1ʳᵉ PCM · Chapitre 01 · Géométrie dans le plan
Trigonométrie
Cercle trigonométrique, radian, angles orientés, fonctions sinus et cosinus, fonctions t ↦ A cos(ωt + φ), angles associés.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Cercle trigonométrique
- Radian
- Angles orientés
- Fonctions sinus et cosinus
- Fonctions t ↦ A cos(ωt + φ)
- Angles associés
Branchez un oscilloscope sur une prise de courant : la tension qui s'affiche n'est pas constante, elle oscille régulièrement, dessinant une vague qui se répète cinquante fois par seconde. La même forme d'onde apparaît partout en sciences et en technologie : le son capté par un micro, la vibration d'une pièce mécanique, le courant produit par un alternateur, le mouvement d'un piston entraîné par une roue qui tourne. Tous ces phénomènes ont un point commun : ils proviennent, de près ou de loin, d'une rotation. Pour les décrire mathématiquement, il faut donc des fonctions capables de traduire une rotation en nombres — ce sont les fonctions cosinus et sinus, construites sur un cercle. Ce chapitre reprend la trigonométrie là où le collège l'avait laissée (dans le triangle rectangle) et la généralise à tous les angles, positifs, négatifs, même supérieurs à un tour complet ; il se termine par l'étude des signaux sinusoïdaux , le modèle mathématique commun à tous les phénomènes évoqués ci-dessus.
Le cercle trigonométrique et le radian
Toute la trigonométrie de ce chapitre se lit sur un unique objet, qu'il faut commencer par installer soigneusement. Dans un repère orthonormé , on trace le cercle de centre et de rayon . Pour mesurer des angles, il faut aussi choisir un sens de parcours : par convention, on tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, appelé sens direct (ou sens trigonométrique). L'autre sens, celui des aiguilles d'une montre, est le sens indirect.
Définition
Cercle trigonométrique. Le cercle trigonométrique est le cercle de centre et de rayon , orienté dans le sens direct (sens inverse des aiguilles d'une montre). Le point sert de point de départ pour repérer les angles.
Reste à choisir une unité pour mesurer les angles. Le degré, hérité des Babyloniens, découpe le tour complet en parts : c'est une convention commode pour le dessin, mais arbitraire. Les mathématiques et la physique préfèrent une unité définie par le cercle lui-même : le radian. L'idée est de mesurer un angle par la longueur de l'arc qu'il découpe sur le cercle.
Définition
Radian. Un angle de radian (noté rad) est l'angle au centre qui intercepte, sur un cercle, un arc de longueur égale au rayon de ce cercle. Sur le cercle trigonométrique, dont le rayon vaut , un angle de rad intercepte donc un arc de longueur .
Cette définition rend les calculs de longueurs immédiats. Le périmètre d'un cercle de rayon vaut : un tour complet mesure donc rad, un demi-tour mesure rad, un quart de tour rad. Comme un tour complet vaut aussi , on obtient la correspondance fondamentale :
La mesure d'un angle en degrés et sa mesure en radians sont proportionnelles : passer de l'une à l'autre est un simple calcul de proportionnalité, avec le coefficient . Le tableau suivant, à connaître par cœur, rassemble les angles usuels.
| Degrés | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Radians |
On remarque que les angles usuels s'expriment tous comme des fractions simples de : c'est l'un des conforts du radian. Retenir « » suffit à retrouver toute la ligne : est le sixième de , donc ; en est le quart, donc , et ainsi de suite.
Méthode
Convertir entre degrés et radians. Les mesures en degrés et en radians étant proportionnelles avec rad :
- degrés vers radians : multiplier la mesure en degrés par ;
- radians vers degrés : multiplier la mesure en radians par .
En cas de doute, un tableau de proportionnalité avec la colonne permet toujours de retrouver le résultat.
Exemple
Conversions. Convertissons en radians : . Donc rad, ce qui est cohérent : vaut deux fois , et vaut bien deux fois .
Dans l'autre sens, convertissons rad en degrés : . Donc rad .
Enfin, un angle de rad vaut : le radian est une unité assez « grosse », un peu inférieure à .
La définition du radian donne aussi, sans effort, la longueur d'un arc de cercle quelconque : sur un cercle de rayon , chaque radian d'angle « déroule » une longueur d'arc.
Propriété
Longueur d'un arc de cercle. Sur un cercle de rayon , un angle au centre de mesure en radians intercepte un arc de longueur Cette formule n'est valable que si est exprimé en radians : c'est elle qui justifie l'adoption de cette unité.
