Tale techno · Chapitre 01 · Analyse

Suites arithmétiques et géométriques : sommes

Terme de rang n, somme des n premiers termes, notation Σ, intérêts composés.

Ce qu'il faut savoir faire

  • Terme de rang n
  • Somme des n premiers termes
  • Notation Σ
  • Intérêts composés

Imaginez que l'on vous propose deux contrats pour un même poste, avec le même salaire de départ : 20000 € par an. Dans le contrat A, le salaire augmente de 500 € chaque année. Dans le contrat B, il augmente de 2 % chaque année. Lequel choisir ? La vraie question n'est pas de comparer les salaires d'une année donnée, mais de comparer ce que chaque contrat rapporte en tout : sur 10 ans, quel est le total des salaires perçus avec le contrat A ? Avec le contrat B ? Répondre demande d'additionner dix nombres dans chaque cas, et c'est précisément ce que ce chapitre va nous apprendre à faire vite et sans erreur.

Vous connaissez déjà les deux modèles en jeu : le contrat A suit une suite arithmétique (on ajoute toujours le même montant) et le contrat B une suite géométrique (on multiplie toujours par le même coefficient). En première, vous avez appris à reconnaître ces suites et à calculer n'importe lequel de leurs termes. En terminale, nous franchissons une étape : calculer la somme de plusieurs termes consécutifs, avec des formules directes, une notation compacte (le symbole ) et des programmes Python. En chemin, nous découvrirons les moyennes arithmétique et géométrique, et nous appliquerons tout cela à une situation très concrète : une épargne alimentée par des versements réguliers. Le duel des deux contrats sera tranché en fin de parcours.

Rappels de première : deux familles de suites

Commençons par réactiver les acquis de première. Petit rappel de notation : u(n) désigne le terme de rang n de la suite u, et l'écriture indicée un désigne exactement le même nombre ; les deux écritures cohabitent dans les sujets de bac. Sauf indication contraire, nos suites sont définies à partir du rang 0.

Définition

Suite arithmétique. Une suite u est arithmétique de raison r lorsqu'on passe de chaque terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre r : pour tout entier naturel n,

u(n+1)=u(n)+r

Définition

Suite géométrique. Une suite u à termes strictement positifs est géométrique de raison q (avec q>0) lorsqu'on passe de chaque terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre q : pour tout entier naturel n,

u(n+1)=u(n)×q

Comment reconnaître la nature d'une suite dont on connaît des valeurs ? En regardant ce qui relie deux termes consécutifs : la différence pour l'arithmétique, le quotient pour la géométrique.

Propriété

Reconnaître la nature d'une suite.

  • Une suite u est arithmétique si et seulement si la différence u(n+1)u(n) est constante pour tout entier naturel n. Cette constante est la raison r.
  • Une suite u à termes strictement positifs est géométrique si et seulement si le quotient u(n+1)u(n) est constant pour tout entier naturel n. Cette constante est la raison q.

Attention : vérifier la différence ou le quotient sur trois ou quatre termes permet de conjecturer la nature, mais la preuve exige un calcul avec un n quelconque. À l'inverse, un seul contre-exemple numérique suffit pour affirmer qu'une suite n'est pas arithmétique (ou pas géométrique).

Les relations de récurrence ci-dessus obligent à calculer les termes de proche en proche. Les formules explicites, elles, donnent directement le terme de rang n.

Propriété

Terme de rang n.

  • Si u est arithmétique de raison r : u(n)=u(0)+n×r, et si la suite commence au rang 1 : u(n)=u(1)+(n1)×r.
  • Si u est géométrique de raison q : u(n)=u(0)×qn, et si la suite commence au rang 1 : u(n)=u(1)×qn1.

