1ʳᵉ techno · Chapitre 06 · Analyse

Fonction dérivée et variations

Dérivées de x², x³, de sommes et de polynômes de degré ≤ 3 ; signe de la dérivée, tableau de variations, extremums.

Ce qu'il faut savoir faire

  • Dérivées de x²
  • De sommes et de polynômes de degré ≤ 3
  • Signe de la dérivée
  • Tableau de variations
  • Extremums

Sur le tableau de bord d'une voiture, le compteur n'affiche pas la vitesse moyenne depuis le départ : il affiche la vitesse à cet instant précis, et cette vitesse change sans cesse au fil du trajet. De même, le responsable d'un atelier ne se contente pas de connaître le coût total de sa production : il veut estimer ce que coûterait la fabrication d'une unité supplémentaire, et cette estimation dépend du niveau de production déjà atteint. Dans les deux situations, une quantité « instantanée » varie d'un point à l'autre, et c'est cette quantité elle-même qu'il faut savoir suivre. Le chapitre précédent a fourni l'outil ponctuel : le nombre dérivé f(a), coefficient directeur de la tangente à la courbe au point d'abscisse a. Ce chapitre franchit l'étape décisive : en laissant a parcourir tous les réels, les nombres dérivés s'assemblent en une nouvelle fonction, la fonction dérivée. Son intérêt tient en une phrase, qui est le programme du chapitre : le signe de la dérivée raconte les variations de la fonction. Savoir dériver, c'est donc savoir dire où une fonction monte, où elle descend et où elle atteint ses maximums et minimums — la question centrale de tous les problèmes d'optimisation.

De la tangente à la fonction dérivée

Rappelons brièvement l'acquis du chapitre « Nombre dérivé et tangente ». Pour une fonction f et un réel a, le taux de variation de f entre a et a+h mesure la pente moyenne de la courbe entre deux de ses points ; lorsque h se rapproche de 0, ce taux se rapproche d'une valeur fixe, le nombre dérivé f(a). Graphiquement, f(a) est le coefficient directeur de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse a : un nombre dérivé positif signale une tangente qui monte, un nombre dérivé négatif une tangente qui descend.

Jusqu'ici, ce calcul se menait en un point à la fois : f(2) pour connaître la pente en 2, puis f(5) pour la pente en 5, et ainsi de suite. L'idée nouvelle du chapitre est de considérer tous ces nombres dérivés ensemble : chaque réel a possède le sien, et la correspondance qui à a associe f(a) définit donc une fonction à part entière.

Définition

Fonction dérivée. Soit f une fonction définie sur un intervalle I et admettant un nombre dérivé en chaque réel de I ; on dit alors que f est dérivable sur I. La fonction qui, à chaque réel x de I, associe le nombre dérivé f(x) est appelée la fonction dérivée de f. Elle se note f.

Prenons garde à bien distinguer les deux objets qui cohabitent désormais : f(a) est un nombre (le coefficient directeur d'une tangente particulière), tandis que f est une fonction (la règle qui fournit ce nombre pour chaque abscisse). C'est la même différence qu'entre l'image f(2) et la fonction f : la notation est fidèle à cette parenté, et calculer f(a) reviendra simplement à évaluer la fonction f en a.

Toutes les fonctions étudiées dans ce chapitre — les fonctions polynômes de degré inférieur ou égal à 3 — sont dérivables sur R. Reste à savoir calculer leurs dérivées, en commençant par les briques élémentaires dont elles sont faites.

Propriété

Dérivées de référence.

  • La fonction constante xk (où k est un réel fixé) a pour dérivée la fonction nulle : f(x)=0.
  • La fonction affine xax+b a pour dérivée la fonction constante f(x)=a.
  • La fonction carré xx2 a pour dérivée f(x)=2x.
  • La fonction cube xx3 a pour dérivée f(x)=3x2.

