5ᵉ · Chapitre 02 · Nombres et calculs

Multiples, diviseurs et divisibilité

Multiples et diviseurs, critères de divisibilité par 3 et 9, division euclidienne, factorisations simples.

Ce qu'il faut savoir faire

  • Multiples et diviseurs
  • Critères de divisibilité par 3 et 9
  • Division euclidienne
  • Factorisations simples

Dans ce chapitre, on s'intéresse à une question toute simple sur les nombres entiers : quand est-ce qu'une division « tombe juste » ? Pour y répondre, on va apprendre un vocabulaire précis (multiple, diviseur, divisible), revoir la division posée, et découvrir des astuces qui permettent de répondre sans calculer.

Multiples et diviseurs

Définition

Observons l'égalité 56=8×7. Le nombre 56 s'écrit comme un produit de deux nombres entiers. On peut alors dire, au choix :

  • 56 est un multiple de 8 (et 56 est aussi un multiple de 7) ;
  • 8 est un diviseur de 56 (et 7 est aussi un diviseur de 56) ;
  • 56 est divisible par 8 (et 56 est aussi divisible par 7).

Ces trois formulations expriment exactement la même chose : la division de 56 par 8 (ou par 7) tombe juste.

De façon générale, un nombre entier est un multiple d'un autre lorsqu'il est égal à cet autre nombre multiplié par un nombre entier. Autrement dit : les multiples de 8 sont les résultats de la table de 8, prolongée aussi loin que l'on veut ; et il en va de même pour n'importe quel nombre.

Propriété

  • Un nombre entier non nul a une infinité de multiples : il suffit de le multiplier par 0, 1, 2, 3… pour les obtenir les uns après les autres.
  • Un nombre entier non nul n'a qu'un nombre fini de diviseurs : on peut tous les trouver, et la liste s'arrête.
  • Le nombre 1 divise tous les nombres entiers : 1 est un diviseur de n'importe quel nombre.
  • Tout nombre entier non nul est à la fois un multiple et un diviseur de lui-même.

Exemple

Les multiples de 7. Pour les obtenir, on parcourt la table de 7 : 0 ; 7 ; 14 ; 21 ; 28 ; 35… (le nombre 0 en fait partie, car 7×0=0). Cette liste ne s'arrête jamais.

Le nombre 84 est-il un multiple de 7 ? On cherche si 84 apparaît dans la table de 7. Comme 7×12=84, la réponse est oui : 84 est un multiple de 7.

Et le nombre 100 ? On encadre 100 par deux multiples de 7 qui se suivent : 7×14=98 et 7×15=105. Le nombre 100 est entre les deux, il n'apparaît donc pas dans la table de 7 : 100 n'est pas un multiple de 7.

Exemple

Trouver tous les diviseurs de 30. On cherche toutes les façons d'écrire 30 comme un produit de deux nombres entiers :

30=1×30=2×15=3×10=5×6.

Le nombre 4 n'apparaît pas dans la liste : en effet 4×7=28 et 4×8=32, donc la division de 30 par 4 ne tombe pas juste.

Chaque produit fournit deux diviseurs. La liste complète des diviseurs de 30 est donc :

1  ;  2  ;  3  ;  5  ;  6  ;  10  ;  15  ;  30.

Le nombre 30 a exactement huit diviseurs : la liste est finie, comme annoncé dans la propriété.

Attention au vocabulaire ! Ne confonds pas multiple et diviseur : le multiple est le « grand » nombre, le diviseur est le « petit ». Ainsi, 56 est un multiple de 8, et 8 est un diviseur de 56. Dire « 56 est un diviseur de 8 » est une erreur classique… à ne plus jamais commettre.

La division euclidienne

Que se passe-t-il quand la division ne tombe pas juste ? Il reste… un reste ! C'est tout l'objet de la division euclidienne.

Définition

Effectuer la division euclidienne d'un nombre entier (le dividende) par un nombre entier non nul (le diviseur), c'est trouver deux nombres entiers, le quotient et le reste, tels que :

dividende=diviseur×quotient+reste,

avec une condition essentielle : le reste est strictement inférieur au diviseur.

Avec des lettres : si a est le dividende et b le diviseur, alors

a=b×q+ravec r<b,

q est le quotient et r le reste.

Par exemple, la division euclidienne de 47 par 6 s'écrit :

47dividende=6diviseur×7quotient+5reste,

et on vérifie que le reste convient : 5<6.

Méthode

Poser la division euclidienne de 847 par 6.