Exemple

Contrat A (suite arithmétique). Notons a(n) le salaire annuel, en euros, perçu la (n+1)-ième année de contrat : a(0)=20000 et chaque année le salaire gagne 500 €, donc a(n+1)=a(n)+500. La suite a est arithmétique de raison r=500 et son terme général est a(n)=20000+500n. La dixième année de contrat correspond au rang 9 : a(9)=20000+500×9=24500 €.

Contrat B (suite géométrique). Notons b(n) le salaire annuel avec le contrat B. Augmenter de 2 %, c'est multiplier par 1+2100=1,02 : b(0)=20000 et b(n+1)=b(n)×1,02. La suite b est géométrique de raison q=1,02 et b(n)=20000×1,02n. Au rang 9 : b(9)=20000×1,02923902 €.

Rappelons enfin le vocabulaire de première : une suite arithmétique modélise une croissance linéaire (la grandeur avance toujours du même pas, les points du nuage sont alignés), tandis qu'une suite géométrique de raison q>1 modélise une croissance exponentielle (la grandeur est multipliée par le même coefficient à chaque étape, et les hausses sont de plus en plus grandes). Au rang 9, le contrat A est devant (24500 contre environ 23902 €) : mais attention, la question posée en introduction porte sur le cumul, pas sur la dernière année. Patience.

Moyennes arithmétique et géométrique

Voici la première nouveauté de terminale. Prenons trois termes consécutifs d'une suite arithmétique de raison r, par exemple a, b et c. Alors b=a+r et c=b+r : le terme du milieu est à égale distance de ses deux voisins. En additionnant ba=r et cb=r membre à membre, on obtient ca=2r, puis b=a+r=a+ca2=a+c2. Le terme central est donc la demi-somme des deux autres : c'est ce qu'on appelle leur moyenne arithmétique.

Définition

Moyennes de deux nombres.

  • La moyenne arithmétique de deux nombres a et c est le nombre a+c2.
  • La moyenne géométrique de deux nombres positifs a et c est le nombre a×c.

La moyenne arithmétique est la moyenne usuelle, celle des notes de bulletin. La moyenne géométrique est sa cousine multiplicative : au lieu de partager équitablement une somme, elle partage équitablement un produit. Chacune caractérise une famille de suites.

Propriété

Caractérisation par trois termes consécutifs.

  • Trois nombres a, b, c sont des termes consécutifs d'une suite arithmétique si et seulement si b est la moyenne arithmétique de a et c, c'est-à-dire b=a+c2.
  • Trois nombres strictement positifs a, b, c sont des termes consécutifs d'une suite géométrique si et seulement si b est la moyenne géométrique de a et c, c'est-à-dire b=a×c.

Méthode

Prouver que trois nombres sont (ou non) des termes consécutifs.

  1. Piste arithmétique : calculer les deux différences ba et cb. Si elles sont égales, les trois nombres sont des termes consécutifs d'une suite arithmétique dont la raison est cette différence ; sinon, ils ne le sont pas.
  2. Piste géométrique (nombres strictement positifs) : calculer les deux quotients ba et cb. S'ils sont égaux, les trois nombres sont des termes consécutifs d'une suite géométrique dont la raison est ce quotient ; sinon, ils ne le sont pas.

On peut aussi vérifier directement si b=a+c2 (piste arithmétique) ou si b=a×c (piste géométrique).

Exemple

Les nombres 12, 18 et 27 sont-ils des termes consécutifs d'une suite arithmétique ? d'une suite géométrique ?

Piste arithmétique. On calcule les différences : 1812=6 et 2718=9. Elles sont différentes (69), donc 12, 18 et 27 ne sont pas des termes consécutifs d'une suite arithmétique. Autre vérification : la moyenne arithmétique de 12 et 27 vaut 12+272=19,5, qui n'est pas 18.

Piste géométrique. Les trois nombres sont strictement positifs. On calcule les quotients : 1812=1,5 et 2718=1,5. Les deux quotients sont égaux, donc 12, 18 et 27 sont des termes consécutifs d'une suite géométrique de raison q=1,5. On retrouve ce résultat avec la moyenne géométrique : 12×27=324=18.