Les deux premières formules se comprennent géométriquement. La courbe d'une fonction constante est une droite horizontale : en chaque point, la tangente est cette droite elle-même, de coefficient directeur 0. La courbe d'une fonction affine xax+b est une droite de coefficient directeur a, qui est là aussi sa propre tangente en chaque point : le nombre dérivé vaut a partout. Pour la fonction carré, revenons une fois au taux de variation, entre un réel a et a+h :

(a+h)2a2h=a2+2ah+h2a2h=2ah+h2h=2a+h

Quand h se rapproche de 0, ce taux se rapproche de 2a : le nombre dérivé de la fonction carré en a vaut 2a, et cela pour n'importe quel réel a — c'est bien la formule annoncée. Un calcul analogue, un peu plus long, justifie la formule de la fonction cube. Ces quatre résultats sont à connaître parfaitement ; le tableau suivant les récapitule.

Fonction Dérivée
f(x)=k (constante) f(x)=0
f(x)=ax+b f(x)=a
f(x)=x2 f(x)=2x
f(x)=x3 f(x)=3x2

Exemple

Exploiter une dérivée de référence. Soit f la fonction carré. Sa fonction dérivée est f(x)=2x : une seule formule contient d'un coup tous les nombres dérivés. Ainsi f(3)=6 : la tangente à la parabole au point d'abscisse 3 a pour coefficient directeur 6, elle monte fortement. De même f(2)=4 : au point d'abscisse 2, la tangente descend. Enfin f(0)=0 : la tangente à l'origine est horizontale, et l'origine est justement le sommet de la parabole. On voit déjà se dessiner le fil conducteur du chapitre : la dérivée est négative là où la parabole descend, positive là où elle monte, et nulle en son point le plus bas.

Dériver un polynôme

Les fonctions rencontrées dans les problèmes ne se réduisent presque jamais à une brique isolée : ce sont des sommes de multiples de ces briques, comme 4x25x+7 ou 2x39x2+12x1. Deux règles suffisent pour les dériver toutes.

Propriété

Dérivée d'une somme, dérivée de λf. Soient f et g deux fonctions dérivables sur R et λ un nombre réel.

  • La somme f+g est dérivable et (f+g)=f+g : on dérive chaque morceau séparément.
  • La fonction λf est dérivable et (λf)=λf : une constante multiplicative « sort » de la dérivation.

En combinant ces deux règles avec les dérivées de référence, tout devient mécanique : la dérivée de ax2 est a×2x=2ax, celle de ax3 est a×3x2=3ax2. Un polynôme de degré inférieur ou égal à 3 étant une somme de tels termes, il se dérive terme à terme.

Méthode

Dériver un polynôme de degré inférieur ou égal à 3.

  1. Dériver chaque terme séparément à l'aide des dérivées de référence : x3 donne 3x2, x2 donne 2x, x donne 1, une constante donne 0.
  2. Conserver le coefficient de chaque terme en facteur : ax3 donne 3ax2, ax2 donne 2ax, ax donne a.
  3. Additionner les dérivées obtenues et réduire l'expression si nécessaire.

Exemple

Dériver un polynôme de degré 2 : f(x)=4x25x+7. On dérive terme à terme. La dérivée de 4x2 est 4×2x=8x ; celle de 5x est 5 ; celle de la constante 7 est 0. En additionnant :

f(x)=8x5

Dériver un polynôme de degré 3 : g(x)=2x39x2+12x1. Même démarche, terme à terme. La dérivée de 2x3 est 2×3x2=6x2 ; celle de 9x2 est 9×2x=18x ; celle de 12x est 12 ; celle de la constante 1 est 0. Ainsi :

g(x)=6x218x+12

On remarque au passage que dériver fait baisser le degré d'une unité : la dérivée d'un polynôme de degré 3 est un polynôme de degré 2, celle d'un degré 2 est une fonction affine. Ce constat guidera l'étude de signe de la section suivante.

Avec un peu d'entraînement, ces dérivées s'écrivent d'un seul jet. Quelques exemples supplémentaires, à recalculer soi-même pour vérifier que la mécanique est en place :

Exemple

Dérivées rapides.

  • f(x)=3x2 donne f(x)=6x.
  • g(x)=2x3 donne g(x)=6x2.
  • h(x)=72x est affine de coefficient directeur 2, donc h(x)=2.
  • k(x)=x24, c'est-à-dire 14×x2, donne k(x)=14×2x=x2.
  • m(x)=x3+x2+x+1 donne m(x)=3x2+2x+1 : chaque terme perd un degré, la constante disparaît.

