MP · Chapitre 07
Fonctions vectorielles
Dérivation et intégration des fonctions d'une variable réelle à valeurs dans un espace normé de dimension finie, formules de Taylor.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Dérivation et intégration des fonctions d'une variable réelle à valeurs dans un espace normé de dimension finie
- Formules de Taylor
Toute l'analyse de première année portait sur des fonctions à valeurs dans ou dans : on dérivait des nombres, on intégrait des nombres, on majorait des nombres. Or les objets que vous manipulez maintenant sont rarement des nombres. La position d'un point mobile dans le plan est un couple, l'état d'un système différentiel est un vecteur de , la matrice de passage d'une réduction dépend souvent d'un paramètre, un polynôme dont les coefficients varient avec le temps est un point mobile de . Il faut donc apprendre à dériver et à intégrer des fonctions dont les valeurs sont des vecteurs. C'est exactement l'objet de ce chapitre.
Le fil directeur tient en une phrase, et il faut l'avoir en tête dès la première ligne : en dimension finie, tout se lit sur les coordonnées. Si est une base de et si , alors est dérivable si et seulement si les fonctions numériques le sont, et l'on dérive coordonnée par coordonnée. Idem pour l'intégrale, pour la classe , pour les sommes de Riemann. Chaque énoncé de première année remonte donc à l'étage vectoriel presque gratuitement, en l'appliquant fois. Deux précautions accompagnent ce principe. D'abord, il faut vérifier que le résultat obtenu ne dépend pas de la base choisie, faute de quoi la définition n'aurait aucun sens intrinsèque : nous le démontrerons pour l'intégrale, où le point est réellement à prouver. Ensuite, il faut se souvenir que la convergence dans équivaut à la convergence des coordonnées parce que toutes les normes sont équivalentes en dimension finie. C'est le théorème du chapitre de topologie qui rend tout ce mécanisme licite, et il est utilisé partout ici, souvent sans qu'on le dise.
Un avertissement, maintenant, et c'est la confusion numéro un des élèves de MP. Dans tout ce chapitre, la variable reste un réel : une fonction vectorielle est une fonction , où est un intervalle de et où est un espace vectoriel normé de dimension finie. C'est l'arrivée qui est vectorielle, jamais le départ. Le calcul différentiel à plusieurs variables, où la variable elle-même est un vecteur et où apparaissent la différentielle, le gradient et les dérivées partielles, est un tout autre chapitre. Ici, il n'y a qu'une seule variable, il n'y a qu'une seule dérivée, et le taux d'accroissement garde un sens littéral puisque l'on divise un vecteur par un scalaire. Chaque fois que vous serez tenté d'écrire une dérivée partielle dans ce chapitre, c'est que vous vous êtes trompé de chapitre.
Un seul énoncé de première année meurt ici, et il faut le savoir avant même de commencer, tant on est tenté de s'en servir : le théorème de Rolle est faux pour une fonction vectorielle, et avec lui l'égalité des accroissements finis. La raison est structurelle : leur démonstration repose sur l'existence d'un maximum, donc sur la relation d'ordre de , et un espace vectoriel normé n'est pas ordonné. Nous en donnerons un contre-exemple d'une simplicité désarmante, le cercle unité parcouru une fois. Ce qui subsiste, et qui suffit à tout, c'est l'inégalité des accroissements finis . Retenez la règle de rédaction qui en découle : dans une copie, une fonction vectorielle n'a jamais le droit d'être soumise à Rolle.
Le plan est alors dicté par la logique. On dérive d'abord en un point, on regarde ce que deviennent les opérations usuelles (et il y en a de nouvelles : produit scalaire, déterminant, produit matriciel, qui sont toutes des applications bilinéaires ou multilinéaires), puis on itère pour définir la classe . On construit ensuite l'intégrale sur un segment, exclusivement sur un segment, avec son inégalité triangulaire. Le lien entre les deux moitiés du chapitre est le théorème fondamental : est une primitive de . De ce théorème découlent en cascade l'inégalité des accroissements finis et les trois formules de Taylor, qui referment le chapitre.
À quoi tout cela sert-il ensuite ? Immédiatement au chapitre des équations différentielles linéaires, dont l'inconnue est précisément une fonction vectorielle, et où l'inégalité des accroissements finis fournit les estimations d'unicité. Ensuite au calcul différentiel, où la dérivée le long d'un chemin ramène systématiquement l'étude à une fonction d'une variable réelle à valeurs vectorielles, c'est-à-dire à ce chapitre. Et de façon diffuse dans tous les problèmes de concours qui font intervenir une fonction à valeurs matricielles, un déterminant qui dépend d'un paramètre, ou une trajectoire.
Fixons enfin les notations, valables partout dans le chapitre. La lettre désigne ou . Les lettres , , désignent des -espaces vectoriels normés de dimension finie, dont la norme est notée sans indice quand aucune confusion n'est possible ; la dimension de est notée et en est une base. Les lettres et désignent des intervalles de non réduits à un point, et un segment, avec sauf mention contraire. Une fonction vectorielle est notée , ses coordonnées dans la base sont , ses dérivées , , , avec la convention . L'espace des fonctions de classe de dans est . Toute intégrale s'écrit . Les notations d'algèbre de l'an dernier sont conservées : , , , , , , pour la comatrice, et pour un produit scalaire.
Dérivation en un point
Le taux d'accroissement
Définition
Soient et . On dit que est dérivable en lorsque le taux d'accroissement
admet une limite dans lorsque tend vers (avec et ). Cette limite est alors unique, on l'appelle le vecteur dérivé de en et on la note :
Remarque
Le quotient a un sens : est un vecteur de , et est un scalaire, donc est un vecteur de . On ne divise jamais par un vecteur, et c'est bien parce que la variable est réelle que la définition de première année se recopie mot pour mot. L'unicité de la limite est celle des limites dans un espace vectoriel normé, vue au chapitre de topologie.
La limite est prise pour la norme de . Comme est de dimension finie, toutes les normes y sont équivalentes, donc la dérivabilité et la valeur de ne dépendent pas de la norme choisie sur . C'est un confort considérable, et une raison de plus de ne jamais préciser la norme dans ce chapitre.
Propriété
Caractérisation par le développement limité à l'ordre . Soient et . La fonction est dérivable en si et seulement s'il existe un vecteur et une fonction , définie pour voisin de tel que , à valeurs dans et de limite en , tels que
Dans ce cas , et l'on écrit .
Démonstration. Supposons dérivable en et posons, pour tel que ,
Par définition de la dérivée, quand , et en multipliant l'égalité par on obtient bien , cette dernière relation étant également vraie pour .
Réciproquement, supposons qu'il existe et comme dans l'énoncé. Pour ,
Donc est dérivable en et .
Remarque
Cette caractérisation est la forme utile de la dérivée : elle transforme une limite de quotient en une égalité approchée, donc en un outil de calcul. C'est elle qui servira pour la composition , où le quotient direct est piégeux parce que peut s'annuler. Notez au passage le sens de pour une fonction à valeurs vectorielles : c'est une fonction de la forme avec . La notation de Landau garde exactement le même maniement qu'en première année, à condition de se rappeler que le « petit o » est un vecteur et qu'on ne peut donc pas le diviser par un autre.