Exemple
Longueur d'arc. Un plateau circulaire de rayon cm tourne d'un angle de rad (soit ). Un point situé au bord du plateau parcourt un arc de longueur cm. Avec la mesure en degrés, il aurait fallu passer par une fraction du périmètre ( de ) : le radian rend le calcul direct.
Angles orientés et mesure principale
Imaginons maintenant que l'on enroule la droite des nombres réels autour du cercle trigonométrique, comme un fil autour d'une bobine : l'origine du fil est posée sur le point , la partie positive s'enroule dans le sens direct, la partie négative dans le sens indirect. Chaque nombre réel vient alors se poser sur un point du cercle : on dit que est le point image de , et que est une mesure en radians de l'angle orienté . L'adjectif « orienté » rappelle que le signe compte : place en (quart de tour dans le sens direct), tandis que place au point diamétralement opposé à (quart de tour dans le sens indirect).
Une remarque essentielle : le fil mesure par tour. Les réels et se posent donc exactement sur le même point du cercle, de même que , , et plus généralement tous les nombres de la forme où est un entier relatif. Un même point du cercle — donc un même angle orienté — possède ainsi une infinité de mesures, qui diffèrent toutes d'un nombre entier de tours.
Propriété
Mesures d'un angle orienté. Si est une mesure en radians de l'angle orienté , alors les mesures de cet angle sont exactement les réels Deux mesures d'un même angle diffèrent d'un multiple de (un nombre entier de tours complets).
Par exemple, , et repèrent le même point du cercle. Pour communiquer sans ambiguïté, on convient de privilégier, parmi toutes ces mesures, celle qui est la plus proche de zéro.
Définition
Mesure principale. Parmi toutes les mesures d'un angle orienté, une seule appartient à l'intervalle : on l'appelle la mesure principale de l'angle. C'est la mesure de plus petite valeur absolue ; elle correspond au chemin le plus court pour aller de au point le long du cercle.
Notons le rôle des bornes : est exclu et est inclus, car et repèrent le même point (le point diamétralement opposé à ) et il faut n'en garder qu'un.
Méthode
Trouver la mesure principale d'un angle. On part de la mesure donnée, et on lui ajoute ou retranche autant de fois que nécessaire pour tomber dans :
- si la mesure est trop grande (supérieure à ), retrancher , et recommencer tant qu'on dépasse ;
- si elle est trop petite (inférieure ou égale à ), ajouter , et recommencer tant qu'il le faut ;
- vérifier à la fin que le résultat appartient bien à .
En pratique, avec une mesure en fraction de , on met tout au même dénominateur : retrancher à , c'est retrancher .
Exemple
Mesure principale de . Cette mesure dépasse largement : on retranche des tours. , encore supérieur à . On retranche de nouveau : . Comme appartient à , la mesure principale est : le point image de est le même que celui de , atteint après deux tours complets supplémentaires.
Mesure principale de . Cette mesure est inférieure à : on ajoute un tour. , qui appartient à . La mesure principale est donc .
Savoir placer rapidement un point sur le cercle à partir d'une mesure est le geste de base de tout le chapitre : il servira à lire les cosinus et sinus, à repérer les symétries et à résoudre les équations. On raisonne en fractions de tour, à partir des repères fixes que sont (mesure ), (mesure ) et leurs points diamétralement opposés (mesures et ).
Exemple
Placer les points images de , et . Pour : c'est de tour dans le sens direct, entre et ; le point se situe au milieu du quart de cercle supérieur gauche. Pour : le signe négatif impose de tourner dans le sens indirect ; on descend de d'un douzième de tour, le point est juste sous l'axe des abscisses, à droite. Pour : on écrit , soit un demi-tour suivi de deux tours complets ; le point image est celui de , diamétralement opposé à , et la mesure principale de est .
Cosinus et sinus
Le cercle trigonométrique étant tracé dans un repère, chaque point du cercle possède une abscisse et une ordonnée. C'est précisément ainsi que l'on définit le cosinus et le sinus d'un réel quelconque — plus besoin de triangle rectangle, donc plus de limitation aux angles aigus.
Définition
Cosinus et sinus. Soit un réel et son point image sur le cercle trigonométrique. Le cosinus de , noté , est l'abscisse du point ; le sinus de , noté , est l'ordonnée du point . Autrement dit, a pour coordonnées .