Somme des termes d'une suite arithmétique

Une histoire célèbre raconte qu'à l'école primaire, le jeune Carl Friedrich Gauss reçut comme punition de calculer 1+2+3++100. Il donna la réponse en quelques secondes : 5050. Son astuce ? Associer les nombres deux par deux en partant des extrémités : 1+100=101, puis 2+99=101, puis 3+98=101… On forme ainsi 50 paires qui valent toutes 101, d'où un total de 50×101=5050.

On peut visualiser la même idée avec un escalier : représentons la somme 1+2+3+4+5 par un escalier de carrés (1 carré sur la première marche, 2 sur la deuxième, etc.). En emboîtant deux escaliers identiques tête-bêche, on forme un rectangle de 5 colonnes et 6 lignes, soit 30 carrés.

Deux escaliers représentant chacun la somme 1+2+3+4+5, emboîtés tête-bêche pour former un rectangle de 5 colonnes et 6 lignes

Deux escaliers font 5×6=30 carrés, donc un seul en fait la moitié : 1+2+3+4+5=5×62=15. Ce raisonnement fonctionne pour n'importe quelle hauteur d'escalier.

Propriété

Somme des premiers entiers. Pour tout entier naturel n1 :

1+2++n=n(n+1)2

Cette formule se généralise à toutes les suites arithmétiques, car l'astuce de Gauss y fonctionne à l'identique : dans une suite arithmétique, la somme des deux termes extrêmes est égale à la somme du deuxième et de l'avant-dernier, et ainsi de suite. Chaque paire vaut « premier terme + dernier terme », et il y a autant de paires que la moitié du nombre de termes.

Propriété

Somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique.

S=(nombre de termes)×premier terme+dernier terme2

Autrement dit : la somme est égale au nombre de termes multiplié par la moyenne arithmétique des deux termes extrêmes. En particulier, pour une suite arithmétique u définie à partir du rang 0, la somme u(0)+u(1)++u(n) compte n+1 termes et vaut (n+1)×u(0)+u(n)2.

Méthode

Calculer la somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique.

  1. Vérifier que la suite est arithmétique et identifier le premier terme et le dernier terme de la somme.
  2. Compter le nombre de termes : de u(p) à u(n), il y a np+1 termes (attention, ce n'est pas np).
  3. Appliquer la formule S=(nombre de termes)×premier terme+dernier terme2.

Exemple

Les gradins d'une salle de spectacle. Les gradins comptent 15 rangées. La première rangée contient 20 sièges, et chaque rangée en contient 2 de plus que la précédente. Combien la salle compte-t-elle de sièges en tout ?

Le nombre de sièges de la rangée n (en numérotant à partir de 1) suit une suite arithmétique de premier terme u(1)=20 et de raison r=2, donc u(n)=u(1)+(n1)×2. La dernière rangée contient u(15)=20+14×2=48 sièges. La somme comporte 15 termes, le premier vaut 20 et le dernier 48 :

S=15×20+482=15×34=510

La salle compte 510 sièges.

Nous pouvons maintenant trancher la moitié du duel de l'introduction. Avec le contrat A, les salaires des 10 premières années sont a(0)=20000, a(1)=20500, …, a(9)=24500 : c'est une somme de 10 termes consécutifs d'une suite arithmétique. Le total perçu vaut donc 10×20000+245002=10×22250=222500 €. Reste à calculer le cumul du contrat B, qui est une somme géométrique : c'est l'objet de la section suivante.

Somme des termes d'une suite géométrique

Le besoin d'additionner les termes d'une suite géométrique surgit dès qu'on épargne régulièrement : chaque versement grossit avec les intérêts, et le capital final est la somme de toutes ces contributions. Avant d'y venir (section 6), établissons la formule sur la somme la plus simple, celle des puissances successives d'un nombre q.

