Tale PCM · Chapitre 05 · Analyse

Composition de fonctions

Fonction composée et sa dérivée, dérivées de uⁿ, cos(u), exp(u), ln(u) ; primitives associées.

Ce qu'il faut savoir faire

  • Fonction composée et sa dérivée
  • Dérivées de uⁿ
  • Cos(u)
  • Exp(u)
  • Ln(u)
  • Primitives associées

Sortez un objet du four et laissez-le refroidir à l'air libre : sa température, en degrés Celsius, suit une loi du type T(t)=20+60et/5, où t est le temps en minutes. Regardez cette expression de près : en son cœur se trouve et/5, c'est-à-dire la fonction exponentielle appliquée non pas à t, mais à t/5. De même, l'énergie d'un signal électrique fait intervenir le carré u(t)2 d'une tension qui varie, et un signal sinusoïdal sin(ωt+φ) applique le sinus à l'expression ωt+φ. Le constat est général : les fonctions que produisent les sciences sont presque toujours des emboîtements de fonctions simples, une fonction appliquée au résultat d'une autre. Jusqu'ici, nous avons contourné l'obstacle au cas par cas, par exemple avec la formule spéciale donnant la dérivée de ekx. Ce chapitre affronte la question de face.

Nous allons d'abord donner un nom et une notation à cet emboîtement : la composée de deux fonctions, notée vu. Nous apprendrons ensuite à dériver une composée grâce à une formule unique, qui unifie toutes les formules de dérivation apprises depuis la première ; nous en tirerons les dérivées des composées usuelles un, cos(u), sin(u), eu et ln(u). Enfin, nous lirons ces formules à l'envers pour enrichir considérablement notre réserve de primitives, et donc d'intégrales calculables. Précisons d'emblée le statut de ce chapitre : il ne figure pas au programme de l'épreuve terminale de la spécialité physique-chimie et mathématiques (note de service en vigueur depuis la session 2022), mais il fait pleinement partie du programme de l'année, et il est indispensable pour la poursuite d'études, en BTS, en BUT comme en prépa TSI ou TPC, où dériver et primitiver des composées est un réflexe quotidien.

La composée de deux fonctions

L'idée est celle d'une chaîne de fabrication : un nombre x entre, une première fonction u le transforme en u(x), puis une seconde fonction v transforme ce résultat en v(u(x)). La fonction qui réalise la chaîne complète, de l'entrée x à la sortie v(u(x)), porte un nom.

Définition

Composée de deux fonctions. Soit u une fonction définie sur un intervalle I, et v une fonction définie sur un intervalle J contenant toutes les valeurs u(x) prises par u. La composée de u suivie de v est la fonction notée vu (lire « v rond u ») définie sur I par :

(vu)(x)=v(u(x))

Le schéma en chaîne résume la définition :

x  u  u(x)  v  v(u(x))

Attention au sens de lecture : dans la notation vu, c'est la fonction écrite à droite, u, qui agit en premier. La notation se lit de droite à gauche, comme l'écriture v(u(x)) elle-même : u est à l'intérieur des parenthèses, donc appliquée d'abord.

Exemple

Calculs d'images et d'expressions. Prenons u(x)=2x+1 et v(x)=x3.

Calculons (vu)(1) : d'abord u(1)=2×1+1=3, puis v(3)=33=27. Donc (vu)(1)=27.

Plus généralement, pour tout réel x : (vu)(x)=v(2x+1)=(2x+1)3.

Composons maintenant dans l'autre ordre : (uv)(x)=u(x3)=2x3+1. En particulier (uv)(1)=3, qui n'est pas 27.

L'exemple met en évidence un fait essentiel : la composition n'est pas commutative. Les fonctions vu et uv sont en général différentes, comme le montrent (2x+1)3 et 2x3+1, qui ne prennent déjà pas la même valeur en x=1. L'ordre des opérations compte, exactement comme dans la vie courante : mettre ses chaussettes puis ses chaussures ne donne pas le même résultat que l'inverse.