Signe de la dérivée et sens de variation

Nous voici au cœur du chapitre. Observons la courbe ci-dessous et imaginons que l'on fasse glisser un point le long d'elle, en traçant la tangente à chaque position. Sur la partie gauche, la courbe grimpe : toutes les tangentes montent, leur coefficient directeur est positif — autrement dit f(x)>0. Entre les deux points marqués, la courbe descend : les tangentes descendent, et f(x)<0. Sur la partie droite, la courbe remonte et les tangentes redeviennent montantes. Aux deux points de bascule (1;2) et (1;2), la tangente est exactement horizontale : son coefficient directeur est nul, donc f s'y annule.

Courbe d'une fonction f définie par f(x) = x au cube moins 3x, avec ses tangentes horizontales aux points (-1 ; 2) et (1 ; -2) et des pointillés de lecture reliant ces deux points aux axes

Cette observation n'a rien de particulier à cette courbe : elle exprime un lien général entre le signe de la dérivée et le sens de variation de la fonction — le résultat central du chapitre.

Propriété

Signe de la dérivée et sens de variation (propriété admise). Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I.

  • f est croissante sur I si et seulement si f(x)0 pour tout x de I.
  • f est décroissante sur I si et seulement si f(x)0 pour tout x de I.
  • f est constante sur I si et seulement si f(x)=0 pour tout x de I.

Un mot sur le statut de cette propriété. Dans un sens, elle peut se démontrer : si f est croissante sur I, ses taux de variation sont tous positifs, donc les nombres dérivés — qui en sont les valeurs limites — le sont aussi. C'est la réciproque que l'on admet : si la dérivée est positive sur tout l'intervalle, alors la fonction y est croissante. L'interprétation géométrique la rend très naturelle — une courbe dont toutes les tangentes montent ne peut que monter — et c'est elle que l'on utilise en permanence : elle permet de déduire les variations de f, souvent difficiles à établir directement, d'une simple étude de signe de f.

Exemple

Justifier un sens de variation par la dérivée. Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x3+2x. Sa dérivée se calcule terme à terme : f(x)=3x2+2. Or un carré n'est jamais négatif : pour tout réel x, on a 3x20, donc f(x)2>0. La dérivée est strictement positive sur R, donc f est croissante sur R. Ni tableau de valeurs, ni courbe : le signe de la dérivée a suffi à conclure, et c'est toute la force de la propriété.

Revenons aux deux points de bascule de la figure. Le point (1;2) est plus haut que tous les points de la courbe qui l'entourent : on dit que f admet un maximum local égal à 2, atteint en 1. De même, le point (1;2) est plus bas que tous ses voisins : f admet un minimum local égal à 2, atteint en 1. L'adjectif « local » a son importance : il signifie « au voisinage du point », car ailleurs la courbe monte plus haut que 2 et descend plus bas que 2, comme le montre la figure.

Propriété

Extremums locaux et tangente horizontale. Si une fonction dérivable f admet un maximum local ou un minimum local en a, alors f(a)=0 : la tangente à la courbe en ce point est horizontale. Réciproquement, si f s'annule en a en changeant de signe, alors f admet un extremum local en a :

  • si f est positive avant a et négative après, f admet un maximum local en a (la courbe monte puis descend) ;
  • si f est négative avant a et positive après, f admet un minimum local en a (la courbe descend puis remonte).

Attention : l'annulation de la dérivée ne suffit pas, c'est le changement de signe qui crée l'extremum. La fonction cube fournit le contre-exemple à retenir : sa dérivée 3x2 s'annule en 0, mais elle est positive de part et d'autre — la fonction cube est croissante sur R tout entier et n'admet aucun extremum en 0. Sa courbe possède bien une tangente horizontale à l'origine, mais elle la traverse au lieu de rebondir dessus.

La propriété fonctionne enfin dans les deux sens, et la lecture inverse est tout aussi utile : connaître les variations d'une fonction, c'est connaître le signe de sa dérivée.