Pour lire , on projette donc verticalement sur l'axe des abscisses ; pour lire , on le projette horizontalement sur l'axe des ordonnées. Cette définition prolonge celle du collège : pour un angle aigu, le triangle formé par , et le projeté de sur l'axe des abscisses est rectangle, d'hypoténuse , et on retrouve « côté adjacent sur hypoténuse » et « côté opposé sur hypoténuse ». Mais elle donne aussi un sens à et pour n'importe quel réel , avec des valeurs qui peuvent être négatives : au point , on lit et ; au point , et ; au point diamétralement opposé à , et .
Deux propriétés découlent immédiatement de cette lecture sur le cercle.
Propriété
Encadrement et relation fondamentale. Pour tout réel :
- et , car le point reste sur un cercle de rayon : son abscisse et son ordonnée ne peuvent pas sortir de ;
- (relation fondamentale de la trigonométrie).
La relation fondamentale n'est autre que le théorème de Pythagore lu sur le cercle. Notons le projeté de sur l'axe des abscisses : le triangle est rectangle en , avec , et une hypoténuse (le rayon du cercle). Le théorème de Pythagore donne , c'est-à-dire . Rappelons au passage la convention d'écriture : désigne , le carré du cosinus de .
Cette relation permet de calculer l'une des deux valeurs quand on connaît l'autre — au signe près, qu'on détermine en situant le point sur le cercle.
Exemple
Utiliser la relation fondamentale. Soit un réel de l'intervalle tel que . Calculons . La relation fondamentale donne , donc ou . Pour trancher, situons le point image : lorsque appartient à , le point se trouve dans le quart supérieur gauche du cercle, où les abscisses sont négatives. Donc .
Enfin, les angles usuels de la section 1 ont des cosinus et sinus exacts, à connaître parfaitement : ce sont les valeurs remarquables, qu'on retrouve en plaçant les points images sur le cercle (elles proviennent des triangles particuliers : le triangle équilatéral coupé en deux pour et , le demi-carré pour ).
Un moyen mnémotechnique pour la ligne des sinus : de à , elle s'écrit , , , , — les racines des entiers de à , divisées par . La ligne des cosinus est la même lue à l'envers : sur cet intervalle, quand l'angle grandit, le sinus augmente et le cosinus diminue, ce que la lecture du cercle confirme.
Angles associés
Le cercle trigonométrique est riche en symétries, et ces symétries relient entre eux les cosinus et sinus d'angles « associés » à un même réel : les angles , , , et . L'enjeu est pratique : connaître les valeurs remarquables du tableau précédent, qui ne couvrent que et surtout le premier quart de cercle, suffira alors pour calculer le cosinus et le sinus de n'importe quel angle usuel du cercle, comme ou .
Observons la figure suivante, où les quatre points images de , , et sont placés pour .
Les symétries sautent aux yeux. Le point est le symétrique de par rapport à l'axe des abscisses : même abscisse, ordonnée opposée — donc même cosinus, sinus opposé. Le point est le symétrique par rapport à l'axe des ordonnées : abscisse opposée, même ordonnée. Le point , atteint en ajoutant un demi-tour, est le symétrique par rapport au centre : abscisse et ordonnée toutes deux opposées.
Les deux derniers angles associés font intervenir la première bissectrice (la droite d'équation ) : le point est le symétrique de par rapport à cette droite, ce qui échange abscisse et ordonnée — le cosinus de l'un est le sinus de l'autre. Quant à , il s'obtient à partir de par un quart de tour direct.
Propriété
Angles associés. Pour tout réel :
- et ;
- et ;
- et ;
- et ;
- et .
Inutile d'apprendre ces dix égalités comme une liste : chacune se retrouve en dix secondes en dessinant le cercle, en plaçant les deux points et en comparant leurs coordonnées. C'est le réflexe à acquérir, et c'est lui qu'on mobilise dans les calculs de valeurs.
Exemple
Calculer et . L'angle n'est pas dans le tableau des valeurs remarquables, mais il s'écrit : son point image est le symétrique de celui de par rapport à l'axe des ordonnées. Donc De même, , et la symétrie par rapport à l'axe des ordonnées conserve l'ordonnée : Un dernier, avec un angle négatif : , car le cosinus ne change pas quand on change le signe de l'angle.
Les symétries du cercle permettent aussi de résoudre les équations trigonométriques les plus courantes : trouver tous les réels tels que ou , où est une valeur remarquable. La méthode est entièrement graphique.
Méthode
Résoudre ou par lecture du cercle.
- Tracer le cercle trigonométrique. Pour : placer sur l'axe des abscisses et tracer la droite verticale passant par ce point. Pour : placer sur l'axe des ordonnées et tracer la droite horizontale.
- Repérer les points d'intersection de cette droite avec le cercle : si il y en a deux, si ou un seul, si est en dehors de aucun (l'équation n'a alors pas de solution).