Propriété
Dérivabilité entraîne continuité. Si est dérivable en , alors est continue en .
Démonstration. Écrivons le développement limité : avec . Alors
par inégalité triangulaire et homogénéité de la norme. Donc , c'est-à-dire que est continue en .
Remarque
La réciproque est fausse, comme dans le cas réel : la fonction est continue en sans y être dérivable. On le vérifiera plus bas avec les dérivées latérales.
Interprétation cinématique
Définition
Lorsque décrit la position d'un point mobile à l'instant , l'image s'appelle la trajectoire du mouvement, le vecteur s'appelle le vecteur vitesse à l'instant , le réel la vitesse scalaire, et , lorsqu'il existe, le vecteur accélération.
Remarque
Le vecteur est le vecteur déplacement entre les instants et , divisé par la durée écoulée : c'est une vitesse moyenne. Le passage à la limite donne la vitesse instantanée. Géométriquement, la droite passant par et dirigée par , lorsque , est la tangente à la trajectoire au point .
Une conséquence à retenir : la trajectoire est un ensemble de points, la fonction est un mouvement. Deux fonctions différentes peuvent avoir la même trajectoire, avec des vitesses complètement différentes. Le contre-exemple de Rolle, plus bas, exploite exactement cette distinction : la trajectoire est fermée (le point revient à son point de départ) alors que la vitesse ne s'annule jamais.
Exemple
L'hélice circulaire. Soit définie par . Le taux d'accroissement se calcule coordonnée par coordonnée (nous le justifierons dans un instant), et l'on obtient
Pour la norme euclidienne, pour tout : le mouvement est uniforme, la vitesse scalaire est constante, bien que le vecteur vitesse, lui, ne le soit pas du tout. De plus : l'accélération est non nulle alors que la vitesse scalaire est constante, ce qui est impossible pour un mouvement sur une droite. On remarque enfin : accélération et vitesse sont orthogonales, ce qui n'est pas un hasard et sera expliqué par le corollaire sur les fonctions de norme constante.
Dérivées à droite et à gauche
Définition
Soient et .
Si n'est pas l'extrémité droite de , on dit que est dérivable à droite en lorsque admet une limite quand avec . Cette limite se note .
Si n'est pas l'extrémité gauche de , on dit que est dérivable à gauche en lorsque admet une limite quand avec . Cette limite se note .
Propriété
Soit un point intérieur à . La fonction est dérivable en si et seulement si elle est dérivable à droite et à gauche en et que . Dans ce cas, .
Démonstration. C'est la caractérisation générale d'une limite par les limites à droite et à gauche, appliquée à la fonction à valeurs dans l'espace vectoriel normé : tend vers quand si et seulement si tend vers à droite et à gauche de . Comme est intérieur à , les deux limites latérales ont bien un sens.
Exemple
Dérivable des deux côtés, non dérivable. Soit définie par . Étudions la dérivabilité en . Pour ,
Si , ceci vaut : donc . Si , ceci vaut : donc . Les deux dérivées latérales existent, mais , donc n'est pas dérivable en . Elle y est pourtant continue, puisqu'elle admet des limites latérales finies égales à .
Cinématiquement, le mobile arrive en avec la vitesse et en repart avec la vitesse : il y a un point de rebroussement, la trajectoire n'a pas de tangente en ce point.
Traduction par les coordonnées
C'est le théorème central du chapitre. Il ramène toute l'étude à des fonctions numériques, donc à la première année.
Théorème
Dérivation par les coordonnées. Soit une base de et soit . Notons les coordonnées de dans cette base, c'est-à-dire les fonctions de dans telles que
Alors est dérivable en si et seulement si chacune des fonctions est dérivable en , et l'on a dans ce cas
Démonstration. Introduisons la norme des coordonnées associée à la base : pour , on pose . C'est bien une norme sur (les axiomes se vérifient comme pour sur , l'application étant un isomorphisme). Comme est de dimension finie, et sont équivalentes : il existe deux réels et tels que
Pour tel que , la linéarité des coordonnées donne
où est le taux d'accroissement de la fonction numérique en . Autrement dit, les coordonnées du taux d'accroissement de sont les taux d'accroissement des coordonnées de .
Supposons chaque dérivable en et posons . Alors
Chacun des termes du maximum tend vers quand , et un maximum d'un nombre fini de fonctions de limite nulle tend vers . Donc , c'est-à-dire que est dérivable en de dérivée .
Réciproquement, supposons dérivable en et écrivons . Pour chaque indice ,
Donc est dérivable en , de dérivée , ce qui achève la démonstration.
Remarque
Le choix de la base est sans importance. L'énoncé « est dérivable en » ne fait référence à aucune base : c'est une propriété de et de la norme, et la norme elle-même n'intervient pas puisque toutes les normes de sont équivalentes. Le théorème dit donc ceci : si les coordonnées dans une base sont dérivables, alors elles le sont dans toutes les bases, et le vecteur obtenu est le même. On peut donc, dans un exercice, choisir la base la plus commode, exactement comme on choisit la norme la plus commode.
Ce point mérite d'être médité, car c'est la seule chose qui rend la définition « coordonnée par coordonnée » acceptable. Nous devrons refaire ce travail pour l'intégrale, où la définition elle-même passe par une base, et où l'indépendance devient une chose à démontrer et non une conséquence.
Exemple
Une fonction à valeurs polynomiales. Soit définie par
Dans la base canonique , les coordonnées sont , et , toutes de classe sur . Donc est dérivable sur et
Rien de mystérieux : on dérive les coefficients, la variable étant un simple vecteur de base, insensible à la dérivation par rapport à . La faute à ne pas commettre est de dériver en : la variable de dérivation est , pas .
Exemple
Une fonction à valeurs matricielles. Soit définie par
Les quatre coefficients sont dérivables sur , donc l'est, et l'on dérive coefficient par coefficient (la base choisie étant la base canonique de ) :
On remarquera que où , ce qui se vérifie par un produit matriciel immédiat. Cette écriture resservira plus loin.
Fonction dérivée
Définition
Une fonction est dérivable sur lorsqu'elle est dérivable en tout point de (dérivable à droite, respectivement à gauche, en une extrémité de appartenant à ). L'application , , s'appelle la fonction dérivée de .
Si de plus est continue sur , on dit que est de classe sur .
Remarque
La fonction dérivée est elle-même une fonction vectorielle, de dans : on peut donc lui appliquer tout ce qui précède, et en particulier la dériver à nouveau. C'est ce qui donnera les fonctions de classe . Notez que est à valeurs dans le même espace que , contrairement à ce qui se passera en calcul différentiel à plusieurs variables.
Opérations sur les fonctions dérivables
Combinaison linéaire
Théorème
Soient dérivables en et . Alors est dérivable en et
En conséquence, l'ensemble des fonctions dérivables sur à valeurs dans est un sous-espace vectoriel de , et y est linéaire.
Démonstration. Pour tel que , la linéarité des opérations dans donne
Chacun des deux taux d'accroissement admet une limite quand ; par opérations sur les limites dans l'espace vectoriel normé (somme et produit par un scalaire fixé), le membre de gauche tend vers .
