau, espérance, interprétation. Le reste du chapitre l'applique à une variable aléatoire particulière, la plus importante du programme, qui naît de la répétition d'épreuves de Bernoulli.
De la répétition d'épreuves à la loi binomiale
Souvenez-vous du schéma de Bernoulli vu en première. Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire à deux issues : le succès , de probabilité , et l'échec , de probabilité . Lorsqu'on répète fois cette épreuve, dans des conditions identiques et de façon indépendante (le résultat d'une épreuve n'influence pas les suivantes), on représente la situation par un arbre pondéré : à chaque niveau, une branche de poids et une branche de poids . La probabilité d'un chemin complet de l'arbre est le produit des probabilités de ses branches.
Reprenons l'usine de l'introduction : tester une carte est une épreuve de Bernoulli, où l'on choisit comme succès « la carte est défectueuse », de probabilité . Comme en première, le « succès » n'est pas une bonne nouvelle : c'est un simple choix de modélisation, on appelle succès l'événement que l'on veut compter. Et justement, ce qui intéresse le technicien qui teste cartes, c'est le nombre de cartes défectueuses parmi les : un nombre qui dépend du hasard, donc une variable aléatoire. Cette variable porte un nom.
Définition
Loi binomiale. On répète fois, de façon identique et indépendante, une même épreuve de Bernoulli de paramètre . La variable aléatoire égale au nombre de succès obtenus au cours des épreuves suit la loi binomiale de paramètres et , notée .
Les valeurs possibles de sont , , , ..., .
Deux nombres suffisent donc à décrire toute la situation : le nombre de répétitions et la probabilité de succès . Dans l'exemple de l'usine, suit la loi . Avant tout calcul, la première compétence attendue est de reconnaître qu'une situation relève de la loi binomiale, et d'identifier le couple . Quatre points sont à vérifier, ni plus ni moins.
Méthode
Reconnaître une situation binomiale.
- Deux issues. Chaque expérience élémentaire est une épreuve de Bernoulli : on définit clairement le succès, et l'échec est son contraire.
- Même probabilité. La probabilité du succès est la même à chaque répétition.
- Indépendance. Les répétitions sont indépendantes : le résultat de l'une n'influence pas les autres. C'est le cas pour un tirage avec remise, ou pour un prélèvement dans une production ou une population très grande, que l'énoncé autorise à assimiler à un tirage avec remise.
- Compter les succès. La variable étudiée compte le nombre de succès sur les répétitions.
Si les quatre points sont vérifiés, on conclut : « suit la loi binomiale », en précisant les valeurs de et de .
Entraînons-nous sur une situation de sondage, très fréquente dans les sujets.
Exemple
Une enseigne sait que de ses clients sont satisfaits. On interroge au hasard clients, la clientèle étant suffisamment nombreuse pour assimiler ce choix à un tirage avec remise. On note le nombre de clients satisfaits parmi les interrogés.
Interroger un client est une épreuve de Bernoulli : succès « le client est satisfait », de probabilité (point 1). Cette probabilité est la même pour chacun des clients (point 2), les réponses sont indépendantes grâce à l'assimilation à un tirage avec remise (point 3), et compte les succès (point 4). Donc suit la loi binomiale .
À l'inverse, si l'on tirait sans remise dans un petit groupe (par exemple clients parmi les d'une seule journée), la probabilité de succès changerait à chaque tirage : les points 2 et 3 tomberaient, et la loi ne serait pas binomiale. D'où l'importance de vérifier les quatre points au lieu de conclure trop vite.
Visualisons maintenant la situation sur un arbre, pour épreuves.
Chaque chemin de la racine à une extrémité représente un scénario complet des trois épreuves, et l'arbre compte chemins. L'événement se lit directement sur l'arbre : il rassemble tous les chemins comportant exactement succès. Tant que , on peut dessiner l'arbre complet et dénombrer ces chemins à la main ; au-delà, l'arbre devient vite indessinable ( chemins pour !), mais il reste une image mentale précieuse : toute la suite du chapitre consiste à raisonner sur ses chemins sans les dessiner.