- Identifier un angle remarquable pour l'un des points ; le second s'en déduit par symétrie ( pour un cosinus, pour un sinus).
- Écrire les solutions sur en ajoutant les tours complets : ou (avec ) pour un cosinus ; ou pour un sinus. Si l'énoncé demande les solutions dans un intervalle donné, ne garder que celles-là.
Exemple
Résoudre sur . On trace la droite verticale d'abscisse : elle coupe le cercle en deux points, symétriques par rapport à l'axe des abscisses. Le tableau des valeurs remarquables identifie le point du haut : c'est le point image de . Le point du bas est donc celui de . Les solutions sont tous les réels qui repèrent l'un de ces deux points : Dans l'intervalle , l'équation a exactement deux solutions : et .
Résoudre sur . On trace la droite horizontale d'ordonnée : elle coupe le cercle en deux points de la moitié inférieure, symétriques par rapport à l'axe des ordonnées. Comme , le point de droite est l'image de ; celui de gauche est son symétrique, image de , dont la mesure principale est . Les solutions sont donc
Les fonctions sinus et cosinus
Jusqu'ici, et étaient des nombres attachés à un angle. Changeons de point de vue : tout réel possède un cosinus et un sinus, ce qui définit deux fonctions sur tout entier.
Définition
Fonctions cosinus et sinus. La fonction cosinus est la fonction définie sur par ; la fonction sinus est la fonction définie sur par . Leurs courbes représentatives s'appellent des sinusoïdes.
La figure révèle immédiatement le trait le plus frappant de ces courbes : le même motif s'y répète indéfiniment, de longueur . L'explication vient du cercle : les réels et ont le même point image, donc le même cosinus et le même sinus. On dit que les fonctions cosinus et sinus sont périodiques.
Propriété
Périodicité. Pour tout réel , Les fonctions cosinus et sinus sont périodiques de période : leurs courbes sont invariantes par translation de (et de tout multiple de ) parallèlement à l'axe des abscisses.
Conséquence pratique majeure : il suffit d'étudier ces fonctions sur un intervalle de longueur , par exemple , puis de translater le morceau de courbe obtenu pour connaître la fonction partout. Et ce travail se réduit encore de moitié grâce à une deuxième propriété, elle aussi héritée du cercle : la parité. Les relations des angles associés pour affirment que et ; c'est exactement dire que le cosinus est une fonction paire et le sinus une fonction impaire.
Propriété
Parité et symétries des courbes. La fonction cosinus est paire : pour tout réel , , et sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées. La fonction sinus est impaire : pour tout réel , , et sa courbe est symétrique par rapport à l'origine du repère.
Ces symétries se vérifient sur la figure : la courbe du cosinus se replie exactement sur elle-même le long de l'axe des ordonnées, celle du sinus se superpose à elle-même par demi-tour autour de l'origine. Les autres angles associés apportent d'ailleurs des symétries supplémentaires : par exemple, la relation signifie que deux abscisses symétriques par rapport à ont la même image par sinus — l'arche de la sinusoïde au-dessus de est donc symétrique par rapport à la droite verticale d'équation .
Reste à décrire les variations. Suivons le point sur le cercle pendant que croît de à : le point part de et remonte le long du demi-cercle supérieur jusqu'au point opposé à . Son abscisse — le cosinus — ne fait que diminuer, de jusqu'à . Son ordonnée — le sinus — commence par augmenter, de jusqu'au maximum atteint en pour , puis redescend jusqu'à .
Propriété
Variations sur . La fonction cosinus est décroissante sur . La fonction sinus est croissante sur puis décroissante sur .
Sur , inutile de refaire l'étude : la parité s'en charge. La courbe du cosinus étant symétrique par rapport à l'axe des ordonnées, le cosinus est croissant sur (image miroir de sa décroissance sur ). La courbe du sinus étant symétrique par rapport à l'origine, le sinus est décroissant sur puis croissant sur . D'où les tableaux de variations complets sur :
Ces tableaux résument tout le comportement des deux fonctions : sur , le cosinus atteint son maximum en et son minimum aux deux bords, tandis que le sinus atteint son maximum en et son minimum en . La périodicité reproduit ensuite ces extremums tous les . Dernière observation sur la figure : la courbe du sinus semble être celle du cosinus décalée de vers la droite — c'est exact, et c'est la relation d'angles associés qui le traduit. Les deux sinusoïdes ont la même forme ; seule leur position horizontale diffère. Cette idée de « sinusoïde décalée » est précisément le sujet de la dernière section.