En pratique, le travail demandé est souvent le chemin retour : devant une expression toute faite, reconnaître la chaîne qui l'a fabriquée. C'est la capacité clé du chapitre, celle dont dépendront tous les calculs de dérivées et de primitives à venir.

Méthode

Identifier la composée dans une expression simple. Pour écrire une expression sous la forme v(u(x)) :

  1. repérer la dernière opération effectuée sur l'expression (élever à une puissance, prendre le cosinus, l'exponentielle, le logarithme...) : c'est la fonction extérieure v ;
  2. tout ce qui se trouve « à l'intérieur » est u(x) ;
  3. vérifier en recomposant : le calcul de v(u(x)) doit redonner exactement l'expression de départ.

Entraînons-nous sur les quatre expressions suivantes, que nous retrouverons tout au long du chapitre.

a. (2x+1)3=v(u(x)) avec u(x)=2x+1 et v(x)=x3.

b. cos(3t)=v(u(t)) avec u(t)=3t et v(x)=cos(x).

c. ex2=v(u(x)) avec u(x)=x2 et v(x)=ex.

d. ln(x2+1)=v(u(x)) avec u(x)=x2+1 et v(x)=ln(x).

Un mot sur le d., qui illustre une vigilance à garder : la fonction ln n'accepte que des nombres strictement positifs. Ici, tout se passe bien, car x2+11>0 pour tout réel x : la composée est définie sur R tout entier. Avant de composer, il faut toujours s'assurer que les valeurs de u tombent dans le domaine de v.

Dérivée d'une fonction composée

Savoir écrire vu ne suffit pas : en analyse, une fonction ne devient vraiment exploitable que lorsqu'on sait la dériver, pour étudier ses variations, ses tangentes, ses extremums. Or nos formules actuelles (somme, produit, quotient) ne disent rien d'une composée. Voici la formule qui manque, résultat central du chapitre.

Propriété

Dérivée d'une composée (admise). Soit u une fonction dérivable sur un intervalle I, et v une fonction dérivable sur un intervalle contenant toutes les valeurs de u. Alors vu est dérivable sur I et, pour tout x de I :

(vu)(x)=u(x)×v(u(x))

soit, en écriture condensée : (vu)=u×(vu).

En français : on dérive la fonction extérieure v en la laissant appliquée à u(x), puis on multiplie par la dérivée de la fonction intérieure. Ce facteur u mesure la vitesse à laquelle l'entrée de v varie ; l'oublier est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre, et nous y reviendrons.

D'où vient cette formule ? L'idée se lit sur le taux de variation. Entre x et x+h, faisons apparaître de force la variation de u en multipliant et divisant par u(x+h)u(x) :

v(u(x+h))v(u(x))h=v(u(x+h))v(u(x))u(x+h)u(x)taux de variation de v×u(x+h)u(x)htaux de variation de u

Quand h tend vers 0, le second facteur tend vers u(x), par définition du nombre dérivé. Dans le premier facteur, les deux valeurs u(x+h) et u(x) se resserrent l'une sur l'autre : ce taux de variation de v tend vers v(u(x)). Le produit tend donc vers u(x)×v(u(x)). Signalons honnêtement l'abus d'écriture : rien ne garantit que u(x+h)u(x) soit non nul, et diviser par cette quantité est donc discutable. C'est pourquoi ce raisonnement reste une idée de justification, éclairante mais incomplète, et que la formule est admise, conformément au programme.

Exemple

Premiers calculs avec la formule générale.

Dérivons f(x)=(2x+1)3. Ici u(x)=2x+1 et v(x)=x3, donc u(x)=2 et v(x)=3x2. La formule donne :

f(x)=u(x)×v(u(x))=2×3(2x+1)2=6(2x+1)2

Dérivons g(x)=ln(x2+1). Ici u(x)=x2+1 (strictement positif sur R) et v(x)=ln(x), donc u(x)=2x et v(x)=1x. La formule donne :

g(x)=2x×1x2+1=2xx2+1

Cette formule n'est pas une nouveauté isolée : elle unifie ce que vous savez déjà. Au chapitre sur l'exponentielle, nous avions admis que la dérivée de ekx est kekx. C'est exactement la formule générale appliquée à u(x)=kx et v(x)=ex : le facteur u(x)=k sort devant, et l'exponentielle se recopie. Toutes les formules « spéciales » rencontrées depuis la première vont ainsi apparaître comme des cas particuliers d'une seule et même règle.