Posons S=1+q+q2++qn1 (les n premières puissances de q, en partant de q0=1). L'astuce consiste à multiplier S par q puis à soustraire : presque tout s'élimine.

S=1+q+q2++qn1q×S=q+q2++qn1+qnSq×S=1qn

En effet, dans la soustraction, les termes q, q2, …, qn1 apparaissent dans les deux lignes et disparaissent : il ne reste que le 1 de la première ligne et le qn de la deuxième. On factorise le membre de gauche : S×(1q)=1qn. Si q1, on peut diviser par 1q.

Propriété

Somme des puissances de q. Pour tout nombre q1 et tout entier n1 :

1+q+q2++qn1=1qn1q

Cette somme comporte n termes (de q0 à qn1), et l'exposant au numérateur est ce nombre de termes.

Pour une suite géométrique quelconque, chaque terme est le premier terme multiplié par une puissance de q : il suffit donc de mettre le premier terme en facteur.

Propriété

Somme de termes consécutifs d'une suite géométrique. Si la raison q est différente de 1 :

S=premier terme×1qnombre de termes1q

En particulier, pour une suite géométrique u définie à partir du rang 0, la somme u(0)+u(1)++u(n) compte n+1 termes et vaut u(0)×1qn+11q.

Insistons sur le piège classique : l'exposant qui figure dans la formule est le nombre de termes de la somme, pas le rang du dernier terme. La somme u(0)++u(n) compte n+1 termes (le rang 0 compte !), donc l'exposant est n+1. Écrire qn à la place de qn+1 est l'erreur la plus fréquente du chapitre : comptez toujours les termes avant d'écrire la formule.

Méthode

Calculer la somme de termes consécutifs d'une suite géométrique.

  1. Vérifier que la suite est géométrique, identifier le premier terme de la somme et la raison q (avec q1).
  2. Compter le nombre de termes : de u(p) à u(n), il y a np+1 termes.
  3. Appliquer la formule S=premier terme×1qnombre de termes1q.

Exemple

Production en hausse. Une menuiserie a fabriqué 2000 meubles la première année, et sa production augmente de 5 % par an. Combien de meubles aura-t-elle fabriqués en tout au bout de 8 années d'activité ?

La production annuelle suit une suite géométrique de premier terme 2000 et de raison q=1,05. Le total demandé est la somme des 8 premiers termes : le premier terme vaut 2000, la raison 1,05 et le nombre de termes est 8.

S=2000×11,05811,0519098

La menuiserie aura fabriqué environ 19098 meubles en huit ans.

Terminons le duel des contrats. Avec le contrat B, les salaires des 10 premières années forment une suite géométrique de premier terme 20000 et de raison 1,02 : la somme compte 10 termes et vaut 20000×11,021011,02218994 €. Verdict : sur 10 ans, le contrat A rapporte 222500 €, soit environ 3500 € de plus que le contrat B. La hausse fixe de 500 € l'emporte ici, car 2 % de 20000 € ne font que 400 € la première année : la croissance exponentielle part moins vite. Mais elle accélère d'année en année, et sur une carrière assez longue le contrat B finirait par prendre l'avantage, comme on peut le constater en prolongeant les calculs au tableur ou à la calculatrice.

La notation sigma

Écrire u(0)+u(1)++u(n) avec des pointillés est long et parfois ambigu. Les mathématiciens utilisent une notation compacte : la lettre grecque sigma majuscule, , qui signifie « somme ».

Définition

Notation sigma. La notation

k=1nu(k)

se lit « somme des u(k) pour k allant de 1 à n » et désigne la somme u(1)+u(2)++u(n). La lettre k est le compteur (ou indice) : il part de la valeur écrite sous le (la borne de départ), progresse de 1 en 1, et s'arrête à la valeur écrite au-dessus (la borne d'arrivée). À chaque valeur du compteur, on ajoute le terme correspondant.