Exemple
Le technicien teste cartes ( suit la loi , succès : « la carte est défectueuse »). Interprétons l'événement sur l'arbre : il est réalisé par les chemins comportant exactement deux succès, c'est-à-dire
soit chemins. Chacun traverse deux branches de poids et une branche de poids , donc chacun a la probabilité . En additionnant les trois chemins :
Tout le calcul a reposé sur une seule information non évidente : il y a chemins réalisant exactement succès parmi épreuves. Pour , on les liste à la main. Mais combien de chemins réalisent exactement succès parmi épreuves ? Les compter un par un dans un arbre à chemins serait un cauchemar. Il nous faut un outil de comptage : c'est l'objet de la section suivante.
Coefficients binomiaux et triangle de Pascal
Le nombre de chemins réalisant exactement succès est si important qu'il reçoit une notation dédiée.
Définition
Coefficient binomial. Dans l'arbre représentant épreuves de Bernoulli répétées, le coefficient binomial , qui se lit « parmi », est le nombre de chemins de l'arbre réalisant exactement succès.
Certaines valeurs se lisent immédiatement sur l'image mentale de l'arbre. Il n'existe qu'un seul chemin sans aucun succès (celui qui enchaîne les échecs), donc ; de même (le chemin qui enchaîne les succès). Un chemin avec un seul succès est entièrement déterminé par la position de ce succès, qui peut être n'importe laquelle des épreuves : donc , et par le même raisonnement sur l'échec unique, . Enfin, nous avons compté à la section précédente . Pour les autres valeurs, plutôt que de dessiner des arbres géants, on utilise une relation qui permet de calculer chaque coefficient à partir des précédents.
Propriété
Formule de Pascal. Pour tous entiers et avec :
Justification sur l'arbre. Classons les chemins de épreuves comportant exactement succès selon leur dernier niveau :
- ceux qui se terminent par un succès : leurs premières épreuves comportent exactement succès, il y en a donc ;
- ceux qui se terminent par un échec : leurs premières épreuves comportent déjà les succès, il y en a donc .
Tout chemin est dans un cas ou dans l'autre, jamais les deux : le total est bien la somme des deux nombres.
Cette formule transforme le comptage de chemins en une simple addition : chaque coefficient de niveau s'obtient à partir de deux coefficients de niveau . En rangeant les coefficients dans un tableau, ligne par ligne, on obtient le célèbre triangle de Pascal, qui donne de proche en proche tous les coefficients dont vous aurez besoin.
Méthode
Construire le triangle de Pascal ligne par ligne.
- La ligne contient un seul coefficient : .
- Chaque ligne commence et se termine par (aucun succès, ou que des succès).
- Chaque autre coefficient s'obtient par la formule de Pascal : on additionne, dans la ligne du dessus, le nombre situé juste au-dessus à gauche et le nombre situé juste au-dessus.
- On poursuit jusqu'à la ligne voulue (au programme : ).
Voici le triangle jusqu'à la ligne . Chaque ligne correspond à une valeur de , chaque colonne à une valeur de :
Vérifiez au passage quelques cases avec la formule de Pascal : (les deux nombres au-dessus de la case , ), . Vous retrouvez aussi les valeurs déjà connues : la colonne ne contient que des , la colonne contient , et la ligne confirme .
Exemple
Lire le triangle. Le nombre de chemins réalisant exactement succès parmi épreuves se lit à la ligne , colonne : . De même, .
Prolonger le triangle. La ligne n'est pas dans le tableau ? La formule de Pascal la construit à partir de la ligne :
En procédant ainsi de case en case, la ligne complète est : , , , , , , , .
Nous savons désormais compter les chemins de l'arbre sans le dessiner. Il ne reste qu'à combiner ce comptage avec la probabilité de chaque chemin pour obtenir la formule centrale du chapitre.
Calculer des probabilités avec la loi binomiale
Reprenons le raisonnement mené pour , mais dans le cas général. Soit une variable aléatoire suivant la loi , et un entier entre et . Sur l'arbre, l'événement rassemble les chemins comportant exactement succès. Chacun de ces chemins traverse branches de poids et branches de poids : la probabilité d'un chemin étant le produit de ses branches, chaque chemin de a la même probabilité . Et nous savons maintenant compter ces chemins : il y en a exactement . Il suffit d'additionner.