Les dérivées des composées usuelles

Dans la pratique, la fonction extérieure v est presque toujours l'une des fonctions de référence du programme : une puissance, un cosinus, un sinus, une exponentielle ou un logarithme. Plutôt que de redérouler la formule générale à chaque fois, on retient le tableau suivant, obtenu en appliquant (vu)=u×(vu) à chacune de ces fonctions.

Propriété

Dérivées des composées usuelles. Soit u une fonction dérivable sur un intervalle I.

Fonction Dérivée Conditions
un (n entier relatif) nuun1 u(x)0 sur I si n<0
1u (cas n=1) uu2 u(x)0 sur I
cos(u) usin(u) aucune
sin(u) ucos(u) aucune
eu ueu aucune
ln(u) uu u(x)>0 sur I

Observez la structure commune : chaque ligne est la formule de dérivation connue (celle de xn, de cos, de ex...), appliquée à u au lieu de x, et multipliée par le facteur u. C'est ce facteur qui distingue la dérivée d'une composée de celle d'une fonction simple ; sans lui, dériver ex2 donnerait ex2, ce qui est faux. La ligne un vaut pour tout entier relatif n : elle couvre aussi bien (2x+1)3 que 1(x2+1)2=(x2+1)2.

Méthode

Dériver une composée usuelle.

  1. Identifier la forme du tableau (un, cos(u), sin(u), eu ou ln(u)) et poser explicitement la fonction intérieure u.
  2. Calculer u.
  3. Appliquer la formule du tableau, sans oublier le facteur u.
  4. Simplifier l'expression obtenue (regrouper les constantes, ordonner les facteurs).

Appliquons la méthode à quatre exemples couvrant les principales formes du tableau.

a. f(x)=(3x5)4 : forme un avec u(x)=3x5 et n=4, d'où u(x)=3 et f(x)=4×3(3x5)3=12(3x5)3.

b. g(x)=1x2+1 : forme 1u avec u(x)=x2+1, d'où u(x)=2x et g(x)=2x(x2+1)2.

c. h(t)=cos(3t) : forme cos(u) avec u(t)=3t, d'où u(t)=3 et h(t)=3sin(3t).

d. m(x)=ln(2x+3) sur ]32;+[ : forme ln(u) avec u(x)=2x+3>0, d'où u(x)=2 et m(x)=22x+3.

Les signaux des sciences rentrent immédiatement dans ce cadre. Prenons un signal sinusoïdal s(t)=Asin(ωt+φ) : c'est la forme sin(u) avec u(t)=ωt+φ, donc u(t)=ω et

s(t)=Aωcos(ωt+φ)

Vous reconnaissez la formule apprise en première pour dériver les signaux sinusoïdaux : elle aussi n'était qu'un cas particulier de la dérivation des composées.

Mettons maintenant le tableau à l'épreuve sur une étude complète, celle d'une fonction célèbre pour sa courbe « en cloche ».

Exemple

Étude de la fonction f(x)=ex2 sur R.

Identification. C'est la forme eu avec u(x)=x2, donc u(x)=2x.

Dérivée. Le tableau donne directement :

f(x)=u(x)eu(x)=2xex2

Signe de la dérivée. Une exponentielle est toujours strictement positive : ex2>0 pour tout réel x. Le signe de f(x) est donc celui du facteur 2x : positif pour x<0, nul en x=0, négatif pour x>0.