Image par une application linéaire
Théorème
Soient une application linéaire et dérivable en . Alors est dérivable en et
Démonstration. Rappelons d'abord que toute application linéaire entre espaces vectoriels normés de dimension finie est continue : c'est un résultat du chapitre de topologie, et il est indispensable ici.
Soit tel que . Par linéarité de ,
Or quand , et est continue en : par composition d'une limite et d'une fonction continue, .
Remarque
La continuité de est le seul point non formel de la démonstration, et il tombe en dimension finie. En dimension infinie, l'énoncé serait faux sans hypothèse supplémentaire. Autrement dit : une application linéaire commute avec la dérivation, et l'on retiendra la formule sous la forme .
Exemple
Trace et transposée. Soit dérivable. Les applications et sont linéaires, donc
De même, pour fixée, est linéaire, donc . Attention : ceci ne vaut que si est constante. Si dépend de , il faut la formule du produit, qui relève du paragraphe suivant.
Applications bilinéaires
Théorème
Soient , , des espaces vectoriels normés de dimension finie, une application bilinéaire, et , deux fonctions dérivables en . Alors la fonction est dérivable en et
Démonstration. Étape 1 : est continue, et même « bornée » au sens suivant. Fixons une base de et une base de . Pour et , la bilinéarité donne
d'où, par inégalité triangulaire et homogénéité,
En utilisant l'équivalence des normes en dimension finie, il existe donc une constante , que nous appellerons la majoration étoilée dans la suite de cette démonstration, telle que
Étape 2 : découpage du taux d'accroissement. Pour tel que , écrivons, en ajoutant et retranchant le terme mixte :
la dernière égalité venant de la linéarité de par rapport à sa première variable, puis par rapport à la seconde. En divisant par et en utilisant à nouveau la linéarité en chaque variable séparément :
où et désignent les taux d'accroissement de et en .
Étape 3 : passage à la limite. Traitons le premier terme. On écrit
puis, avec la majoration étoilée,
Quand : par dérivabilité de , et reste borné car est continue en (elle y est dérivable), donc le premier produit tend vers ; et par continuité de en , donc le second produit tend vers également. Ainsi .
Le second terme est plus simple : .
En sommant, le taux d'accroissement de en tend vers .
Remarque
L'ordre des arguments compte. n'est pas supposée symétrique, et il ne faut donc jamais écrire , ni regrouper les deux termes en « » lorsque . La formule correcte pour est
et ces deux termes ne sont égaux que si est symétrique. Le produit matriciel en fournira l'illustration la plus brutale.
Théorème
Version multilinéaire. Soient une application -linéaire (les et étant de dimension finie) et des fonctions dérivables en , avec . Alors est dérivable en et
Démonstration. Comme à l'étape 1 ci-dessus, en développant sur des bases de , on obtient une constante telle que
Pour la dérivée, on procède par télescopage, en remplaçant les arguments un par un. Pour dans , posons pour alléger et . Alors
somme dans laquelle tous les termes intermédiaires se simplifient deux à deux. Par linéarité de par rapport à sa -ième variable, le crochet vaut , d'où
Quand , on a et pour tout , par continuité des en . La majoration multilinéaire ci-dessus permet, exactement comme dans le cas bilinéaire, de conclure que chaque terme de la somme converge vers . En sommant les termes, on obtient la formule annoncée.
Le cas du produit scalaire
Théorème
Soit un espace euclidien, de produit scalaire . Si sont dérivables en , alors la fonction numérique est dérivable en et
Démonstration. Le produit scalaire est une application bilinéaire de dans , et est de dimension finie : c'est exactement le théorème sur les applications bilinéaires.
Exemple
Vérification directe. Prenons muni du produit scalaire canonique, et . D'un côté,
dont la dérivée vaut . De l'autre, avec et ,
et la somme vaut . Les deux calculs coïncident.
Propriété
Le corollaire vedette. Soit un espace euclidien et dérivable. Si est constante sur (pour la norme euclidienne associée au produit scalaire), alors
c'est-à-dire que le vecteur dérivé est en tout point orthogonal au vecteur position.
Démonstration. Posons . Par le théorème précédent appliqué à ,
en utilisant la symétrie du produit scalaire. Si est constante, alors est constante, donc , donc pour tout .
Remarque
C'est l'un des réflexes les plus rentables du chapitre, et il apparaît sous mille déguisements : un point mobile qui reste sur une sphère a une vitesse tangente à cette sphère ; une fonction à valeurs dans , dont les colonnes sont unitaires, a des colonnes dérivées orthogonales aux colonnes ; un vecteur unitaire mobile a une dérivée orthogonale à lui-même. Dès que l'énoncé contient « » ou « est à valeurs dans la sphère », il faut dériver .
Attention à l'hypothèse : la norme doit être euclidienne, c'est-à-dire associée à un produit scalaire. Pour une norme quelconque, constante n'entraîne aucune relation d'orthogonalité, ne serait-ce que parce qu'il n'y a pas d'orthogonalité.
Exemple
Retour à l'hélice. Pour , on avait , constante. En appliquant le corollaire à la fonction (et non à ), on obtient : c'est exactement l'orthogonalité constatée par le calcul plus haut, et l'on voit maintenant qu'elle n'avait rien de fortuit. En revanche n'est pas constante, et de fait , qui n'est nul qu'en .
Le cas du déterminant
Théorème
Soit un espace vectoriel de dimension muni d'une base , et soient dérivables en . Alors est dérivable en et
En particulier, si est dérivable, de colonnes , alors
Démonstration. Le déterminant dans une base fixée est une application -linéaire de dans : c'est le théorème sur les applications multilinéaires, sans un mot de plus. Pour la version matricielle, on applique ce qui précède à muni de sa base canonique, en remarquant que la dérivée de la colonne est la -ième colonne de .
Exemple
Un déterminant , calculé de deux façons. Prenons et dans muni de sa base canonique. D'abord le calcul direct :
puis
Ensuite par la formule, avec et :
dont la somme est . Les deux résultats coïncident.
Exemple
La formule quand . Soit dérivable en avec , de colonnes . Notons la base canonique de . Alors , et la formule donne
Développons le -ième déterminant par rapport à sa -ième colonne : toutes les autres colonnes étant des vecteurs de base, il vaut simplement la -ième coordonnée de , c'est-à-dire le coefficient . Donc
Vérifions sur : on a , dont la dérivée en vaut ; et , de trace . C'est un classique absolu des concours.
Le cas du produit matriciel
Théorème
Soient et dérivables en . Alors est dérivable en et
Démonstration. Le produit matriciel est une application bilinéaire de dans , tous ces espaces étant de dimension finie. On applique le théorème sur les applications bilinéaires.
Remarque
L'ordre est vital. Le produit matriciel n'est pas commutatif, donc la formule ne se réarrange pas. En particulier, pour ,
et cette quantité vaut seulement si et commutent. Écrire sans justification est l'erreur la plus fréquemment sanctionnée du chapitre. Plus généralement, , et l'on ne peut pas regrouper.
Exemple
Le contre-exemple à . Prenons , donc . Alors
D'autre part
ce qui confirme la formule. Mais , qui est différent de . La formule fausse donne ici un résultat faux, sans ambiguïté possible.