  8 4 7 | 6
- 6     |--------
  2 4   | 1 4 1
- 2 4
    0 7
  -   6
      1
  1. On écrit le dividende 847 à gauche et le diviseur 6 à droite, dans la « potence ».
  2. On commence par le chiffre de gauche : en 8, combien de fois 6 ? Une fois. On écrit 1 au quotient, on calcule 1×6=6, puis 86=2.
  3. On abaisse le chiffre suivant, 4, à côté du 2 : on obtient 24. En 24, combien de fois 6 ? Quatre fois, car 4×6=24. On écrit 4 au quotient, et 2424=0.
  4. On abaisse le dernier chiffre, 7. En 7, combien de fois 6 ? Une fois. On écrit 1 au quotient, on calcule 1×6=6, puis 76=1.
  5. Il n'y a plus de chiffre à abaisser : la division est terminée. Le quotient est 141 et le reste est 1.
  6. On vérifie toujours : 6×141+1=846+1=847, on retrouve bien le dividende, et le reste vérifie 1<6. On peut donc écrire :
847=6×141+1.

Propriété

Un nombre entier est divisible par un nombre entier non nul exactement lorsque le reste de la division euclidienne vaut 0.

Autrement dit : « la division tombe juste » et « le reste est nul » signifient la même chose.

Remarque : le mot « diviseur » a deux sens. Dans toute division euclidienne, le nombre par lequel on divise s'appelle le diviseur de la division, même si le reste n'est pas nul. Mais dire qu'un nombre est un diviseur d'un autre signifie que le reste vaut 0. Par exemple, dans la division euclidienne de 17 par 5, le nombre 5 est le diviseur de la division ; pourtant 5 n'est pas un diviseur de 17, car le reste vaut 2.

Exemple

Lire une division euclidienne dans une égalité. On sait que 17=3×5+2. Comme 2<5, cette égalité est celle de la division euclidienne de 17 par 5 : le quotient est 3 et le reste est 2.

Petit bonus : comme on a aussi 2<3, la même égalité, lue 17=3×5+2, donne également la division euclidienne de 17 par 3 : le quotient est alors 5 et le reste toujours 2. Une seule égalité, deux divisions !

Exemple

Le piège du reste trop grand. L'égalité 58=6×8+10 est correcte, car 6×8+10=48+10=58. Pourtant, ce n'est pas l'égalité de la division euclidienne de 58 par 8 : le reste proposé, 10, est plus grand que le diviseur 8. Or le reste doit être strictement inférieur au diviseur.

Pour corriger, on remarque que 10=8+2 : on peut donc caser une fois de plus le nombre 8. On obtient

58=8×7+2,

et cette fois 2<8 : dans la division euclidienne de 58 par 8, le quotient est 7 et le reste est 2.

Exemple

Une année en semaines. Une année ordinaire compte 365 jours. Combien de semaines complètes cela représente-t-il ? On effectue la division euclidienne de 365 par 7. Comme 7×52=364, on obtient

365=7×52+1avec 1<7.

Une année ordinaire, c'est donc 52 semaines complètes et il reste 1 jour. Le reste n'est pas nul : 365 n'est pas divisible par 7.

Les critères de divisibilité

Pas besoin de poser une division pour savoir si elle tombe juste : il existe des règles très rapides, appelées critères de divisibilité, qui se lisent directement sur les chiffres du nombre.

Propriété

Un nombre entier est divisible :

  • par 2 lorsque son chiffre des unités est 0, 2, 4, 6 ou 8 ;
  • par 5 lorsque son chiffre des unités est 0 ou 5 ;
  • par 10 lorsque son chiffre des unités est 0 ;
  • par 3 lorsque la somme de ses chiffres est divisible par 3 ;
  • par 9 lorsque la somme de ses chiffres est divisible par 9.

Ces critères fonctionnent dans les deux sens : si la condition n'est pas remplie, alors le nombre n'est pas divisible.

Méthode

Tester un grand nombre, par exemple 7254.

  1. On regarde le chiffre des unités : c'est 4. Donc 7254 est divisible par 2, mais pas par 5 ni par 10 (il faudrait un 0 ou un 5).
  2. On calcule la somme des chiffres : 7+2+5+4=18.
  3. On teste cette somme. Comme 18=3×6, la somme est divisible par 3 : donc 7254 est divisible par 3. Comme 18=9×2, la somme est aussi divisible par 9 : donc 7254 est divisible par 9.
  4. Conclusion : 7254 est divisible par 2, par 3 et par 9, mais pas par 5 ni par 10. Et tout cela sans poser une seule division !