Variations. La fonction f est croissante sur ];0], décroissante sur [0;+[, et atteint son maximum en x=0, avec f(0)=e0=1.

xx
-\infty
00
++\infty
f(x)f'(x)
++
00
-
f(x)f(x)
11

Courbe en cloche de la fonction exponentielle de moins x carré sur l'intervalle de moins 2,7 à 2,7, symétrique par rapport à l'axe des ordonnées, avec sa tangente horizontale au sommet de coordonnées zéro et un

La courbe confirme l'étude : une bosse symétrique, culminant au point (0;1) où la tangente est horizontale, puisque f(0)=0. Loin de l'origine, x2 prend des valeurs très négatives et l'exponentielle rend des valeurs minuscules : la courbe s'écrase sur l'axe des abscisses, comme on le voit déjà aux bords de la figure. Cette forme en cloche est partout en sciences, du profil d'un faisceau laser aux distributions statistiques.

Terminons la section en honorant une vieille promesse. En première, la formule de la dérivée d'un quotient avait été admise. Nous avons désormais de quoi la démontrer.

Exemple

La formule du quotient, enfin démontrée. Soient u et v dérivables, avec v ne s'annulant pas. L'astuce consiste à écrire le quotient comme un produit : uv=u×1v. Le tableau des composées donne la dérivée de 1v, à savoir vv2, et la formule du produit fait le reste :

(uv)=u×1v+u×(vv2)=uvv2uvv2=uvuvv2

C'est bien la formule utilisée depuis la première. La composition ne se contente pas d'ajouter une règle : elle explique celles qu'on connaissait.

Primitives et composition : la lecture inverse

Le chapitre Intégration nous a appris qu'une intégrale se calcule avec une primitive, et que toute la difficulté est d'en trouver une. Chaque formule de dérivation, lue à l'envers, est une formule de primitive : le tableau des composées usuelles va donc démultiplier notre réserve. Commençons par le cas le plus simple, celui où la fonction intérieure est affine.

Propriété

Primitive de xf(ax+b). Soit f une fonction admettant une primitive F, et a, b deux réels avec a0. Alors une primitive de la fonction xf(ax+b) est :

x1aF(ax+b)

La vérification tient en une ligne : en dérivant 1aF(ax+b), la règle de la composée fait sortir le facteur u=a, qui se simplifie exactement avec le 1a, et il reste F(ax+b)=f(ax+b). Ce coefficient 1a est le prix à payer pour la composition : ne l'oubliez pas, et vérifiez toujours en dérivant votre résultat.

Exemple

Trois primitives de la forme f(ax+b).

Un signal sinusoïdal. Une primitive de cos est sin, donc une primitive de tcos(ωt+φ) est t1ωsin(ωt+φ) : c'est la formule utilisée depuis la première pour primitiver les signaux, désormais expliquée.

Une exponentielle. Une primitive de ex est ex, donc une primitive de tet/2 est t11/2et/2=2et/2.

Une puissance. Une primitive de xx4 est xx55, donc une primitive de t(3t1)4 est t13×(3t1)55=(3t1)515.

Passons au cas général. Si u n'est plus affine, sa dérivée u n'est plus une constante et ne peut pas se compenser par un simple coefficient : il faut qu'elle soit présente dans l'expression à primitiver. C'est le sens du résultat suivant, qui est la lecture inverse de la formule (Fu)=u×(Fu).

Propriété

Primitive de uf(u). Soit u une fonction dérivable sur un intervalle I, et f une fonction admettant une primitive F. Alors une primitive sur I de la fonction xu(x)f(u(x)) est la fonction Fu, c'est-à-dire xF(u(x)).

En appliquant ce principe aux fonctions de référence, on obtient le tableau des formes usuelles :

Forme Une primitive Conditions
uun (n entier relatif, n1) un+1n+1 u(x)0 sur I si n<0
uu (cas n=1) ln(u) u(x)>0 sur I
ueu eu aucune
ucos(u) sin(u) aucune
usin(u) cos(u) aucune

Le cas n=1 mérite un instant d'attention : la formule un+1n+1 y est interdite (elle diviserait par zéro), et c'est le logarithme qui prend le relais, avec la forme uu de primitive ln(u), à condition que u reste strictement positive sur l'intervalle. Le vrai savoir-faire, ici, n'est pas d'apprendre le tableau : c'est de reconnaître ces formes dans une expression, quitte à faire apparaître la constante qui manque.