Composition par une fonction réelle
Théorème
Soient une fonction dérivable en , avec , et dérivable en . Alors est dérivable en et
Démonstration. Posons . Comme est dérivable en , la caractérisation par le développement limité fournit une fonction , de limite en et telle que , avec
Insistons : cette égalité est valable pour tout , y compris , où les deux membres valent . C'est précisément ce qui permet d'y substituer sans se soucier de savoir si ou non. On obtient, pour ,
Divisons par pour :
Quand : le quotient tend vers , et puisque est continue en (car dérivable) et que tend vers en . Le premier terme tend donc vers , le second vers .
Remarque
Noter l'ordre des facteurs dans l'écriture : est un scalaire et un vecteur, la formule est donc un produit d'un scalaire par un vecteur. On ne peut pas composer dans l'autre sens : n'a aucun sens si est à valeurs vectorielles et définie sur un intervalle de .
Exemple
Reparamétrage du cercle. Soient et . Alors est donnée par , et la formule donne
ce que confirme la dérivation coordonnée par coordonnée. La trajectoire est la même que celle de (le cercle unité), mais elle est parcourue de plus en plus vite : .
Fonctions de classe
Définitions
Définition
Soient et . On définit par récurrence la notion de fonction fois dérivable :
- est fois dérivable, et ;
- pour , est fois dérivable sur lorsque est dérivable sur et que est fois dérivable sur ; on pose alors .
On dit que est de classe sur lorsque est fois dérivable sur et que est continue sur . On note l'ensemble de ces fonctions. Enfin, est de classe lorsqu'elle est de classe pour tout , et l'on note
Propriété
Caractérisation par les coordonnées. Soit une base de et . Pour tout , est de classe sur si et seulement si chacune des fonctions l'est, et l'on a alors, pour tout fini,
Démonstration. Montrons par récurrence sur la propriété : « est fois dérivable si et seulement si toutes les le sont, et alors ».
Pour , c'est trivial. Supposons la propriété vraie au rang . Si est fois dérivable, elle est fois dérivable, donc par hypothèse de récurrence les le sont et . Or est dérivable, et les coordonnées de dans la base sont les : le théorème de dérivation par les coordonnées, appliqué à , montre que chaque est dérivable et que . La réciproque se lit dans l'autre sens, avec le même théorème. La récurrence est établie.
Pour la classe , il reste à observer que est continue si et seulement si toutes ses coordonnées le sont, ce qui est la caractérisation de la continuité par les coordonnées en dimension finie. Le cas s'en déduit en prenant l'intersection sur .
Exemple
Une fonction de classe . La fonction , , a ses quatre coefficients de classe sur , donc elle est de classe . On calcule , ce qui donne au passage et donc, pour tout , , , , .
Opérations
Théorème
Soit .
- est un -espace vectoriel, et pour fini l'application y est linéaire.
- Si est linéaire et , alors et, pour fini, .
- Si avec et , alors .
- Si est bilinéaire et , , alors .
Démonstration. Le point 1 découle de la stabilité par combinaison linéaire de la dérivation, appliquée fois, et de la stabilité de la continuité par combinaison linéaire.
Le point 2 se démontre par récurrence sur : si et si est dérivable, alors est dérivable de dérivée d'après le théorème sur l'image par une application linéaire. La continuité de vient de celle de et de la continuité de .
Le point 3 se démontre par récurrence sur . C'est vrai pour (composée de fonctions continues). Supposons-le vrai au rang et prenons et de classe . Alors est dérivable et . Or est de classe , et l'est aussi par hypothèse de récurrence appliquée à (de classe ) et (de classe , donc ). Le produit d'une fonction scalaire par une fonction vectorielle est (c'est le point 4 avec l'application bilinéaire , ou la formule de Leibniz ci-dessous). Donc est de classe , c'est-à-dire de classe .
Le point 4 est le cas particulier de la formule de Leibniz démontrée ci-dessous, dont la récurrence établit simultanément l'existence des dérivées successives et leur expression.
La formule de Leibniz
Théorème
Formule de Leibniz pour une application bilinéaire. Soient bilinéaire, , et , deux fonctions fois dérivables sur . Alors est fois dérivable sur et
Si de plus et sont de classe , alors l'est aussi.
Démonstration. Par récurrence sur .
Initialisation. Pour , la formule s'écrit , ce qui est vrai.
Hérédité. Supposons la formule vraie au rang pour toutes les fonctions fois dérivables, et soient et deux fonctions fois dérivables. Elles sont en particulier fois dérivables, donc
Chaque terme est dérivable, car et le sont (les indices et sont au plus , et , sont fois dérivables), et le théorème sur les applications bilinéaires donne
En dérivant la somme terme à terme :
où l'on a posé dans la première somme. En regroupant les termes de même indice et en isolant dans la première somme et dans la seconde :
La formule de Pascal , valable pour , et les égalités permettent de tout rassembler :
La récurrence est achevée. Enfin, si et sont de classe , chaque terme est continu (composée de l'application continue et des fonctions continues , ), donc est continue.
Remarque
On retrouve, comme cas particuliers, la formule de Leibniz de première année (avec ), la formule pour le produit d'une fonction scalaire par une fonction vectorielle, celle pour le produit scalaire de deux fonctions, et celle pour le produit de deux fonctions matricielles :
Dans ce dernier cas, l'ordre des facteurs doit être scrupuleusement respecté : à gauche, à droite.
Exemple
Une dérivée troisième par Leibniz. Prenons euclidien canonique, et , et calculons .
Calcul direct. . Comme (récurrence immédiate), on obtient .
Par Leibniz. On a puis pour ; de même puis pour . Alors
Les deux méthodes concordent.
Fonctions à valeurs matricielles
Théorème
Dérivée de l'inverse. Soit de classe () telle que pour tout . Alors la fonction est de classe sur et
Démonstration. Étape 1 : la fonction est bien définie et de classe . L'application est polynomiale en les coefficients, donc continue, et est un ouvert de comme image réciproque d'un ouvert par une application continue. En conséquence, si est inversible, reste inversible pour voisin de : l'hypothèse d'inversibilité en tout point n'est donc pas artificielle, elle est localement automatique.
Écrivons ensuite la formule de Cramer avec la comatrice :
Chaque coefficient de est, au signe près, un mineur de , c'est-à-dire un polynôme en les coefficients . Comme les sont de classe sur (par la caractérisation par les coordonnées) et que sommes et produits de fonctions d'une variable réelle sont , chaque coefficient de est de classe . De même est de classe , et elle ne s'annule pas sur . Le quotient est donc de classe , coefficient par coefficient, donc est de classe .
Étape 2 : la formule. Notons . Par définition, pour tout . Les deux fonctions et sont dérivables, donc le produit l'est aussi, et la formule du produit matriciel donne
En multipliant à gauche par :
Remarque
Deux pièges. D'abord, on ne dérive pas comme : la formule n'a aucun sens matriciel, et l'écriture correcte encadre entre deux facteurs , dans cet ordre. Elle ne se simplifie en que si et commutent. Ensuite, l'hypothèse « inversible pour tout » est nécessaire pour que la fonction soit définie sur tout entier ; si l'on ne la suppose qu'en un point, on ne conclut que localement.