Propriété
Probabilités de la loi binomiale. Si suit la loi binomiale , alors pour tout entier compris entre et :
Cas particuliers à connaître, où le comptage des chemins est immédiat :
- et (un seul chemin dans chaque cas) ;
- et ( chemins dans chaque cas).
Cette formule donne la probabilité de chaque valeur isolée. Pour des événements plus riches, on raisonne par réunion : l'événement , par exemple, est la réunion des événements et , qui ne peuvent pas se produire en même temps ; sa probabilité est donc la somme . Un cas mérite un réflexe particulier, car il revient dans presque tous les sujets : « au moins un succès ». Plutôt que d'additionner , on passe par l'événement contraire.
Méthode
Calculer une probabilité du type « au moins un ».
-
Traduire : « obtenir au moins un succès » correspond à l'événement .
-
Passer au contraire : le contraire de « au moins un succès » est « aucun succès », c'est-à-dire .
-
Conclure avec la probabilité de l'événement contraire :
Le même réflexe s'applique à « au plus succès », dont le contraire est « que des succès » : .
Mettons tout en œuvre sur la situation de l'introduction, cette fois avec le prélèvement complet.
Exemple
Le technicien prélève cartes ; chaque carte est défectueuse avec la probabilité , indépendamment des autres. Le nombre de cartes défectueuses du prélèvement suit la loi .
Aucune carte défectueuse. Un seul chemin (que des échecs) :
Exactement une carte défectueuse. Six chemins possibles (la carte défectueuse peut être n'importe laquelle des six) :
Au plus une carte défectueuse. Par réunion des deux événements précédents :
Au moins une carte défectueuse. Par l'événement contraire :
Exactement deux cartes défectueuses. La formule générale, avec lu dans le triangle de Pascal :
Bilan pour l'usine. Dans presque prélèvements sur , le technicien trouve au plus une carte défectueuse : c'est le quotidien normal de la chaîne. Trouver deux cartes défectueuses ou plus () reste peu fréquent : si cela se répète prélèvement après prélèvement, c'est le signe d'un problème sur la chaîne de production.
La loi binomiale répond donc à toutes les questions de probabilité, valeur par valeur ou par réunion. Mais souvent, une seule question intéresse le responsable qualité : en moyenne, combien de cartes défectueuses par prélèvement ? C'est une question d'espérance, et pour la loi binomiale la réponse est d'une simplicité remarquable.
Espérance de la loi binomiale
On pourrait calculer avec la définition de la première section : dresser toute la loi de , multiplier chaque valeur par , tout additionner. C'est faisable, mais long dès que grandit. Heureusement, le résultat final est toujours le même, et il tient en deux lettres.
Propriété
Espérance de la loi binomiale (admise). Si suit la loi binomiale , alors :
Ce résultat est admis. Il est cohérent avec ce que vous savez déjà : chaque épreuve de Bernoulli apporte « en moyenne » succès (l'espérance de la loi de Bernoulli, vue en première, vaut ), et il y a épreuves. Sur un grand nombre de répétitions de l'expérience complète, le nombre moyen de succès observé se rapproche de .
L'espérance d'une loi binomiale se calcule donc de tête, et son interprétation suit la règle générale : c'est le nombre moyen de succès sur le long terme, pas un résultat garanti à chaque expérience.
Exemple
À l'usine. Pour le prélèvement de cartes avec , l'espérance vaut : en moyenne, carte défectueuse par prélèvement. Aucun prélèvement ne donne carte, bien sûr ! Mais sur une journée de prélèvements horaires, le technicien peut s'attendre à trouver au total environ , soit à cartes défectueuses.
Au sondage. Pour les clients interrogés avec , l'espérance vaut : en moyenne, clients satisfaits sur interrogés, ce qui est conforme à l'intuition ( de ).
Pour terminer, prenons un peu de hauteur et regardons une loi binomiale dans son ensemble. Le diagramme en bâtons ci-dessous représente la loi : on lance fois une pièce équilibrée et compte le nombre de « pile ». Chaque bâton a pour hauteur .