Signaux sinusoïdaux
Revenons à la physique. Une tension alternative, un signal sonore pur, la vibration d'une structure : toutes ces grandeurs évoluent au cours du temps selon une même famille de fonctions, obtenues à partir du cosinus (ou du sinus) en réglant trois paramètres — la hauteur des oscillations, leur rapidité, et leur décalage temporel.
Définition
Signal sinusoïdal. Un signal sinusoïdal est une fonction de la forme où , et sont des constantes réelles (, ). Dans cette écriture :
- est l'amplitude du signal : la valeur maximale atteinte ; le signal oscille entre et ;
- est la pulsation, exprimée en radians par seconde (rad/s) lorsque est en secondes ;
- la quantité est la phase instantanée du signal à l'instant ;
- est la phase à l'origine : la valeur de la phase instantanée à l'instant .
Interprétons ces paramètres sur le cercle trigonométrique. Imaginons un point qui tourne sur le cercle à vitesse constante de radians par seconde : à l'instant , il a tourné de radians depuis sa position de départ, laquelle est repérée par l'angle . L'angle qui le repère à l'instant est donc la phase instantanée , et le signal est, à un facteur près, l'abscisse de ce point tournant. Un signal sinusoïdal, c'est très exactement la projection d'un mouvement de rotation uniforme — voilà pourquoi les alternateurs, qui produisent l'électricité en faisant tourner des bobines, délivrent des tensions sinusoïdales.
Le point tournant met un certain temps à faire un tour complet, c'est-à-dire à parcourir radians à la vitesse : ce temps vaut , et au bout de ce temps le signal reprend exactement les mêmes valeurs.
Propriété
Période et fréquence. Le signal est périodique de période exprimée en secondes lorsque est en rad/s. En effet, remplacer par augmente la phase instantanée de , ce qui ne change pas la valeur du cosinus : . Le nombre de périodes par seconde est la fréquence exprimée en hertz (Hz). Le même résultat vaut pour .
La courbe d'un signal sinusoïdal est une sinusoïde, déformée et déplacée par les trois paramètres : l'amplitude l'étire verticalement, la pulsation la comprime horizontalement (plus est grand, plus la période est courte et plus les oscillations sont serrées), et la phase à l'origine la décale horizontalement. Étudions un exemple complet.
Exemple
Étude du signal . Ce signal, représenté ci-dessous sur l'intervalle (en secondes), s'écrit sous la forme avec , rad/s et .
- Son amplitude vaut : le signal oscille entre et , valeurs atteintes mais jamais dépassées.
- Sa période vaut s : le motif se reproduit toutes les secondes, ce que la courbe confirme.
- Sa fréquence vaut Hz : une demi-oscillation complète par seconde.
- Sa phase à l'origine est : à , la phase instantanée vaut , et le signal démarre à son maximum .
Quelques valeurs se calculent avec les valeurs remarquables : , puis (le minimum, atteint au bout d'une demi-période) et : au bout d'une période complète, le signal est revenu à son maximum de départ.
En pratique — sur un écran d'oscilloscope par exemple — on fait souvent le chemin inverse : on dispose de la courbe d'un signal et on cherche à retrouver ses caractéristiques. Deux lectures graphiques suffisent.
Méthode
Lire l'amplitude et la période sur une courbe, en déduire et .
- Amplitude : lire la valeur maximale du signal sur l'axe des ordonnées (les oscillations sont comprises entre et , symétriques autour de ) ; ce maximum est l'amplitude .
- Période : mesurer sur l'axe des abscisses la durée entre deux maximums consécutifs (ou deux minimums consécutifs, ou tout motif qui se répète) ; c'est la période.
- En déduire la pulsation et la fréquence .
Exemple
Une tension alternative. Sur l'écran d'un oscilloscope, une tension oscille entre V et V, et deux maximums consécutifs sont séparés de s. On lit directement l'amplitude V et la période s. On en déduit la fréquence Hz et la pulsation rad/s. Ce sont les caractéristiques de la tension du secteur en France : oscillations par seconde, avec des pointes à V (la valeur « V » indiquée sur les appareils est une valeur moyenne appelée valeur efficace, étudiée en physique).
Le vocabulaire de ce chapitre — amplitude, période, fréquence, pulsation, phase instantanée, phase à l'origine — est exactement celui du cours de physique-chimie sur les signaux et les ondes : c'est le même objet mathématique qui décrit une tension alternative, une onde sonore ou une vibration mécanique. La trigonométrie construite pas à pas depuis le cercle unité fournit ainsi le langage commun de tous les phénomènes oscillants.
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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.