2ⁿᵈᵉ · Chapitre 01 · Nombres et calculs, algèbre
Arithmétique et ensembles de nombres
Multiples, diviseurs, pairs et impairs, notations ℕ et ℤ, fractions irréductibles.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Multiples
- Diviseurs
- Pairs et impairs
- Notations ℕ et ℤ
- Fractions irréductibles
Les nombres entiers semblent familiers : on les manipule depuis l'école primaire. Pourtant, ils cachent une véritable science, l'arithmétique, dont ce chapitre pose les fondations. On y apprend à nommer précisément les ensembles de nombres, à raisonner rigoureusement sur les multiples et les diviseurs, et à rédiger nos premières démonstrations — celles-là mêmes qui font la différence entre « vérifier sur des exemples » et « prouver pour tous les nombres ».
Les ensembles d'entiers naturels et relatifs
En mathématiques, on regroupe les nombres de même nature dans des collections appelées ensembles. Voici les deux premiers ensembles à connaître.
Définition
- Les entiers naturels sont les nombres entiers positifs ou nuls : , , , … Leur ensemble se note :
- Les entiers relatifs sont les nombres entiers de signe quelconque : …, , , , , , , … Leur ensemble se note (de l'allemand Zahl, « nombre »).
Pour dire qu'un nombre fait partie d'un ensemble, on utilise le symbole , qui se lit « appartient à ». Le symbole se lit « n'appartient pas à ».
Exemple
- : le nombre est un entier naturel.
- mais : un entier négatif n'est pas un entier naturel, c'est un entier relatif.
- : le nombre n'est pas entier, il n'appartient à aucun des deux ensembles.
Sur une droite graduée, les entiers relatifs se placent régulièrement de part et d'autre de l'origine : les entiers naturels à droite de (et lui-même), leurs opposés à gauche. L'opposé d'un entier est l'entier , situé à la même distance de mais de l'autre côté : l'opposé de est , et l'opposé de est .
Définition
Tout entier naturel est aussi un entier relatif : on dit que est inclus dans , et on note . Le symbole se lit « est inclus dans ».
Une étoile en exposant signifie que l'on retire le nombre de l'ensemble : désigne les entiers naturels non nuls (, , …) et les entiers relatifs non nuls.
Remarque
Ne confonds pas les symboles et : le premier relie un nombre à un ensemble (), le second relie un ensemble à un autre ensemble (). D'autres ensembles de nombres, plus vastes que , seront présentés au chapitre suivant.
Multiples et diviseurs
Le vocabulaire des multiples et des diviseurs est connu depuis le collège. En seconde, on le définit avec précision, ce qui permettra de démontrer des propriétés générales.
Définition
Soient et deux entiers relatifs. On dit que est un multiple de s'il existe un entier relatif tel que
Lorsque c'est le cas, on dit aussi, de manière équivalente, que divise , que est un diviseur de , ou encore que est divisible par .
Exemple
- est un multiple de , car (ici ). On peut tout aussi bien dire : divise .
- est un multiple de , car (ici ) : un multiple peut être négatif !
- est un multiple de , car . Plus généralement, est multiple de tout entier.
- n'est pas un multiple de : dans la liste des multiples de , le nombre n'apparaît pas.
Remarque
- Tout entier est multiple de et de lui-même, car .
- Un entier non nul a une infinité de multiples (on peut choisir , , , , …), mais seulement un nombre fini de diviseurs.
- Attention au sens des mots : est un multiple de , et est un diviseur de — pas l'inverse !
Voici la première démonstration du chapitre. Elle illustre toute la force de la définition : grâce à la lettre , on raisonne d'un coup sur tous les multiples de , sans en tester aucun.
Propriété
La somme de deux multiples de est un multiple de .
Démonstration. Soient et deux multiples de . Par définition, il existe un entier tel que , et il existe un entier tel que . On calcule alors leur somme en factorisant par :
Or est un entier, comme somme de deux entiers. La somme s'écrit donc sous la forme : c'est bien un multiple de .
Remarque
Dans cette démonstration, le nombre ne joue aucun rôle particulier : le même raisonnement, mot pour mot, montre que la somme de deux multiples d'un entier quelconque est un multiple de .
On rappelle aussi les critères de divisibilité vus au collège. Un entier est divisible :
- par si son chiffre des unités est , , , ou ;
- par si son chiffre des unités est ou ; par si c'est ;
- par si la somme de ses chiffres est divisible par ; par si elle est divisible par .
Méthode
Trouver tous les diviseurs positifs d'un entier. On cherche toutes les écritures du nombre comme produit de deux entiers positifs, en testant les facteurs dans l'ordre : , puis , puis … Chaque produit trouvé fournit deux diviseurs à la fois. On s'arrête dès que les deux facteurs se croisent : au-delà, on retrouverait les produits déjà écrits.