Dans cette section, on utilisera aussi l'écriture indicée uk sous le symbole lorsqu'elle est plus lisible : rappelons que uk et u(k) désignent le même nombre. Le programme demande de pratiquer cette notation sur des exemples variés, pas seulement sur les suites arithmétiques et géométriques. Voici trois classiques : une somme de carrés, une somme de cubes et une somme d'inverses.

Exemple

Trois sommes à développer.

  • k=15k2=12+22+32+42+52=1+4+9+16+25=55
  • k=14k3=13+23+33+43=1+8+27+64=100
  • k=131k=11+12+13=66+36+26=116

Les deux grandes formules du chapitre s'écrivent élégamment avec sigma. La somme des premiers entiers devient :

k=1nk=n(n+1)2

Et la somme des puissances de q (pour q1) devient :

k=0n1qk=1qn1q

Remarquez la borne de départ k=0 dans la seconde : la somme commence à q0=1. C'est l'occasion de donner la règle de comptage qui évite le piège de la section précédente.

Méthode

Lire une somme écrite avec sigma. Devant une écriture k=pn(terme en k), identifier dans l'ordre :

  1. la borne de départ p (sous le sigma) : première valeur du compteur ;
  2. la borne d'arrivée n (au-dessus du sigma) : dernière valeur du compteur ;
  3. le terme général (à droite du sigma) : l'expression à additionner, calculée pour chaque valeur de k ;
  4. le nombre de termes : np+1 (borne d'arrivée moins borne de départ, plus 1).

Pour se convaincre, écrire les deux ou trois premiers termes et le dernier.

Exemple

Que vaut k=37k2 ? Borne de départ : 3. Borne d'arrivée : 7. Terme général : k2. Nombre de termes : 73+1=5. On développe :

k=37k2=32+42+52+62+72=9+16+25+36+49=135

Application : épargne et versements réguliers

Voici la situation phare du programme : un placement à intérêts composés à taux constant, alimenté par des versements réguliers. C'est exactement le fonctionnement d'un plan d'épargne alimenté chaque année.

La situation. Chaque 1er janvier, pendant 5 ans, on verse 100 € sur un compte rémunéré à 3 % par an (intérêts composés : chaque 31 décembre, le solde du compte est multiplié par 1,03). Quelle est la valeur acquise du placement juste après les intérêts de la cinquième année ?

L'idée clé : chaque versement vit sa propre vie. Les cinq versements ne fructifient pas pendant la même durée. Le premier versement, déposé le 1er janvier de l'année 1, reçoit des intérêts pendant 5 années complètes : il devient 100×1,035. Le deuxième, déposé un an plus tard, ne fructifie que 4 ans : il devient 100×1,034. Et ainsi de suite jusqu'au cinquième versement, déposé le 1er janvier de l'année 5, qui ne fructifie qu'un an : il devient 100×1,031. Récapitulons les valeurs acquises par chaque versement (arrondies au centime) :

Versement Durée de placement Valeur acquise
1er 5 ans 100×1,035115,93
2e 4 ans 100×1,034112,55
3e 3 ans 100×1,033109,27
4e 2 ans 100×1,032=106,09
5e 1 an 100×1,031=103

La valeur acquise est une somme géométrique. La valeur totale du placement est la somme de ces cinq valeurs :

S=100×1,03+100×1,032+100×1,033+100×1,034+100×1,035

Ce sont cinq termes consécutifs d'une suite géométrique : on passe de chacun au suivant en multipliant par 1,03. Le premier terme est 100×1,03=103, la raison est q=1,03 et le nombre de termes est 5. La formule de la section 4 s'applique :

S=103×11,03511,03546,84

Conclusion. Après cinq ans, le placement vaut environ 546,84 €. On a versé 5×100=500 € en tout : les intérêts composés ont rapporté environ 46,84 €. Retenez la démarche, car elle se transpose à tout montant, tout taux et toute durée : écrire la valeur acquise de chaque versement (chacun avec sa propre durée de placement), reconnaître une somme de termes consécutifs d'une suite géométrique, puis appliquer la formule.

