5ᵉ · Chapitre 02 · Nombres et calculs
Multiples, diviseurs et divisibilité
Multiples et diviseurs, critères de divisibilité par 3 et 9, division euclidienne, factorisations simples.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Multiples et diviseurs
- Critères de divisibilité par 3 et 9
- Division euclidienne
- Factorisations simples
Dans ce chapitre, on s'intéresse à une question toute simple sur les nombres entiers : quand est-ce qu'une division « tombe juste » ? Pour y répondre, on va apprendre un vocabulaire précis (multiple, diviseur, divisible), revoir la division posée, et découvrir des astuces qui permettent de répondre sans calculer.
Multiples et diviseurs
Définition
Observons l'égalité . Le nombre s'écrit comme un produit de deux nombres entiers. On peut alors dire, au choix :
- est un multiple de (et est aussi un multiple de ) ;
- est un diviseur de (et est aussi un diviseur de ) ;
- est divisible par (et est aussi divisible par ).
Ces trois formulations expriment exactement la même chose : la division de par (ou par ) tombe juste.
De façon générale, un nombre entier est un multiple d'un autre lorsqu'il est égal à cet autre nombre multiplié par un nombre entier. Autrement dit : les multiples de sont les résultats de la table de , prolongée aussi loin que l'on veut ; et il en va de même pour n'importe quel nombre.
Propriété
- Un nombre entier non nul a une infinité de multiples : il suffit de le multiplier par , , , … pour les obtenir les uns après les autres.
- Un nombre entier non nul n'a qu'un nombre fini de diviseurs : on peut tous les trouver, et la liste s'arrête.
- Le nombre divise tous les nombres entiers : est un diviseur de n'importe quel nombre.
- Tout nombre entier non nul est à la fois un multiple et un diviseur de lui-même.
Exemple
Les multiples de . Pour les obtenir, on parcourt la table de : ; ; ; ; ; … (le nombre en fait partie, car ). Cette liste ne s'arrête jamais.
Le nombre est-il un multiple de ? On cherche si apparaît dans la table de . Comme , la réponse est oui : est un multiple de .
Et le nombre ? On encadre par deux multiples de qui se suivent : et . Le nombre est entre les deux, il n'apparaît donc pas dans la table de : n'est pas un multiple de .
Exemple
Trouver tous les diviseurs de . On cherche toutes les façons d'écrire comme un produit de deux nombres entiers :
Le nombre n'apparaît pas dans la liste : en effet et , donc la division de par ne tombe pas juste.
Chaque produit fournit deux diviseurs. La liste complète des diviseurs de est donc :
Le nombre a exactement huit diviseurs : la liste est finie, comme annoncé dans la propriété.
Attention au vocabulaire ! Ne confonds pas multiple et diviseur : le multiple est le « grand » nombre, le diviseur est le « petit ». Ainsi, est un multiple de , et est un diviseur de . Dire « est un diviseur de » est une erreur classique… à ne plus jamais commettre.
La division euclidienne
Que se passe-t-il quand la division ne tombe pas juste ? Il reste… un reste ! C'est tout l'objet de la division euclidienne.
Définition
Effectuer la division euclidienne d'un nombre entier (le dividende) par un nombre entier non nul (le diviseur), c'est trouver deux nombres entiers, le quotient et le reste, tels que :
avec une condition essentielle : le reste est strictement inférieur au diviseur.
Avec des lettres : si est le dividende et le diviseur, alors
où est le quotient et le reste.
Par exemple, la division euclidienne de par s'écrit :
et on vérifie que le reste convient : .
Méthode
Poser la division euclidienne de par .
8 4 7 | 6
- 6 |--------
2 4 | 1 4 1
- 2 4
0 7
- 6
1
- On écrit le dividende à gauche et le diviseur à droite, dans la « potence ».
- On commence par le chiffre de gauche : en , combien de fois ? Une fois. On écrit au quotient, on calcule , puis .
- On abaisse le chiffre suivant, , à côté du : on obtient . En , combien de fois ? Quatre fois, car . On écrit au quotient, et .
- On abaisse le dernier chiffre, . En , combien de fois ? Une fois. On écrit au quotient, on calcule , puis .
- Il n'y a plus de chiffre à abaisser : la division est terminée. Le quotient est et le reste est .
- On vérifie toujours : , on retrouve bien le dividende, et le reste vérifie . On peut donc écrire :
Propriété
Un nombre entier est divisible par un nombre entier non nul exactement lorsque le reste de la division euclidienne vaut .
Autrement dit : « la division tombe juste » et « le reste est nul » signifient la même chose.
Remarque : le mot « diviseur » a deux sens. Dans toute division euclidienne, le nombre par lequel on divise s'appelle le diviseur de la division, même si le reste n'est pas nul. Mais dire qu'un nombre est un diviseur d'un autre signifie que le reste vaut . Par exemple, dans la division euclidienne de par , le nombre est le diviseur de la division ; pourtant n'est pas un diviseur de , car le reste vaut .
Exemple
Lire une division euclidienne dans une égalité. On sait que . Comme , cette égalité est celle de la division euclidienne de par : le quotient est et le reste est .
Petit bonus : comme on a aussi , la même égalité, lue , donne également la division euclidienne de par : le quotient est alors et le reste toujours . Une seule égalité, deux divisions !