Le procédé de démonstration est à retenir pour lui-même : dériver une identité que la fonction inconnue vérifie, plutôt que de chercher à calculer directement. On l'utilise de la même façon pour dériver , ou pour obtenir la dérivée d'une réciproque.
Exemple
Vérification sur une rotation. Reprenons , de déterminant , donc inversible pour tout , avec
La dérivation directe donne .
Par la formule : on a vu que avec , donc , puis
Les deux calculs coïncident.
Intégration sur un segment
Dans toute cette section, est un segment de . Il n'est jamais question ici d'intégrer sur un intervalle non borné ni au voisinage d'un point où la fonction n'est pas définie : ce sont d'autres chapitres.
Fonctions continues par morceaux
Définition
Une fonction est continue par morceaux sur lorsqu'il existe une subdivision telle que, pour chaque , la restriction de à soit continue et admette une limite finie (dans ) en à droite et en à gauche.
Une fonction est continue par morceaux sur l'intervalle lorsque sa restriction à tout segment inclus dans l'est. On note l'ensemble des fonctions continues par morceaux sur à valeurs dans : c'est un -espace vectoriel.
Propriété
Caractérisation par les coordonnées. Soit une base de et . La fonction est continue par morceaux sur si et seulement si chacune des fonctions numériques l'est.
Démonstration. Si est continue par morceaux, associée à la subdivision , alors pour chaque la fonction , où est la -ième forme coordonnée, est continue sur chaque et y admet des limites finies aux bornes : en effet, est une forme linéaire sur un espace de dimension finie, donc continue, et la composée d'une fonction admettant une limite par une application continue admet la limite image.
Réciproquement, si chaque est continue par morceaux, notons une subdivision adaptée à , et soit la subdivision obtenue en réunissant les points de (c'est une réunion finie, donc est bien une subdivision). Sur chaque intervalle ouvert de , toutes les coordonnées sont continues et admettent des limites finies aux bornes, donc également, par continuité des opérations dans et caractérisation de la convergence par les coordonnées.
Remarque
Une fonction continue par morceaux sur un segment est bornée : sur chaque morceau, elle se prolonge en une fonction continue sur un segment, donc bornée, et il y a un nombre fini de morceaux, plus un nombre fini de valeurs aux points de la subdivision. Ce fait sera utilisé sans commentaire.
Définition de l'intégrale
Définition
Soient continue par morceaux et une base de , avec . On pose
chacune des intégrales étant l'intégrale, définie en première année, d'une fonction numérique continue par morceaux sur un segment.
Théorème
L'intégrale ne dépend pas de la base choisie.
Démonstration. Soient et deux bases de . Notons les deux écritures de , et la matrice de passage, définie par
En substituant dans :
et par unicité des coordonnées dans la base , on obtient pour tout . Les sont donc des combinaisons linéaires à coefficients constants de fonctions continues par morceaux, et la linéarité de l'intégrale des fonctions numériques donne
Il ne reste qu'à calculer la quantité définie à partir de la seconde base :
en intervertissant les deux sommations finies puis en reconnaissant . On retrouve exactement la quantité définie à partir de la première base : l'intégrale est donc bien définie, indépendamment de la base.
Remarque
Ce point est souvent escamoté, et il est pourtant le seul obstacle sérieux de la construction. La définition passe par une base ; sans ce théorème, la notation n'aurait pas de sens. Comparez avec la dérivée : là, la définition était intrinsèque (une limite dans ) et le passage aux coordonnées était un théorème. Ici, c'est l'inverse.
Exemple
Deux calculs directs. Dans muni de sa base canonique,
Dans muni de sa base canonique,
On intègre coefficient par coefficient, exactement comme on dérive coefficient par coefficient.
Propriétés élémentaires
Théorème
Soient continues par morceaux et .
- Linéarité : .
- Relation de Chasles : pour , , dans un intervalle où est continue par morceaux, .
- Orientation : avec la convention , la relation de Chasles vaut quelles que soient les positions relatives de , , .
Démonstration. Les trois énoncés se lisent coordonnée par coordonnée. Pour la linéarité, les coordonnées de sont les , donc
en utilisant la linéarité de l'intégrale des fonctions numériques puis en séparant la somme. Les points 2 et 3 se démontrent de la même manière, en appliquant à chaque coordonnée la relation de Chasles et la convention d'orientation de première année.
Remarque
Ce qui ne se transporte pas : la croissance de l'intégrale, et plus généralement toute inégalité entre fonctions. L'écriture n'a aucun sens si et sont à valeurs vectorielles, puisque n'est pas ordonné. Le seul substitut est l'inégalité triangulaire ci-dessous, qui porte sur les normes, donc sur des réels.
Intégrale et application linéaire
Théorème
Soient une application linéaire et continue par morceaux. Alors est continue par morceaux et
Démonstration. La fonction est continue par morceaux car est continue (dimension finie) et la composée d'une fonction continue par morceaux par une application continue est continue par morceaux.
Fixons une base de , une base de , et écrivons . Pour tout ,
Les coordonnées de dans la base sont donc les , d'où par définition de l'intégrale et linéarité de l'intégrale numérique
Or, par linéarité de ,
ce qui est exactement la même quantité.
Remarque
En pratique, on dit : « une application linéaire sort de l'intégrale ». C'est le pendant exact de « une application linéaire sort de la dérivée ». Insistons sur le fait que doit être constante, c'est-à-dire ne pas dépendre de : l'écriture ne se simplifie pas.
Exemple
Trace et produit par une matrice fixe. Soit continue. Les applications , et, pour fixée, et , sont linéaires. Donc
Le premier de ces deux résultats est un grand classique : il permet de ramener une question sur une intégrale matricielle à une question sur une intégrale numérique.
En revanche, en général, puisque le déterminant n'est pas linéaire. Prenons et sur : d'un côté , de déterminant ; de l'autre .
Sommes de Riemann
Théorème
Sommes de Riemann associées à une subdivision régulière. Soit continue. Pour , posons pour , et
Alors
Démonstration. Fixons une base de et écrivons . Les coordonnées de dans cette base sont les sommes de Riemann des fonctions numériques , car
Chaque est continue sur , donc, d'après le théorème de première année sur les sommes de Riemann, (pour une fonction à valeurs complexes, on applique le résultat réel aux parties réelle et imaginaire). Comme la convergence dans équivaut à celle des coordonnées, en nombre fini,
Le raisonnement est identique pour .
Remarque
On retrouve ici le schéma général du chapitre : un théorème de première année, appliqué fois (une fois par coordonnée), plus le fait que la convergence est coordonnée par coordonnée. Aucune idée nouvelle n'est nécessaire. Le résultat servira dans un instant à démontrer l'inégalité triangulaire, et dans les exercices à calculer des limites de sommes.
L'inégalité triangulaire
Théorème
Inégalité triangulaire intégrale. Soit continue par morceaux, avec . Alors la fonction est continue par morceaux sur et
Démonstration. Préliminaire. La norme est -lipschitzienne : pour tous , par la seconde inégalité triangulaire. Elle est donc continue, et est continue par morceaux comme composée d'une fonction continue par morceaux par une application continue. Les deux membres de l'inégalité ont donc un sens.