Calculer une somme en Python

Quand la somme ne se prête à aucune formule (une somme de carrés, de cubes, d'inverses…), l'ordinateur la calcule terme après terme. Le principe est celui de la tirelire : une variable, appelée accumulateur, démarre à 0 et reçoit les termes un par un, pendant qu'un compteur parcourt les valeurs de l'indice. Voici une fonction Python qui calcule k=1nk2, la somme des n premiers carrés :

def somme_carres(n):
    total = 0                    # accumulateur : la tirelire demarre vide
    for k in range(1, n + 1):    # compteur : k prend les valeurs 1, 2, ..., n
        total = total + k**2     # on ajoute le terme k^2 a la tirelire
    return total                 # sortie de boucle : total contient la somme

print(somme_carres(5))           # affiche 55

Détaillons chaque ligne et son rôle dans le calcul.

  • Ligne 2 (initialisation). Avant de commencer, la somme en construction vaut 0 : la variable total est l'accumulateur, vide au départ.
  • Ligne 3 (compteur et bornes). L'instruction for k in range(1, n + 1) fait prendre à k les valeurs 1, 2, …, n. Attention au piège de range : la borne d'arrivée est exclue, il faut donc écrire n + 1 pour que la dernière valeur soit bien n.
  • Ligne 4 (accumulation). À chaque tour de boucle, on remplace total par total + k**2 : le carré du compteur vient s'ajouter à la tirelire. En Python, k**2 désigne k2.
  • Ligne 5 (sortie de boucle). Quand la boucle se termine, total contient la somme complète, que la fonction renvoie.

Ce programme est la traduction mot à mot de l'écriture k=1nk2 : la borne de départ et la borne d'arrivée du sigma deviennent les bornes du range, le compteur k du sigma devient la variable de boucle k, et le symbole lui-même devient le geste d'accumulation total = total + .... Savoir passer de l'une à l'autre de ces deux écritures est une capacité attendue du programme.

Les variantes s'obtiennent en changeant une seule ligne, celle du terme ajouté. Pour la somme des cubes k=1nk3, on remplace k**2 par k**3. Pour la somme des inverses k=1n1k, on remplace k**2 par 1/k. Le squelette du programme (initialisation, boucle, accumulateur, retour) ne change jamais : c'est lui qu'il faut retenir.

À retenir

Méthode

Les réflexes du chapitre.

  1. Moyennes : b est la moyenne arithmétique de a et c si b=a+c2 ; pour des nombres strictement positifs, b est la moyenne géométrique si b=a×c. Trois nombres sont des termes consécutifs d'une suite arithmétique (resp. géométrique) si et seulement si celui du milieu est la moyenne arithmétique (resp. géométrique) des deux autres.
  2. Somme arithmétique : S=(nombre de termes)×premier terme+dernier terme2, et en particulier 1+2++n=n(n+1)2.
  3. Somme géométrique (q1) : S=premier terme×1qnombre de termes1q, et en particulier 1+q++qn1=1qn1q.
  4. Compter les termes : de u(p) à u(n), il y a np+1 termes. C'est ce nombre, et non le rang du dernier terme, qui figure en exposant dans la formule géométrique.
  5. Notation sigma : k=pnu(k)=u(p)+u(p+1)++u(n) ; lire la borne de départ, la borne d'arrivée, le terme général, puis compter les termes.
  6. Versements réguliers : chaque versement fructifie pendant sa propre durée ; la valeur acquise totale est une somme de termes consécutifs d'une suite géométrique de raison 1+t100.
  7. Python : toute somme se programme avec le quatuor initialisation (total = 0), compteur (for k in range(p, n + 1)), accumulateur (total = total + terme) et retour (return total).

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.