Exemple

Du graphique au signe de la dérivée. Reprenons la courbe de la figure ci-dessus, sans utiliser l'expression de f. La lecture graphique donne les variations : f est croissante sur ];1], décroissante sur [1;1], puis croissante sur [1;+[. La propriété traduit aussitôt ces variations en signes, sans le moindre calcul :

xx
-\infty
1-1
11
++\infty
f(x)f'(x)
++
00
-
00
++

En particulier, on peut affirmer que f(2)>0, que f(0)<0 et que f(1)=f(1)=0, alors même que l'expression de f n'a jamais été écrite.

Étude complète d'une fonction : le tableau de variations

Tous les ingrédients sont réunis pour l'étude complète d'une fonction : dériver, étudier le signe de la dérivée, puis rassembler l'information dans un tableau où la ligne des signes de f surmonte la ligne des variations de f. C'est le savoir-faire central du chapitre, celui que mobilisent tous les problèmes concrets.

Méthode

Dresser le tableau de variations d'une fonction polynôme f.

  1. Dériver : calculer f(x) terme à terme.
  2. Étudier le signe de f(x). Si f est affine, elle s'annule en une valeur et elle est du signe de son coefficient directeur après cette valeur, du signe contraire avant. Si f est de degré 2, l'écrire sous forme factorisée — facteur commun, identité remarquable a2b2=(ab)(a+b), ou forme fournie par l'énoncé que l'on valide en développant — puis dresser le tableau de signes du produit, comme au chapitre sur le second degré.
  3. Construire le tableau de variations : sous les lignes de signes, placer une flèche montante sur chaque intervalle où f(x)0 et une flèche descendante là où f(x)0, puis calculer les images des valeurs charnières et les reporter aux extrémités des flèches.
  4. Conclure : énoncer les variations de f et ses extremums locaux, situés là où f s'annule en changeant de signe.

Exemple

Étude complète de f(x)=x33x sur R. C'est la fonction de la figure de la section précédente : vérifions par le calcul ce que le graphique laissait voir.

  1. Dérivée. Terme à terme : f(x)=3x23.

  2. Signe de f(x). On factorise en deux temps : le facteur commun 3 donne f(x)=3(x21), puis l'identité remarquable x21=x212=(x1)(x+1) conduit à

    f(x)=3(x1)(x+1)

    Le facteur x+1 s'annule en 1 (négatif avant, positif après), le facteur x1 s'annule en 1, et la constante 3 est strictement positive.

  3. Tableau. On calcule les images des valeurs charnières : f(1)=(1)33×(1)=1+3=2 et f(1)=133×1=2.

xx
-\infty
1-1
11
++\infty
33
++
++
++
x+1x+1
-
00
++
++
x1x-1
-
-
00
++
f(x)f'(x)
++
00
-
00
++
f(x)f(x)
22
2-2
  1. Conclusion. La fonction f est croissante sur ];1], décroissante sur [1;1], puis croissante sur [1;+[. Elle admet un maximum local égal à 2, atteint en 1, et un minimum local égal à 2, atteint en 1 — exactement les deux points à tangente horizontale de la figure.

La figure suivante superpose la courbe de f et celle de sa dérivée f(x)=3x23, tracée en rouge dans un second repère aligné sous le premier. Prenez le temps d'y faire l'aller-retour : tant que la parabole rouge est au-dessus de l'axe des abscisses (avant 1, puis après 1), la courbe de f monte ; quand la parabole passe sous l'axe (entre 1 et 1), la courbe de f descend ; et les deux racines de f, en 1 et 1, se trouvent exactement à la verticale des deux tangentes horizontales de la courbe de f. Ce va-et-vient entre la courbe d'une fonction et celle de sa dérivée est une lecture à maîtriser : de nombreux exercices donnent l'une et demandent de raisonner sur l'autre.

Deux repères empilés : en haut la courbe de f(x) = x au cube moins 3x avec ses deux tangentes horizontales, en bas la courbe en rouge de sa dérivée f'(x) = 3 x carré moins 3, une parabole qui coupe l'axe des abscisses en -1 et 1, points marqués

Exemple

La dérivée retrouve la parabole : g(x)=x2+6x5. Le chapitre sur le second degré nous dit déjà tout : le coefficient de x2 vaut 1<0, la parabole est une colline et g admet un maximum en son sommet. Vérifions que la dérivée raconte la même histoire.