Cas d'une fonction continue. Supposons d'abord continue et (le cas étant trivial, les deux membres étant nuls). Reprenons les sommes de Riemann de l'énoncé précédent. Par inégalité triangulaire dans , appliquée à une somme de vecteurs, et comme :
Le membre de droite est la somme de Riemann de la fonction numérique continue , donc il tend vers . Le membre de gauche, lui, tend vers : en effet dans , et la norme est continue, donc . En passant à la limite dans une inégalité large entre deux suites réelles convergentes, on obtient
Cas d'une fonction continue par morceaux. Soit une subdivision adaptée à . Sur chaque , la restriction de se prolonge en une fonction continue sur (on prend les limites aux bornes). Modifier une fonction en un nombre fini de points ne change pas son intégrale, donc et . Le cas continu donne alors, pour chaque ,
En sommant sur , la relation de Chasles et l'inégalité triangulaire dans donnent
Remarque
Trois points de vigilance.
L'hypothèse est indispensable : pour , la bonne écriture est , les valeurs absolues autour de l'intégrale de droite étant obligatoires puisque celle-ci est alors négative.
La norme n'est pas supposée euclidienne. C'est pourquoi la démonstration passe par les sommes de Riemann et n'utilise que l'inégalité triangulaire de la norme : elle vaut donc pour n'importe quelle norme sur . Une démonstration qui écrirait supposerait implicitement un produit scalaire, et serait donc hors sujet dans le cas général.
L'inégalité peut être très loin d'être une égalité, contrairement au cas des fonctions réelles positives. L'exemple ci-dessous le montre de la manière la plus nette possible.
Exemple
Une inégalité franchement stricte. Prenons , , avec la norme euclidienne. Alors
donc le membre de gauche vaut . En revanche pour tout , donc
L'inégalité est vérifiée, et l'écart est maximal. Interprétation cinématique : le déplacement total est nul (le mobile revient à son point de départ), alors que la distance parcourue vaut .
Méthode
Majorer une intégrale vectorielle. C'est le seul outil disponible, et il se décline en trois temps.
1. Sortir la norme de l'intégrale : pour . À partir de là, tout est réel, et l'arsenal de première année redevient disponible (croissance de l'intégrale, comparaison, Cauchy-Schwarz numérique).
2. Majorer l'intégrande : si pour tout , alors . C'est la majoration « grossière », et elle suffit dans neuf cas sur dix.
3. Si un produit apparaît, garder la fonction qui s'intègre et majorer l'autre : par exemple , ce qui est bien plus fin que de tout majorer par des constantes.
Le réflexe de rédaction : on ne compare jamais deux vecteurs, on compare leurs normes. Toute inégalité écrite entre deux éléments de est une faute.
Primitives et théorème fondamental
Théorème
Théorème fondamental de l'analyse. Soient un intervalle, continue et . Alors la fonction
est de classe sur et .
Démonstration. Soit . Pour tel que , la relation de Chasles donne
Par ailleurs , l'intégrande étant ici la fonction constante égale au vecteur . Donc, par linéarité,
Soit . La fonction étant continue en , il existe tel que, pour avec , on ait .
Supposons . L'inégalité triangulaire intégrale sur le segment donne
Si , on écrit , d'où
Dans les deux cas, pour ,
Ceci vaut pour tout , donc le taux d'accroissement de en tend vers : est dérivable en et . Comme est continue, l'est aussi, donc est de classe .
Définition
Soit . Une primitive de sur est une fonction dérivable sur telle que .
Théorème
Soit continue sur l'intervalle .
- admet des primitives sur (par exemple pour fixé).
- Si est une primitive de sur , l'ensemble des primitives de sur est exactement .
- Pour toute primitive de sur et tous ,
Démonstration. Le point 1 est le théorème fondamental.
Pour le point 2, si est une primitive et , alors , donc est une primitive. Réciproquement, soient et deux primitives de sur , et posons . Alors est dérivable sur avec . En passant aux coordonnées dans une base, chaque est une fonction numérique dérivable de dérivée nulle sur l'intervalle , donc constante d'après le résultat de première année. Donc est constante, c'est-à-dire avec .
Pour le point 3, notons . C'est une primitive de , donc d'après le point 2 il existe tel que . Alors
Remarque
L'hypothèse « est un intervalle » est indispensable au point 2, comme dans le cas réel : sur une réunion de deux intervalles disjoints, une fonction de dérivée nulle peut prendre deux valeurs différentes. Nous y reviendrons avec l'inégalité des accroissements finis.
Notez aussi que la « constante » est ici un vecteur de , et non un scalaire. Une primitive est déterminée par la donnée d'une valeur en un point, ce qui représente conditions scalaires.
Exemple
Une primitive explicite. Soit sur . Alors
et l'on vérifie . Les primitives de sur sont donc les fonctions avec .
Théorème
Intégration par parties. Soient bilinéaire et , de classe . Alors
En particulier, pour et de classe :
Démonstration. La fonction est dérivable sur avec . Cette dérivée est continue : , , , le sont, et est continue (dimension finie), donc les composées le sont. Ainsi est de classe , et est une primitive de la fonction continue . Le point 3 du théorème précédent donne
et il ne reste qu'à séparer l'intégrale de gauche en deux, par linéarité. Le cas particulier s'obtient avec , application bilinéaire de dans .
Exemple
Une intégration par parties vectorielle. Calculons .
Posons et . Une primitive de est . La formule d'intégration par parties, écrite avec et , donne
Or et , donc l'intégrale restante vaut , et
Vérification par le calcul coordonnée par coordonnée : , et . Les deux méthodes concordent.
Théorème
Changement de variable. Soient de classe avec , et continue. Alors
Démonstration. Soit une primitive de sur (elle existe, étant continue sur un intervalle). La fonction est dérivable sur , avec
d'après le théorème de composition par une fonction réelle. Cette dérivée est continue, donc est de classe et est une primitive de . Par conséquent
la dernière égalité étant le point 3 du théorème sur les primitives, appliqué aux bornes et .
Exemple
Un changement de variable. Calculons . On pose , de classe , et , continue. Comme , l'intégrale s'écrit , donc
en réutilisant la primitive calculée plus haut. Numériquement, cela vaut environ .
L'inégalité des accroissements finis
Ce qui meurt en dimension supérieure
Remarque
Le théorème de Rolle est FAUX pour une fonction vectorielle. Rappelons l'énoncé réel : si est continue sur , dérivable sur et vérifie , alors il existe tel que . L'analogue vectoriel, « si alors il existe tel que », est faux dès la dimension .
Exemple
Le contre-exemple du cercle. Soit
Cette fonction est de classe sur , et
Les hypothèses de Rolle sont donc satisfaites. Pourtant
Le vecteur dérivé ne s'annule jamais : il n'existe aucun tel que . Le théorème de Rolle tombe donc en défaut.
L'égalité des accroissements finis tombe avec lui : elle affirmerait l'existence de tel que
c'est-à-dire , donc , ce qui est impossible.
Exemple
Un second contre-exemple, polynomial. Soit , . L'égalité des accroissements finis donnerait un tel que
La première coordonnée impose , la seconde impose , soit . Comme , aucun ne convient. On voit ici la raison profonde : l'égalité des accroissements finis appliquée séparément à chaque coordonnée fournit un différent par coordonnée, et rien ne permet de les faire coïncider.