Exemple

Étudions 1785. Son chiffre des unités est 5 : donc 1785 est divisible par 5, mais pas par 2 (il faudrait 0, 2, 4, 6 ou 8) ni par 10 (il faudrait 0). La somme de ses chiffres vaut 1+7+8+5=21. Comme 21=3×7, le nombre 1785 est divisible par 3. En revanche, 21 n'est pas dans la table de 9 (car 9×2=18 et 9×3=27) : donc 1785 n'est pas divisible par 9.

Étudions 640. Son chiffre des unités est 0 : donc 640 est divisible par 2, par 5 et par 10 d'un seul coup. La somme de ses chiffres vaut 6+4+0=10, qui n'est divisible ni par 3 ni par 9 : donc 640 n'est divisible ni par 3 ni par 9.

Remarque. Un nombre divisible par 9 est toujours divisible par 3 : si la somme des chiffres est dans la table de 9, elle est forcément aussi dans la table de 3. Mais l'inverse est faux ! Par exemple, 15 est divisible par 3 (car 1+5=6 et 6=3×2), mais 15 n'est pas divisible par 9. Divisible par 3 ne suffit donc pas pour être divisible par 9.

Factoriser un nombre entier

Définition

Factoriser un nombre entier, c'est l'écrire sous la forme d'un produit de deux facteurs, chacun différent de 1. Les nombres qui composent le produit s'appellent les facteurs.

Par exemple, 21=3×7 est une factorisation de 21 : les facteurs sont 3 et 7.

Un même nombre peut souvent se factoriser de plusieurs façons :

36=4×9=6×6=2×18=3×12.

(L'écriture 36=1×36 existe toujours, mais elle n'apprend rien : c'est pour cela qu'on demande des facteurs différents de 1.)

Méthode

Trouver toutes les factorisations d'un nombre entier. On balaye les tables de multiplication dans l'ordre, en s'aidant des critères de divisibilité :

  1. Le nombre est-il divisible par 2 ? (critère du chiffre des unités) Si oui, on écrit le produit correspondant.
  2. Est-il divisible par 3 ? (critère de la somme des chiffres)
  3. Puis on teste 4, 5 (critère des unités), 6, 7… à l'aide des tables.
  4. On s'arrête dès que les deux facteurs « se croisent » : au-delà, on retomberait sur des produits déjà écrits, dans l'autre sens.

Exemple

Toutes les factorisations de 36. Appliquons la méthode :

  • Par 2 ? Le chiffre des unités est 6 : oui. Comme 36=2×18, on tient une première factorisation.
  • Par 3 ? La somme des chiffres vaut 3+6=9, divisible par 3 : oui. Comme 3×12=36, on écrit 36=3×12.
  • Par 4 ? Dans la table de 4 : 4×9=36, oui. On écrit 36=4×9.
  • Par 5 ? Le chiffre des unités est 6, ni 0 ni 5 : non.
  • Par 6 ? Dans la table de 6 : 6×6=36, oui. On écrit 36=6×6.
  • Par 7 ? Dans la table de 7 : 7×5=35 et 7×6=42, le nombre 36 est entre les deux : non. Les facteurs se sont croisés (après 6×6, on retrouverait 9×4, 12×3, 18×2) : la recherche est terminée.

Bilan : les factorisations de 36 en deux facteurs différents de 1 sont

36=2×18=3×12=4×9=6×6.

Le lien avec les diviseurs. En ajoutant l'écriture 1×36, chaque produit fournit des diviseurs de 36. On obtient ainsi la liste complète des diviseurs de 36 :

1  ;  2  ;  3  ;  4  ;  6  ;  9  ;  12  ;  18  ;  36.

Factoriser un nombre et chercher ses diviseurs, c'est donc le même travail vu sous deux angles différents.

Pour la culture : les nombres premiers

En cherchant les diviseurs des nombres, on remarque que certains sont particulièrement « résistants » : impossible de les factoriser ! C'est le cas de 2, 3, 5, 7, 11 ou 13 : chacun n'a que deux diviseurs, 1 et lui-même. On les appelle les nombres premiers, et ils jouent un rôle immense en mathématiques : tu les étudieras en classe de quatrième. Leur histoire est très ancienne. Vers 230 avant J.-C., le savant grec Ératosthène, bibliothécaire de la grande bibliothèque d'Alexandrie, inventa une méthode astucieuse pour les repérer : on écrit la liste des nombres, puis on barre tous les multiples de 2, puis tous les multiples de 3, et ainsi de suite. Les nombres qui échappent au « filet » sont les nombres premiers — on appelle encore aujourd'hui ce procédé le crible d'Ératosthène. Plus de deux mille ans plus tard, les mathématiciens leur découvrent toujours de nouveaux secrets.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.