Exemple avec . On teste successivement :
Le nombre ne divise pas (car et ), et le facteur suivant serait , or : les facteurs se sont croisés, la recherche est terminée. Les diviseurs positifs de sont donc :
Nombres pairs et impairs
Définition
Soit un entier relatif.
- est pair s'il existe un entier relatif tel que . Autrement dit, les nombres pairs sont les multiples de .
- est impair s'il existe un entier relatif tel que .
Par exemple, est pair car , et est impair car .
Propriété
Tout entier relatif est soit pair, soit impair, et jamais les deux à la fois. (Propriété admise.)
Cette propriété est le point de départ d'un raisonnement très utile : la disjonction de cas. Puisque tout entier est pair ou impair, il suffit d'examiner ces deux cas pour couvrir tous les entiers possibles. Voici d'abord la deuxième démonstration exigible du chapitre.
Propriété
Le carré d'un nombre impair est impair.
Démonstration. Soit un nombre impair. Par définition, il existe un entier tel que . Calculons son carré à l'aide de l'identité remarquable :
Posons : c'est un entier, car il est obtenu à partir de l'entier par des produits et des sommes. On a donc avec entier : le nombre est impair.
Méthode
Raisonner par disjonction de cas. Pour démontrer qu'une propriété est vraie pour tout entier , on peut traiter séparément le cas où est pair et le cas où est impair. Si la propriété est vraie dans les deux cas, elle est vraie pour tout entier.
Exemple : montrer que est toujours pair.
- Cas 1 : est pair. Il existe un entier tel que . Alors , qui est un multiple de : le produit est pair.
- Cas 2 : est impair. Il existe un entier tel que . Alors , donc : le produit est pair.
Dans les deux cas, est pair : le produit de deux entiers consécutifs est donc toujours pair.
Exemple
Réfuter avec un contre-exemple. Pour démontrer qu'un énoncé général est faux, un seul exemple qui le contredit suffit : on l'appelle un contre-exemple. Ainsi, l'énoncé « la somme de deux nombres impairs est impaire » est faux : et sont impairs, mais est pair. Retiens bien la différence : un exemple ne prouve jamais un énoncé général, mais un contre-exemple suffit à le réfuter.
Fractions irréductibles
Définition
Une fraction est irréductible lorsque son numérateur et son dénominateur n'ont aucun diviseur commun autre que . Une fraction irréductible ne peut plus être simplifiée.
Par exemple, est irréductible : les diviseurs positifs de sont , , , et ceux de sont , , , — le seul diviseur commun est . En revanche, ne l'est pas, car divise et .
Méthode
Rendre une fraction irréductible par simplifications successives. On repère un diviseur commun au numérateur et au dénominateur (les critères de divisibilité sont très utiles), on simplifie, et on recommence jusqu'à ce qu'aucune simplification ne soit possible.
Exemple avec .
- Les deux nombres sont pairs : … mais est encore pair et ne l'est plus. On cherche un autre diviseur commun.
- Sommes des chiffres : et , toutes deux divisibles par : .
- Le nombre est divisible par , mais pas : on n'y touche pas. En revanche, et : .
- On a vu que est irréductible : c'est la forme cherchée, .
Méthode
Rendre une fraction irréductible avec les facteurs premiers. On décompose le numérateur et le dénominateur en produits de facteurs premiers (méthode vue en troisième : on divise par , puis , puis … autant de fois que possible), puis on barre les facteurs communs.
Exemple avec . Les décompositions donnent :
On simplifie par tous les facteurs communs, c'est-à-dire par , par et par :
Après simplification, les écritures et n'ont plus aucun facteur premier commun : la fraction est irréductible.
Deux algorithmes en Python
En Python, l'opérateur % donne le reste de la division d'un entier par un autre. Par exemple, 17 % 5 vaut , car : en retirant paquets de , il reste . Dire que est un multiple de , c'est exactement dire que ce reste vaut : la division « tombe juste ».
Méthode
Déterminer si un entier naturel est multiple d'un entier naturel . On calcule le reste a % b et on le compare à . La fonction renvoie un booléen : True (vrai) ou False (faux).
def est_multiple(a, b):
if a % b == 0:
return True
else:
return False
Ainsi, est_multiple(91, 7) renvoie True car , tandis que est_multiple(30, 7) renvoie False.
Méthode
Déterminer le plus grand multiple de inférieur ou égal à . L'idée est d'avancer de en en partant de , comme sur une droite graduée, et de s'arrêter juste avant de dépasser . La boucle while répète l'instruction « avancer de » tant que le pas suivant ne dépasse pas .
def plus_grand_multiple(a, b):
m = 0
while m + a <= b:
m = m + a
return m
Par exemple, plus_grand_multiple(7, 100) renvoie : la variable m prend successivement les valeurs , , , …, , , puis la boucle s'arrête car . Le test m + a <= b est essentiel : si on avait écrit m <= b, la fonction avancerait un cran trop loin et pourrait renvoyer un multiple dépassant .
Bloqué sur « Arithmétique et ensembles de nombres » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.