Remarque
Pourquoi la démonstration réelle s'effondre. La preuve de Rolle en première année consiste à dire : est continue sur le segment , donc elle atteint son maximum et son minimum ; comme , l'un des deux extremums est atteint en un point intérieur ; en ce point, le taux d'accroissement change de signe, donc .
Tout, ici, repose sur la relation d'ordre de : « maximum », « minimum », « change de signe ». Un espace vectoriel normé de dimension n'est pas ordonné : la phrase « atteint son maximum » n'a aucun sens. Il n'y a donc aucun espoir de sauver la démonstration, et le contre-exemple confirme qu'il n'y a rien à sauver.
Conséquence pratique, à graver : dans une copie, on n'applique jamais Rolle, ni l'égalité des accroissements finis, ni le théorème des valeurs intermédiaires, à une fonction à valeurs vectorielles. Si l'on veut vraiment utiliser Rolle, on l'applique à une fonction numérique construite à partir de , par exemple pour un vecteur fixé, ou .
L'inégalité, elle, survit
Théorème
Inégalité des accroissements finis. Soit de classe , avec . S'il existe tel que
alors
Démonstration. La fonction est continue sur , et en est une primitive. Le théorème sur les primitives donne donc
En prenant les normes et en appliquant l'inégalité triangulaire intégrale (licite car ), puis la croissance de l'intégrale numérique :
Remarque
Le contraste avec le cas réel mérite d'être souligné. En dimension , l'égalité des accroissements finis donne un point où la pente moyenne est exactement atteinte. En dimension supérieure, ce point n'existe pas, mais la pente moyenne reste majorée par le maximum des pentes instantanées. C'est plus faible, et c'est amplement suffisant : dans la quasi-totalité des applications de première année, on n'utilisait de toute façon que la majoration.
Noter aussi que l'énoncé au programme suppose de classe , parce que la démonstration passe par l'intégrale. C'est une hypothèse un peu plus forte que dans le cas réel, où la dérivabilité suffit, et elle ne gêne jamais en pratique.
Propriété
Version lipschitzienne. Soit de classe sur l'intervalle et soit . Alors
Démonstration. () Soient avec . Comme est un intervalle, , et l'inégalité des accroissements finis appliquée sur avec donne . Le cas est trivial, et le cas s'obtient en échangeant les rôles.
() Supposons -lipschitzienne et soit . Pour tel que ,
Le taux d'accroissement tend vers quand , et la norme est continue, donc . En passant à la limite dans l'inégalité large, .
Remarque
On énonce souvent le sens direct sous la forme : une fonction de classe sur un segment est lipschitzienne de rapport , ce sup étant fini car est continue sur un segment. C'est la formulation la plus utilisée en pratique, notamment pour vérifier les hypothèses du théorème de Cauchy-Lipschitz dans le chapitre des équations différentielles.
Propriété
Fonction de dérivée nulle. Soit dérivable sur un intervalle . Si sur , alors est constante sur .
Démonstration. Deux démonstrations, toutes deux instructives.
Par les coordonnées. Dans une base de , entraîne pour tout , par unicité des coordonnées. Chaque est donc une fonction numérique de dérivée nulle sur l'intervalle , donc constante (résultat de première année, conséquence de l'égalité des accroissements finis réelle). Donc est constante.
Par l'inégalité des accroissements finis, dans le cas où est de classe . Pour avec , on a et sur , donc , d'où .
Exemple
L'hypothèse « intervalle » n'est pas décorative. Soit , qui est une réunion de deux intervalles mais pas un intervalle, et soit définie par
La fonction est localement constante, donc dérivable sur avec partout. Elle n'est pourtant pas constante, puisque et . Ce qui manque est évidemment la possibilité de relier à par un segment inclus dans : c'est exactement ce que l'inégalité des accroissements finis exige.
Exemple
La corde est plus courte que l'arc. Soit sur , avec la norme euclidienne. On a pour tout , donc est -lipschitzienne :
Le calcul direct confirme et précise : , donc , en utilisant . La longueur de la corde est majorée par celle de l'arc, et l'inégalité des accroissements finis n'était rien d'autre que cet énoncé géométrique.
Les formules de Taylor
Taylor avec reste intégral
Théorème
Formule de Taylor avec reste intégral. Soient , de classe sur l'intervalle , et . Alors
Démonstration. Par récurrence sur . Notons l'énoncé : « pour toute fonction de classe sur et tous , la formule ci-dessus est vraie ».
Initialisation, . La formule s'écrit
C'est exactement le théorème sur les primitives : est de classe , donc est continue et en est une primitive, d'où . Notons que cette égalité vaut aussi si , grâce à la convention d'orientation.
Hérédité. Supposons vraie et soit de classe sur . Elle est en particulier de classe , donc s'applique :
Transformons l'intégrale par une intégration par parties, avec l'application bilinéaire de dans . Posons, la variable d'intégration étant et le réel étant fixé,
La fonction est polynomiale en , donc de classe , avec
et est de classe puisque est de classe , avec . La formule d'intégration par parties donne
c'est-à-dire
Le crochet se calcule : en , le facteur s'annule (car ), donc le terme est nul ; en , il vaut . Ainsi
En reportant dans la formule au rang :
et les deux premiers termes se recollent en . C'est .
Remarque
C'est une égalité exacte, sans aucun terme d'erreur non contrôlé : elle est valable pour quelconque dans , proche de ou non, et le reste est écrit explicitement. C'est aussi la seule des trois formules de Taylor qui donne le reste sous forme d'une expression calculable ; les deux autres s'en déduisent. On notera que la démonstration n'utilise que l'intégration par parties, et qu'elle est mot pour mot celle du cas réel : la vectorialisation n'a rien coûté, une fois l'intégrale construite.
L'inégalité de Taylor-Lagrange
Théorème
Inégalité de Taylor-Lagrange à l'ordre . Soient , de classe sur , et . Notons
qui est fini car est continue sur un segment. Alors
Démonstration. La fonction est de classe , donc la formule de Taylor avec reste intégral s'applique au rang :
Il reste à majorer la norme de cette intégrale, en distinguant selon la position de par rapport à .
Cas . L'inégalité triangulaire intégrale s'applique directement. Pour , on a , donc , et
Or
ce qui donne l'inégalité voulue.
Cas . On écrit , donc la norme du reste vaut , et l'on peut appliquer l'inégalité triangulaire intégrale sur le segment :
puisque sur . Enfin
Dans les deux cas, la majoration annoncée est établie.
Remarque
Il n'y a pas d'ÉGALITÉ de Taylor-Lagrange. Dans le cas réel, on dispose de l'existence d'un strictement compris entre et tel que
Cet énoncé est faux pour une fonction vectorielle, et pour exactement la même raison que l'échec de Rolle : sa démonstration repose sur le théorème de Rolle appliqué à une fonction auxiliaire. Le cas n'est d'ailleurs rien d'autre que l'égalité des accroissements finis, dont nous avons donné deux contre-exemples. Une copie qui écrit « il existe tel que » pour une fonction vectorielle est fausse dès la première ligne.
Ce qui subsiste, l'inégalité, suffit à tous les usages : elle fournit une majoration globale du reste, valable sur tout l'intervalle, et c'est précisément ce dont on a besoin pour une estimation d'erreur.