Deux observations sautent aux yeux. D'abord, le diagramme est symétrique : comme , succès et échec jouent exactement le même rôle, donc , , et ainsi de suite. Ensuite, les valeurs les plus probables (le mode de la loi) sont et , à égalité avec une probabilité d'environ chacune : obtenir ou piles sur lancers est le scénario courant, tandis que ou piles restent possibles mais rares. L'espérance se trouve exactement au centre de symétrie du diagramme, entre les deux bâtons les plus hauts, alors même que ne prend jamais la valeur .
Dernière expérience graphique : fixons et faisons varier . Le graphique ci-dessous place, pour fixé (imaginez un standard téléphonique où des appels aboutissent à une réservation) et pour chaque valeur de de à , un point d'abscisse et d'ordonnée .
Les points s'alignent parfaitement sur une droite passant par l'origine, de pente : c'est la traduction graphique de la formule , qui exprime que est proportionnelle à . Doubler le nombre d'appels traités double le nombre moyen de réservations : l'espérance grandit linéairement avec .
Avec Python
Le programme demande de savoir traiter deux situations en Python : générer un triangle de Pascal et calculer une espérance. Les deux scripts tiennent en quelques lignes et n'utilisent que des listes et des boucles.
Générer le triangle de Pascal. On représente le triangle par une liste de listes : triangle[i] est la ligne . Chaque nouvelle ligne commence par , se remplit avec la formule de Pascal (somme de deux coefficients de la ligne précédente), et se termine par .
n = 10
triangle = [[1]] # ligne n = 0
for i in range(1, n + 1):
precedente = triangle[i - 1] # ligne n = i - 1
ligne = [1] # commence toujours par 1
for k in range(1, i):
ligne.append(precedente[k - 1] + precedente[k]) # formule de Pascal
ligne.append(1) # se termine toujours par 1
triangle.append(ligne)
for ligne in triangle:
print(ligne)
L'exécution affiche les lignes une par une : [1], puis [1, 1], [1, 2, 1], [1, 3, 3, 1]... jusqu'à la ligne . Pour lire un coefficient précis, on écrit par exemple triangle[6][2], qui vaut 15 : c'est bien , la case ligne , colonne du tableau de la section 3.
Calculer une espérance. On range les valeurs de la variable aléatoire dans une liste, leurs probabilités dans une autre, et on accumule la somme des produits dans une variable esperance. Reprenons la roue de la première section :
valeurs = [-2, 0, 8] # gains possibles à la roue
probas = [0.6, 0.3, 0.1] # probabilités correspondantes
esperance = 0 # accumulateur de la somme
for i in range(len(valeurs)):
esperance = esperance + valeurs[i] * probas[i]
print(esperance)
Le script affiche le résultat du calcul : on retrouve, aux infimes arrondis de la machine près, l'espérance calculée à la main. Ce même script fonctionne pour n'importe quelle loi en tableau, y compris une loi binomiale dont on aurait rangé les probabilités dans la liste probas.
Représenter une loi par un diagramme en bâtons. Une fois construite la liste probas des probabilités pour allant de à (par exemple avec la ligne du triangle et la formule du cours), le module matplotlib trace le diagramme en trois lignes :
import matplotlib.pyplot as plt
plt.bar(range(n + 1), probas) # un bâton par valeur de k
plt.show()
C'est exactement ainsi qu'a été produit le diagramme de la loi de la section précédente. N'hésitez pas à faire varier et pour observer la forme de la loi : symétrique quand , penchée vers la gauche quand est petit, vers la droite quand est grand.
Résumons le chemin parcouru. Une variable aléatoire discrète se décrit par sa loi en tableau, et son espérance donne sa valeur moyenne sur un grand nombre de répétitions. Quand on répète fois une épreuve de Bernoulli de paramètre , de façon identique et indépendante, le nombre de succès suit la loi binomiale ; l'événement rassemble les chemins de l'arbre à exactement succès, et leur nombre est le coefficient binomial , calculable de proche en proche grâce au triangle de Pascal. Chaque chemin ayant la probabilité , on obtient la formule , complétée par le réflexe de l'événement contraire pour « au moins un ». Enfin, l'espérance de la loi binomiale vaut , un résultat admis mais très intuitif : c'est le nombre moyen de succès que l'usine, le sondeur ou le standard téléphonique peut attendre sur le long terme.
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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.