  1. Dérivée. g(x)=2x+6.
  2. Signe de g(x). C'est une fonction affine de coefficient directeur 2<0 : elle s'annule pour 2x+6=0, c'est-à-dire x=3, elle est positive avant et négative après.
  3. Tableau. L'image de la valeur charnière est g(3)=32+6×35=9+185=4.
xx
-\infty
33
++\infty
g(x)g'(x)
++
00
-
g(x)g(x)
44
  1. Conclusion. La fonction g est croissante sur ];3] puis décroissante sur [3;+[ : elle admet un maximum égal à 4, atteint en 3. On retrouve le sommet S(3;4) de la parabole : la méthode de la symétrie et la méthode de la dérivée donnent, bien entendu, le même résultat. Mais la dérivée a une portée plus grande : elle fonctionne tout aussi bien au degré 3, là où la symétrie de la parabole ne s'applique plus.

Optimiser une grandeur

Reste à faire travailler la dérivée sur des situations réelles, et elles abondent. En cinématique, si d(t) désigne la distance parcourue par un mobile à l'instant t, la dérivée d(t) est sa vitesse instantanée — celle qu'affiche le compteur, par opposition à la vitesse moyenne d'un trajet. En économie, si C(q) est le coût total de production de q objets, la dérivée C(q), appelée coût marginal, estime le coût de fabrication d'une unité supplémentaire au niveau de production q. Les exercices développent ces deux contextes ; détaillons ici le troisième grand usage de la dérivée, l'optimisation : trouver la valeur de la variable qui rend une grandeur maximale ou minimale.

Méthode

Optimiser une grandeur à l'aide de la dérivée.

  1. Modéliser : choisir la variable, puis exprimer la grandeur à optimiser en fonction de cette variable.
  2. Délimiter l'intervalle de validité : l'ensemble des valeurs de la variable qui ont un sens dans la situation (une longueur ou une quantité n'est pas négative).
  3. Dériver la fonction obtenue.
  4. Dresser le tableau de signes de la dérivée et de variations de la fonction sur l'intervalle de validité.
  5. Conclure en répondant à la question posée, avec les unités de l'énoncé.

Exemple

L'enclos contre le mur. Un éleveur dispose de 20 mètres de grillage pour délimiter un enclos rectangulaire adossé à un mur de sa grange : le mur ferme entièrement l'un des côtés, le grillage les trois autres. Quelles dimensions donner à l'enclos pour que son aire soit maximale ?

  1. Modéliser. Notons x la longueur, en mètres, de chacun des deux côtés perpendiculaires au mur. Ces deux côtés consomment 2x mètres de grillage : il en reste 202x pour le côté parallèle au mur. L'aire de l'enclos vaut donc

    A(x)=x(202x)=20x2x2
  2. Intervalle de validité. Les deux dimensions doivent être positives : x0 et 202x0, c'est-à-dire x10. On étudie donc A sur [0;10].

  3. Dériver. Terme à terme : A(x)=204x.

  4. Tableau. La dérivée est affine, de coefficient directeur 4<0 : elle s'annule pour 204x=0, c'est-à-dire x=5, elle est positive avant et négative après. On calcule A(5)=5×(2010)=5×10=50, et aux bornes A(0)=0 et A(10)=10×0=0 : un enclos sans profondeur ou sans façade est un enclos aplati, d'aire nulle.

xx
00
55
1010
A(x)A'(x)
++
00
-
A(x)A(x)
00
5050
00
  1. Conclure. L'aire est maximale pour x=5 : l'enclos doit mesurer 5 mètres de profondeur et 202×5=10 mètres le long du mur, pour une aire maximale de 50 mètres carrés.

On peut remarquer que A est ici un polynôme de degré 2 : la symétrie de la parabole aurait aussi mené au sommet. Mais la démarche par la dérivée a l'avantage d'être universelle — elle traite sans changer d'un iota les volumes de boîtes, les bénéfices ou les distances de freinage modélisés par des polynômes de degré 3, hors de portée du chapitre précédent. La méthode, elle, ne varie jamais : traduire la situation par une fonction et son intervalle de validité, dériver, étudier le signe de la dérivée, dresser le tableau de variations, et lire la réponse à l'endroit où la dérivée s'annule en changeant de signe. C'est cette routine, simple et puissante, que les exercices du chapitre vont installer.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.