Exemple
Une estimation d'erreur. Soit dans euclidien, et majorons l'erreur commise en remplaçant par son approximation affine en . On applique l'inégalité de Taylor-Lagrange à l'ordre avec :
Ici , et , de norme constante égale à . Donc
Vérifions numériquement en : et , donc la norme du reste vaut environ , effectivement inférieur à . La majoration est ici presque optimale.
La formule de Taylor-Young
Avant l'énoncé, précisons la notation. Pour une fonction définie au voisinage de et à valeurs dans , on écrit lorsqu'il existe une fonction , définie au voisinage de , à valeurs dans , de limite en , telle que . De manière équivalente, quand avec .
Théorème
Formule de Taylor-Young à l'ordre . Soient , de classe sur et un point de . Alors, lorsque tend vers (avec ),
Démonstration. Le cas est la continuité de en , donc supposons . Introduisons la fonction auxiliaire
définie sur et à valeurs dans . Elle est de classe , comme différence de et d'une fonction polynomiale en à coefficients vectoriels. Calculons ses dérivées successives en . Pour , la dérivation terme à terme du polynôme donne
car vaut si et si . En , tous les termes de la somme s'annulent sauf celui d'indice , qui vaut . Donc
Notons de plus que , en prenant dans l'expression ci-dessus.
Appliquons maintenant l'inégalité de Taylor-Lagrange à l'ordre à la fonction , entre et . Comme pour , la somme de Taylor de est nulle et il reste
Soit . La fonction étant continue en , il existe tel que et entraînent . Alors, pour , tous les du segment considéré vérifient , donc le sup est majoré par et
Autrement dit, quand , c'est-à-dire . En revenant à la définition de , cela s'écrit
Remarque
On aurait pu, plus rapidement, appliquer la formule de Taylor-Young réelle à chacune des coordonnées de dans une base, puis recoller : la somme d'un nombre fini de scalaires, multipliés par des vecteurs constants, est un vectoriel. Cette démonstration est correcte et parfaitement acceptable ; celle donnée ci-dessus a l'avantage de ne dépendre d'aucune base et de montrer que toute la théorie est intrinsèque.
Attention, c'est un énoncé local : il ne dit rien sur ce qui se passe loin de , et le n'est assorti d'aucune majoration explicite. Pour obtenir un contrôle quantitatif, il faut Taylor-Lagrange ou le reste intégral.
Exemple
Un développement limité vectoriel. Soit , , de classe . On a
puisque , et . La formule de Taylor-Young à l'ordre en donne donc
soit, coordonnée par coordonnée,
et l'on reconnaît les développements limités usuels de , et . En pratique, c'est ainsi qu'on procède : on développe chaque coordonnée séparément avec les développements de première année, et l'on recolle. Le théorème garantit que le résultat est bien le développement de .
Laquelle utiliser ?
| Formule | Hypothèse | Nature et emploi |
|---|---|---|
| Reste intégral | de classe | Égalité exacte, reste explicite : à utiliser quand on veut calculer ou manipuler le reste, ou obtenir une majoration fine |
| Taylor-Lagrange | de classe | Majoration globale valable sur tout l'intervalle : à utiliser pour une estimation d'erreur ou une convergence |
| Taylor-Young | de classe | Information locale quand : à utiliser pour un développement limité, une limite, une tangente |
Remarque
Une règle de choix simple. Si la question contient « montrer que » avec une constante explicite, c'est Taylor-Lagrange, ou le reste intégral si la constante est fine. Si la question contient « au voisinage de », « équivalent », « développement limité », « position par rapport à la tangente », c'est Taylor-Young. Si la question demande une expression du reste, ou si l'on doit sommer une série de restes, c'est le reste intégral. Et l'on remarquera la hiérarchie des hypothèses : le reste intégral demande une régularité , un cran de plus que les deux autres.
Méthodes à retenir
Méthode
1. Reconnaître une fonction vectorielle et passer aux coordonnées. Dès que l'arrivée est , , ou un espace de dimension finie abstrait, fixer une base et écrire . Dérivabilité, classe , continuité par morceaux, intégrale, limites et développements limités se lisent alors coordonnée par coordonnée, et l'on est ramené à la première année. Le choix de la base est libre : prendre la plus commode.
2. Dériver un produit scalaire ou un déterminant. Ce sont des applications bilinéaire et multilinéaire : et . Ne jamais tenter de dériver l'expression développée : la formule multilinéaire est toujours plus rapide et moins risquée.
3. Exploiter « est constante ». Dans un espace euclidien, dériver donne immédiatement . Réflexe à déclencher devant « est à valeurs dans la sphère unité », « », « le mouvement est uniforme ». La réciproque est vraie aussi : si sur un intervalle, alors est de dérivée nulle, donc est constante.
4. Dériver un produit matriciel sans se tromper d'ordre. , et jamais pour sans avoir vérifié que et commutent. Pour la dérivée -ième, formule de Leibniz avec à gauche et à droite.
5. Dériver l'inverse d'une matrice. . On ne mémorise pas la formule, on refait la preuve en trois lignes : dériver et multiplier à gauche par . Justifier au préalable que est de classe par les formules de Cramer (comatrice divisée par le déterminant, qui ne s'annule pas).
6. Majorer une intégrale vectorielle. Un seul outil : pour , puis . Ne jamais écrire d'inégalité entre deux vecteurs, ni utiliser la « croissance » de l'intégrale, qui n'existe pas ici. Si , remettre les bornes dans l'ordre avant toute chose.
7. Faire sortir une application linéaire. et , pour toute application linéaire constante. Sert typiquement à ramener une question matricielle à une question scalaire, via la trace ou une forme coordonnée.
8. Démontrer qu'une fonction est constante. Montrer que sa dérivée est nulle sur un intervalle, puis conclure par les coordonnées ou par l'inégalité des accroissements finis. Vérifier explicitement que le domaine est un intervalle : sur une réunion d'intervalles, l'énoncé est faux.
9. Obtenir une estimation d'erreur. Inégalité de Taylor-Lagrange : . Le travail se concentre sur la majoration du sup de sur le segment concerné. Si le reste doit être manipulé et non seulement majoré, prendre plutôt la formule à reste intégral.
10. Obtenir un développement limité vectoriel. Développer chaque coordonnée avec les développements limités usuels de première année, puis recoller : le résultat est le développement limité de , et il coïncide avec la formule de Taylor-Young. Se souvenir que le est ici un vecteur, de la forme avec .
11. Ne jamais invoquer Rolle sur une fonction vectorielle. Ni Rolle, ni l'égalité des accroissements finis, ni l'égalité de Taylor-Lagrange avec un point intermédiaire, ni le théorème des valeurs intermédiaires : tous sont faux dès la dimension , le cercle unité en témoigne. Seule l'inégalité des accroissements finis subsiste. Si l'on tient à utiliser Rolle, l'appliquer à une fonction numérique auxiliaire du type avec fixé, ou .
12. Calculer une limite de somme. Reconnaître une somme de Riemann associée à une subdivision régulière : pour continue. Le facteur devant la somme est le signal à repérer.
Bloqué sur « Fonctions vectorielles » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.