Exemple
Le piège du reste trop grand. L'égalité est correcte, car . Pourtant, ce n'est pas l'égalité de la division euclidienne de par : le reste proposé, , est plus grand que le diviseur . Or le reste doit être strictement inférieur au diviseur.
Pour corriger, on remarque que : on peut donc caser une fois de plus le nombre . On obtient
et cette fois : dans la division euclidienne de par , le quotient est et le reste est .
Exemple
Une année en semaines. Une année ordinaire compte jours. Combien de semaines complètes cela représente-t-il ? On effectue la division euclidienne de par . Comme , on obtient
Une année ordinaire, c'est donc semaines complètes et il reste jour. Le reste n'est pas nul : n'est pas divisible par .
Les critères de divisibilité
Pas besoin de poser une division pour savoir si elle tombe juste : il existe des règles très rapides, appelées critères de divisibilité, qui se lisent directement sur les chiffres du nombre.
Propriété
Un nombre entier est divisible :
- par lorsque son chiffre des unités est , , , ou ;
- par lorsque son chiffre des unités est ou ;
- par lorsque son chiffre des unités est ;
- par lorsque la somme de ses chiffres est divisible par ;
- par lorsque la somme de ses chiffres est divisible par .
Ces critères fonctionnent dans les deux sens : si la condition n'est pas remplie, alors le nombre n'est pas divisible.
Méthode
Tester un grand nombre, par exemple .
- On regarde le chiffre des unités : c'est . Donc est divisible par , mais pas par ni par (il faudrait un ou un ).
- On calcule la somme des chiffres : .
- On teste cette somme. Comme , la somme est divisible par : donc est divisible par . Comme , la somme est aussi divisible par : donc est divisible par .
- Conclusion : est divisible par , par et par , mais pas par ni par . Et tout cela sans poser une seule division !
Exemple
Étudions . Son chiffre des unités est : donc est divisible par , mais pas par (il faudrait , , , ou ) ni par (il faudrait ). La somme de ses chiffres vaut . Comme , le nombre est divisible par . En revanche, n'est pas dans la table de (car et ) : donc n'est pas divisible par .
Étudions . Son chiffre des unités est : donc est divisible par , par et par d'un seul coup. La somme de ses chiffres vaut , qui n'est divisible ni par ni par : donc n'est divisible ni par ni par .
Remarque. Un nombre divisible par est toujours divisible par : si la somme des chiffres est dans la table de , elle est forcément aussi dans la table de . Mais l'inverse est faux ! Par exemple, est divisible par (car et ), mais n'est pas divisible par . Divisible par ne suffit donc pas pour être divisible par .
Factoriser un nombre entier
Définition
Factoriser un nombre entier, c'est l'écrire sous la forme d'un produit de deux facteurs, chacun différent de . Les nombres qui composent le produit s'appellent les facteurs.
Par exemple, est une factorisation de : les facteurs sont et .
Un même nombre peut souvent se factoriser de plusieurs façons :
(L'écriture existe toujours, mais elle n'apprend rien : c'est pour cela qu'on demande des facteurs différents de .)
Méthode
Trouver toutes les factorisations d'un nombre entier. On balaye les tables de multiplication dans l'ordre, en s'aidant des critères de divisibilité :
- Le nombre est-il divisible par ? (critère du chiffre des unités) Si oui, on écrit le produit correspondant.
- Est-il divisible par ? (critère de la somme des chiffres)
- Puis on teste , (critère des unités), , … à l'aide des tables.
- On s'arrête dès que les deux facteurs « se croisent » : au-delà, on retomberait sur des produits déjà écrits, dans l'autre sens.
Exemple
Toutes les factorisations de . Appliquons la méthode :
- Par ? Le chiffre des unités est : oui. Comme , on tient une première factorisation.
- Par ? La somme des chiffres vaut , divisible par : oui. Comme , on écrit .
- Par ? Dans la table de : , oui. On écrit .
- Par ? Le chiffre des unités est , ni ni : non.
- Par ? Dans la table de : , oui. On écrit .
- Par ? Dans la table de : et , le nombre est entre les deux : non. Les facteurs se sont croisés (après , on retrouverait , , ) : la recherche est terminée.
Bilan : les factorisations de en deux facteurs différents de sont
Le lien avec les diviseurs. En ajoutant l'écriture , chaque produit fournit des diviseurs de . On obtient ainsi la liste complète des diviseurs de :
Factoriser un nombre et chercher ses diviseurs, c'est donc le même travail vu sous deux angles différents.
Pour la culture : les nombres premiers
En cherchant les diviseurs des nombres, on remarque que certains sont particulièrement « résistants » : impossible de les factoriser ! C'est le cas de , , , , ou : chacun n'a que deux diviseurs, et lui-même. On les appelle les nombres premiers, et ils jouent un rôle immense en mathématiques : tu les étudieras en classe de quatrième. Leur histoire est très ancienne. Vers avant J.-C., le savant grec Ératosthène, bibliothécaire de la grande bibliothèque d'Alexandrie, inventa une méthode astucieuse pour les repérer : on écrit la liste des nombres, puis on barre tous les multiples de , puis tous les multiples de , et ainsi de suite. Les nombres qui échappent au « filet » sont les nombres premiers — on appelle encore aujourd'hui ce procédé le crible d'Ératosthène. Plus de deux mille ans plus tard, les mathématiciens leur découvrent toujours de nouveaux secrets.
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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.