Méthode

Reconnaître une forme uf(u). Pour primitiver une expression contenant une composée :

  1. poser u, la fonction intérieure de la composée ;
  2. calculer u, et chercher si u apparaît en facteur dans l'expression, à une constante multiplicative près ;
  3. ajuster la constante : si l'expression contient k×u au lieu de u, la primitive sera multipliée par k ;
  4. vérifier en dérivant la primitive obtenue : on doit retrouver exactement l'expression de départ.

Exemple

Une intégrale avec ajustement de constante. Calculons 01tet2dt.

Posons u(t)=t2, la fonction intérieure de l'exponentielle : alors u(t)=2t. L'expression contient le facteur t, et non 2t : ajustons la constante en écrivant t=12×(2t), de sorte que :

tet2=12×(2t)et2=12u(t)eu(t)

C'est la forme ueu, multipliée par 12 : une primitive est donc 12et2. Il ne reste qu'à calculer l'intégrale :

01tet2dt=[12et2]01=12e1+12e0=1e120,316

Contrôle de cohérence : la fonction ttet2 est positive sur [0;1], et le résultat est bien positif.

Exemple

Deux primitives à reconnaître.

Une forme uu. Cherchons une primitive de g(t)=2tt2+1 sur R. Posons u(t)=t2+1 : alors u(t)=2t, qui est exactement le numérateur, et u(t)1>0 sur R. C'est la forme uu : une primitive est G(t)=ln(t2+1).

Une forme uun. Cherchons une primitive de h(x)=x(x2+1)3. Posons u(x)=x2+1 : alors u(x)=2x, et x=12u(x). Donc h=12uu3, forme uun avec n=3 : une primitive est H(x)=12×(x2+1)44=(x2+1)48.

Une mise en garde pour finir : la méthode ne permet d'ajuster qu'une constante multiplicative. Si le facteur manquant contient la variable (par exemple primitiver et2 seul, sans le facteur t devant), aucune manipulation de ce chapitre n'aboutit : cette fonction n'a d'ailleurs pas de primitive exprimable avec les fonctions usuelles. Reconnaître les formes du tableau, c'est aussi savoir reconnaître ce qui n'en est pas une.

Une application : l'énergie dissipée dans une résistance

Rassemblons tout le chapitre sur une situation d'électricité. Un condensateur se décharge dans une résistance R=12 Ω ; la tension à ses bornes, en volts, vaut u(t)=12et/2, où t est en secondes. La puissance dissipée par effet Joule est p(t)=u(t)2R : remarquez que u(t)2 est déjà une composée, le carré appliqué à la tension. Les propriétés de l'exponentielle donnent (et/2)2=et, d'où :

p(t)=(12et/2)212=144et12=12et

L'énergie dissipée pendant les deux premières secondes est, comme au chapitre Intégration, l'intégrale de la puissance : E=02p(t)dt, en joules. La fonction tet est de la forme f(at+b) avec a=1 : une primitive est et, donc une primitive de p est 12et. Le calcul s'enchaîne :

E=0212etdt=[12et]02=12e2+12e0=12(1e2)10,4 J

Environ 10,4 joules sont dissipés en chaleur pendant ces deux secondes. Chaque étape du calcul vient d'un chapitre de l'année : la composition pour lire u(t)2 et et/2, les propriétés de l'exponentielle pour simplifier, la lecture inverse pour primitiver, l'intégrale pour donner un sens physique au résultat.

Ce chapitre a mis un mot, une notation et deux formules sur une réalité omniprésente : les fonctions des sciences sont des emboîtements. La formule (vu)=u×(vu) unifie toutes les dérivées apprises depuis la première, du signal sinusoïdal à l'exponentielle ekx, et démontre au passage la formule du quotient ; sa lecture inverse fournit les primitives des formes uun, uu, ueu, ucosu et usinu, qui élargissent d'autant le champ des intégrales calculables. Le réflexe à installer tient en deux questions, à se poser devant chaque expression : quelle est la fonction intérieure u ? et où est le facteur u ? Les exercices vont maintenant l'ancrer, de l'identification des composées jusqu'aux calculs d'énergie.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.